Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

May Peter: L'ile des chasseurs d'oiseaux (La trilogie de Lewis 1)

  iledeschasseurs

L'histoire:

Marqué par la perte récente de son fils unique, l’inspecteur Fin Macleod, déjà chargé d’élucider un assassinat commis à Edimbourg, est envoyé sur Lewis, son île natale, où il n’est pas retourné depuis dix-huit ans. Un cadavre exécuté selon le même modus operandi que celui d’Edimbourg vient d’y être découvert. Sur cette île tempétueuse du nord de l’Ecosse, couverte de landes, où l’on se chauffe à la tourbe, pratique encore le sabbat chrétien et parle la langue gaélique, Fin est confronté à son enfance. La victime n’est autre qu’Ange, ennemi tyrannique de sa jeunesse. Marsaili, son premier amour, vit aujourd’hui avec Artair. Alors que Fin poursuit son enquête, on prépare sur le port l’expédition rituelle qui, chaque année depuis des siècles, conduit une douzaine d’hommes sur An Sgeir, rocher inhospitalier à plusieurs heures de navigation, pour y tuer des oiseaux nicheurs. Lors de son dernier été sur l’île, Fin a participé à ce voyage initiatique, qui s’est dramatiquement terminé. Que s’est-il passé alors entre ces hommes ? quel est le secret qui pèse sur eux et resurgit aujourd’hui ?

 

Mon avis:

Peter May est un auteur écossais, auteur de romans policiers se déroulant en Chine, aux états unis et en écosse, et aussi étonnant que cela paraisse il est présent chaque année à la foire du livre de Brive (bon d'accord il est résident dans le sud ouest à présent, donc un voisin). La deuxième singularité entre cet auteur et moi est son choix de situation pour ses romans qui résonnent étrangement avec mes choix de voyage. En rentrant d'un voyage presque inopiné en Chine (invité par un ami à l'accompagner sans que ce pays ne soit dans mes perspective de voyage), je rencontrais cet auteur proposant une série d'enquête en Chine.

En 2013, choisissant un séjour en Ecosse, je vis son nom sur une série de roman dans une librairie écossaise de Stornoway et je fut étonné de voir qu'il s'agissait d'une édition de romans déjà parus en France. Des mon retour j'attendis impatiemment La Foire du livre de Brive 2013 pour aller le voir sur son stand et échanger un peu avec lui sur son pays natal tout en achetant sa trilogie.

Ayant passé 2 jours sur l'île de Lewis dont il est question dans ces romans, c'est donc avec curiosité que je me suis plongé dans ce premier tome de la trilogie mettant en scène Finn MacLeod.

En fait ce premier tome n'a de policier que le fond, un peu comme un prétexte. Ce qui compte c'est le retour de l'inspecteur sur son ile natale et le mystère qui plane, non pas sur l'enquête mais sur ce qu'il a vécu dans son enfance et particulièrement lors de cet événement annuel, lors de l'expédition sur une ile déserte au large.

Le livre est réussi. Peter May arrive d'une part à retranscrire la vie rude sur ces iles pauvres du nord ouest de l'écosse, mais aussi ce récit sur la jeunesse de son héros à l'instar des histoires contées par un Stephen King dans "ça" (le fantastique en moins, mais le même talent pour le récit de ces années d'enfance et d'adolescence).

Quand je dis que le coté policier est un prétexte...oui (puisqu'on découvre vite que ce qui amène l'inspecteur sur l'île semble être une fausse piste) mais pas tout à fait puisque Peter May a pris soin de tout faire cadrer et qu'au final il y aura bien une solution à l'enquête du début, solution maligne et tout à fait crédible.

Mais "l'enquête" qui nous tient le plus en haleine est le mystère qui a précédé le départ de Finn MacLeod, ce qui ronge tout le monde semble t’il comme tout secret. Sur l’ile la communauté est un groupe restreint, obéissant à des traditions, des codes ancestraux. On pourrait transposer ce récit dans toute communauté isolée ici ou là, un village de la campagne profonde en France aussi…

Vraiment un très bon roman, très réussi qui je l’espère se prolongera avec autant de talent dans les deux suivants 

Voir les commentaires

Ziedan Youssef: La malediction d'Azazel

azazel-copie-1

Reçu dans le cadre de l'opération masse critique avec le site BABELIO en partenariat avec l'éditeur. Merci à eux.

 

L'histoire: La Malédiction d'Azazel se présente comme la transcription d'un manuscrit syriaque retrouvé par un chercheur au milieu de ruines antiques aux alentours d'Alep. Ecrit par Hiba, un moine égyptien du Vème siècle, le manuscrit raconte la vie du narrateur venu à Alexandrie pour faire des études de médecine et parfaire ses connaissances en théologie. Animé d'une foi fervente, Hiba est cependant vite horrifié par la violence religieuse des chrétiens, notamment par le lynchage de la grande philosophe platonicienne Hypathie. Parti ensuite à Jérusalem puis à Antioche, il est alors confronté aux controverses théologiques qui déchirent le christianisme : les partisans de Nestorius (un homme dont il a pu apprécier les qualités humaines) sont de plus en plus inquiétés par ceux de l'évêque tout-puissant Cyrille d'Alexandrie, jusqu'à leur exclusion définitive et leur persécution comme hérétiques. Ainsi triomphe Azazel (un des noms de Satan dans la Bible), l'ange de la division, voix intérieure qui pousse notre moine à tout décrire de ces turpitudes religieuses, comme de ses propres doutes et de ses passions amoureuses.

Mon avis:  J'ai lu le quatrième de couverture de ce roman avec intéret. En effet, bien que d'éducation catholique et un peu informé des évolutions de cette religion depuis ses origines, je suis toujours interessé par les informations, les hypothèses sur l'histoire des religions.

Le roman est présenté comme une traduction de manuscrits antiques retrouvés près d'Alep, permettant à l'auteur de nous préciser que certains lieux ont été nommés dans leur désignation contemporaine (plus facile à situer pour les néophytes en géographie antique). Le récit attribué à un jeune moine qui traverse cette époque troublée est également une bonne idée permettant tout à la fois de décrire la vie courante au travers des yeux du moine, comme les affrontements théologiques, politiques et philosophiques.

Hélas ce roman ne m'a pas convaincu.

Pas qu'il soit mauvais, au contraire: le style est agréable, facile à lire. La vie du moine Hiba interessera peut etre certains (notamment ses turpitudes avec le sexe opposé) et le récit d'une vie au moyen orient au Vème siècle n'est pas ininteressant loin de là.

Mais j'attendais un livre sur le christianisme naissant et les luttes politiques de l'Eglise, le choix des théories, des positions théologiques qui ont fait du christianisme ce qu'il est aujourd'hui (en négligeant ou écartant certains textes, certains témoignages, certaines théories philosophiques antiques pour coller au dogme choisi). Et cet aspect est pour moi trop annexe dans ce roman.

Un bon livre donc mais qui n'a pas répondu aux attentes qu'il avait fait naitre en moi, m'empéchant de m'enthousiasmer pour lui. 

 

Voir les commentaires