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Marlantes Karl: Retour à Matterhorn

  matterhorn

 

L'histoire:

Dire une guerre aussi controversée que celle du Vietnam n’est pas aisé : à s’en tenir aux «faits », on risque de tomber dans la répétition infi nie de scènes de batailles ou de corvées. Quant à faire de ce qui se résume à tuer l’ennemi un récit héroïque, c’est aplatir la réalité sous le grandiose.
Et la réalité de la Compagnie Bravo dirigée par le jeune lieutenant Mellas n’a rien d’excitant. Prendre la colline de Matterhorn et la fortifier pour résister à l’armée nord-vietnamienne, puis devoir l’abandonner pour exécuter une autre tâche, sans munitions et nourriture suffisantes, et devoir la réinvestir ensuite, telle est l’aventure absurde narrée dans ce roman que la critique américaine unanime met sur le même plan que Les Nus et les Morts, À l’Ouest, rien de nouveau et Catch-22
Ce que vivent ces « gamins » noirs et blancs pour la première fois intégrés dans le même corps des marines est tout à la fois terrifiant, héroïque, cruel, vain, tendre, ridicule, absurde, désespérant et sublime. Qu’ils marchent dans une jungle infestée de tigres et de sangsues, s’enfoncent dans leurs trous de combat boueux ou, pris de racisme ou de folie meurtrière, commettent l’irréparable, ils fascinent le lecteur tant la rigueur du récit est sans faille.

 

Mon avis: Il s'agit bien là d'un roman, pas d'un récit authentique, même si l'auteur est un ancien officier ayant servi au vietnam. Il ne s'agit pas toutefois d'une version trop romancée de cette guerre. On y suit le destin d'une compagnie dans les affres d'une guerre en territoire hostile. Le décalage entre les tartufferies des états majors et la réalité du terrain, les morts, les blessures tout aussi absurdes (une sangsue bouchant l'uretre) ou violentes y sont retranscrits sans manichéisme. On s'approche de films comme Platoon sans y trouver les symbolismes (sans des personnages comme les 2 sergents par lesquels Stone symbolise le bien et le mal dans son film).

L'histoire se déroule en suivant un jeune homme ambitieux espérant une médaille et des faits d'arme lui permettant de réussir une future carrière politique qui, au fil du temps, va devenir un "vrai" soldat au contact des appelés et des faits.

La situation sociale de l'époque y est aussi bien retranscrite au travers de la lutte noirs/blancs et du mouvement "Black Panther" qui agitait alors les Etats Unis.

Chaque personnage est décrit dans ses complexités: motivations diverses, engagements raciaux, ambitions, cynisme...

Un gros pavé de 600 pages qui plonge le lecteur dans la touffeur et la boue de la jungle vietnamienne, dans la peur des hommes torturés par des ulcères tropicaux, à la merci des vietcong et des tigres ou des aneries de l'etat major.

Un excellent livre pour qui apprécie ces récits trempés au fer de la réalité. Proche effectivement de l'esprit de l'excellent "A l'ouest rien de nouveau" qui montrait cruement le quotidien et les peurs de jeunes soldats allemands sur le front de la première guerre mondiale, on est ici plongé dans la peur permanente de ces jeunes appelés dans la touffeur de la jungle vietnamienne. Et on en ressort avec cette sempiternelle question, posée après ces lectures à postériori sur ces grands conflits: "tout ça pour quoi?", l'histoire n'a t'elle cessée de se répéter conflits après conflits, détruisants des générations de jeunes appelés pour un résultat peu convaincant au fond... 

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McNab Andy: Battelfield 3 Le Russe

  battelfield3

 

L'histoire: Spetsnaz . Un mot qui terrorise depuis toujours les ennemis de la mère Russie. Mais que restet-il à défendre, maintenant que le pays est aux mains des chiens ? Autrefois figure vénérée des Forces spéciales, Dima Mayakovsky ne veut plus en entendre parler. Pourtant, lorsqu’un terroriste en cavale refait surface à Téhéran, le Kremlin contraint Dima à intervenir. Ce soldat d’élite est le seul à pouvoir aider les dirigeants à neutraliser l’arme nucléaire qui menace de tout faire exploser.
Dima se retrouve à la tête d’une équipe d’agents triés sur le volet et surentraînés. Envoyé en Iran, le commando dirigé par le Russe va faire vivre un véritable cauchemar au sergent américain Blackburn et à ses troupes. Sur les traces d’une patrouille disparue, les marines ne cherchent pas d’ennuis, mais ils vont en trouver. À la pelle.

 

Mon avis: Connaissant les premiers opus du jeu vidéo en vogue Battelfield (et de son dérivé "bad company") et étant plutot fan de l'auteur Andy McNab (ancien Sergent du SAS britannique, auteur d'une série de romans chroniqués sur ce blog), j'ai sacrifié à l'achat de cette novelisation du jeu.

Le principe de la novelisation des jeux (series sur Halo; Assassin Creed; Warhammer...), des series TV (24; Esprit Criinel, Charmed, Les Experts...) ou des films (Tous les grands succès non issus de livres: Star Trek, Star Wars, Alien..) est un classique aux USA et fait partie des produits dérivés. Cela donne le meilleur (quand la version écrite apporte un supplément ou des explications aux versions filmées ou numériques) comme le pire (quand on a l'impression de lire le scénario sans les images).

Ici, malgré les oeuvres passées de l'auteur et sa connaissance des opérations militaires (il a d'ailleurs été consultant sur le jeu), j'ai eu plutot l'impression de verser vers le pire et de m'entendre raconter les scènes que j'aurais pu jouer sur mon PC.

Sans doute que le personnage du "Russe" est ici plus développé, nous dévoilant les préquels de la mission. Je ne sais pas, car je l'avoue, je ne suis pas un fan absolu de la license Battelfield et je n'ai pas encore pratiqué Battelfield 3.

Toutefois, independemment du jeu, je ne peux pas dire que cette oeuvre rende justice à l'auteur et donne une idée de ses capacité à produire des romans interessant à suivre. On se penchera plutot sur sa production originale, où loin des contraintes de la "commande" éditoriale il sait nous embarquer dans des opérations spéciales plus haletantes et détaillées.

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