Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Steinhauser Olen: A couteaux tirés

tous les livres sur Babelio.com

Reçu dans le cadre d'une opération "masse critique" exceptionnelle grâce au site BABELIO et à l'éditeur. Merci à eux.

 

L'histoire: Henry Pelham se rend en Californie et revoit à cette occasion Celia Favreau, son ancienne maîtresse. Tous deux ont été agents secrets, à Vienne, et ne se sont pas revus depuis l'attentat terroriste qui a coûté la vie à cent vingt personnes dans un avion, cinq ans plus tôt. Celia a quitté la CIA et a fondé une famille. Malgré les sentiments qu'il éprouve encore, Henry a aujourd'hui une mission à remplir : découvrir ce qu'elle sait sur cette terrible journée où tout a basculé. Un huis clos époustouflant où un simple dîner de retrouvailles, du moins en apparence, se transforme en habile joute verbale, chacun jonglant entre discussion personnelle et professionnelle, chacun poussant l'autre dans ses retranchements pour sauver sa peau...

 

Mon avis: Déjà lecteur des deux premiers volumes de l'auteur sur "le tourisme" (division de la CIA employant un certain Milo Weaver: voir les critiques sur ce blog), j'ai trouvé cette fois un récit assez différent. En effet, ici nous ne sommes pas véritablement dans l'action, mais dans un tête à tête entre deux agents évoquant le passé. Evoquant le passé par le mensonge. Car Henry n'avoue pas son véritable but à Celia, qui elle même ne lui dit peut être pas toute la vérité.

Celia a quitté Henry sans explication après le drame, s'est enfui loin, s'est mariée est aujourd'hui mère de famille dans un coin tranquille de Californie. Henry est toujours un agent, toujours amoureux et nostalgique de leur vie commune. Dans ces conditions l'entrevue ne peut pas bien se passer.

Nous sommes dans une œuvre littéraire, donc le "huis clos" n'en est pas vraiment un, la joute verbale entre les personnages étant régulièrement interrompue par des évocations de ce trouble passé commun et du mystère qui y est dissimulé.

De plus, le récit à la première personne fait alterner 3 narrateurs: Henry et Celia, bien sûr, et pour ajouter à la dynamique, une retranscription de leur conversation qui a visiblement été enregistrée.

Certains rebondissements se devinent assez tôt, d'autres nous tiennent dans le doute jusqu'au bout. Que s'est il passé dans autrefois, qui est coupable de quoi, comment tout cela va-t-il finir?

Assez simple dans son déroulé et en cela le récit se lit vite et facilement, l'intrigue reste suffisamment addictive pour nous pousser à tourner les pages et à nous interroger. Normal, dans un univers d'espions, c'est le règne des faux semblants.

Moins complexe et moins trépidant que les aventures de Milo Weaver, mais une bonne petite histoire d'espionnage (sauf si vous recherchez de l'action, ici tout est très psychologique et presque statique)

Voir les commentaires

Westlake Donald: Pierre qui roule

Westlake Donald: Pierre qui roule

L'histoire: A peine sorti de prison, Dortmunder retrouve son vieil ami Andy Kelp qui lui propose un coup fumant : subtiliser, au beau milieu d'une exposition, une émeraude de grand prix appartenant à un petit état africain. Facile ! Il suffit de réunir une bonne équipe et de concocter un plan à toute épreuve. Aussitôt dit, (presque) aussitôt fait. Mais en dépit d'une implacable préparation, les choses ont comme une fâcheuse tendance à dévier de leur cours. Il faut dire que l'un des complices de Dortmunder a la brillante idée d'avaler la pierre pour échapper à la police, alors forcément cela complique un peu la tâche.

 

Mon avis: On commence par un polar où un groupe de pro va mettre en scène un casse (même si la présentation des pro en question commence déjà par mettre la puce à l'oreille: ils sont peut être des pro dans leur domaine mais quand même un peu à l'ouest). Mais le casse va foirer à cause d'un petit détail. Résultat il va falloir recommencer le casse pour rattraper le coup. Mais un détail va faire tout foirer, alors il va falloir...

Comme Le coyote qui essaye de capturer Bip Bip, comme Sylvestre ou Tom qui veulent capturer Titi ou Jerry; l'équipe de Dortmunder veut récupérer cette émeraude mais elle leur échappe à chaque fois, quels que soient les plans audacieux qu'ils bâtissent. Et quels sont les plans de leur comanditaire? Peuvent ils lui faire confiance?

Le récit mêle habillement un ton "polar" à des situations décalées qui apportent à chaque fois une dose d'humour à l'histoire. Une histoire plaisante, drôle et efficace

Voir les commentaires

Mallock: Le massacre des innocents

Mallock: Le massacre des innocents

L'histoire: Au sommet de la tour Eiffel, un policier massacre 193 personnes. À Bordeaux, un enseignant fait feu sur ses propres élèves. Plus au sud, une championne de tir à l'arc prend sa famille pour cible... Virus, secte, terrorisme, maladie contagieuse ? Les tueries se multiplient sans que le commissaire Mallock et son équipe ne parviennent à établir le moindre lien entre les différents forcenés. À chaque instant, un voisin, un passant peut devenir un monstre en puissance... Dans une atmosphère de fin des temps, Mallock enquête, désespérant de parvenir à mettre un terme au massacre des innocent.

Mon avis: Après avoir découvert le commissaire dans sa 4ème enquête " Les larmes de Pancrace" puis rencontré son auteur et repris au début en lisant la réédition de sa première enquête réécrite "Les visages de Dieu" (voir les critiques de ces deux titres sur ce blog), voici la réécriture de la deuxième enquête du commissaire.

Comme l'avait annoncé l'auteur, chaque enquête est différente sur son style, son contenu. Ici pas de piste "mystique" ou à-priori surnaturelle (même si à chaque fois l'affaire se conclue de façon cartésienne), le tueur est un simple sérial killer.

Par contre un sérial killer tout aussi complexe que les autres méchants des enquêtes du commissaire. Et les passages "de son point de vue" qui nous permettent à nous lecteurs de voire l'affaire sous un autre angle, sont eux aussi très bien construits pour ne pas trop nous en dire.

Mallock, lui, continu à mener ses enquêtes comme d'habitude, avec l'aide de rêves psychédéliques générés par des substances illégales. Et comme pour le précédent, la réécriture pêche par cette tentation (à laquelle il cède) de l'auteur à nous annoncer que tel lieu ou tel personnage va revenir plus tard (par exemple que l'on boit une covée de "pancrasse" sans savoir qu'il va être amené à enquêter sur la propriété vinicole plus tard). Hormis ce reproche, le roman est une fois de plus réussi avec une bonne intrigue.

Voir les commentaires

Brin David: Le facteur

Brin David: Le facteur

L'histoire: Dans une Amérique sombre et violente issue d'une guerre dévastatrice, Gordon est un comédien errant, troquant des histoires contre nourriture et un toit provisoire. Jusqu'à cette froide nuit d'hiver où il endosse la veste d'un facteur depuis longtemps décédé. Car le vieil uniforme est un symbole qui fera renaître l'espoir chez ceux qui survivent dans quelques communautés isolées. Héros malgré lui, il sera obligé de les défendre contre des forcenés ennemis des valeurs civilisées

 

Mon avis:

Que penser d'un cadeau d'anniversaire intitulé "le facteur" quand on travaille à La Poste? Hommage, clin d’œil, moquerie? Celui-ci venant de mon frère, je pencherai pour un mix des trois. Mais ce fût un cadeau apprécié au fond.

Roman de survie basé sur un univers post apocalyptique Américain, Le facteur n'est pas que cela.

Tout d'abord il y a, bien sur, la présentation du héros: Gordon était tout juste sorti de l'université quand la guerre s'est déclaré et aujourd'hui, plus de 15 ans après il essaye de survivre. Après avoir été membre d'une milice il est devenu un voyageur, à la recherche d'une terre promise hypothétique, troquant ses souvenirs de contes, de poèmes et de théâtre contre le gîte, le couvert et quelques marchandises nécessaires à sa survie.

Petit à petit, on découvre aussi ce qu'est devenue l’Amérique après cette guerre et les années qui ont suivi. Les communautés qui tentent de se reconstruire, les survivalistes qui eux sont plutôt des pilleurs glorifiant le mythe du "plus fort gagne".

Gordon est un homme ordinaire qui préfère avancer, rester discret et vivre. Pas du tout un héros. Lorsqu'il découvre par hasard une tenue de facteur, c'est d'abord un remède contre le froid, puis un déguisement pour tromper ses spectateurs et faire en sorte qu'on l'aide à avancer en jouant un rôle. Mais très vite, son personnage lui échappe, il fait revivre chez les gens un rêve, des espoirs. Et Gordon va alors devoir choisir.

"Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités" disait...(bon ok c'est pas un philosophe) Ben Parker à son neveu qui en fit son credo pour devenir Spiderman (je vous avais prévenus, c'est pas tiré d'un bouquin de philo).

Pour Gordon c'est pareil, le pouvoir que lui confère son uniforme va aussi lui conférer de grandes responsabilités et il devra choisir s'il les assume ou pas.

Autant la description de cet environnement sauvage en renaissance, que les personnages qui le peuplent avec chacun leurs orientations, sont bien exécutés. Aux phases prenantes de l'histoire succèdent des phases plus subtiles mais tout aussi intenses. Gordon n'est pas le seul à jouer un jeu de dupe et chacun devra faire ses choix au péril de sa vie souvent, avec héroïsme parfois.

Un excellent roman.

Voir les commentaires