Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Marco John: Le chacal de Nar (Des tyrans et des rois T1)

le chacal de nar

L'histoire:

Pour l’Empereur de Nar, il est son meilleur général. Il mène ses troupes d’élite chez les tribus sauvages de Lucel-Lor afin de soutenir le pouvoir corrompu et factice du Daegog, leur dernier monarque, face à des fanatiques religieux qui veulent le renverser.
Pour Tharn, le chef religieux de Lucel-Lor, il est le « Chacal de Nar », celui qui apporte la destruction et la mort avec son armée bardée de fer et ses machines crachant le feu. Un tyran, qui veut briser la magie, la tradition et les dieux séculiers.
Mais pour lui-même, il n’est qu’un pion dans un jeu qui le dépasse. Le prince Richius Vantran n’est ni un monstre envahisseur, ni un glorieux conquérant. Manipulé contre son gré, engagé dans une guerre mortelle qui s’enlise dans la boue et les tranchées, il ne voit pas d’issues au conflit. S’il l’emporte, il se damne lui-même en défendant une cause qu’il abhorre. S’il échoue, il perdra son titre, ses terres, son royaume et son honneur.
Et lorsque l’amour entre dans le jeu, il n’y a plus ni dieu ni maître… cette fois, le chacal va se battre pour lui !

 

Mon avis: Premier tome d'une trilogie, l'histoire peut se lire de façon unique, la publication intègrale nous ammenant à lire un gros livre mais à parvenir à une fin (provisoire) de l'aventure.

 

Un roman en 3 parties qui m'a donné trois impressions différentes.

 

Première partie: Richius Vatran à la tête des armées de son père (le roi d'Aramoor, pays séparant Lucel-Lor de Nar) résiste vaillament aux armées d'un chef de guerre Triin. Les Triin sont le peuple (humanoïde mais différents des Naréens) de Lucel-Lor dont une faction a adopté la religion Drul et s'est soulevé contre leur dirigeant le Daegog. L'empereur de Nar a répondu à l'appel du Daegog et lui a envoyé les armées d'Arammor pour l'aider dans sa lutte contre les Druls. Toutefois la bataille semble perdue et les derniers survivants menés par Richius se battent vaillemment pour retarder l'ineluctable.....

Cette partie est prenante, les combats très bien évoqués et cela permet une appropriation du contexte politique en même temps qu'une découverte d'un certain nombre de personnages.

Elle se termine avec la fin de la guerre. Excepté la rencontre avec Dyana la jolie Triin dont le vaillant Richius tombe immédiatement amoureux (et qui a pu miraculeusement malgré les périples de son propre voyage préserver sa virginité), j'étais plutot emballé par ce début et un peu refroidi par l'idylle trop belle et pure qui s'annonçait mais ragaillardie par la fin de cet épisode (je ne devoile rien)

 

Deuxième partie: Rentré chez lui Richius doit devenir Roi, rencontrer l'empereur de Nar, s'accomoder de ses manigances et de celles de la cour Naréenne, gérer ses relations avec son ancien ami déçu Dinadin, et se marier.

Impression en demi teinte, surtout concernant ce mariage ou là encore on a l'impression de rebasculer dans le conte de fée quand le jeune roi obnubilé par son amour perdu pour Dyana ne peut coucher avec sa ravissante femme officielle malgré les efforts de celle ci. Puis le voila poussé à regagner Lucel-Lor et on se dit que tout va basculer dans une histoire gentillette et conventionnelle.

 

Troisième partie: Confronté au Lucel-Lor d'après guerre et à ses anciens ennemis (Tharn le chef de la rebellion Drul et Voris le chef de guerre contre qui il se battait férocement) Richius va en venir à douter et à devoir choisir entre Nar et Lucel-Lor.

Et cette troisième partie est très interessante. Dans ces choix que le jeune roi va devoir faire. Dans ses tiraillements sentimentaux et politiques. Dans les morts de certains personnages. Et on retrouve également des séquences de combat toujours très bien contées.

 

Le "happy" end final pourrait etre un rien trop "Happy" même s'il reste raisonnable (il ne sera pas heureux pour tous).

 

Ormis quelques expressions ou mots employés trop modernes (on boit du cognac, Nar a un évéque qui officie dans une eglise....) de ci de là, le recit est agréable à lire.

 

Un bon premier tome à lire pour se faire une idée et -éventuellement- poursuivre l'aventure dans les 2 tomes suivants

Voir les commentaires

Anderson Kent: Chiens de la nuit

chiens de la nuit

 

L'histoire:  son retour de la guerre du Vietnam où il combattait dans les Forces spéciales, Hanson est entré dans la police pour éviter de sombrer dans le crime et la folie. Depuis, il patrouille dans le secteur le plus dur de Portland, un quartier sinistré, véritable zone en état de guerre où il côtoie les camés, les alcooliques, les fous et les meutes de chiens redevenus sauvages. Un psychopathe veut sa peau, un flic des stups cherche à le faire tomber et fouille dans son passé militaire. C'est alors que resurgit Doc Dawson, seul survivant de son unité, l'unique personne en qui il ait une confiance totale. Mais Doc est devenu dealer de cocaïne et tueur.

 

Mon avis: Après le Vietnam Portland. Mais si le pays a changé le blues du héros reste le même. Hanson a toujours du mal à se trouver et à faire sa vie. Du mal à quitter le vietnam et à redevenir un vrai civil. Du mal à devoir rester spectateur des misères humaines sur lesquelles il n'a aucun pouvoir. Hanson et son coéquipier, Dana, roulent, s'arrêtent, circulent dans les rues, répondent aux appels de détresse. Récit non d'une enquête mais juste du quotidien fastidieux de deux flics ordinaires. Et dilemme de Hanson quand il va se retrouver confronté à d'autres anciens combattants tout aussi pommés que lui mais qui ont pris d'autres chemins: la drogue, la folie ou le crime.

 

Assez semblable à Sympathy for the devil dans sa manière désabusée et noire de décrire la vie de son héros, Kent Anderson signe un deuxième livre bien dans la ligne du précédent.

Voir les commentaires

Anderson Kent : Sympathy for the Devil

sympathy for the devil

L'histoire: Hanson un jeune américain s'engage dans l'armée, intègre les bérets verts et à l'issue de son entrainement rejoint le Vietnam pour y découvrir une guerre terrible.

 

Mon avis: Ce livre est une sorte de version littéraire de "Platoon" le film d'Oliver Stone.

On y suit le jeune Hanson de son enrolement à son entrainement jusqu'à sa guerre du Vietnam. Les soldats y sont tous morts de peur et/ou à moitié fou. Les destins y sont souvent tragiques. La drogue et l'alcool polluent les cerveaux et les coeurs.

Le jeune conscrit Hanson se trouvera dans ce métier des armes jusqu'à intégrer les forces spéciales et se perdra au Vietnam même si ses retours au pays ne seront pas glorieux. Jusqu'à un final apocalyptique et -à l'image de bien des scènes du roman et de cette guerre- violemment absurde.

Un roman qu'on pourrait prendre pour un récit auto-biographique quand on sait que l'auteur à suivi le même chemin que son (anti?-) héros.

A éviter si l'on aime les récits de héros purs et durs.

A ne pas manquer si on recherche des héros attachants et troubles.

Voir les commentaires

Carofiglio Gianrico: Le silence pour preuve

le silence pour preuve

 

L'histoire: Les époux Ferrara sont fous d’angoisse : leur fille a disparu depuis six mois, évanouie dans le
néant, et les pistes suivies jusque-là n'ont mené à rien. Refusant de se rendre à l’évidence et de
voir classer l’affaire, ils veulent charger Guerrieri, avocat assez renommé, d'enquêter sur cette
disparition. Après bien des hésitations, celui-ci finit par accepter. 

 Plus détective qu'avocat, donc, Guerrieri n'en est pas moins séduisant, avec sa manie des citations littéraires, cinématographiques et musicales, ses allures de perdant à la Charlie Brown malgré ses succès professionnels, son habitude de confier ses secrets à son sac de boxe…

 

Mon avis: ce roman aurait pu se classer dans une categorie de "légal thriller" comme beaucoup de romans américains ecrits par des avocats. Mais deux choses font qu'il ne rentre pas dans cette categorie: le thème de l'histoire pour commencer, car si le héros est bien avocat, on lui demande de vérifier une enquête ce qui est l'appanage d'un "privé" et non d'un juriste en principe; Le traitement de l'intrigue ensuite où - même si l'auteur apporte ici et là quelques précisions sur les procédures judiciaires italiennes - l'on assiste à une enquête et non à des joutes judiciaires dans un tribunal.

L'autre différence avec les thrillers américains, c'est le rythme et les personnages: pas de glauque, de grosses félures ou d'immoralité chez les personnages. La prostitué est rangé, le dealer prêt à raccrocher et à aider l'avocat dans son enquête....

Trop propre tout ça?

Peut etre si on recherche la tension plus habituelle d'un roman noir, mais ces descriptions sont peut etre moins spectaculaires et plus proches de certaines réalités.

L'enquête elle même n'est qu'une partie du roman, entrecoupée de tranches de vie du héros sans aucun rapport avec l'affaire.

Un livre qui se lit vite (moins de 250 pages de courts chapitres) mais qui emporte le lecteur dans une atmosphère nonchalante et intimiste à la rencontre (à la suite pour ceux qui ont lu les précédents romans de l'auteur) de maitre Guerrieri.

Je n'aurais sans doute pas acheté ce livre n'étant ni fan de l'Italie, ni fan des "legal thriller" et pourtant j'ai apprécié cette lecture. Je la deconseille à ceux qui recherchent un polar très noir ou une intrigue inhabituelle, mais il reste digne d'interet. C'est à la fois le recit d'une tranche de vie de cet avocat quadragenaire et la curiosité de découvrir la vie cachée de la jeune femme disparue, comme dans les series d'enquete du type "porté disparu" ou l'on decouvre que sous les apparences la vie des gens est souvent une inconnue même pour leurs proches.

Le tout ponctué de références à la litterature, le cinéma, la chanson (certaines italiennes diffcile à appréhender pour un français, mais d'autres aussez internationales) et à la nostalgie du passé évoquée par le héros-narateur (que je partage sur certains points du fait de notre age proche)

 

Voir les commentaires