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Mallock: Les larmes de Pancrace

pancrace

 

L'histoire: Jean de Renom, un jeune châtelain, rentre chez lui un soir, heureux de retrouver sa femme Camille et leur bébé après plusieurs jours d'absence. Mais il est sauvagement assassiné à son arrivée et est retrouvé criblé de balles au bas de son escalier. Sa femme ne sait absolument pas ce qui s'est passé, mais l'enquête arrive à la conclusion que c'est elle qui a tué son mari. Sans aucune raison. L'affaire fait d'autant plus de bruit que la mère de Camille est une femme politique puissante destinée à devenir candidate pour la présidence de la République. Appelé à la rescousse par un ami, le commissaire Amédée Mallock va s'intéresser à un tout autre assassinat ayant eu lieu dans la même famille trente années plus tôt. Un meurtre étrange en chambre close. Celui du père de Camille agressé en même temps que son épouse Sophie retrouvée inconsciente.

Et si ces deux crimes étaient liés ? Et si le Chevalier d'Assas, enfermé depuis lors et accusé du crime, était innocent ? Et si tout cela remontait à une malédiction proférée contre cette famille par un templier assassiné il y a sept siècles ?

Mon avis:

J'ai reçu ce roman grâce au site Babelio dans le but d'en faire une lecture (et de publier une critique comme habituellement) mais aussi de rencontrer l'auteur dans les locaux de son éditeur Fleuve Noir le 26 février 2014. J'ai donc fait un petit voyage à Paris pour une soirée que je ne regrette pas, tant il fut intéressant d'entendre un auteur aussi loquace sur son oeuvre et plus particulièrement sur sa façon de la créer (pour qui comme moi s'intéresse à l'écriture et à la fiction bien sur, cette rencontre n'ayant pas changé mon opinion de lecteur sur le roman.

Qu'en est il donc de ce roman?

Pour commencer quelques petites précisions (et réponses à des questions qui ont surgit chez moi et dont j'ai eu les réponse lors de cette rencontre avec Mallock...

Et justement la première question: Le roman est signé Mallock, il narre les aventures du commissaire Amédée Mallock et pourtant le roman n'est pas écrit à la première personne comme on pourrait l'imaginer (et l'auteur n'est pas un homme recherché qui se cache derrière un pseudo puisque son identité est révélée dans l'ouvrage). Pourquoi?

Bien prosaiquement c'est un simple "bon sens" marketing du publicitaire Jean-Denis Bruet-Ferreol (Mallock, l'auteur) qui après une première édition sous son vrai nom des aventures de son héros sous titrées "les chroniques barbares" voulut simplifier cette avalanche de noms sur la couverture. Exit donc les chroniques barbares, exit le nom de l'auteur, mais comme il faut bien indiquer un auteur sur la couverture il a prit celui du héros.

Deuxième question qui s'imposa au lecteur que je fut c'est le terme "thriller littéraire" en page de garde. Deux mots un peu antagonistes souvent (du moins dans l'esprit de beaucoup) et qui pourraient effrayer un amateur de thriller peu enclin aux classiques littéraires. Inutile d'avoir peur. Le "littéraire" est là pour indiquer une volonté de "bien écrire", avec soin, avec un vocabulaire parfois peu usuel (quelques mots ici ou la qui impliquerons peut etre l'usage d'un dictionnaire mais n'est ce pas aussi un plaisir de (re)découvrir des mots en lisant).

Troisième remarque; Mallock est un personnage récurent, il a déjà travaillé sur d'autres enquêtes avant celle ci et comme tout personnage récurent il a un passé, une évolution dans sa vie personnelle émaillée par un drame (la mort de son fils) qui ici commence à dater et permet donc un début de guérison de ce deuil. Mais la lecture des ouvrages précédent n'est pas une obligation pour apprécier celui-ci (meme si je suis plutôt partisan de suivre les personnages récurents depuis leurs débuts en général).

 

Après ce préambule parlons des Larmes de Pancrace. En un mot je pense qu'il s'agit d'un bon roman policier, mais dire roman policier est à la fois exact mais réducteur. Il m'avait semblé à la lecture (et ce fut confirmé lors de la rencontre) que l'auteur était baigné d'influences diverses qui ressortaient par touches dans ce roman. On y lit des scènes se déroulant au moyen-âge avec la peste, les templiers et une malédiction. On y évoque un porte-avion de glace idée de science-fiction pourtant bien réelle dans l'esprit des savants militaires de la deuxième guerre mondiale et un yatagan (besoin de chercher ce que c'est dans un dictionnaire?)... Malédictions, mystères scientifiques mais au final une vrai conclusion réaliste, policière pur jus.

C'est une volonté de l'auteur de mêler le surnaturel à ses histoires avec l'obligation de tout expliquer rationnellement à la fin. Et j'aime bien ce mélange des genres.

A part ça, comme dans toute enquête policière il y a des perquisitions, des commissions rogatoires (on est pas aux states, pas de mandats) de la police scientifique (mais pas l'expert qui sait tout Horacio Kane, ouf!!!) et pleins d'interrogatoires.

Mais tout cela est bien lié. Le mystère de la malédiction moyenâgeuse vient s'intercaler dans l'enquête nous emportant sur deux histoires parallèles aussi agréables à suivre l'une que l'autre.

Au final que pourrais je reprocher à ce roman. Peu de choses en fait. J'ai lu certaines critiques qui reprochent un  peu trop de choses (cf ce que je viens de dire). C'est vrai que c'est riche, très riche presque trop peut être mais ce n'est pas un défaut majeur. Pour moi ce serait une limite, après chacun penchera vers le "trop" ou le "pas trop" en fonction de sa sensibilité de lecteur.

Détail sans doute: le sous titre évoqué en préambule de "thriller littéraire". Stricto sensu le "thriller" de "to thrill" est quelque chose qui effraie. Pour moi on est plus dans un "policier" que dans un "thriller" (terme assez galvaudé aujourd'hui et que l'on retrouve sur pas mal de livres qui n'en sont pas) même si comme je l'ai précisé le "policier" est réducteur par rapport à tout ce que le roman évoque. Mais sa colonne vertébrale est quand même bien une enquête de police sur un (des...) meurtres.

Enfin, je ne suis pas fan du coté délirant de l'auteur/commissaire (ici je fais l'amalgame car c'est bien l'auteur qui s'amuse à glisser ces passages dans le roman par plaisir personnel a t'il avoué - sans qu'on le frappe avec des annuaires). Mais là encore c'est fait par petites touches et certains lecteurs apprécieront (les délires de Frederic Dard dans San Antonio ne m'ont jamais transcendé et pourtant il a de nombreux fan).

Pour conclure: Un roman que je recommande. Je suis un lecteur de thriller, de polars et de policiers régulier, j'en ai lu pas mal et je ne suis pas souvent enthousiasmé par les auteurs français. Cette découverte fut donc une bonne nouvelle. Les 3 premiers volumes des aventures de Mallock sont en cours de ré-édition chez Fleuve noir et pocket. Et les suites arrivent bientôt.

Quelques promesses de l'auteur (à vérifier bien sur): Faire à chaque fois quelque chose de différent (différent des précédents livres mais aussi différent des autres publications dans ce style); méler fantastique, SF, surnaturel aux histoires mais toujours finir par un dénouement réaliste, faire évoluer Mallock au fil du temps. L'ambition est grande, courageuse, j'espère qu'il pourra s'y tenir. 

Pour en savoir plus sur lui, ses activités et les sorties des romans, son site: link

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Johnson Dorothy M. : Contrée indienne

contree indienne

L'histoire:

Dans l’intimité de loges indiennes ou celle de ranches à peine construits, à travers les plaines, derrière les murs des forts militaires ou dans les rues de villes nouvelles, pionniers, Indiens et cow-boys sont confrontés à la dure loi de l’Ouest. Dotés d’un formidable instinct de survie, ces hommes et ces femmes résistent à la destruction de leurs foyers, de leurs croyances et de leurs rêves. Ces onze nouvelles – dont deux restaient inédites en français – racontent les incidents devenus légendaires et les paysages encore sauvages de cette terre de frontières. On retrouve parmi elles L’Homme qui tua Liberty Valance et Un homme nommé Cheval qui inspirèrent deux grands westerns de John Ford et Elliot Silverstein.

Avec Contrée indienne, Dorothy Johnson, grande dame de la littérature américaine, ressuscite le mythe de l’Ouest américain.

 

Mon avis:

Tout d'abord un point sur l'auteur: DOROTHY M. JOHNSON est née en 1905 dans l’Iowa et a passé son enfance dans le Montana. Rédactrice pour des magazines féminins, puis professeur à l’université du Montana, elle publiera une quinzaine de livres et plus de 50 nouvelles dont plusieurs seront adaptées au cinéma (L’Homme qui tua Liberty Valance, Un homme nommé cheval, la colline des potences). En 1959, elle est faite membre honoraire de la tribu blackfoot. Elle meurt en 1984.

Ce livre est un recueil de 11 nouvelles d'une vingtaine de pages chacune. Il s'agit d'une réédition pour 9 d'entre elles et 2 sont inedites en français

Dans ces nouvelles il est question d'enlèvements et/ou de retours de femmes colons ( « Flamme sur la plaine », « Retour au fort »), d'hommes blancs qui sont "devenus" des indiens ou veulent le rester ( « L’incroyant », « La tunique de guerre », « Un homme nommé cheval »), de colons confrontés aux attaques d'indiens ( « Prairie kid », « Après la plaine »), d'indiens et de leurs traditions (« L’exil d’un guerrier »), et bien sur de cow-boys ( « L’homme qui tua Liberty Valance »)...Nous sommes bien dans des "western" mais si deux de ces nouvelles sont devenus des western holywoodiens, le sujet de ces nouvelles ne l'est pas. D'ailleurs leur véritable sujet est plutôt je pense l'histoire d'humains (indiens ou blancs) confrontés à des épreuves ou à des modes de vie choisis ou imposés. Tous y font face avec force et courage, qu'ils soient hommes ou femmes, enfant ou vieillards, indiens, colons ou cow-boys.

Un excellent ouvrage, facile à lire même pour les moins littéraires grâce à ce format de nouvelles (20 pages c'est un court moment de lecture et tout est dit pourtant, seul reste parfois la frustration de ne pas en savoir plus sur tel ou tel(le) qui nous a intéressé)

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Gordon Howard: L'obelisque

L Obelisque

 

L'histoire:

Gideon Davis n’a que vingt-quatre heures pour ramener son frère à la raison et empêcher une conspiration internationale de provoquer une hécatombe.

Les talents de négociateur de Gideon Davis, ainsi que ses compétences tactiques, lui ont valu un rôle de pacificateur dans les conflits sensibles du monde entier. C’est à ce titre qu’il est sollicité à Washington par Earl Parker, un ami de sa famille, gros bonnet du gouvernement. Gideon doit récupérer un agent double de l'Asie du Sud-est qui n’accepte de se rendre qu’à lui. Cet agent, c’est Tilman Davis, son frère.

 

Les deux hommes ne se sont pas vus depuis des années, et Gideon se demande comment Tilman a pu devenir si impitoyable. D’autant que son frère ne se rend pas, contrairement à ce qui avait été prévu, et qu’Earl Parker est pris en otage ! Là, plus question de négocier, Gideon doit réactiver son instinct de combattant. Son but : échapper aux habitants hostiles d’un pays déchiré par la guerre et atteindre l’Obélisque, une plate-forme pétrolière ultramoderne envahie par des terroristes dirigés par Tillman lui-même. Avec l'aide du chef d’exploitation Kate Murphy, Gideon lance, seul contre tous, une périlleuse opération de sauvetage.

 

Mon avis:

 

Plusieurs indices présageaient de la bonne affaire lors de l'achat de ce livre. Tout d'abord je l'ai trouvé dans un bac de "solde" pour quelques Euros, ensuite, l'histoire présentée en quatrième de couverture semblait une bonne trame de récit, et enfin sous ce résumé la biographie de l'auteur me précisait: " Howard Gordon a débuté sa carrière en tant que scénariste de la série X-Files. Par la suite, il a été auteur puis producteur exécutif d’une des séries les plus populaires de tous les temps : 24 Heures chrono".

Autant de signes qui me poussaient allégrement vers la lecture de l'ouvrage.

Hélas, trois fois hélas, les signes se révélèrent défaillants et la lecture une sinécure. 375 pages d'une histoire digne d'un film de série B avec des invraissemblance tant sur les scènes "d'action" que sur les relations entre les personnages (Gideon et Kate Murphy tombant amoureux au premier coup d'oeil et prets à se sacrifier l'un pour l'autre sans avoir échangé 2 mots par exemple).

Dommage car il y avait du potentiel, il y a quelques passages (peu et trop courts malheureusement) qui sont très acceptables, et le style est correct (pas transcendant bien sur mais correct pour ce type de récit).

Quel gachis pour ce premier roman de la part d'un auteur qui a collaboré à deux series que j'avais trouvé excellentes et qui sont heureusement d'un autre niveau de récit que ce roman.

Je regrette les quelques euros que j'y ai consacré (meme si je suis heureux de ne pas y avoir investit les 20 euros de son prix initial).

A éviter, je ne vois pas qui pourrait trouver plaisir à lire ça, je ne sais même pas pourquoi Michel Lafon a perdu temps et argent à l'éditer.

 

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