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Scalped T1: Pays Indien (Jason Aaron - R.M. Guéra)

scalped

 

BD reçue dans le cadre de l'opération MASSE CRITIQUE en partenariat avec l'éditeur et le site BABELIO

 

L'histoire: Il y a quinze ans, Dashiell Bad Horse a fui la pauvreté et le désespoir que lui promettait la réserve indienne de Prairie Rose. Il est aujourd’hui de retour et fait le constat amer que rien n’a changé. Engagé dans la police tribale du chef Red Crow, futur propriétaire de casino et parrain de l’ensemble des trafics d’alcool et de drogue de la réserve, Dashiell a pour mission de faire passer aux traditionalistes l’envie de revendiquer leur ethnicité à coups de C4 et de limiter au maximum la prolifération des laboratoires de méthadone. Est-il de retour pour mettre de l’ordre ou tirer sa part du lion ?

 

Mon avis:

Sur l'édition tout d'abord: L'éditeur Urban Comics (Une branche de Dargaud) a repris les droits détenus par Panini pour les catalogues DC Comics et Vertigo (entre autre). Ils republient donc des séries (ici de Vertigo) déjà publiées en France par leurs prédecesseurs, mais dans des versions plus "luxueuses" (reliures, couvertures en dur) et surtout ils y ajoutent des notes explicatives en début et:ou en fin de recueil sur l'histoire de ces BD et une explication supplémentaire du contenu.

C'est le cas ici avec une présentation des auteurs au début et un rappel de l'histoire indienne en fin de volume.

Scalped est une série de 60 épisodes éditée en 10 receueils. Ce premier tome reprend les épisodes 1 à 5.

 

Sur le contenu ensuite: Scalped est un polar hard boiled assez réussi. Mixant le personnage principal dur à cuire (Dashiell) au milieu d'un environnement hostile et pourri (la reserve indienne fictive de Prairie Rose, reserve des Lakotas - les "sioux" de nos vieux western). De retour après 15 ans sur sa terre natale, Dashiell va aussi etre confronté à ceux qu'il a quitté (fui?): sa mère, son amour de jeunesse... Du classique pourrait on dire, oui mais du bon classique. Et le choix d'une reserve indienne apporte à cette situation classique une originalité bienvenue.

Au delà du polar, l'histoire de la nation indienne, ou tout au moin de celle des Lakotas est aussi présente. La mère de Dash étant une ex militante des droits indiens.

Et dashiel a aussi un secret (enfin durant le premier épisode, car à l'issu de celui-ci le lecteur apprends la teneur de ce secret mais cela reste quand même un ressort du récit).

Pour résumer: un bon polar hard boiled comme j'aime en lire en roman, en voir en film et donc ici à lire et regarder en bande dessinée.

 

Sur le dessin: pour moi le dessin colle parfaitement au propos. Pas baclé ou trop spécial comme j'en ai vu souvent sur des adaptation de polar (hélas). Avec des couleurs passant du ardoise, gris et noir (parfois coloré d'un rouge sang) des scènes de nuit ou d'intérieur, au jaune et orange de la lumière du désert. Mais comme tout est affaire de gout en la matière j'affiche une reproduction de page pour laisser voir le style graphique de Guéra:

scalped 2 

 

Une Bd qui m'a plu et que je recommande à tout fan de polar

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Bartoy Mitchell: La marionette du diable

  la marionette du diable

L'histoire:

Detroit, 1943. La capitale du Michigan vit ses dernières heures de calme avant la tempête : les tensions raciales qui divisent la ville sont sur le point de tourner à l'émeute. Et au milieu de tout ce merdier, le cadavre mutilé d'une jeune nantie, et un inspecteur borgne qui n'a rien demandé, surtout pas à être là.

«Brutal, hard-boiled et sans temps mort, la marionnette du diable est un premier roman stupéfiant.»
Jason Starr

 

Mon avis:

Ne pouvant résister à une librairie ou un rayon de livre, j'ai trouvé cet ouvrage dans un stock de livres d'occasion et ainsi découvert la collection "Hard case Crime" des editions j'ai lu qui recense "le meilleur du roman noir des années 50 à nos jours[...] la crème des auteurs hard boiled d'hier et de demain".

Le roman se déroule du 10 juin au 11 juillet 1943 à Detroit. La ville a bénéficié de la guerre qui la transforme petit à petit en capitale de l'industrie d'armement américaine pour fournir l'armée en europe. Mais cette industrialisation va de pair avec un afflux d'ouvriers noirs (les "négros" ainsi qu'on les nommait à l'époque) qui furent les boucs émissaires de toutes les turpitudes comme le sont depuis toujours les populations immigrées partout dans le monde et qu'on parquait ensemble dans des quartiers stigmatisés (heureusement on n'en est plus là...Pas sur? vous croyez?ah bon...).

Le "héros" est un flic comme dans tout polar hard boiled qui se respecte (ou sinon c'est un privé) moralement border line, pas forcément intelligent, pas forcément sans reproche, ne s'aimant pas beaucoup. En plus l'auteur l'a crédité d'un oeil en moins et d'une main mutilée. Il patauge dans sa vie privée, gérant mal son amour pour sa belle soeur (veuve, le frère de Caudill est mort) teinté de culpabilité, et fraichement promu inspecteur il ne brille pas par ses capacités d'enquêteur ou son humour comme un Marlowe ou un Sam Spade.

Je ne mettrait pas ce roman au niveau de ceux de Chandler que je trouve plus prenants, mais l'ambiance noire et malsaine est là. Comme un Ellroy nous racontant L.A. noire, Bartoy nous raconte Detroit la nouvelle riche raciste et corrompue avec ses flics qui ne sont guère plus honnêtes que ses voyoux et un personnage un peu paumé mais coriace qui va provoquer plus que maitriser l'explosion des tensions en menant son enquête.

 

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Aubard Yves: L'an Mil (La saga des Limousins tome 2)

l'an mil

L'histoire:

L'An Mil est le second tome de « La Saga des Limousins ». De 999 à 1005, les aventures de Lou, devenu le vassal favori de Guy de Limoges, continuent. Ses fils sont en âge de connaître leurs premiers émois et leurs premiers exploits. Ils accompagnent leur père de Brantôme à Rome en passant par Cargilesse. Aux côtés de Guy, ils combattront Grimoald, le très rétors évêque d'Angoulême, ils se chamailleront pour la forteresse de Brosse... Jean sera engagé auprès du Pape Sylvestre et Eudes se battra pour conquérir la future femme du duc d'Anjou. Des péripéties qui confirmeront au seigneur de Châlus que ses enfants sont dotés de qualités hors du commun.

 

Mon avis:

Après une critique suivant l'envoi du tome 1 dans le cadre de Masse Critique (voir critique) en partenariat avec l'éditeur et Babelio et ayant raté l'auteur sur la Foire du Livre de Brive en 2012, j'esperais qu'il revienne en 2013 pour pouvoir échanger avec lui de vive voix. Ce fut fait et j'en repartis avec ce Tome 2 et le suivant.

 

Globalement satisfait du Tome 1 j'ai abordé cette suite avec un a-priori positif teinté de ma réserve évoquée à l'époque: le coté un peu trop gentil du récit.

 

J'ai retrouvé un récit familier et très similaire au précédent: instructif, agréable à lire, construit sur le même schéma et gentil...trop gentil, trop "récit héroïque des années 60-70". Si bien qu'un temps je fut presque gagné par un sentiment de lassitude qui me soufflait "non là c'est trop, dès qu'un problème surgit le héros a la solution, c'est un peu too much!!"...

 

Alors, je précise qu'Yves Aubard a habilement atténué un aspect du héros omniscient: il a scindé son héros en plusieurs. Je m'explique: Lou est un guerrier habile, fort et sage, mais ce sont ses enfants qui vont apporter d'autres compétences utiles: la science, la médecine et la justice.

Et puis, après cette courte bouffée de lassitude j'ai replongé dans le récit et je l'ai apprécié comme le tome 1, pardonnant le coté "lisse" (en plus j'ai été fan de Bob Morane dans ma jeunesse qui lui cumulait presque tous les talents de la famille de Chalus, mais j'ai grandit et le coté obscur m'a gagné...alors pourquoi pas un retour à mon innocence d'enfant).

 

L'autre point honnéte d'Yves Aubard, ce sont ses notes en fin de roman reprenant les principaux points évoqués dans son récit et précisant ce qui relève de la réalité historique, de ses hypothèses médicales - mais il est quand même diplomé dans ce domaine, on peut donc lui autoriser quelques hypothèses -, et de ses libertés de romancier.

 

Enfin je reconnais un certain suspens parfois, car si on connait l'éventail impressionnant des connaissances de Lou et de sa marmaille, on ne voit pas toujours en quoi la science peut aider à triompher de la force dans un tournoi truqué par exemple...avant que l'auteur nous le conte.

 

Au final je pourrais faire la même critique que celle du Seigneur de Chalus: agréable à lire, instructif pour qui n'est pas un féru d'histoire, interessant dans ses réflexions sur les événements de l'époque (ici le passage de l'an Mil par exemple, pas si appocalyptique que je l'imaginais dans un monde supersticieux) et bonus pour un nord corrézien comme moi: Le Troubadour qui vient de Ventadour mon royaume natal...

Et merci à Yves Aubard pour ses dédicaces et le moment passé à partager sur ses livres lors de La Foire.

Bien sur le tome 3 m'attend et ne devrait pas tarder à etre chroniqué.

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