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Bauer Nathalie: Des garçons d'avenir

des garçons d avenir

 

Reçu dans le cadre de l'opération MASSE CRITIQUE de BABELIO

masse critique

 

L'histoire: En 1915, à 22 ans, Raymond Bonnefous part à la guerre. Avec légèreté, il semble partager le sentiment de nombreux camarades : le conflit ne constitue « qu’un empêchement, un regrettable incident, un caillou qui se glisse à l’intérieur de votre chaussure et dont on se débarrasse facilement ». Etudiant en médecine, il va pourtant vivre près de quatre ans à proximité de l’enfer des tranchées, dans des postes de secours où défile l’effarant cortège de blessés et de mutilés. Avec les autres médecins (dont ses amis Morin et Declercq), souvent au péril de leur propre vie, ils vont tenter de soulager la souffrance qui afflue vers eux. Mais aussi de l’oublier… Car ces « garçons d’avenir » ont envie de vivre, d’employer leurs moments de liberté à faire du cheval, du tennis, à s’amuser à Paris, à rentrer chez eux en permission, à participer aux fêtes, à aimer aussi… Leur engagement au coeur du plus terrible des conflits ne les empêche pas de rechercher les plaisirs et l’amour avec une force juvénile, une forme d’aveuglement aussi qui leur donne à penser que rien ne les arrêtera… On s’attache à Raymond et à ses amis, on suit la singulière relation qui les unit à la fraîche et lucide Zouzou : derniers instants d’insouciance d’une génération qui essaie de prolonger un monde en train de disparaître. De cet univers d’hommes et de passion, de ce quotidien d’horreur surgissent des êtres capables de trouver néanmoins une forme de bonheur. Paradoxe qui fait de ce texte magistralement écrit, solidement documenté, un des plus beaux romans consacrés à la Grande Guerre.

Mon avis: à la lecture du quatrième de couverture, je m'attendais à un roman sur des hommes condamnés à survivre à la Grande Guerre et à ses horreurs. Comme j'avais pu lire autrefois "A l'ouest rien de Nouveau" (vu du coté Allemand) . D'autant qu'on annonce qu'il s'agit de personnages réels (tirés des carnets du grand père de l'auteure) dont cette période de vie a été etayée par des recherches historiques et romancée.

Un excellent à-priori donc.

Et pourtant ce livre m'a déçu sur plusieurs points.

La guerre tout d'abord: elle est là mais en arrière plan et très très en arrière. Je cherche encore "l'effarant cortège de blessés et de mutilés" "la souffrance qui afflue vers eux" dans "l'enfer des tranchés". Alors c'est vrai que le personnage principal (le narateur) n'est pas fantassin mais médecin plutôt à l'arrière... mais les quelques éléments propres à cette guerre restent toujours évoqués de quelques mots ou quelques phrases assez neutres (si on ne se renseigne pas sur ce qu'était un "marmitage" ce simple qualificatif semble bien anodin alors que sous ce pilonnement intensif la vie devait être assez difficile). Le passage de son régiment à Verdun est à peine évoqué, il nous dit très simplement que les brancardiers ont été bléssés en ramenant les soldats du front...etc.

Les dialogues ensuite: mélés au récit sans aucune séparation (paragraphe, tiret ou guillemet) si bien qu'on ne sait pas tout de suite qu'on est passé du récit de Bonnefous à un dialogue qu'il rapporte puis inversement que le dialogue est terminé et que l'on repart dans le récit.

A quoi sert de situer l'histoire sur cette époque précise?: le seul intéret est qu'il permet à Bonnefous (fils de médecin de province) de rencontrer des jeunes hommes de milieu éloigné du sien (Declercq notamment issu de famille riche parisienne) et le doute du lecteur sur leur survie.

Leur relation à la "Jules et Jim" avec Zouzou est originale et les personnages rencontrés sont parfois eux aussi interessants (la famille de Declercq par exemple, ou leur Medecin chef), mais j'aurais aimé soit plus de fiction (plus de liberté de l'auteure par rapport au réel de la vie qu'elle décrit) soit moins de romanesque et une description plus précise de la vie au front de son grand père.

Une impression d'entre-deux, ni un roman sur le thème des hommes à la Guerre, ni tout à fait un récit réel...

J'y ai vu un récit centré sur cette histoire d'amour et d'amitié qui aurait pu être situé avant la guerre ou après.

Petit "plus" l'insertion de photos prises par le vrai Raymond Bonnefous qui illustrent le récit

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Damhaug Torkil: La Mort dans les yeux

la mort dans les yeux

 

Reçu dans le cadre du Jury Policiers SEUIL

 

L'histoire: Mailin Bjerke, jeune psychologue, disparait d'Oslo alors qu'elle s'apprête à faire des révélations dans un talk-show consacré à la pédophilie et animé par Berger, un ancien prêtre et rockeur au passé sulfureux.

Sa soeur Liss, mannequin anorexique qui carbure à la cocaïne à Amsterdam, va tout mettre en oeuvre pour retrouver sa soeur. Abus sexuels, traumatismes, jeux de cache cache, qui est le chat et qui est la souris? Quel est le vrai visage de ce psychopathe qui crève les yeux de ses victimes? Et quel est le lien avec des vacances en Crete dix ans plus tôt?

 

Mon avis: N'ayant pas succombé à la mode des auteurs du nord depuis le succès de la saga Millénium, je découvre les polars scandinaves.

Torkil Damhaug est diplomé de médecine et s'est spécialisé en psychiatrie...cela se sent dans la description des névroses de ses personnages.

Mais qu'on ne se méprenne pas sur cette remarque: c'est bien un polar que vous lirez. Avec son intrigue (la disparition de Mailin) et ses personnages tous plus névrosés les uns que les autres.

Une première partie très glauque nous présente un enfant traumatisé il y a dix ans. Puis l'histoire commence avec la présentation de Liss, la soeur de Mailin qui a fuit la Norvège et sa famille pour une vie peu reluisante à Amsterdam. La disparition de sa soeur et un autre évenement dramatique va la ramener en Norvège. Et cela va aussi faire ressurgir des traumatismes de l'enfance enfoui dans son subconscient.

Un livre assez dur dans ses thèmes (traumatismes psychologiques, pédophilie, drogue et tortures) mais très bien raconté, au présent, à la troisième personne mais centré sur quelques personnages (Liss d'abord puis les enquéteurs ensuite). Une lecture facile si ce n'est l'inconvénient des littératures étrangères (pour moi en tout cas): la difficulté de bien retenir les noms peu usuels pour un français (surtout ceux des personnages secondaires), mais qui ne m'a pas empéché de suivre et d'apprécier cette histoire.

Un premier essai très concluant des polars Norvégiens donc.

 

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King Stephen: Misery

misery

L'histoire: Quand Paul Sheldon, romancier à succès, apprend que l'étrange Annie Wilkes l'a sauvé de l'épave de sa voiture, il lui en est profondément reconnaissant. Pas pour longtemps. Cloué dans son lit, les jambes en miettes, il comprend très vite que l'élan de l'infirmière n'était pas exactement altruiste. En le ramenant chez elle, en le soignant, elle s'octroyait son écrivain préféré pour elle toute seule, elle avait bien l'intention de le garder pour qu'il écrive un nouveau roman, un roman pour elle. Coûte que coûte, Paul Sheldon doit faire renaître son héroïne récurrente, Misery Chastain, morte à la fin de l'épisode précédente. La vie de Paul en dépend.

 

Mon avis:  Un livre lu il y a un certain nombre d'années (paru en 97) mais qui fait partie des livres qui me laissent un excellent souvenir. La base de l'histoire c'est le sort de Paul Sheldon, retenu dans une maison isolée par une détraquée prête à lui faire subir les pires sévices s'il refuse de lui écrire la suite des aventures de son personnage préféré: Misery Chastain. Cette partie de l'hisoire seule est déjà un bon sujet de livre, de film (dont l'adaptation de ce roman) ou d'un épisode de série TV policière (toutes les séries mettant en scène des tueurs en série par exemple comme "Esprit Criminel", "Profiler" ...etc). Mais d'autres thèmes tout aussi intéressants sont abordés dans le roman. Le choix de l'écrivain entre la facilité (les aventures de Misery, littérature "de gare" vites écrites et à succès) plutot qu'un roman plus aboutit mais dur à écrire et plus confidentiel. L'addiction aux "séries" (qu'on peut entendre comme séries de romans ou série télévisée) quand on s'attache à un personnage fictif au point de presque le considérer comme vivant et vivre une partie de sa vie à travers lui. Et l'inspiration de l'écrivain: ici Paul Sheldon qui se trouvait dans une période de doute sans inspiration va devoir retrouver la mécanique de l'écriture s'il veut sauver sa vie.

Un mélange des genres donc mais un excellent mélange, très bien dosé. Et comme King est qualifié de "maitre de l'horreur" la partie "Survival" où Sheldon va devoir survivre et essayer de s'échapper est très bien décrite, un peu gore parfois mais surtout effrayante tant elle est présentée comme plausible.

Un excellent livre, à reserver toutefois aux lecteurs n'ayant pas tendance aux cauchemards et à conseiller/déconseiller aux gens cloués au lit (suivant qu'ils auront envi de se plonger dans la peau de Sheldon ou au contraire seront trop angoissés par l'analogie) 

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Deslembre Julien: Le Manuscrit des Parfaits

manuscrit parfaits

 

L'histoire: Limoges, une cité sous la Révolution. Alexandre, jeune avocat tourmenté par un profond mal de vivre, se retrouve au coeur d une intrigue angoissante liée à un mystérieux manuscrit. Pourquoi vers l An Mil, le moine Adémar a-t-il falsifié la mémoire sacrée de son abbaye ? Pourquoi 300 ans plus tard le Grand Inquisiteur Bernard Gui voulait-il exterminer une paisible communauté installée à Gimel, au coeur du Limousin ? Du Moyen Âge à la Révolution, de la cathédrale SaintÉtienne de Limoges aux cascades de Gimel en Corrèze à quelques chevauchées de là, Julien Deslembre a construit sous la forme de chroniques un roman d aventures à la fois mystique et décadent.

 

Mon avis: Non ce n'est pas, dans ma grande mégalomanie, en croyant lire un manuscrit sur moi que j'ai acheté ce livre!! Je l'ai acheté il y a bientôt un an (ah PAL énorme quand tu nous tient, combien est long le temps de stagnation d'un ouvrage avant lecture) à la foire du Livre de Brive, en profitant pour obtenir une dédicace de l'auteur (et de lillustrateur) et pour échanger quelques mots avec ce jeune agrégé d'histoire.

A cette occasion, j'évoquais bien sur le coté "Da Vinci Code" -dont il ne se cacha pas -dans le thème (enquête sur un manuscrit secret contenant de troublantes révélations liés à la religion), mais il m'appris alors que tout cela était appuyé sur une réalité historique régionale. Car les "Parfaits" bien sur, sont les Cathares dont il évoque la présence à Gimel, en Corrèze, village connu à la fois pour ses cascades et le trésor de son église.

 

Le livre commence donc par la traque aux "hérétiques" cathares comme une introduction à l'histoire principale. Car le coeur du récit sera la vie du jeune Alexandre révolutionnaire limousin qui va être amené à rechercher ce parchemin.

Le livre se lit facilement, écrit dans un style agréable et enrichi ici et là de petits dessins à l'encre. Construit en petits chapitres.

L'histoire oscille entre le mystérieux et l'enquête plus traditionnelle. Le back ground des époques décrites (traque des cathares au début, atmosphère révolutionnaire et de la Terreur ensuite) est parfait.

Un bon livre, excellent produit pour un premier roman je trouve.

 

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