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science fiction

Varley John : Le système Valentine

Varley John : Le système Valentine

L'histoire:

Parce que sa copine d'enfance Kaspara Polichinelli est sur le point de monter Le Roi Lear sur Luna, l'acteur Kenneth Valentine se rappelle son bon souvenir et décroche le rôle-titre. Lui reste alors quelques menus problème à régler.

Car comment faire, le voyage de Pluton à la Lune en quelques mois, quand on est fauché comme les blés et condamné à mort par la mafia charonaise ? Pour parvenir à ses fins, Kenneth devra changer d'identité (et de sexe) à plusieurs reprises, échapper à un tueur à gages plus solide que Terminator, monter quelques arnaques improbables, et penser à son terrible géniteur au moins une fois par jour.

Roman picaresque et hilarant, hommage à William Shakespeare (mort depuis bien trop longtemps pour se sentir concerné), Le Système Valentine marque le grand retour de John Varley après quelques années d'absence.

Mon avis:

Après la lecture de Blues pour Irontown, la curiosité m'a amené à découvrir ce roman antérieur situé dans le même univers galactique. Autant on a pu reprocher à Blues pour Irontown d'être un peu court et pas très détaillé sur l'univers de l'histoire, autant celui-ci est (trop?) long.

Je l'ai trouvé long, mais au final je ne sais pas vraiment ce qui aurait pu être omis afin de bien présenter l'histoire et les personnages. En effet, l'histoire nous est racontée par le personnage principal, Kenneth Valentine, acteur en cavale pour échapper à une condamnation pour un crime commis autrefois. De plus, sa vie passée mêlant représentations théâtrales et escroqueries pour vivre, l'a condamné à une traque impitoyable par la mafia Charonnaise dont les émissaires sont obstinés et très difficiles à tuer... En nous racontant ses péripéties destinées à le ramener sur la colonie lunaire, Valentine va donc nous faire voyager à travers l'univers colonisé par les humains (alors que Blues pour Irontown se déroulait exclusivement sur Luna), nous rappeler les nouvelles façon de vivre de l'humanité (Déjà décrit dans Blues pour I : comme le vieillissement à la demande, le changement de sexe possible, la médecine évoluée...) et revivre des épisodes de son enfance.

Son enfance donc, auprès d'un père qui a voulu en faire un acteur "parfait' dès sa petite enfance. Mais Kenneth va dévier de cette voie en devenant un héros de télé populaire (riche et adulé mais dans un art considéré comme dégradant par son père), il va ensuite finir ces années de gloire pour devenir le fugitif fauché qu'on découvre au début du roman.

Toutes ces informations racontées par Valentine sont intéressantes, permettent de bien connaitre son personnage et garantissent un suspens suffisant avec la traque des tueurs Charonnais pour garder le lecteur assidu au long de ces 700 pages.

Et la conclusion est elle aussi suffisamment surprenante pour contenter le lecteur.

Une sorte de "road movie" spatial doublé par une histoire de destin dans le monde du spectacle, parsemé de citations shakespeariennes. Un roman très agréable dans un univers cohérent créé par l'auteur.

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Varley John: blues pour Irontown

L'histoire: Christopher Bach était policier lors de la Grande Panne, ce jour où le Calculateur central, qui contrôle tous les systèmes de survie sur Luna, a connu une défaillance fatale. La vie de Chris a alors irrémédiablement basculé, et il essaie désormais d'être détective privé. Assisté de son chien cybernétiquement augmenté, Sherlock, il tente de résoudre les quelques missions qu'on lui confie en imitant les héros durs à cuire qui peuplent les livres et films noirs qu'il adore. Lorsqu'une femme entre dans son bureau et prétend avoir été infectée volontairement par une lèpre incurable, Chris est tout disposé à l'aider à retrouver celui qui l'a contaminée. Mais il va vite déchanter en comprenant que son enquête doit le mener là où personne n'a réellement envie d'aller de son plein gré : à Irontown... Blues pour Irontown est un mélange détonant de roman noir et de science-fiction. Situé dans le même univers que les précédents ouvrages de l'auteur, notamment Gens de la Lune et Le Système Valentine, parus chez Denoël, il marque le retour, tant attendu, de John Varley à son meilleur.

Mon avis: Une découverte de l'auteur et de son univers. En lisant les critiques précédentes et en ayant lu le roman, je comprends que certain(e)s aient pu être décontenancés. En effet, ce roman mêle une enquête de détective style hard-boiled des années 30, un environnement futuriste (un monde développé par l'auteur dans d'autres romans et nouvelles), et une présentation de ce monde et du personnage central par petites bribes au fur et à mesure de l'avancée de l'histoire... L'amateur de polar sera déçu par la simplicité de l'histoire, les amateurs de SF pure seront déçus par la simplicité de l'univers (quoiqu'on sente bien qu'il y a un vrai univers construit en back-ground même si on ne le détaille pas ici).
Et bien moi j'ai vraiment aimé tout ça. Je ne partais pas avec des a-priori sur ce que j'allais trouvé, sinon que la présence du chien m'intriguait un peu et me rendait l'histoire potentiellement sympathique.
Le roman est construit un peu à la mode des polars hard-Boiled: un détective reçoit une cliente qui lui confie une affaire, mais dès le départ on sent bien (y compris Sherlock, le chien qui lui sent pour de vrai) que cela pue et que la cliente n'est pas claire. Comme de bien entendu, le détective va accepter et va être entrainé là où il ne voulait pas aller.
Nous allons découvrir au fur et à mesure du récit dans quel univers on évolue et en quoi le passé du détective est lié à l'affaire. Cela donne le fil rouge qui nous pousse à vouloir en savoir plus.
Pour la détente, les chapitres de retranscription de l'interface neurale du chien sont bien utilisés je trouve, en adéquation avec les façons de percevoir le monde de nos compagnons canin, ajouté à une personnalité particulière de Sherlock)
Le roman n'est pas très long, donc on reste sur une histoire pas très complexe, mais après tout c'est aussi bien que 500 pages de descriptions détaillées.
Le roman débute par une introduction de l'auteur expliquant son objectif et le lien avec son univers. C'est intéressant de voir sa démarche, pas essentiel à la compréhension du roman mais j'ai apprécié le préambule.
Ayant en ma possession d'autres titres j'en ai donc entreprit la lecture.

 

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Timothy Zahn 1 jour 1 auteur article14

Timothy Zahn 1 jour 1 auteur article14

Dans la longue liste des romans publiés sur Star Wars, outre la novélisation des scenarii de la première trilogie et quelques one-shot que j'ai apprécié, il y a les œuvres de Timothy Zahn.

Timothy Zahn, né le 1er septembre 1951 à Chicago dans l'Illinois, est un écrivain américain de science-fiction. Il doit sa célébrité à une trilogie de livres de la série de Star Wars qui a lieu plusieurs années après la fin du Retour du Jedi. Ces livres ouvrent la voie à de nombreux romans et à de nouvelles collections dans l’univers de Star Wars par des auteurs tels que Kevin J. Anderson et Michael A. Stackpole.


Le travail de Zahn ne s'est pas limité à Star Wars. Il a écrit la populaire Trilogie des Conquérants, au sujet d'une guerre entre les humains et une espèce extra-terrestre qui a des vaisseaux spatiaux apparemment indestructibles et pouvant rester sous la forme d'esprit après la mort. Il a également écrit des nouvelles et obtenu le prix Hugo du meilleur roman court 1984 pour Cascade Point.


Les personnages de Zahn sont remarquables pour reconstituer une image des événements à partir de diverses informations, et d’en tirer une ligne d’action. Parfois, ils ont une image correcte basée sur très peu de faits, d'autres fois ils font des prétentions incorrectes mais créent un bon plan de toute façon. Le Grand Amiral Thrawn est, peut-être, l'exemple le plus marquant. De plus, Zahn tend à se concentrer plus sur les pensées de ses personnages plutôt que leurs sentiments.
Les livres de Zahn sont souvent décrits comme « rapides et entraînants ». Par exemple, il tend à développer des événements seulement selon les besoins de l’intrigue. Une marque de son travail est son penchant pour le jeu de mots. Ainsi, dans la trilogie de Thrawn, le nom « Thrawn » vient d’un mot signifiant « tordu » et les noms de deux animaux de compagnie (« Sturm » et « Drang ») viennent d'un mouvement romantique. Il existe certaines structures de phrases qui sont spécifiques de Zahn. On peut également noter dans la première série de Star Wars (mais aussi dans la seconde) son utilisation de phrases interrogatives avec « Quoi ». Il expose ainsi l’intrigue d’une façon à la fois intéressante et crédible.

Les livres de la série Star Wars de Zahn se concentrent également habituellement sur un certain groupe de personnages : Luke Skywalker, Mara Jade, Talon Karrde, Jorj Car'das, le Grand Amiral Thrawn et l’espèce des Chiss. Comme dans la trilogie originale de Star Wars, tous les livres de la Trilogie de Thrawn et de La Main de Thrawn commencent par une scène se déroulant dans l'espace.

Série La Croisade noire du Jedi fou
    L'Héritier de l'Empire, Presses de la Cité, 1992
    La Bataille des Jedi, Presses de la Cité, 1993
    L'Ultime Commandement, Presses de la Cité, 1994
Ces livres prennent la suite de l'histoire commencée par l'auteur dans Vol vers l'infini et poursuivie dans Allégeance et Choix décisifs:


Cinq ans se sont écoulés depuis que l'Alliance Rebelle a détruit l'Étoile de la Mort. Dark Vador et l'Empereur, son maître, ne sont plus. La Nouvelle République prospère sous l'égide de Mon Motha, de la Princesse Leia et de son époux, Han Solo. Luke Skywalker est quant à lui le premier d'une nouvelle lignée de Jedi. Dans les confins de l'espace, les derniers bâtiments impériaux se sont rassemblés sous la bannière du Grand Amiral Thrawn. Beaucoup le considèrent comme un dictateur de carnaval; mais le Grand Amiral a fait deux découvertes capitales qui, combinées avec son talent inné et sans aucun égal pour la stratégie, pourraient faire tomber la jeune République. Sans compter que le Côté Obscur est toujours vivace et n'a pas encore dit son dernier mot...

Série La Main de Thrawn
    Le Spectre du passé, Presses de la Cité, 1999
    Vision du futur, Presses de la Cité, 1999

Ces livres prennent la suite de la trilogie précédente:


10 ans après la brillante campagne de reconquête impériale menée par le Grand Amiral Thrawn, l'Empire n'est plus que l'ombre de lui-même. Relocalisé sur Bastion et une infime partie de son ancien territoire, il s'est réorganisé en Vestiges de l'Empire et, devant la dure réalité de la défaite impériale définitive, Gillad Pellaeon, Suprême Commandeur des Forces Impériales et ancien second de Thrawn, se prépare à mettre pour de bon un terme aux hostilités avec l'Alliance Rebelle, devenue la Nouvelle République, dans l'espoir que les Vestiges de l'Empire puissent conserver leur territoire et leur autonomie. Alors que la paix galactique semble enfin à portée de main, des radicaux de l'Empire décident de jouer un ultime coup de poker, en faisant croire au retour du légendaire Grand Amiral afin de galvaniser les troupes impériales et d'effrayer les mondes républicains.
Mais cette tentative passe presque inaperçue à côté du gigantesque scandale qui secoue la Nouvelle République. Plusieurs décennies auparavant, l'Empire a attaqué et détruit la planète Camaas, ainsi que son peuple pacifique, les Camaasi. Or, la princesse Leia à découvert un document incomplet impliquant nommément les Bothans dans le génocide, sans donner de nom précis toutefois, ce qui plonge la Nouvelle République dans la division - entre d'une part, ceux qui veulent faire payer les Bothans pour leur rôle dans ce crime sans précédent; et d'autre part ceux qui estiment que le peuple Bothan n'a pas à payer pour les actes de quelques uns et qu'il faut pardonner, ou du moins, découvrir l'identité des coupables et ne faire payer que ceux-ci - et les vieilles rivalités profitent de cette crise pour s'exacerber; se cristalliser et se déchaîner. Si les héros républicains ne trouvent pas le "Document de Camaas" complet, la seule issue sera la guerre civile et un bain de sang comme personne n'en a jamais vu….

Série Thrawn
    Thrawn, Pocket, 2018
    Alliances, Pocket, 2019
   un autre tome à venir (treason paru en 2019 aux usa)
Cette série est un préquel relatant la "naissance" de Thrawn.

Je n'ai pour l'instant lu que la première trilogie mais elle est parfaitement réussie. L’évolution de Luke, Han et Léia est très bien menée. Luke pense à reconstruire un ordre Jedi, Leia doit redevenir une politicienne et une diplomate pour faire fonctionner la nouvelle république sans retomber dans les travers de l'ancien sénat, Han se sent désœuvré et inutile: à quoi sert un contrebandier dans un monde en paix qui plus est quand on est devenu père de famille et conjoint d'une importante personnalité? Non seulement Zahn reprend les principaux acteurs de la trilogie fondatrice, mais il en amène d'autres. Coté adversaires il y a Zahn bien sur un redoutable stratège, mais il introduit Mara Jade une aventurière et des nouvelles créatures neutralisant la force ce qui va poser quelques problèmes à Luke...

Adapter l'univers de Zahn en film aurait été une bien meilleure solution pour les piteux épisodes 7,8 et surement 9 je le crains...

 

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Vernes Henry: 1 jour 1 auteur article 8

Vernes Henry: 1 jour 1 auteur article 8

Après avoir écumé les bibliothèques de mes parents et des voisins, acheté quelques livres chez le libraire, je me suis inscrit à la bibliothèque municipale et j'y ai découvert tout un rayonnage de la collection Marabout consacré à "l'aventurier de tous les temps" (comme le définira bien plus tard le groupe Indochine): Bob Morane

Charles-Henri Dewisme dit Henri Vernes est un romancier belge né le 16 octobre 1918

Durant la seconde guerre mondiale, il se joint à la résistance. C'est aussi pendant la guerre qu'il publie, sous son vrai nom, un premier roman, intitulé La Porte ouverte. Un deuxième roman, La Belle Nuit pour un homme mort, suit en 1949. Au cours des années 1950, alors qu'il est journaliste pigiste, Dewisme se voit recommandé au directeur de la maison d'édition Marabout, Jean-Jacques Schellens, qui veut lancer une nouvelle collection pour la jeunesse. C'est ainsi que nait la série des Bob Morane. Le premier livre de la série, La Vallée infernale est publié en 1952 et connait le succès. C'est le début d'un cycle qui s'étalera sur plus de 200 romans ou nouvelles.

Henri Vernes a aussi écrit d'autres romans et de nombreux articles en tant que journaliste sous divers pseudonymes, comme Jacques Colombo (la série pour adultes DON), Cal W. Bogar, Gaston Bogard, Robert Davids, Duchess Holiday, C. Reynes, Jacques Seyr, Lew Shannon, Ray Stevens, ainsi que sous son véritable nom. En 2012, il publie son autobiographie, Mémoires

Avec ses Bob Morane dont je n'ai pas lu l'intégrale mais en tout cas l'intégralité du stock détenu par la bibliothèque, j'ai voyagé en Afrique, sur et sous l'océan (jusqu'à l'Atlantide engloutie), dans l'espace, dans le temps et dans d'autres dimensions (Ananké). J'ai appris plein de choses: comment survivre en mélangeant eau salée et eau douce, en étant piqué par une flèche au curare, que la plupart des scorpions ne sont pas dangereux pour l'homme...etc

Bob Morane est l’aventurier typique des années 50, d'autant plus dans une collection jeunesse. Un homme sans peur et sans reproche triomphant du mal à la fin. Mais il reste un héros intéressant à découvrir aujourd'hui pour les jeunes pré-ado. Vernes a aussi utilisé des concepts ou personnages d'autres écrivain: Jean Ray dans le domaine du fantastique (un compatriote Belge) et Poul Anderson avec sa "patrouille du temps" qui va recruter Bob Bill et Sophia

Pour ceux qui ne connaitraient pas cet aventurier, tout d'abord savoir que la chanson du groupe Indochine reprend les titres des romans (à peu près): Prisonnier dans la valée infernale, le héros s'appelle Bob Morane [..] on a volé le collier de shiva, le maharadja en répondra [..] Flanque la terreur à Manicouagan...

Sinon voici les personnages récurrents et emblématiques de la série:

Robert « Bob » Morane
Français au visage osseux, aux cheveux coupés en brosse et aux yeux gris, à la carrure athlétique, né un 16 octobre comme Henri Vernes, Morane est éternellement âgé de trente-trois ans. Orphelin de père et de mère, il a été élevé en Bretagne par une vieille tante. Il est un héros de la bataille d'Angleterre, pilote de Spitfire et ancien Flying Commander — un grade imaginaire — de la RAF.  Bob Morane est ainsi le pilote le plus décoré de France avec 53 victoires aériennes.
Polytechnicien, ingénieur et officier en disponibilité de l'armée de l'air française, il est nyctalope. Sa curiosité et son sens de la justice lui font parcourir le monde. Reporter-photographe occasionnel au magazine Reflets, il connaît énormément de langues ; ainsi que diverses techniques de combat en corps à corps : savate, karaté, judo, jiu-jitsu. Expert dans le maniement d'un grand nombre d'armes il . Il a noué des relations dans différents services secrets : aux États-Unis, avec le chef de la CIA Herbert Gains ; avec Sir Archibald Baywater de Scotland Yard en Grande-Bretagne ; avec le lieutenant Gros-Jean à la Police montée canadienne ; avec le colonel Jouvert au 5e Bureau de France ; et avec Sheela Khan, chef de la police de Calcutta et des services secrets en Inde.
Malgré son énergie et son goût de l'aventure, Bob Morane connaît parfois des moments d'embarras ou d'incertitude, qui le poussent irrésistiblement à se passer la main dans ses cheveux en brosse. Il aime également faire alterner les périodes d'intense activité et de flemmardise, qu'il passe en pantoufles à lire dans son appartement du quai Voltaire à Paris, au milieu de ses collections d'objets rares ou curieux, souvenirs d'anciennes aventures.
Bob Morane cultive aussi un certain nombre d'amitiés féminines. Les plus importantes sont celles qu'il entretient avec la journaliste au Chronicle de Londres Sophia Paramount, avec Tania Orloff, nièce de l'Ombre Jaune, ainsi qu'avec la mystérieuse et capiteuse Miss Ylang-Ylang, cheftaine omnipotente de la terrible Organisation Smog. Si la totalité de ces relations sont tendres ou condescendantes (d'où son irrépressible habitude d'appeler toutes les jeunes filles qu'il rencontre « petite fille ») et toujours intégralement chastes, elles laissent deviner le goût de Morane pour le sexe féminin. Le grand amour romantique de sa vie est Tania Orloff, la nièce de l’Ombre Jaune, qui fait d’eux une sorte de couple à la Roméo et Juliette à jamais séparé par l’oncle de cette dernière auquel tous deux sont opposés, mais que la nièce respecte.
Outre son appartement quai Voltaire à Paris, il possède un vieux monastère en Dordogne, un très grand terrain, un vieux cimetière en Bretagne et un domaine secret au Pérou au bord d'un magnifique lac bleu. Il a une Jaguar type E qu'il pilote toujours à tombeau ouvert avec une expertise consommée et une petite Peugeot 204 cabriolet. Nous le retrouvons également régulièrement au volant d'une Chevrolet Corvette C4.


Ballantine, William (dit Bill)
Écossais descendant direct du Clan des McGuiliguidy, roux de 2 mètres et de 34 ans, aux mains grosses comme des roues de brouettes, aux poings de la taille d'une tête d'enfant, il est doté d'une force colossale. Patriote, il boit volontiers du whisky (Zat 77 de préférence).
Superstitieux, il possède un château ancestral et un élevage de poulets en Écosse mais celui-ci ne l'occupe que partiellement car il est le compagnon numéro 1 de Morane. Il ponctue ses phrases d'argot et surnomme son illustre compagnon « Commandant » en référence aux états de service de Bob Morane dans la RAF durant la Seconde Guerre mondiale. Morane le rectifie avec une note d’humour par un : «  Tu sais bien que la guerre est finie et que je ne commande plus rien du tout », phrase à laquelle Bill Ballantine répond invariablement par : « Je sais, Commandant ». Il affectionne particulièrement les steaks pommes-frites et les hot-dogs. Il connaît bien ses classiques et siffle comme un maître. Bill Ballantine a rencontré Morane alors qu'il était son mécanicien à l'époque où celui-ci pilotait en Nouvelle-Guinée après la guerre. Il est lui-même un pilote aguerri et expert mécanicien. Comme Bob Morane, il est passionné de belles voitures et entretient une Ford Mustang qu'il a préparée pour augmenter ses performances.
Bill Ballantine serait né un 3 avril 5 dans une distillerie d'Édimbourg.


L'Ombre Jaune
C'est un des ennemis les plus réguliers de Bob Morane et un véritable génie du mal. Il est décrit ainsi par un personnage:
« — Ming ! fit-il d'une voix tremblante. Un Tibétain de haute taille — ou un Mongol, on ne sait exactement —, avec un visage de lune et de terribles yeux jaunes, brillant comme s'ils étaient de l'or poli et qui semblent ne pas appartenir à un être humain. Avec cela, une voix douce comme le ronronnement du tigre. (...) Ming, c'est Satan personnifié. Il en a l'intelligence prodigieuse, et aussi la science de toutes choses, acquise on ne sait de quelle façon. Cette science, non seulement théorique mais aussi pratique, est tellement vaste qu'il semble qu'une seule vie humaine ne suffirait pas à l'emmagasiner. De là ce bruit qui court selon lequel Ming aurait vécu plusieurs vies. On dit même qu'il serait le dernier empereur mongol qui, ayant trouvé le moyen de prolonger son existence, aurait survécu jusqu'à nos jours, d'où son nom de Ming, qui est celui de la célèbre dynastie qui régna sur la Chine de 1368 à 1644. »
Il emploi en autre plusieurs bandes d'assassins pour excécuter ses basses besognes:


    Les dacoïts sont, en Inde, des bandes armées organisées de brigands formées, la plupart du temps, par des paysans dépossédés de leur terre ou des hors-castes (intouchables). Les dacoïts attaquent les trains, parfois les voyageurs en automobile, et livrent de véritables batailles rangées contre les forces de police ou l'armée appelée pour les réduire. Chez Vernes ils sont des tueurs armés de couteau au service de Mr Ming.
    Les Thugs,  constituaient une confrérie d’assassins professionnels et adorateurs de Kâlî. Active en Inde du XIIIe au XIXe siècles, la confrérie serait apparue sous le règne de Jalâl ud-Dîn Fîrûz Khaljî. Le sultan de Delhi l'aurait combattue et aurait déporté un millier de Thugs à Gaur au Bengale, où la secte aurait continué ses exactions de façon discrète, puis aurait retrouvé une visibilité comme force occulte anti-coloniale. On les appelait parfois Phansigar, c'est-à-dire « utilisateurs de nœud coulant », un terme plutôt utilisé dans le sud de l'Inde. On pense qu’il s’agissait d’un culte héréditaire, dont les sectateurs étaient hindous et qui pratiquaient le vol et le meurtre par strangulation, à grande échelle, sur les voyageurs. L’appartenance à la secte se transmettait de père en fils, les femmes des familles ignorant tout de l'activité des hommes.
    Une tribue de pygmées armés de fléchettes au curare


Miss Ylang-Ylang
Elle est l'adversaire de Bob Morane dans Terreur à la Manicouagan, 71e roman de la série ; elle le vainc lors de leur première rencontre.
Miss Ylang-Ylang est décrite comme une femme    « au visage à l'ovale et aux traits parfaits, qu'éclairaient de longs yeux bridés d'eurasienne. Leur fixité indiquaient une volonté de fer, et aussi de la cruauté. Le nez était fin, délicatement ouvré, et la bouche d'un dessin parfaitement achevé. La matité crémeuse de la peau était encore mise en valeur par les cheveux noirs et brillants, ramenés en arrière et noués en chignon sur la nuque. Elle portait un ensemble de soie noire, pantalon et blouse à la chinoise ajustés. Des sandales dorées la chaussaient. Dans la main droite, elle tenait une paire de longs gants de fine peau, noire également, dont elle s'éventait négligemment, car la chaleur des torches ajoutait encore à la moiteur oppressante de la nuit tropicale. Dans la nouvelle venue, les deux captifs avaient reconnu aussitôt Miss Ylang-Ylang, le chef incontesté de l'organisation Smog. Personne, sauf elle peut-être, ne connaissait son véritable nom et on l'avait surnommée ainsi à cause de son parfum favori, dont elle usait souvent sans modération. »
Elle est le chef du SMOG, une organisation internationale de mercenaires et de bandits.
Miss Ylang-Ylang est fascinée par le commandant Morane, ce qui lui vaudra quelques ennuis avec un des méchants de la série, Roman Orgonetz, entré au service du SMOG. Cependant, il s'opposera résolument à sa patronne, car il tient à éliminer Bob Morane, perspective à laquelle Miss Ylang-Ylang ne se résoudra jamais.
Réciproquement, Bob Morane est secrètement attiré, si ce n'est amoureux, de la belle Eurasienne.


Roman Orgonetz
Roman Orgonetz est un personnage de la série Bob Morane, ainsi décrit dans Les Mangeurs d'atomes : « un visage d'une laideur repoussante, ayant la couleur et la consistance de la gélatine, avec un nez énorme, pareil à une grosse limace rose, des yeux globuleux et glauques, inexpressifs, et une bouche lippue s'ouvrant sur des dents complètement aurifiées, le tout surmonté d'un crâne chauve et luisant comme une boule de marbre poli ».
Apparu en 1956, Roman Orgonetz reste le plus ancien adversaire de Bob Morane, l'Ombre jaune n'apparaissant qu'en 1959 dans La Couronne de Golconde. Au contraire de Monsieur Ming et de Miss Ylang-Ylang, qui admirent Morane jusqu'à un certain degré, lui ne conçoit que de la haine à son égard et songe à l'éliminer par tous les moyens possibles.
À partir de Terreur à la Manicouagan, Orgonetz devient l'homme à tout faire du Smog, réseau d'espionnage puissant dont l'un des chefs est la redoutable Miss Ylang-Ylang.


Aristide Clairembart
Aristide Clairembart est décrit comme un vieux monsieur à barbiche, passionné d'histoire et d'archéologie. Il apparaît dans plusieurs romans et albums des aventures de Bob Morane. C'est le savant qui accompagne Bob et Bill dans leurs aventures en lien avec l'archeologie


Colonel Graigh
Une quarantaine d’années, capitaine (20/135), ensuite colonel de la “Patrouille du Temps” , il en est le responsable pour le XXème siècle “Une époque qui nous donne bien du fil à retordre, croyez-le...”
Les relations entre Graigh et Bob Morane sont parfois à l'orage. En effet Graigh n'hésite pas trop devant les moyens à employer pour parvenir à ses fins. A plusieurs reprises, il envoi Bob dans des aventures dont il tire les ficelles, sans vraiment l'informer. Ce qui provoque des réactions vives de Bob lorsqu'il apprend la vérité. Mais il faut souligner que Graigh s'arrange toujours pour que Bob et ses compagnons courent le minimum de risques.
Il rencontre Bob Morane pour la première fois alors que celui-ci, avec Bill, Frank Reeves  et le professeur Clairembart  sont perdu à l'ère secondaire suite à la destruction de la machine du professeur Hunter . Il les ramène à leur époque, malgré le règlement de la patrouille. La deuxième rencontre, due elle aussi au hasard a lieu alors que Bob et Bill enquêtent avec Sophia sur une soucoupe volante et ont bien des ennuis avec un Service Secret Soucoupe. Ensuite nous retrouvons Graigh dans "La forteresse de l'Ombre Jaune", première aventure de la série du "Cycle du Temps" . Il propose à Bob, Bill et Sophia de traquer l'Ombre Jaune  à travers l'espace et le Temps pour l'empêcher de nuire après en avoir fait des agents extraordinaires sous le code EX-A-20C*- 1, 2 et 3.
C’est transcrire la règle absolue de non-intervention de la Patrouille du Temps. Il est évident que Graigh dispose d’éléments d’appréciation sur ce que fera Ming  si on ne le contre pas. Et comme Ming, lui-même  utilise le temps, au risque de détruire le continuum espace-temps, il est évident que les hommes du futur sont obligés d’intervenir, ou plutôt de faire intervenir Bob, Bill et Sophia.
S'ensuit une longue série d'aventures, d'orientation science-fiction ou fantastique dans lesquelles Bob, Bill et Sophia poursuivent Ming à travers l'espace et le Temps, aidés dans la mesure du possible par Graigh et la Patrouille du Temps.

Voilà, Bob Morane a connu une adaptation cinéma en 1960 (la pellicule a disparu dans un incendie donc le film n'existe plus). Une série TV en 1963:

des jeux vidéo dans les années 80:

et une version en dessin animé en 1998:

Bob Morane est aussi une série de bande dessinée belge créée par Henri Vernes (scénario) et Dino Attanasio (dessinateur), publiée à partir du 21 mai 1959 dans l'hebdomadaire belge Femmes d’Aujourd'hui et éditée en album de 1960 à 2012 par les Éditions Marabout, puis Dargaud, Le Lombard, Michel Deligne et Claude Lefrancq.

Elle a été poursuivie au dessin par Gérald Forton,

William Vance et Coria.

Une tentative de relancer la série en la modernisant sous le titre Bob Morane - Renaissance a été initiée entre 2015 et 2016, sur un scénario original de Luc Brunschwig et Aurélien Ducoudray et un dessin de Dimitri Armand:

La renaissance m'a plus, reprenant les fondamentaux en complexifiant l'histoire et en repensant un peu les personnages... Vernes en fut mécontent, l'éditeur ne renouvela pas le contrat avec le scénariste et le dessinateur. Un nouvel auteur fut chargé de mettre une suite en production mais le troisième album prevu en 2018 n'est pas sorti.

Un projet de film par Christophe Gans en 2001 a été abandonné...dommage.

Henri Vernes est centenaire et encore vivant, il a légitimement à cœur de veiller sur son personnage, il sera je pense compliqué de le faire évoluer ou de l'adapter... c'est bien car je ne suis pas pour les remake ou la poursuite commerciale des succès d'édition, mais c'est aussi dommage car ce personnage a marqué beaucoup de lecteurs de ma génération et compte de nombreux fans.

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Les classiques SF : 1 jour 1 auteur article 6

Les classiques SF : 1 jour 1 auteur article 6

Avide de lecture, je demandais systématiquement comme cadeaux de noël ou d'anniversaire d'avoir des livres. Je me rendais alors avec mes parents chez le libraire qui me conseillait quelques ouvrages classiques de science fiction. J'ai donc plongé dans la SF américaine des années 50-70 grâce à lui. Cette époque ou à travers une littérature de genre, les auteurs traitaient des problématiques sociales ou politiques de leur époque. Ces auteurs étaient publiés dans la Collection Présence du Futur ou Mille soleils pour un classique comme chroniques martiennes de Ray Bradbury

Je ne vais pas tous les citer, mais seulement rappeler quelques grands au travers de leurs œuvres les plus connues et qui m'ont marquées.

Isaac Asimov: né vers le 2 janvier 1920 à Petrovitchi, en Russie, et mort le 6 avril 1992 à New York, aux États-Unis, est un écrivain américano-russe (naturalisé américain en 1928) et un professeur de biochimie à l'Université de Boston, surtout connu pour ses œuvres de science-fiction et ses livres de vulgarisation scientifique.
Asimov est un écrivain prolifique qui a écrit ou édité plus de 500 livres . L'œuvre la plus  célèbre d'Asimov est la série Fondation (Foundation), dont les trois premiers livres ont remporté l'unique prix Hugo de la « Meilleure série de tous les temps » en 1966. Ses autres séries majeures sont le cycle de l'Empire (Galactic Empire) et le cycle des robots (Robot series).
A ce titre, il fait partie, avec Arthur C. Clarke et Robert A. Heinlein, des « Trois Grands » (Big Three) auteurs de science-fiction de langue anglaise.
Il a également écrit des ouvrages ayant pour thèmes la fiction mystérieuse et la fantasy, ainsi que de nombreux ouvrages de non-fiction.
Isaac Asimov, en dehors d'une inventivité débordante, se caractérise par la simplicité de son écriture. Pour lui, comme pour la plupart des auteurs anglo-saxons, les styles tourmentés ne font que rebuter le lecteur. C'est donc l'histoire, et elle seule, qui est mise en avant. Il fonde ses livres sur des dialogues entre protagonistes.

Je l'ai découvert dans des recueil de nouvelles Histoires mystérieuses et un roman Tyrann. Mais il lui est régulièrement fait allusion dans les oeuvres de SF au travers des 3 lois de la robotique qu'il a imaginé.

Arthur Charles Clarke, ou Arthur C. Clarke, né le 16 décembre 1917 à Minehead dans le Somerset au Royaume-Uni et mort le 19 mars 2008 (à 90 ans) à Colombo au Sri Lanka, est un écrivain de science-fiction, écrivain scientifique, futurologue, présentateur télé, explorateur sous-marin et inventeur britannique.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe à l’élaboration du système d’alerte radar qui a fortement contribué au succès de la Royal Air Force pendant la bataille d’Angleterre.

La célébrité lui vient grâce à son livre 2001 : l’Odyssée de l’espace. Le 22 avril 1964, Clarke rencontre en effet le réalisateur Stanley Kubrick au restaurant Trader Vic's du Plaza Hotel de New York. C'est à partir de cette rencontre que les deux hommes décident de travailler ensemble sur le projet. Le film est fondé sur la nouvelle La Sentinelle que Clarke a transformée en roman à l’époque où Stanley Kubrick en tirait un film. Les deux versions diffèrent légèrement l’une de l’autre. Son œuvre comporte de nombreux autres livres, en particulier la série des Rama et les suites à 2001, et un grand nombre de nouvelles.
Sa contribution scientifique la plus importante est certainement le concept de satellite géostationnaire largement mis en œuvre, de nos jours, pour les satellites de télécommunications qu’il proposa dans un article de Wireless World en 1945 et plus tard l’utilisation de plates-formes à satellites pour relayer les signaux de télévision et l’observation de la Terre. Il est également l'auteur des trois lois de Clarke.

J'ai vraiment apprécié Rendez-vous avec RAMA: En 2130, les radars terrestres repèrent un gigantesque cylindre qui pénètre dans le Système solaire. D'abord identifié comme l'astéroïde 31/439, on lui attribue le nom Rama en hommage au prince hindou Rama (« les astronomes [ayant] depuis longtemps épuisé la mythologie grecque et romaine»), quand on réalise que son envergure de 50 km de long par 20 km de diamètre et sa perfection impliquent nécessairement une origine extraterrestre.
L'équipe du vaisseau Endeavour, en mission de routine avant la découverte, est chargée d'aller à la rencontre du vaisseau, qui a déjà atteint l'orbite de Vénus, pour l'explorer. Ils réalisent progressivement que le cylindre, qui à première vue semblait inhabité, est occupé par de bien étranges créatures. Pendant ce temps, la Commission Rama réunit un panel de spécialistes et de représentants des mondes habités du Système solaire, les Planètes unies, afin de faire face à cette situation.

Ici est traité la rencontre avec une civilisation totalement différente de la notre. Comment communiquent ils? quelles sont les lois qui régissent leur monde? Peut on raisonner à partir de nos certitudes humaines et nos bases scientifiques que l'on croit immuables?

Enfin, arbitrairement un troisième roman de SF qui m'a durablement marqué:

 

Je suis une légende (I Am Legend) est un roman de science-fiction de l'auteur américain Richard Matheson paru en 1954 et adapté en 1964, 1971 et 2007 au cinéma (de façon différente et pas terrible à chaque fois...!!!).
Le livre relate le destin tragique du dernier homme sur Terre, seul être humain à ne pas avoir subi les affres d'une pandémie ayant inexorablement transformé les victimes infectées en créatures présentant des caractéristiques attribuables à la fois aux vampires et aux morts-vivants, ce dernier terme étant utilisé par le protagoniste alors qu'il s'interroge sur les motivations de son voisin, Ben Cortman, qui assiège quotidiennement la maison dans laquelle le héros vit retranché pendant la nuit (et qu'il protège avec des gousses d'ail et des croix, Cortman étant juif il ne craint pas les croix mais recule face à une Torah...).
Comme chaque roman de l'époque il se termine par une question assez philosophique: qu'est ce qui définie la bizarrerie? Qui choisit la norme?

Remplaçons la maladie des infectés par une autre religion, une autre croyance, un autre mode de vie, et on lira ce roman de manière très actuelle plus de 60 ans après son écriture.

 

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Martel Jacques: La voie Verne

tous les livres sur Babelio.com

Reçu dans le cadre de MASSE CRITIQUE grâce à BABELIO en partenariat avec l'éditeur Mnémos. Merci à eux

 

L'histoire:

Un futur qui pourrait être aujourd'hui : l'usage du papier a disparu et l'ensemble des connaissances a été numérisé, jusqu'à ce qu'un virus informatique terriblement puissant et fulgurant en anéantisse une grande partie.
Dans ce monde au savoir gangrené, John, un homme d'âge mûr, devient majordome pour de mystérieuses raisons dans une famille richissime, recluse dans un immense manoir perché au coeur des Alpes.
C'est là que vit Gabriel, un étrange enfant qui passe son temps dans un univers virtuel mettant en scène un XIXe siècle singulièrement décalé où il retrouve tous les héros, machines et décors de Jules Verne, un écrivain depuis longtemps oublié...
Confronté au mutisme du jeune garçon, aux secrets et aux dangers du monde virtuel dédié à Jules Verne, John s'embarque sans le savoir dans une aventure dont les enjeux se révéleront bientôt vertigineux.

Mon avis:

Comme souvent avec l'éditeur, tout d'abord un beau livre, avec une belle couverture qui donne envie de le prendre et le lire. C'est accessoire mais c'est aussi cela qui permettra (peut être) de garder des lecteurs de livres physiques...

Un livre d'anticipation donc, avec une histoire située dans un avenir pas très éloigné de notre quotidien, tout juste un peu poussé aux extrêmes. Le climat est déréglé, la nature mutilée, les humains passent une bonne partie de leur vie dans le virtuel planétaire, un méga web produisant des fictions de télé réalité en format court... on y est presque. Tous les livres sont numérisés pour économiser le papier (et surtout les arbres), et pas de chance, un virus a détruit une partie des données.... Mention spéciale à ce qui a ralentit le virus...c'est tellement vrai!! même si les hackers auraient dû y penser du coup!

Voilà pour le paysage d'arrière plan. Et pas seulement car on comprendra en quoi il a une importance sur l'histoire. Dans ce contexte, un homme aux motivations mystérieuses va se présenter comme Majordome à une riche famille abritant un jeune autiste obsédé par Jules Verne...

Rien de plus sur l'histoire car plusieurs points sont à découvrir dans le livre: qui est cet homme, que cherche t'il, comment peut il résoudre son problème.

L'histoire est originale, partant comme toute bonne histoire de SF sur un concept improbable mais auquel on peut vouloir croire. Toutefois, pour apprécier ce roman il sera nécessaire de maitriser un peu deux choses: Jules Verne (avoir au moins connaissance de qui est cet auteur et du titre de ses principaux romans et de leurs protagonistes célèbres: Nemo, Robur..); Le concept de réalité virtuelle, de jeux en ligne multi-joueurs type WOW, Second Life..., là encore pas une expertise geek mais au moins savoir un peu de quoi on parle. Sinon, suivre l'histoire sera difficile, malgré le petit index de fin de roman.

Comme c'est souvent le cas sur ce genre, peu d'action, mais un intérêt pour la société présentée (et les analogies envisageables avec la notre et son évolution), une interrogation sur la problématique du personnage et sur la solution qu'il va trouver et son succès (ou pas). Lecture agréable malgré les passages liés au monde virtuel (la voie Verne) et son développement qui pourront être plus difficile pour certains lecteurs. Mais c'est de la SF et sans être de la hard science il faut toujours s'attendre à devoir affronter un peu de technique dans ce genre d'ouvrage.

Un bon moment de lecture
 

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Forstchen William R: Ralliement (le régiment perdu tome 1)

Forstchen William R: Ralliement (le régiment perdu tome 1)

L'histoire: 1865, City Point, Virginie. Le colonel nordiste Andrew Keane conduit ses soldats à bord d'un navire de transport, ignorant que leur prochain port d'attache n'est ni au Nord ni au Sud, mais... sur un autre monde ! Une tempête les balaie dans une faille surnaturelle et les expédie sur une terre étrangère, où quelques fusils sont tout ce qui sépare le régiment perdu de l'extermination... face à des épées, des lances et des arcs. Dans ce monde féodal, Keane et ses hommes introduisent les idées de liberté, d'égalité et de démocratie. Mais cela suffira-t-il à les sauver de ceux qui détiennent le vrai pouvoir ? De terrifiantes créatures qu'on n'évoque qu'à voix basse et qui élèvent les humains comme du bétail... pour les dévorer !

Mon avis: Mélange de fantasy, d'uchronie et de survie, ce roman reste assez singulier. Ecrit par un auteur spécialiste de la Guerre de Sécession, la connaissance de l'époque, des matériels et des batailles se ressent dans le récit, lui offrant un réalisme bienvenu.

Voici donc un régiment de nordiste accompagné d'un équipage de navire à vapeur , propulsé dans un univers "médiéval" par un phénomène étrange. Grace à un heureux hasard (seul reproche que l'on pourra faire: par chance il y a toujours un homme qui possède le savoir adéquat pour venir à bout d'une situation complexe..), la population rencontrée parle un Russe approximatif (on apprendra pourquoi plus tard) et l'un des hommes du régiment aussi. Le régiment est en petit nombre mais armé de fusils et de canons face à des "Rous" armés d'épées et d'arcs...

Une trève étant péniblement conclue il faudra négocier pour vivre en bonne entente et recréer un semblant de civilisation moderne grace aux compétences des soldats du régiments. Un des aspects original du roman est là: comment recréer une ville "moderne" (au sens de leur époque d'origine c'est à dire avec une technologie à base de vapeur) afin de survivre dans ce monde médiéval? .

Mais un autre danger menace que les soldats nordiste vont découvrir...

Le roman est construit en plusieurs parties, présentant chaque fois un nouveau défi pour Keane. Il doit se montrer diplomate avec ses voisins, gérer les dissentions dans ses troupes, accepter et faire accepter aux siens que la démocratie n'est pas le mode de vie dans ce nouveau monde, explorer ce monde pour le comprendre, essayer de trouver un moyen de rentrer chez eux...et surtout se préparer à combattre un autre ennemi plus terrible.

La dernière partie décrit l'affrontement final, apocalyptique et sanglant.

Un excellent tome 1 qui pose les bases d'un univers qui pourra se révéler plus large dans les suites, sans négliger l'aventure ni l'action. Une évocation de la guerre civile américaine en arrière plan par les souvenirs (traumatismes?) de certains des nordistes et par les techniques militaires employées. Des personnages plus développés :Keane bien sur (en chef de guerre et diplomate condamné à gérer cette aventure seul) mais aussi un groupe de sous officiers, recrues et certains "Rous", voire les génraux ennemis qui sont des adversaires de valeur avec eux aussi une sorte de logique dans leur comportement "barbare".

 

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Morgan Richard: Carbone modifié

Morgan Richard: Carbone modifié

L'histoire:Dans un avenir pas si lointain, la mort n'’est plus définitive : vous pouvez sauvegarder votre conscience et vos souvenirs et les réimplanter dans un nouveau corps. De fait, pour Takeshi Kovacs, mourir n'’est plus qu'’un accident de parcours : il a déjà été tué plusieurs fois. C’'étaient les risques du métier dans les Corps diplomatiques, les troupes d’élite du Protectorat des Nations unies expédiées à travers la galaxie. Mais cette fois, on le ramène sur Terre pour mener l’'enquête : un riche magnat veut élucider sa propre mort. La police a conclu au suicide. Or, pourquoi se suicider quand on sauvegarde son esprit tous les jours, certain de revenir parmi les vivants ?

Mon avis: Altered Carbon..Carbone modifié...

C'est ainsi que se résume la technologie à la base de cet univers. Après l'enfance chaque individu est digitalisé et se voit insérer une "pile", sorte de puce électronique sur la nuque. En cas de décès, cette pile peut être réimplantée dans un autre corps, anihilant ainsi le principe de VM (Vraie Mort) sauf si la pile est détruite (par une balle dans la nuque par exemple).


Ce concept est bien expliqué et exploité par l'auteur, il soulève des questions morales, religieuses, et reste tributaire des inégalité économiques (entre les riches pouvant se payer des corps à gogo jusqu'à devenir quasi-immortels et les pauvres qui doivent parfois se contenter de corps attribués d'office sans considération d'age de sexe ou de race, un homme adulte blanc pouvant être "réenveloppé" dans une fillette noire si c'est le seul corps disponible...).


L'univers est un mix entre Ghost in the Shell avec des implants cybernétiques, des communications virtuelles ..; Gunm avec les riches qui vivent dans une tour loin au dessus des bas fonds de la ville,; Blade runner pour l'esthétique des bas fonds... Un univers très SF donc où les voitures volent, les gens payent pour des vies virtuelles, séjournent dans des hotels gérés par des intelligences artificielles..


Mais au fond l'histoire sur ce background reste un petit polar classique ou un milliardaire engage un privé qui n'a pas le choix du contrat pour enquêter sur ceux qui veulent sa mort, et plein de monde - à commencer par ses proches - veulent sa mort. Sa femme est belle, elle va tenter de séduire le privé. Ses enfants sont dépravés eux aussi... rien de bien original.


Quand à Kovacs et son passé...que c'est embrouillé et mal expliqué!!!... Comme souvent (enfin c'est ma deuxième lecture d'un roman de Morgan après "rien que l'acier") c'est assez compliqué à comprendre et riche en violence et en scènes de cul pas vraiment indispensables...


Au final, j'ai enchainé cette lecture avec le visionnage de la série Netflix tirée du roman et - une fois n'est pas coutume - on comprends beaucoup mieux l'histoire en regardant la série qu'en lisant le roman. le passé de Kovacs dans le protectorat et les corps diplomatiques, les piles, les utilisations de clones, d'enveloppes... tout est clair dans la série, même si elle prend quelques liberté avec le roman sur un certain nombre de personnages ou de situations. Seul bémol sur son explication des Diplo..
Pas franchement désagréable donc, pas si original que ça, et pour qui hésite entre la lecture du roman ou la série, je conseille de regarder la série (et c'est rare que je conseille dans ce sens) avant de lire.

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wellenstein Aurelie: La mort du temps

wellenstein Aurelie: La mort du temps

L'histoire: Un éclair aveuglant, suivi d'une terrible onde de choc...En l'espace de quelques minutes, un seisme temporel ravage la Terre, et la vie de Callista bascule. Le monde qu'elle connaissait n'est plus. Les différentes époques se sont mélangées, les corps des survivants ont fusionné les uns avec les autres ou avec leur environnement. Indemne, Callista avance au hasard, à la recherche d'un refuge dans ce chaos. Talonnée par le "Flash", replique mortelle du tremblement de terre, elle rencontre d'étranges créatures, amies ou ennemies, issues de siècles différents. Pour la jeune fille, une lutte terrifiante s'engage au rythme des pulsations du Flash. Si elle s'arrête ou ralentit, elle sera anéantie

Mon avis: Après "Les loups chantants" et son épopée dans la neige de sibérie, nous voici plus proche, en France, à Paris. Une jeune fille Callista se prépare à fuguer et...elle se réveille dans un batiment, sans doute un hopital, alors qu'au dehors se déroule un cataclysme. Au fil des pages, elle va comprendre que ces tremblements de terre sont plutot des tremblements de temps. Que les époques ont fusionnées (les objets, les humains, mais aussi des humains dans des objets, des animaux...) et qu'une sorte de "flash" vient détruire ces amalgames. elle va donc devoir fuir devant l'avancée de ce flash.

Tout à la fois road movie dans un univers post appocalytique à la walking dead (sans les zombi mais avec des créatures bizarres parfois et le coté survie: trouver de l'eau, de la nourriture), avec son lot de rencontres bonnes et mauvaises, mais aussi mystère scientifique: que se passe t'il? Quelle est la nature de ce flash? s'arrêtera t'il? Peut on lui échapper?

Une histoire plus "sentimentale" aussi, liée à ce qui s'est passé entre le prologue (l'envie de fuguer) et le réveil de Callista. Retrouvera t'elle son amie, quel est leur lien affectif? Survivra t'il aux épreuves endurées?

Et des notions plus SF sur les paradoxes temporels. Un peu light et pas assez exploités je trouve. Quand on lit la fin du roman, avec les explications, on se dit qu'on aurait pu avoir un peu plus d'événements liés au paradoxe (je n'en dit pas plus pour ne pas spoiler). Mais il y a sans doute la longueur du texte qui a limité cela et le fait que je suis un adulte assez habitué à la SF et aux paradoxes temporels, lisant ici une publication ciblée jeunesse.

Malgré tout, j'ai passé un bon moment avec ce livre, je le classe en dessous des loups chantants mais je trouve qu'Aurelie Wellenstein a une belle imagination, un univers diversifié et interessant et une très belle plume qui sait garder le lecteur en éveil. Et pour ceux et celles qui aiment retrouver des animaux dans ses livres, ici aussi on en trouve (enfin d'une certaine manière...)

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Beauverger Stephane: Le Déchronologue

Beauverger Stephane: Le Déchronologue

L'histoire: Au XVIIe siècle, sur la mer des Caraïbes, le capitaine Henri Villon et son équipage de pirates luttent pour préserver leur liberté dans un monde déchiré par d'impitoyables perturbations temporelles, Leur arme: le Déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps. Qu'espérait Villon en quittant Port-Margot pour donner la chasse à un galion espagnol? Mettre la main, peut-être, sur une maravilla, une des merveilles secrètes, si rares, qui apparaissent quelquefois aux abords du Nouveau Monde. Assurément pas croiser l'impensable: un Léviathan de fer glissant dans l'orage, capable de cracher la foudre et d'abattre la mort! Lorsque des personnages hauts en couleur, au verbe fleuri ou au rugueux parler des îles, croisent objets et intrus venus du futur, un souffle picaresque et original confronte le récit d'aventures maritimes à la science-fiction. De quoi être précipité sur ces rivages lointains où l'Histoire éventrée fait continûment naufrage, où les marins affrontent tous les temps. Car avec eux, on sait: qu'importe de vaincre ou de sombrer, puisque l'important est de se battre!

Mon avis: Si la SF s'invite au travers de brèches temporelles dans la mer des caraïbes de 1640, l'essentiel du récit est très proche d'une histoire de La Flibuste. Une histoire parfaitement contée très immersive et peuplée de personnages hauts en couleurs. On s'y ennivre de Tafia, on navigue de port en port des Antilles au bresil et au Yucatan, on combat les Espagnols... Pirates, corsaires, Boucanniers, tous les personnages sont là. L'ombre du massacre de La Rochelle lors du siège opposants catholiques et protestant hante le Capitaine Villon.

La présence de plus en plus importante d'objets merveilleux (les "maravillas") venus du futur (car une boite de conserve ou une simple lampe torche sont des merveilles pour les populations de cette époque) pimente l'histoire. La présence de mystérieux étrangers venus eux aussi du futur dans un but inconnu nous incite à lire plus loin.

Tout est presque parfait, mais alors pourquoi? POURQUOI? l'auteur a-t-il décidé de nous présenter son histoire en mélangeant les chapitres? Pour illustrer un chaos temporel? un esprit perdu dans cette confusion des dates comme l'est parfois le capitaine Villon?

Car c'est lui le narateur de ses aventures. Il commence à écrire en 1653 proche de la destruction de son navire voulant nous conter son histoire. Parfait. Cette histoire commence en 1640 au chapitre 1. Jusqu'ici rien de très perturbant. Mais ensuite on passe au chapitre 16 et 17 situés en 1646 pour revenir au chapitre 6 qui se déroule en 1640...etc.

Dans son préambule Villon nous déclare "Que le lecteur ose pardonner les effronteries et le grand désordre régnant dans ces cahiers, mais ma mémoire n'est plus ce qu'elle était, ni le temps ce qu'il parait..." OK. Mais comme on est censé lire ces "cahiers" après leur découverte par une tierce personne, pourquoi ne les a t'il pas remis dans l'ordre? Et si encore le récit était un peu cahotique sautant d'une date à l'autre et revenant en arrière pour expliquer une événement omis. Mais pas du tout. Lu dans l'ordre numérique les chapitres formeraient un roman cohérent sans aucune perturbation.

Pour moi ce mélange, sans doute choix littéraire de l'auteur, dessert le roman. Le lire chronologiquement aurait facilité la lecture sans amoindrir l'interet ou le suspens. Et ce désordre a pour ma part généré un sentiment d'inconfort, demandant à chaque début de chapitre une réflexion pour situer l'histoire par rapport au précédent.

Très bon livre donc . Mais que je recommanderai de lire dans l'ordre de numérotation des chapitres et non dans celui de la publication. Quand à ceux que l'aspect SF ou histoire temporelle effraie, l'évocation d'aventures pirates est bien plus prégnant que les détails de SF ou  de paradoxes temporels. Même un néophite en SF y trouvera du plaisir je pense.

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