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Albert Jean-marie: La Riposte

la riposte

L'histoire:

Les attentats du 11 septembre 2001 sont le point de départ de ce roman d'espionnage. Le colonel Vladimir Karpov a pour mission de créer un réseau chargé d'anéantir cette pieuvre au visage masqué qu'est le terrorisme. C'est un défi pour cet officier pourtant aguerri qui se retrouve face à une réalité dépassant bientôt ses pires craintes.

Voilà le premier opus de cette série Vladimir, inauguré avec enthousiasme en son temps par Vladimir Volkoff qui avait préfacé cette première aventure.

 

Mon avis: Lecteur de Vladimir Volkoff (ancien espion devenu auteur notamment dans la bibliothèque verte avec entre autre son jeune héros espion français "Langelot" signé alors "lieutenant X") c'est avec curiosité que je me suis approché du stand des editions du triomphe lors de la foire du livre de Brive de 2014 afin de voir les nouvelles couvertures de ces romans toujours édités 30 ans plus tard. J'ai alors remarqué une pile de romans "adultes" au milieu d'un étalage de littérature enfantine. Il s'agissait des 4 premiers romans de Jean-marie Albert que je ne connaissais pas.

Amateur d'espionnage, je décidais donc de profiter de cette découverte pour acheter le premier tome et m'entretenir un moment avec l'auteur.

Comme l'indique l'éditeur, Jean-marie Albert est un ancien militaire et un ancien officier d'unité anti-teroriste. Désigné pour servir de conseiller technique à Vladimir Volkoff, ce dernier l'a ensuite incité à se lancer à son tour dans l'écriture.

La Riposte est donc son premier roman mettant en scène un espion Russe (tiens donc) prénommé Vladimir (où a t'il été chercher ça?).

Le point de départ est le crash volontaire sur les tours jumelles le 11 septembre 2001. Le chef du FSB (successeur du KGB) va alors tirer de sa retraite son ancien collègue Vladimir Vassilievitch Karpov et lui demander de reprendre du service pour mettre en place une riposte à ce type d'événement si d'aventure les terroristes islamistes en venaient à réitérer leurs "exploits".

Visiblement documenté (l'auteur a visité les pays évoqués -et parfois vu certaines scènes m'a t'il confié) le roman est une oeuvre décrivant des opération de renseignement "traditionnel".

Pas d'espionnage high Tech à la Clancy, pas de phases d'action pure que l'on trouve chez Mac Nab, Ryan ou Eisler. On est plus proche des romans de Le Carré ou Forsyth. Ici tout se passe avec des manipulations, des recrutements sous "faux pavillon" (en se faisant passer pour un autre service afin de ne pas etre impliqué), des utilisations de services de call-girl espionnant leur client ou de hackers. L'histoire est principalement centrée sur les humains, les victimes des conflits modernes (palestiniens, irakiens, coptes...) en quête de vengeance.

Le déroulement de l'histoire s'étale sur les années suivant le 11 septembre et prend en compte évidemment la Guerre Americaine en Irak et la prise d'otage tchétchène en Russie.

Un récit interessant donc entre espionnage et politique fiction. Réaliste et bien documenté sans nul doute.

Coté style, il est agréable à lire et on ne peut pas dire que l'on s'ennui vraiment, même si la mise en place de la riposte est longue, nécessitant de nombreux recrutements préalables.

Mais j'ai été quand même un peu déçu par une relative légéreté du héros. Vladimir est un professionnel, mais il lui manque un peu de tourments pour en faire un héros charismatique. Pourquoi a t'il été exclu un temps du KGB? On ne le saura pas. Son ami Léonid Borissovitch Mironov est resté, lui, il a même gravi les echelons jusqu'à la tête du FSB, mais il n'a visiblement aucun mal à remettre Vladimir en selle, et le président leur accorde un soutien indefectible... tout cela est un peu trop lisse pour moi, habitué à lire des histoires plus noires (même si le roman fait son lot de victimes dans les 2 camps).

Toutefois il s'agit d'un premier roman. Les aventures de Vladimir se poursuivent dans 4 autres romans à ce jour, peut être que les voiles de son passé et de sa personnalité y seront détaillés.

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Haddad Hubert: Le peintre d'éventail

  le peintre d'eventail

 

L'histoire:

C'est au fin fond de la contrée d'Atôra, au nord-est de l'île de Honshu, que Matabei se retire pour échapper à la fureur du monde. Dans cet endroit perdu entre montagnes et Pacifique, se cache la paisible pension de dame Hison dont Matabei apprend peu à peu à connaître les habitués, tous personnages singuliers et fantasques. Attenant à l'auberge, se déploie un jardin hors du temps. Insensiblement, Matabei s'attache au vieux jardinier et découvre en lui un extraordinaire peintre d'éventail. Il devient le disciple dévoué de maître Osaki. Fabuleux labyrinthe aux perspectives trompeuses, le jardin de maître Osaki est aussi le cadre de déchirements et de passions, bien loin de la voie du zen - en attendant d'autres bouleversements... Avec le Peintre d'éventail, Hubert Haddad nous offre un roman d'initiation inoubliable, époustouflant de maîtrise et de grâce.

 

Mon avis:

Ce livre est pour moi un ouvrage destiné avant tout aux amateurs ou aux amoureux des mots. Si en plus le lecteur ressent un intéret pour le Japon, ce sera un plus mais nul besoin d'être un initié de culture nippone pour l'apprécier à sa juste valeur.

Auteur prolyxe rencontré sur la Foire du Livre de Brive en Novembre 2013, Hubert Haddad livre ici un récit somme toute assez simple et mainte fois écrit de transmission, de relation maitre - disciple (ou plutot Senseï à éléve puisque les personnages sont japonais) à notre époque.

L'histoire court du tremblement de Terre de Kobé à la catastrophe de Fukushima, mais peut importe l'époque, une histoire quasi identique aurait put etre écrite sur une autre plage temporelle.

La beauté de l'écriture se trouve dans une construction de phrases riches de mots soigneusements choisis et assemblés, dans des passages évocateurs dont les mots font paraitre des images dans l'esprit du lecteur.

Je l'ai dit en préambule: Ce livre sera un plaisir pour quiconque aime lire, aime les mots, aime réver. Mais surtout, sans penser qu'un solide bagage litéraire est nécessaire ou une connaissance fine de la littérature indispensable. Non, de même qu'un profane peut fort bien apprécier une musique ou un tableau pour la beauté de ce qu'il ressent devant cette oeuvre, Le peintre d'éventail se lit facilement tout en distillant sa magie au travers des mots alignés par Hubert Haddad avec une maitrise qui laisse deviner son expérience dans ce métier d'écrivain.

Pour les raisons déjà évoquées je le déconseille à qui recherche avant tout une histoire complexe car le récit pourrait se résumer en quelques phrases et reprendrait des thèmes plutot communs de la littérature.

Enfin pour quiconque aime le Japon, son paysage, sa philosophie Zen, les Haikus... au delà du plaisir de lire il retrouvera je pense un récit évocateur de l'archipel du Soleil Levant, des jardins (Zen et réels comme une image de la vie), des éventails supports de l'art (comme ceux de Paul Claudel par exemple porteurs de Haikus), de la nature de l'ile, de la "pension de famille" et de ses occupants renvoyant à ces auteurs japonais nous décrivant des groupes hétéroclites rassemblés qui dans une librairie, qui dans une rue, qui dans une...pension de famille), de l'art et des sentiments.

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