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Hunter Stephen: Le 47e Samouraï

47e samourai

L'histoire:  Vétéran de la guerre du Vietnam, l'ancien marine et tireur d'élite Bob Lee Swagger coule une retraite paisible dans l'Idaho lorsqu'il reçoit la visite de Philip Yano, un Japonais porteur d'une étrange requête. En 1945, lors de la sanglante bataille d'Iwo Jima, leurs pères respectifs, soldats dans des camps opposés, se sont affrontés. C'est le major Earl Swagger qui a vaincu le capitaine Yano. Philip Yano cherche aujourd'hui à retrouver le sabre de son père, afin d'honorer sa mémoire. Touché par cette demande, Bob Lee décide de l'aider. Il ignore encore que cette quête le conduira jusqu'au Japon, où le mystérieux sabre est l'objet de toutes les convoitises. En particulier celle du Shogun, maître du marché de la pornographie nippone et chef d'un gang de yakuzas ultranationalistes. C'est le début d'une plongée dans les bas-fonds de Tokyo, son monde du crime gouverné par des codes anciens, où politiciens corrompus et tueurs impitoyables, pétris de l'esprit des samouraïs, se partagent argent, sexe et pouvoir. Un monde fermé dans lequel le gain Bob Lee Swagger ne pourra s'immiscer qu'en adoptant la même arme que ses adversaires : la voie du sabre. Hommage aux grands maîtres du cinéma japonais, Le 47e Samouraï est un véritable tour de force, qui réussit avec brio la synthèse entre le film de samouraï et le thriller américain.

 

Mon avis:  Stephen Hunter a consacré une bonne partie de son oeuvre romanesque à nous conter les aventures de la famille Swagger. Du père Earl, Marines durant la seconde guerre mondiale avant de devenir policier, au fils Bob lee, tireur d'élite dans les Marines lui aussi.

J'ai déjà lu deux de ces aventures: une du père ("Hot Spring") et une du fils (après avoir vu l'adaptation ciné "Shooter -tireur d'élite": "Roméo dog" également publié sous le titre du film) .

Une famille et des personnages donc connus pour moi, mais la lecture de ce titre peut fort bien se passer de cette connaissance, d'autant que l'histoire nous ramène à la guerre du pacifique et au passé militaire de Earl dans la première partie.

L'idée du roman me paraissait bonne: lier les histoires du père et du fils, l'ingrédient liant étant le Japon: pays ennemi durant la guerre, occupé par les états unis ensuite, puis grande puissance économique ayant concurencé les Etats unis à la fin du vingtième siècle.

De plus l'objet amenant ces histoires à se croiser était un sabre, renvoyant au Japon médiéval et à la "mythologie" des Samouraï.

Autant d'ingrédients propres à me plaire à priori.

Au final une grosse déception. Seul la mise en place de l'intrigue m'a paru plausible et correctement racontée.

Les combats sur les îles Japonaises, l'attitude des officiers Japonais et la façon dont les voyaient les combattants américains (des fous endoctrinés se suicidant plutot que de se rendre) me semblent bien évoqués et peuvent replonger le lecteur dans ces scènes mises en image par le cinéma (notamment les chefs d'oeuvres de Clint Eastwood: "La mémoire de nos pères" et" Iwo Jima")

Ensuite, (passons sur les raisons et la justification de cette convoitise du sabre par la mafia japonaise) Bob Lee part au Japon. Au tout début, tout semble crédible: il ne parle pas la langue, ne connait pas ce pays, est indésirable et très voyant dans une pays asiatique.

Mais quand il devient un petit prodige du combat au sabre et se prend pour un Samouraï devant vaincre ses ennemis avec un sabre... J'ai eu l'impression d'avoir basculé dans un petit film de serie Z.

Quand à la description du Japon, j'ai eu aussi l'impression d'avoir fait comme Bob Lee (et comme l'auteur): avoir ingurgité des brochures touristiques et surtout plein de films de sabre, mais pas d'être véritablement au Japon. Le même sentiment qui nait lorsqu'une série américaine nous montre Paris avec la tour Eiffel, un parisien avec un beret et une baguette sous le bras devant une terrasse de café avec une 2CV qui passe au fond dans la rue.

Cette partie là est complétement ratée. Décevante. Ennuyeuse.

Et si Bob Lee était censé représenter le 47ème Samouraï en référence à la légende des 46 Ronins (46 Samouraï qui attendirent le moment propice pour se sacrifier en vengeant leur maitre défunt), il est surtout un Samouraï d'opérette loin de son personnage du précédent opus.

Une réelle déception à éviter je pense pour tout lecteur de Thriller un tant soit peu expérimenté et encore plus pour tout amateur du Japon.

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