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Johns Geoff: Doomsday Clock

Johns Geoff: Doomsday Clock

Doomsday Clock est un album de Geoff Johns au scénario et Gary Frank au dessin


Dans le cadre de DC Rebirth, x-ième réécriture de l’univers DC révisant les origines des différents héros de l’éditeur et essayant de simplifier l’histoire (longue) de son monde, l’arc narratif Doomsday Clock se donne pour ambition d’apporter une justification aux changements tout en intégrant des personnages rachetés : les Watchmen (créés par Moore et Gibbons dans les années 80). Tout cela est fait en 12 chapitres, chacun représentant l’avancement d’une minute de la Doomsday clock (l’horloge de l’apocalypse) dont Minuit symbolise la fin ou la renaissance de l’univers.


En cela, le récit va se faire « à la manière de.. » Moore et Gibbons. Pour bien comprendre et apprécier ce récit, il vaut donc mieux être familier avec l’univers DC d’une part et la série Watchmen d’autre part. Si on ne l’est pas, quelques notions sont nécessaires :


En 1987 Moore et Gibbons ont publié un récit en 12 chapitres intitulé « Watchmen ». Il s’agit d’une uchronie (presque une dystopie en fait) dans laquelle un méta humain surpuissant, le Docteur Manhattan, a mis fin à la guerre du Vietnam en 1972. Mais en 1987, la guerre froide s’est durcie et les USA et l’URSS sont proche d’une guerre nucléaire (symbolisée par l’atteinte de minuit sur l’horloge de l’apocalypse). Le récit commence à Minuit moins 12 et une horloge clôturera chaque chapitre en avançant d’une minute vers ce terme fatidique.. L’histoire commençait par l’assassinat du Comédien, un ancien membre des Watchmen et un autre membre, Rorschach va enquêter sur ce crime. Cela permet de découvrir qui étaient les Watchmen et aussi qui a organisé tout ce plan pour aller vers l’apocalypse. A la fin de l’histoire, le coupable est démasqué, c’est un des Watchmen qui est coupable, l’homme « le plus intelligent du monde », Ozymandias.


Au même moment, DC réorganise son univers dans un récit en douze épisodes, intitulé « Crisis on infinite Earth » et en profite pour relancer certains personnages en réécrivant leurs origines – voire en changeant complétement leur histoire – et en simplifiant le passé complexe de leur univers.


Car c’est bien là le problème des éditeurs historiques comme Marvel et DC, après des dizaines d’années d’existence de leurs héros (dont certains datent des années 40 comme Superman et Captain América, puis des années 60 pour les Spiderman et autres), leur histoire variant au grès des choix scénaristiques des différents auteurs, elle est devenue trop complexe, voire parfois un peu incohérente sur la durée. De plus, un nouveau lecteur doit pouvoir comprendre facilement les histoires sans apprendre les rebondissements des 30, 40 ou 50 dernières années. Ensuite les histoires ont été marquées par leurs époques ( Peter Parker a été piqué par une araignée radioactive dans les années 60, par un insecte modifié génétiquement dans les années 2000. Jay Garrick a acquis la super vitesse de Flash grâce à de l’eau lourde à l’origine, puis Barry  Allen a été frappé par la foudre sur des produits chimiques…) et le style d’histoire a évolué, plus violentes dans les années 90, plus complexes ensuite (voire trop complexes parfois) tuant un peu le sense of wonder, l’espoir et les rêves caractérisant les histoires super héroïques des débuts.


Chez DC, les réécritures ont continué périodiquement après Crisis of infinite Earth jusqu’à la dernière Flashpoint où Flash réécrit l’histoire en modifiant le passé.. Flashpoint a été écrite par Geoff Johns et ménera à l’univers DC rebirth d’aujourd’hui.

Dans certaines histoires de l’univers Rebirth, des indices ont été semés, comme le badge en forme de smiley taché de sang qui apparait dans la première case de Watchmen comme trace du meurtre de son propriétaire Le comédien. De même on aperçoit l’omniscient Docteur Manhattan…etc.


Dans ce Doomsday Clock, Geoff et FranK nous offre un album qui ressemble graphiquement aux Watchmen de Moore et Gibbons : Planches en gaufrier, horloge avançant à chaque épisode vers l’heure fatidique marquée par le symbole de Superman, fin de chapitre présentant des fac similés de journaux, lettre ou dossiers qui vont trouver un retentissement dans la suite de l’histoire…
Ils vont également intégrer les personnages des Watchmen dans l’univers DC (DC ayant acheté les droits de ces personnages) et Johns va également en profiter pour donner sa version de la réécriture des univers autour du personnage emblématique de DC : Superman.


Au cours des douze épisodes, nous allons voir de façons plus ou moins importantes :
-    Certains personnages de l’univers Watchmen : Le docteur Manhattan qui soliloque sur le temps, les mondes parallèles, les possibilités du multivers ; Rorschach – version folle et violente de La question de DC-dont les extraits du journal commentent une partie de l’histoire comme il le faisait dans Watchmen et Ozymandias, sorte de Lex Luthor de l’univers watchmen


-    Certains personnages emblématiques de DC comme superman, batman, Wonder Woman…, mais aussi des moins connus du grand public comme Firestorm – héros nucléaire capable de réorganiser la matière au niveau atomique- et de vilains plus ou moins connus comme Black Adam – la némésis de Captain Marvel/Shazam- Le jocker et autres


-    Certains groupes de héros comme la JSA (Justice Society of América) – qui regroupe les anciennes versions de héros comme Green Lantern et Flash en version années 40-50- qui avait disparu de l’univers Rebirth

et son successeur la JLA (Justice League of America – dans laquelle on trouve les versions suivantes de Flash et Green Lantern – 


Une réussite donc de cet arc narratif, à la fois pour avoir trouvé une explication aux opérations éditoriales périodiques des relaunch/rebirth et pour avoir su nous raconter une histoire complexe de multivers en termes assez simples (contrairement à d’autres arcs actuels trop complexes et torturés) ; le tout parsemé de références visuelles à deux univers : DC et Watchmen.
 

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Dequest Pierre-Emmanuel: Croc Blanc

tous les livres sur Babelio.com
Dequest Pierre-Emmanuel: Croc Blanc

Reçu  dans le cadre de l'opération MASSE CRITIQUE en partenariat avec le site BABELIO et l'éditeur. Merci à eux.

L'histoire: Croc Blanc est un classique de la littérature américaine. Il fut écrit en 1906 par Jack London et relate la vie d'un chien-loup confronté à l'impitoyable vie sauvage du Grand Nord puis à la violence des hommes. Ne connaissant que la loi du plus fort, livré à la haine, l'animal va renaître au contact d'un homme. Il va apprendre le respect et la confiance puis faire le deuil de sa liberté. Au delà de cette histoire, l'auteur souligne des valeurs universelles qui sont le socle de la meilleure éducation possible.

Mon avis: Il s'agit ici d'une adaptation de roman en BD. Croc Blanc est un classique de la littérature américaine, l'un des romans les plus connus de Jack London. L'histoire débute dans les espaces sauvages et glacés du Grand Nord américain où la vie est rude pour les hommes et les bêtes. Le chiot mi chien-mi loup y apprendra la vie sauvage puis la vie auprès des hommes, sauvage elle aussi et sans amour. Puis un homme va chercher à le domestiquer, à en faire un "ami de l'homme". Croc Blanc acceptera t'il de renoncer à sa liberté et à oublier son instinct et la violence qui a accompagné le début de sa vie?

Voilà l'histoire. Pour qui ne connais pas le roman ou une de ses adaptations, le scénario est déjà prometteur. Pour qui aime les animaux, l'histoire peut être émouvante mais aussi éprouvante concernant les premières années de vie de Croc Blanc.

La couleur de l'album se décompose en 3 dominantes chromatiques: Le blanc et gris des temps d'hiver; Le vert de la période de printemps lors de la naissance du chiot et de ses expériences heureuses; elle se finit dans du jaune lors de la fin du récit à San Francisco.

Comme toute BD adaptée d'un roman, il y a beaucoup de texte (par rapport aux formats BD d'aujourd'hui faisant la part belle au dessin et limitant les textes à de courts dialogues. Ici l'auteur doit expliquer le ressentit d'un personnage qui ne parle pas.

Un album réussit, qui arrive à résumer l'histoire efficacement et à l'illustrer en faisant passer les ressentis de froid et de chaud par sa colorisation. Pour le style de dessin je laisse juger de la page en illustration de cet article.

 

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Les comics français 1 jour 1 BD article 6

Les comics français 1 jour 1 BD article 6

Mon adolescence fut baignée dans les comics Marvel, je l'ai dit dans l'article précédent, et pourtant leur publication en France se fit par une maison d'édition Française. Et cette maison d'édition va aussi proposer des produits originaux qui m'accompagnèrent de façon tout aussi mémorable au prix de ...2F l'album!!

Lug était une maison d'édition lyonnaise spécialisée dans la bande dessinée qui fut créée en 1950 par Marcel Navarro et Auguste Vistel et rachetée en 1989 par l'éditeur nordique Semic.

Son nom provenait de Lugdunum, le nom gallo-romain de la ville de Lyon (mais Lug est également le nom du dieu gaulois du commerce). Son siège était établi au 10, rue Bellecordière à Lyon, dans le même immeuble que deux autres maisons d'édition : Aventures et voyages et les Quatre points cardinaux. Après six années il fut déplacé au 6, rue Emile Zola où il resta jusqu'à la fin en 1989.

Ce label s'est particulièrement fait connaître dans le domaine de la bande dessinée populaire par la publication de nombreux « petits formats » tels que : Blek, Kiwi, Mustang, Nevada, Ombrax, Rodéo (avec Tex Willer), Yuma, Zembla. Au total on décompte près de soixante-quinze titres.Les fascicules à bas prix des éditions Lug, au format « pocket » (13 x 18 cm) en noir et blanc, ainsi que le lancement de nouvelles séries, apportent à la maison d'édition lyonnaise le succès en kiosques ; mais les ventes s’essoufflent finalement au milieu des années 1960.

Cherchant alors de nouveaux débouchés pour enrayer la baisse des ventes, Lug répond favorablement à l’offre de l'éditeur américain Marvel Comics, qui cherchait désespérément depuis quelque temps à introduire ses super-héros en France, envoyant des exemplaires de ses publications aux éditeurs français. Le succès sera au rendez-vous et les ventes repartiront de plus belle.


Les éditions Lug font l'acquisition du catalogue de bande-dessinées de Marvel Comics en 1968, l'éditeur américain leur faisant des prix à la page réduits et commencent à publier des traductions des titres en français. Arborant de superbes couvertures peintes de Jean Frisano, ceux-ci se vendent très bien et encouragent Navarro à lancer encore plus de ses propres titres. Cette période voit la création de Wampus (scénario : Francesco Frescura, dessin : Luciano Bernasconi), une série ayant pour héros un extraterrestre pouvant changer de forme envoyé sur Terre par une entité malfaisante dans le but d'affaiblir la planète pour faciliter sa conquête. Mais la série s’avère trop violente ; elle est interrompue par la censure, malgré des qualités évidentes qui en firent une série culte.


En février 1969, les éditions Lug publient le premier numéro de Fantask avec en vedettes le Surfer d'argent et les Quatre Fantastiques. Cependant, la revue est rapidement retoquée par la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l'enfance et à l'adolescence (CSCPJ) chargée d’appliquer la loi du 16 juillet 1949 sur « la surveillance des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence », c'est-à-dire dit la censure, qui considère la publication comme nocive. La publication s’arrête en août 1969 au no 71.
Par la suite, pour vendre ses publications, Lug devra recourir à l’autocensure, ce qui était déjà le cas quand elle éditait des bandes dessinées italiennes. Pour contourner la censure de l’administration, elle faisait alors effacer les pistolets des mains des cow-boys sur les « bromures » — les tirages photographiques servant à l’impression — grâce à des encres spéciales.

Pour ce faire, l'atelier de retouche des éditions Lug, rue Émile-Zola à Lyon, en plus de ses tâches habituelles qui consistaient à dessiner des couvertures ou à remplacer les textes originaux par les traductions en français, se chargea également de cette opération. Mais elle devra aussi enlever les onomatopées, les "lignes de vitesse" dynamisant les mouvements, les créatures trop effrayantes sont retouchées et les femmes en tenues légères rhabillées ("cachez ce sein que je ne saurais voir", disait déjà Molière...)


Jean-Yves Mitton et Ciro Tota, à l’époque dessinateurs débutants chez Lug, participèrent à cette tâche ingrate au sein de l’atelier de retouches. Pour eux, ce fut un « véritable crève-cœur » :  leurs coups de ciseaux et leurs aplats de gouache blanche ont massacré des planches entières signées des plus grands maîtres de la BD américaine, tels que Jack Kirby, John Buscema ou Steve Ditko.

Cependant, cette censure s’atténuera progressivement au fil des années, l’évolution des mœurs ayant peu à peu raison de la loi de 1949
Cependant, Lug n'abandonne pas l’univers des super-héros. Au début de l’année 1970, la maison d'édition publie les revues Strange et Marvel, au format poche et en bichromie, pour éviter les problèmes avec la censure. Mais, à la demande des lecteurs, les récits sont finalement publiés au format comics et les planches sont colorisées à partir de Strange no 11 et Marvel no 7 ; elles sont également retouchées afin « d’y gommer la "violence" des combats pour éviter les foudres de la censure ».

Pourtant, Marvel (le comics) passe deux fois devant la CSCPJ ; et, en mars 1971, la commission finit par interdire la vente de Marvel aux mineurs. Lug prend alors la décision d’interrompre la publication au no 13. Par contre, Strange passe à travers les mailles de la censure, et poursuivra sa carrière pendant 26 ans (ouf!!). Suivront les revues Titans, Nova, Spidey ou Spécial Strange.


Avec la sortie des premiers séries d’animation sur les super-héros Marvel (comme la série L'Araignée, diffusé en France à partir de 1977 et Les Quatre Fantastiques, diffusée en France à partir de 1980), Lug du se battre pour ne pas voir son activité phagocytée en France, certains de ses concurrents cherchant à accaparer une partie du succès que les personnages de Marvel avaient dans l’hexagone.

C'est au début des années 1980 que la compagnie connaît ses plus belles années. Et c'est alors que les deux jeunes dessinateurs retoucheurs cités plus haut lancèrent chacun une série originale.

L'influence des personnages connus de l'univers Marvel étaient là bien sur. Mais il était marrrant de voir des histoires de super héros un peu différentes, d'autant que certains épisodes mettent en scène les auteurs eux-même, un peu de fraicheur originale à cette époque.

Les personnages cités ci-après ne sont pas les premiers travaux de ces dessinateurs. Jean Yves Mitton dessinait déjà (ou redessinait) des productions étrangères (cf Phantom ci-dessus) et avait dessiné (et scénarisé parfois) plusieurs épisodes de Blek Le Roc dans le petit format KIWI

Mikros commence par être publiée en 1980 dans le magazine Mustang - où les éditions Lug publiaient, non pas des éditions françaises de comics américains, mais des créations originales de dessinateurs de son studio - puis dans Titans jusqu'en 1986.

Les scénarios et dessins sont de Malcolm Naughton (Marcel Navarro) et John Milton (Jean-Yves Mitton). Des auteurs donc qui prennent des pseudo sonnant américains et qui transforment clairement le concept des 4 fantastiques.

Mike Ross, sa fiancée Priscilla Conway et leur ami musclé Bobby Crabb sont des scientifiques universitaires et des athlètes olympiques. Un extra-terrestre va les transformer en insectes humanoïdes dotés de pouvoirs pour envahir la terre. Ils lui échappent bien sur et décident de mettre ces pouvoirs au service du bien...
On a donc nos Red et Susan Richard et un Ben Grimm (pour le physique) mêlé à un Johnny Storm (pour la pitrerie)

Les aventures de Photonik sont aussi parues dans le mensuel Mustang en 1980 et poursuivi dans Spidey.
La publication de ses aventures s'est faite progressivement à un rythme assez irrégulier, Ciro Tota étant un dessinateur trop lent pour tenir le rythme d'une publication mensuelle. Certains épisodes ont été écrits et dessinés par Jean-Yves Mitton, le père de Mikros.


A coté des 3 fatastiques français ce héros là s'apparente (au début) à Spiderman ou Nova: un petit assistant de labo étudiant assez brillant mais mal aimé et bossu (pire que Peter Parker donc) va se retrouver piégé dans un local scientifique, bombardé de radiations lumineuses il va devenir Photonik.
Puis deux protagonistes vont le rencontrer et lui préter main forte dans sa guerre contre un méchant extraterrestre (à ceux là ils nous en veulent toujours!) qui controle mentalement la population. Le premier qu'il rencontre est un vieux neuropsychologue rescapé de l'allemagne nazi, le docteur Nazel D. D. Ziegel (« Doc Ziegel »), puis un jeune garçon qui a élu domicile dans les grottes souterraines de central park et qu'on surnome "tom pouce". Ziegel a des pouvoirs mentaux semblables au professeur Xavier, et Tom pouce va se voir doter de gadgets pour palier son absence de pouvoir: un lance pierre high tech et une paire de bottes à réaction...

Deux créations françaises qui n'ont pas à rougir face à leurs modèles américains je trouve, même si leur vie fut courte et ne survivra pas au déclin des super héros dans les années 90 (avant le revival du aux films sortis au XXIème siècle...)


 
En janvier 1989, Marcel Navarro décide de prendre sa retraite, et toutes les propriétés de la société sont vendues à Semic, un éditeur suédois, dont le nom est une combinaison du mot suédois pour les bandes dessinées, serier, et le mot anglais pour la même chose, comic. Lug devient « Semic France ». Les publications sont uniquement les mensuels reprenant les super héros Marvel, exit Mustang. Mikros survivra un temps dans Titans.
En 1999 les ateliers historiques de Lyon sont fermés et rapatriés à Paris.
En 2004 Semic va perdre ses licences Marvel qui seront reprises par Delcourt et Panini. Certains titres semic (comme Strange) survivront un temps en publiant des comics de la Distinguée Concurrence (DC) et de Wildstorm puis ils perdront aussi ces droits.
Depuis 2011 Semic distribue des produits dérivés Marvel mais ne publie plus de BD

 

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Les créature de Franquin 1 jour 1 BD article 4

Les créature de Franquin 1 jour 1 BD article 4

Quelques créations publiées par nos voisins belges sont devenues tout aussi célèbres en France que la star Tintin. Parus tous deux dans le journal de Spirou qui publiera plein de BD devenues des classiques comme Lucky Luke, Buck Danny, Jerry Spring, Tif et Tondu, Johan et Pirlouit, Les Schtroumpfs, Benoît Brisefer, Boule et Bill, Gil Jourdan, Natacha, Yoko Tsuno, Le Scrameustache, Les Tuniques bleues, Papyrus, Les Petits Hommes, Docteur Poche, L'Agent 212, Les Femmes en blanc, Pierre Tombal, Cédric, Les Psy, Kid Paddle, Jérôme K. Jérôme Bloche, Seuls...

Mais détaillons les deux têtes d'affiche qui ont un auteur commun Franquin.

Spirou: 

Étymologiquement, en wallon, un sipirou est un écureuil (ce qui justifie aussi le fait que le personnage ait un écureuil comme animal de compagnie)
Associé aujourd'hui à Franquin, Spirou n'est pourtant pas son personnage. Il a été créé avant lui et a eu une première vie mouvementée et changeante.
Spirou commence sa carrière en tant que groom au Moustic Hotel, fonction dont il conservera le costume de nombreuses années. Rob-Vel s'inspire dans la fonction et la couleur du costume de ses jeunes années passées sur des paquebots transatlantiques, où il exerçait des fonctions similaires (notamment le paquebot Île de France, où le rouge était de rigueur). Rob-Vel est assisté dans sa tâche par sa femme Blanche Dumoulin pour les textes et par le peintre Luc Lafnet, véritable dessinateur de Spirou d'avril 1938 à mars 1939. Spirou apparait d'abord dans des gags en une planche qui se transforment progressivement en aventurettes qui conduiront son personnage jusque dans l'espace. Rob-Vel lui adjoint dès 1939 l'écureuil Spip, qu'il sauve d'un savant fou.

Les intrigues s'inscrivent dans la lignée des clichés du roman populaire (le gamin débrouillard face à l'adversité, les héritiers qui s'entredéchirent, le fils de milliardaire enlevé) et de la science-fiction (le voyage interplanétaire, l'homme invisible). Spirou est un gamin dégourdi censé être à l'image des enfants de l'époque, lectorat visé par les éditions Dupuis.
Le personnage se retrouve vite au cœur d'un méli-mélo d'auteurs et d'intrigues, conséquence de la Seconde Guerre mondiale. Rob-Vel, mobilisé puis prisonnier, étant coupé des éditions Dupuis, le personnage passe entre plusieurs mains (Dumoulin, Van Straelen et Jijé) et connaît d'étonnants changements de physionomie.
La logique de l'intrigue est souvent mise à mal par les passages de relais : ainsi Jijé, lorsqu'il reprend le personnage en 1940, en pleine péripétie du fils du milliardaire, se montre peu inspiré par cette histoire à rallonge de Dumoulin et bâcle l'épisode en une planche pour faire de Spirou une vedette du cinéma américain avant de l'envoyer… au pôle Nord.
Repris par Rob-Vel dès 1941, le personnage continue de voyager et fait la rencontre de son premier grand compagnon, un habitant d'Afrique Noire nommé la Puce. En ces heures sombres de l'Occupation nazie il est de bon ton dans les illustrés de prendre l'option « dépaysement ». Hergé envoie son Tintin sous l'eau à la recherche de la Licorne, Rob-Vel envoie son Spirou sur la planète Zigomus.
On retient du Spirou de Rob-Vel l'écureuil Spip, ainsi que ses habitudes de globe-trotter, mais surtout son costume de groom qui sera ensuite conservé par les auteurs successifs de la série, bien que la profession d'origine du héros ne joue plus aucun rôle.
 


Joseph Gillain reprend le personnage à partir de 1943, après que Rob-Vel a définitivement abandonné la série. Il fait vivre à son héros de courtes aventures et lui adjoint un équipier loufoque, Fantasio, afin de contrebalancer le sérieux du personnage. La série Spirou et Fantasio est née.
 
En 1947, Spirou est pris en charge par Franquin, auteur aujourd'hui célèbre, qui révolutionne le graphisme et l'univers de la série. Les aventures de Spirou deviennent désormais beaucoup plus longues et les trois héros sont rejoints par une galerie de nouveaux personnages. On notera bien évidemment le Marsupilami, qui restera en leur compagnie durant toute cette période, mais aussi la jeune journaliste Seccotine, ainsi que le comte de Champignac, qui restera un peu le grand-père de cœur des deux héros. On note aussi l'arrivée d'ennemis récurrents tels que le maléfique cousin de Fantasio, Zantafio, ou le savant irresponsable et mégalomaniaque Zorglub, ainsi que de lieux marquants : le village de Champignac et son château, ou la Palombie. Au début, vivant dans des logements séparés, Spirou et Fantasio s'installent en commun dans une maison.


Psychologiquement, le personnage de Spirou perd de sa bonne humeur tandis que ses aventures deviennent plus sérieuses. Outre le fait qu'il ne fume pas, il fait preuve d'un altruisme encore plus marquant que son concurrent Tintin : Spirou estime qu'il est de son devoir et de celui de ses compagnons de combattre les bandits et de renverser les méchants.

Au début des années 1980, trois groupes d'auteurs se partagent le destin du groom. Charles Dupuis envisage d’augmenter la présence de Spirou dans le journal, y compris à travers la création d'un studio qui produirait en permanence des aventures.

 

Dupuis a chargé de cette tâche José Dutillieu, ancien directeur de Belvision, qui a confié Spirou à Nic et Cauvin. Dans le même temps, le rédacteur en chef de Spirou, Alain De Kuyssche, charge les débutants Tome et Janry de faire quelques brefs essais tandis que Yves Chaland tente un retour à un esprit plus proche des années 1950, tout en conservant les longues aventures introduites par Franquin.
C'est ainsi que les lecteurs de Spirou voient se superposer trois projets bien distincts sans explication.
Cependant, le projet de Chaland n'est pas retenu, et Nic et Cauvin, dont les récits apparaissent simplistes, apportent peu à la série.
Dès lors, Dupuis décide, à la suite d'une intervention de Franquin, de confier le personnage au tandem Tome et Janry, qui impose l'abandon de l'idée de studio et exige le contrôle du personnage

 

De 1982 à 1998, Spirou est un personnage de Tome et Janry. Ils introduisent notamment de nouveaux ennemis tels que Don Cortizone, alias Vito la Déveine, ou la maléfique Cyanure qui connaîtra surtout ses heures de gloire dans la série télévisée. Ils apportent également un graphisme plus iconoclaste à la série. Le personnage de Spirou y apparaît de plus en plus humain : d'abord dans ses sarcasmes plus féroces à l'égard des autres personnages. Puis dans ses déboires amoureux vers la fin de cette période, avec Luna Cortizone (plus connue par les fans sous le nom de Luna fatale, du nom de l'album où elle apparaît), fille de Vito la Déveine ; même Seccotine dans Machine qui rêve se révèlera intéressée par le héros. Il est par ailleurs dans cet album cloné, et son alter ego traverse dépression, panique et colère. Tome et Janry créeront aussi une autre série mettant en scène le jeune Spirou, série parodique et humoristique reprenant des versions enfantine des personnages mais sans lien réel avec la série de base.
 

Morvan et Munuera ont assuré la destinée du groom de 2004 à 2008.  Après quatre albums, le duo, remercié pour incompatibilité artistique, est remplacé par une nouvelle équipe.
Après la chute de popularité de la série pendant la période Morvan/Munuera, Dupuis décide de rompre avec les derniers albums : le fusion manga de Munuera est remplacé par le style plus classique mais néanmoins moderne de Yoann et des scénarios plus inspirés avec le scénariste du best-seller Seuls, Fabien Vehlmann.

 

Spirou fut donc le personnage phare du "journal de Spirou" et c'est dans ce journal que Franquin va créer un autre personnage mythique.
 
Gaston lagaffe:
Personnage innovant et drôle, Gaston l'est dès son apparition. 
En effet, l'arrivée de Gaston dans Le journal de Spirou est annoncée mystérieusement par des traces de pas dans les marges des pages du journal, sans explications pour le lecteur dans un premier temps. Il apparaît pour la première fois à la rédaction du Journal de Spirou du 28 février 1957, en costume et nœud papillon, deux semaines plus tard en jean noir, pull-over vert et espadrilles, assis sur une chaise, cigarette aux lèvres. Entretemps, les lecteurs ont pu le découvrir dans Le Journal de Spirou du 7 mars 1957, dans lequel il porte toujours le costume, mais une cravate dénouée. Sans doute le premier pas vers la décontraction qui le caractérise.

Le 25 avril 1957, un communiqué de Fantasio, autre personnage de Spirou, tente d'éclaircir la situation aux lecteurs : Gaston a été recruté par une personne dont il ne se rappelle pas le nom, mais il demeure persuadé qu'il a été embauché pour un travail de héros de bande dessinée. Ne pouvant être intégré dans une série du Journal de Spirou, il devient alors le premier « héros sans emploi ». Il est par la suite représenté comme un employé de la rédaction.
Gaston est au début simplement indolent, paresseux et à l'occasion gaffeur (trouvant le moyen de « mettre le feu aux extincteurs », par exemple). Ses gaffes lui donneront, bien après son apparition, un nom de famille et une fonction récurrente dans le journal : empêcher, bien malgré lui, de signer des contrats importants avec monsieur De Mesmaeker, inonder les locaux, etc. Son expression favorite est « M'enfin » (abréviation de « Mais enfin… ») inspiré d'un réel tic de langage de Jidéhem, alors collaborateur de Franquin


En tant qu'employé au Journal de Spirou, Gaston travaille au départ avec Fantasio. Le personnage de Spirou fait également quelques apparitions épisodiques. Mais, à partir de 1968, Franquin, qui a confié la série Spirou et Fantasio à son successeur, va les remplacer par des personnages propres à l'univers de Lagaffe.
C'est désormais Léon Prunelle qui va subir les gaffes de Gaston. Barbu, portant de grosses lunettes et fumant la pipe, il devient célèbre avec son juron « rogntudjuuuuu ! » (déformation de l'expression « Nondidju », signifiant « Nom de Dieu » en wallon, dont la quantité de u est en adéquation avec l'incongruité de la scène et le niveau d'énervement de l'intéressé). Franquin inventa cette exclamation en raison de l'impossibilité à l'époque d'utiliser un vrai juron dans une bande dessinée destinée à la jeunesse.


Il a quelques amis, tels que Bertrand Labévue, Jules-de-chez-Smith-en-face, Gustave, Manu, et son ami dessinateur. Certains personnages ne l'aiment pas vraiment, comme Mélanie Molaire, la dame de ménage, M. Boulier le comptable, Ducran et Lapoigne ainsi que M. de Mesmaeker avec lequel il signera quelques contrats (Cosmo coucou et la soupe de poisson) mais fera échouer régulièrement la signature de mystérieux contrats avec Fantasio puis Prunelle.

 

Gaston ne cache pas les sentiments qu'il éprouve pour Mademoiselle Jeanne, mais cet amour est totalement platonique... Du moins, dans les pages publiées du journal - Franquin s'est amusé à faire des croquis bien plus coquins des personnages sur des supports non officiels.

 

Gaston a une famille, notamment sa tante Hortense que l'on ne voit jamais mais à qui il rend service. Elle lui tricote des habits et est propriétaire d'un jardin (c'est notamment de chez elle que Gaston rapporta son cactus ainsi qu'une dinde) et a des goûts musicaux aux antipodes de ceux de Prunelle… Il a également un grand-oncle, Odilon Lagaffe, ancien conducteur de bus16 dont il héritera d'une propriété en banlieue (en fait un autobus) ; un neveu qui partage ses traits et qui donnera la série Gastoon (ce qui laisse supposer qu'il a un frère ou une sœur); un petit cousin se nommant Jules qui aime tirer sur les canards en plastique.
 
Dans le domaine alimentaire, Gaston affiche d'une part une attirance pour une série de produits populaires et peu élaborés (sardines à l'huile, pilchards, saucisses en boîte, crêpes…) dont la consommation ou la préparation s'effectue bien sûr au détriment de son travail de bureau, et parfois même au péril de son entourage (explosions et incendies divers). Là aussi, les tentatives réciproques de Gaston pour parvenir à ses fins, de Fantasio et plus tard Prunelle pour l'en empêcher, donneront lieu à de multiples variations.
D'autre part, il pratique en toute bonne foi une cuisine expérimentale et qui se voudrait gastronomique (morue aux fraises, cabillaud à l'ananas) mais qui ne parvient qu'à susciter le dégoût et entraîner divers états pathologiques dans son entourage, à l'exception de lui-même, de quelques amis et ouvriers de passage.
Passionné de musique, il pratiquera plusieurs instruments au cœur même du bureau, avec un succès variable, son instrument de prédilection étant un trombone à coulisse. Il inventera également un redoutable instrument à cordes dont l'utilisation provoque instantanément l'écroulement des murs et l'effondrement de la façade de l'immeuble du journal : le gaffophone, qui deviendra ultérieurement le gaffophone électrique.
 
Malgré la gravité des gaffes qu’il a commises dans les locaux du journal de Spirou, Gaston n’a aucune conscience des risques et des conséquences de ses actes, il a la mauvaise habitude de ne pas admettre ses fautes, ce qui fait déclencher les colères de Fantasio et de Prunelle.

 

Comme Franquin, Gaston est un fervent défenseur de la cause animale. Il est d'ailleurs entouré d'animaux : ses principaux compagnons sont un chat turbulent (le « chat dingue », inspiré du propre chat de Franquin) et une mouette rieuse (en fait assez sinistre et colérique), qui sont les personnages principaux de plusieurs gags. Lagaffe a également d'autres animaux plus discrets et épisodiques : son poisson rouge Bubulle, sa souris Cheese et son hérisson Kissifrott.
Au-delà de ces personnages récurrents, les animaux sont très présents dans les planches de Franquin, y compris les plus exotiques : éléphant, lion, tortue, perroquet... Gaston apparaît sensible, il adore les animaux et se porte régulièrement à leur secours. Il lui arrive ainsi de recueillir des chatons abandonnés, de sauver une dinde de Noël ou même de récupérer un homard dans un restaurant pour lui éviter de finir ébouillanté. Fort logiquement, il a une profonde aversion pour les chasseurs.

 

Gaston se déplace dans un vieux tacot jaune et noir délabré. Franquin s'est inspiré de la Fiat 50913, une voiture de 1925, donc déjà antédiluvienne dans les années 1960. Elle donne lieu à de nombreux gags, soit par son délabrement (pannes à répétition, lenteur, pollution…), soit par les améliorations que Gaston tente de lui apporter: un tuyau de poêle pour évacuer la fumée, un aspirateur à neige, un ballon pour récupérer les gaz d'échappement… Comme beaucoup des inventions de Lagaffe, elles finissent souvent en catastrophe, et Prunelle comme Fantasio se jurent à chaque fois qu'ils ne mettront plus jamais les pieds dans ce « tas de ferraille ».
La voiture intervient également dans les gags avec l'agent Longtarin. Longtarin signifie en argot « long nez » (tarin), ce qui correspond au physique de l'agent. C'est un personnage récurrent qui est obsédé par sa volonté de verbaliser Gaston, souvent pour stationnement interdit mais parfois pour non-conformité de sa voiture aux normes. De son côté, Gaston déploie une grande énergie pour stationner sans payer. La « guerre des parcmètres » donne lieu à de nombreux gags, où Gaston sabote ce qu'il appelle « les affreux mange-fric », souvent de façon loufoque (les transformer en machines à sous, les scier avec un robot téléguidé…).

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Les classiques belges 1 jour 1 BD article 3

Après les magazines de BD, voici 3 grands classiques qui ont accompagné mon enfance en ligne claire franco-belge.

En premier lieu, le célèbre jeune reporter belge Tintin:

 

Tintin apparaît pour la première fois dans l'album Tintin au pays des Soviets. Ses caractéristiques physiques prennent peu à peu forme, en particulier sa houppette, relevée par le vent à la planche 8, lorsqu'il démarre en trombe dans une Mercedes décapotable, et qui ne tombera plus jamais. Hergé conserve par la suite ce trait physique qui rend son héros si reconnaissable. Dans les albums en couleur, sa teinte de cheveux varie du blond au roux, comme ceux d'un chanteur populaire célèbre et souvent imité durant la jeunesse d'Hergé, Félix Mayol, dont la figure ronde était également surmontée d'une houppette.


L'âge de Tintin est difficile à déterminer. Sa petite taille et son aspect chétif peuvent faire croire que ce n'est pas un adulte. Dans Tintin au Pays des Soviets, la façon dont il flotte dans un imperméable de la police allemande peut laisser supposer une taille d'enfant, mais ce fait ne semble pas se reproduire par la suite. Tintin n'est pas un adolescent, et encore moins un enfant comme le prouve, par exemple, dès sa première aventure (Tintin au pays des Soviets), sa maîtrise de la conduite de l'automobile et de l'avion. Par ailleurs, il vit seul dans son propre appartement avec son chien Milou, travaille en tant que reporter, semble subvenir seul à ses besoins et est fort physiquement. Dans un entretien, Hergé a juste répondu : « Il est jeune. ». Cette ambiguïté est probablement destinée à aider le lecteur, enfant ou adulte, « de 7 à 77 ans », à s'identifier à lui.
Influencé par le scoutisme, Tintin lutte contre le Mal en général, ou du moins contre tout ce qu'il estime être mal. Un côté amusant de Tintin est sa capacité à manipuler ses amis (surtout le capitaine Haddock qu'il connaît par cœur). Il n'utilise toutefois la manipulation que pour ramener ses amis sur le chemin de la morale ou pour les ramener à un but qu'ils s'étaient fixé ensemble. De plus, il est d'un tempérament calme et posé, préférant analyser la situation avant d'agir. Tintin est en somme un archétype du jeune héros sans défaut ni tentation. Hergé a cependant joint à son héros un personnage qui, lui, connaît les affres de la tentation : Milou, son compagnon canin.


Dès le premier album, Tintin au pays des Soviets, Tintin est un reporter travaillant pour Le Petit Vingtième, le journal publiant ses aventures. Dans les premiers albums, cette profession sert de motif de départ à ses voyages : dans Tintin au pays des Soviets, il va en URSS pour faire un reportage sur ce pays, et doit affronter des bolchéviques prêts à le tuer pour l'empêcher de faire connaître aux Occidentaux la réalité – selon Hergé – de l'Union soviétique de l'époque. Dans Tintin au Congo, il fait un reportage sur le Congo, alors encore colonisé par la Belgique, ce qui l'entraîne dans de multiples péripéties, et il est ensuite envoyé en mission par son journal aux États-Unis dans Tintin en Amérique. Dans L'étoile mystérieuse, Tintin est le reporter de l'expédition commandée par le capitaine Haddock sur le navire Aurore, accompagnant une équipe de scientifiques.


Dans les autres albums, Hergé ne présente plus la profession de Tintin, et on ne le voit plus exercer directement son métier pour un employeur. Toutefois, à la fin de certains albums, on voit ses découvertes écrites dans les journaux. La plupart de ses aventures partent directement de son domicile, rue du Labrador, puis du château de Moulinsart, le capitaine Haddock étant le plus souvent associé à l'histoire dès les premières planches, après son introduction dans la série. La curiosité naturelle de Tintin, déformation professionnelle du reporter, et son désir de justice suffisent à le pousser vers de nouvelles aventures. Dans la plupart des albums, la presse est montrée à un moment ou un autre, parfois sous un regard satirique, comme dans Les Bijoux de la Castafiore. Le personnage en est un lecteur assidu, mais le titre du journal est rarement montré. Parfois, la presse contribue au dénouement, comme dans Le Temple du Soleil, où un article de journal révèle au héros la proximité d'une éclipse solaire.
Dans L'Oreille cassée, Tintin décide de son propre chef de retrouver une statuette volée dans un musée. Dans Tintin en Amérique, il va à Chicago, moins pour faire un reportage que pour débarrasser la ville de ses gangsters, qui l'attendent cependant de pied ferme dès son arrivée, en raison du démantèlement de leur trafic de diamants dans l'album précédent (Tintin au Congo). Dans Le Temple du Soleil, c'est son amitié pour le professeur Tournesol – lequel a été enlevé – qui le pousse à partir à sa recherche au Pérou. Dans Tintin au Tibet, c'est après un rêve prémonitoire qu'il part au Népal à la recherche de Tchang, démontrant qu'il peut à tout moment prolonger ses vacances (qui se déroulaient jusqu'alors à Vargèse).


Tintin n'entretient aucune liaison amoureuse. Les Aventures de Tintin sont pauvres en personnages féminins, à l'exception notable de la cantatrice Bianca Castafiore, les autres étant au mieux des personnages secondaires (Peggy, femme du général Alcazar, Irma, camériste de la Castafiore, Mme Pinson, concierge de l'immeuble de Tintin, etc.). À quelques exceptions près, elles sont d'âge mûr et sans grand charme, dessinées de manière caricaturale.
Si Hergé préfère les dessiner ainsi, c'est afin d'éviter d'avoir à développer des sentiments amoureux chez son personnage principal, mais aussi pour respecter les codes éditoriaux de l'époque. Généralement, les apparitions féminines sont mineures et ne servent qu'à enclencher l'intrigue et/ou l'action. À l'exception de la cantatrice Bianca Castafiore, les seuls amis de Tintin sont des hommes, à commencer par le jeune Chinois Tchang, qu'il sauve de la noyade dans l'album Le Lotus bleu.

 

Il est également très proche du capitaine Haddock, marin solitaire et impulsif qui intervient dans toutes les aventures à partir de l'album Le Crabe aux pinces d'or et du professeur Tournesol qui apparaît dans Le Trésor de Rackham le Rouge. Il entretient une bonne relation avec le général Alcazar (L'oreille cassée) et les deux Dupond et Dupont.
Tintin vit dans un univers extrêmement pudique et asexuel. En fait, il faut se référer au fait que la législation d'avant-guerre – et au-delà – relative aux publications pour la jeunesse est fort stricte. Il n'y a en la matière guère de latitude laissée aux dessinateurs et scénaristes face à des comités de censure extrêmement sourcilleux. À cette époque, jeunesses masculine et féminine étaient en Europe clairement séparées tant dans la vie scolaire que dans les publications qui leur étaient destinées, comme dans le journal catholique Le Petit Vingtième qui publie Les Aventures de Tintin. Ce traitement n'est d'ailleurs pas propre à Hergé, puisque de nombreux auteurs de romans, à l'instar de William Golding dans Sa Majesté des mouches, choisissent de ne pas mettre en scène les relations entre les sexes, ceci permettant en outre à l'artiste de ne pas disperser son propos vers des problématiques plus complexes. Dès lors, la question de l'absence de relations avec des femmes dans les albums, même amicales, n'a pas de sens. Hergé obéit aux codes littéraires d'alors pour la jeunesse. En outre, il faut également tenir compte, au-delà de la législation civile ou de la morale religieuse, des règles strictes qui s'imposaient aux journaux pour enfants avant la fin des années 1960, résultant de la pratique sociale : les personnages comme les vrais enfants évoluaient dans un monde soit masculin, soit féminin (non-mixité scolaire) et les seuls jeunes de l'autre sexe étaient le frère ou la sœur (voir Jo et Zette) ou encore le cousin ou la cousine. Ainsi, Hergé a été scout, à l'instar de Tintin, comme celui-ci le révèle indirectement dans On a marché sur la Lune après avoir emprisonné Wolf et le colonel Jorden. Les relations amicales qu'il entretint tout au long de son adolescence ne furent que masculines, ce qui là encore est le lot commun des garçons dans la première moitié du XXe siècle.

Outre les dessins animés et quelques vieux films pas très réussis, la meilleure adaptation reste pour moi le film en images de synthèses de Spielberg et Jackson mixant plusieurs volumes.

Tintin fut donc l'un des premiers héros aventurier qui me fit voyager à travers le monde pour protéger les innocents et redresser les tords bien avant Bob Morane. Deux autres héros de papier m'ont aussi fait voyager mais de façon plus humoristique et à d'autres époques.

Aux Etats-Unis, durant la période de la conquête de l'ouest, un cow-boy solitaire revivait un peu différemment ce que je regardais dans les vieux western diffusés dans La Dernière scéance... c'était Lucky Luke.

 

La série met en scène le personnage de Lucky Luke, connu pour être « L'homme qui tire plus vite que son ombre », accompagné de son cheval Jolly Jumper. Il fait régner la loi dans l'Ouest américain et affronte des bandits historiques ou inventés dont les plus connus sont les frères Dalton.
Lucky Luke est publié pour la première fois dans l'Almanach 47 du journal Spirou avec l'histoire Arizona 1880. Le graphisme de la série est alors inspiré de celui des dessins animés avec des traits ronds pour les personnages. Le scénario est simplement constitué d'une série de rebondissements faciles et de gags graphiques.
En 1948, Morris, Franquin et la famille de Jijé décident de partir pour les États-Unis. Pour Jijé, ce départ est avant tout politique, craignant une troisième guerre mondiale qui transformerait l'Europe en zone occupée par les troupes de Joseph Staline ou en zone dévastée par les bombes atomiques. Pour Morris, ce voyage est plutôt motivé par l'envie de découvrir les décors et les méthodes de travail des auteurs aux États-Unis, qu'il considère comme le pays de la bande dessinée. En juin 1949, après plusieurs mois passés au Mexique, ses compagnons de voyage repartent vers l'Europe. Morris reste aux États-Unis, d'où il continue d'envoyer régulièrement des planches au journal Spirou. En 1949 sort La Mine d'or de Dick Digger, premier album de la série. Il travaille aussi pour divers magazines de bande dessinée américains et illustre des livres pour enfants. Durant son séjour qui dure six ans, il fait la connaissance de Harvey Kurtzman, alors rédacteur en chef du magazine de bande dessinée Mad. Ces contacts avec les auteurs de bande dessinée américains auront un impact important sur son travail. C'est d'ailleurs sous l'influence des collaborateurs de Mad qu'il fait de Lucky Luke une véritable parodie. C'est aussi pendant son séjour aux États-Unis que Morris donne naissance aux Dalton, s'inspirant des véritables frères Dalton sur lesquels il se documente à la bibliothèque de New York.


Aux États-Unis, Morris a fait, par l'intermédiaire de Jijé, une rencontre capitale, celle du Français René Goscinny, qui travaille à l'époque à la chaîne dans une entreprise de cartes postales fabriquées à la main. Trouvant remarquable le scénario écrit par René Goscinny pour un film d'animation dont Jijé avait le projet, il fait appel à lui pour écrire le scénario d'un Lucky Luke. Morris souhaite alors à la fois se concentrer uniquement sur l'aspect graphique, mais aussi donner du sang neuf à la série. Avec Goscinny, les scénarios de la série commencent à avoir une véritable épaisseur. Il crée la chanson de fin et ajoute de nouveaux personnages secondaires comiques pour faire pendant à Lucky Luke, qu'il ne trouve pas suffisamment drôle.


En 1957, à la suite de nombreuses lettres réclamant le retour des frères Dalton, pendus après une attaque de banque dans l'histoire Hors-la-loi (ou tués par Lucky Luke selon les versions de l'histoire), sont créés dans l'histoire Les Cousins Dalton, les cousins fictifs des véritables hors-la-loi, prénommés Joe, William, Jack et Averell. Cette option a été préférée à l'idée de faire revenir les fameux bandits d'outre-tombe. Se différencier de leur véritable histoire permet à René Goscinny de mettre plus de fantaisie dans les personnages des Dalton. Deux ans plus tard, sur une idée de Morris d'introduire un nouveau personnage pour la série, Rantanplan, un chien stupide parodie de Rintintin, fait son apparition dans l'histoire Sur la piste des Dalton.

A la fin des années 1960, Lucky Luke abandonne les pages du journal Spirou et les éditions Dupuis pour celles de Pilote et les éditions Dargaud. La série Lucky Luke fait sa dernière apparition dans le journal Spirou du no 1537 au no 1556 avec l'histoire Le Pied-Tendre. La première histoire publiée dans Pilote est Dalton City dans le no 441 du journal, et dans la foulée sort La Diligence, le premier album aux éditions Dargaud. C'est à cette occasion que René Goscinny invente la formule devenue notoire : « L'Homme qui tire plus vite que son ombre », qu'il place en en-tête des albums. Le passage de la série de Spirou à Pilote permet à René Goscinny d'aborder des sujets plus modernes et d'introduire des histoires d'amour (Dalton City), la victimisation des Amérindiens lors de la conquête de l'Ouest (Canyon Apache), l'ambiguïté des héros de l'Ouest qui ne sont motivés que par l'appât du gain (Chasseur de primes) ou encore la psychanalyse (La Guérison des Dalton).


La présence régulière de Lucky Luke dans le journal Pilote ne durera que cinq ans. Constatant que le journal a changé de visage et de public, Goscinny et Morris estiment que la série n'y a plus sa place. Lucky Luke fait donc sa dernière apparition en 1973 dans le no 736 de Pilote avec la fin de l'histoire L'Héritage de Rantanplan. Dès lors, la série devient errante. Entre-temps est créé le journal Lucky Luke sur une idée des éditions Dargaud qui pensaient que la série avait l'envergure pour être la vedette d'un périodiquec . Le journal, lancé en 1974 alors que les journaux de bande dessinée entrent dans une période de crise, ne paraît que l'espace d'une année et de 12 numéros.


La série se déroule sur une période de 40 ans, de 1861 (juste avant la guerre de Sécession qui débute en avril) jusqu'à la fin du siècle. La majorité des histoires se déroulent vers les années 1880. Les frères Dalton sont les premiers personnages historiques à apparaître dans l'histoire Hors-la-loi (1951). Suivront de grandes figures du Far-West comme le juge Roy Bean dans Le Juge, les frères Earp et en particulier Wyatt Earp dans O.K. Corral, Soapy Smith dans Le Klondike ou encore Jesse James, Billy the Kid et Calamity Jane qui apparaîtront comme personnages principaux de plusieurs épisodes de la série.
De nombreux événements historiques sont reproduits dans la série. La ruée vers l'or et l'arrivée de nouveaux colons sur des terres indiennes sont les sujets de nombreux albums. L'arrivée de la machine à sous dans l'histoire Le Bandit manchot, la construction de la ligne de chemin de fer Est-Ouest, le Pony Express ou l'arrivée du télégraphe dans Le Fil qui chante sont autant de sujets historiques traités dans Lucky Luke.


La série parodie souvent l'univers de John Ford. Elle représente un univers de western qui insiste moins sur le côté réaliste (caractéristique de Jerry Spring, autre série du journal Spirou créée en 1954 par Jijé), que sur le côté humoristique. Réaliste tout de même, car la grande majorité des histoires sont fondées sur des faits réels et des personnages ayant réellement existé. Humoristique, car la série est traitée avec humour, elle ne se prend pas trop au sérieux. Il faut noter que dans les débuts de la série, l'univers est entièrement humoristique et c'est un Far West totalement inventé par Morris qui est représenté. Le changement interviendra très vite après le voyage de Morris aux États-Unis. Ainsi le héros, Lucky Luke, présenté comme un cow-boy, est montré à plusieurs reprises en train de garder les vaches dans les grands espaces américains, les stéréotypes du cow-boy sont caricaturés quand il est aussi présenté comme un défenseur sans faille de la veuve et de l'orphelin qui tire plus vite que son ombre et peut boire au saloon aussi bien du whisky que du Coca-Cola. Pour son personnage, Morris s'inspire initialement de plusieurs acteurs de western américains, Tom Mix, William S. Hart et surtout Gary Cooper pour son côté élancé, un peu dégingandé. Dans l'image finale de chaque épisode il y a même un rappel des cow-boys chantants, tels Roy Rogers ou Gene Autry. Son cheval, Jolly Jumper, présenté comme le plus rapide de l'Ouest, est indépendant. Il est capable aussi bien de faire le café que de jouer aux échecs avec son cow-boy. Il accourt chaque fois que Lucky Luke a besoin de lui. Les saloons sont emblématiques de la série, c'est dans cet endroit que l'ambiance western est la plus visible. Remplis de joueurs de poker, danseuses (depuis Dalton City puisqu'elles étaient censurées auparavant), pianistes plus ou moins doués et un barman qui cache une arme de dissuasion sous son comptoir et craint pour son miroir à chaque bagarre. Pratiquement chaque saloon de la série voit passer une bagarre qui le démolit. Le croque-mort est caricaturé comme un homme sans scrupule qui souhaite la mort de son prochain pour faire de l'argent, il est souvent représenté accompagné d'un vautour.


Les faits historiques sont aussi traités avec humour et caricaturés. L'arrivée des colons à l'Ouest, du train et du télégraphe sont traités de même manière que les grands évènements que sont la ruée vers l'or ou l'exploitation du pétrole. La série tourne en dérision ces pionniers prêts à prendre tous les risques et à tout quitter sur la simple rumeur qu'on pouvait faire fortune ainsi que les villes champignons qui poussent en une nuit et meurent presque aussi vite. La figure de Lucky Luke est aussi traitée avec humour lors de ces évènements ; quoi qu'il arrive il n'y participe jamais pour s'enrichir, mais simplement pour protéger les plus faibles ou rétablir la justice. Renversant les clichés des œuvres de western, la cavalerie est montrée comme stupide, incompétente, voire dangereuse pour la paix, alors que les Amérindiens ne sont pas montrés comme des sauvages, mais comme des victimes, de la trahison d'un des leurs, de la civilisation ou même de l'alcool.

Les bandits présents dans Lucky Luke ont pour la plupart véritablement existé (hormis dans les premières histoires, jusqu'à Hors-la-loi). Ils sont montrés comme des parodies de leur propre légende. Billy the Kid reçoit des fessées comme un enfant pour ses méfaits, Jesse James est caricaturé comme un Robin des Bois de l'Ouest dénué de scrupules, qui vole non seulement les riches, mais tout le monde, pour son propre profit puisqu'il se désigne lui-même comme étant « un pauvre ». Le juge Roy Bean est montré comme un personnage folklorique. Le folklore de l'Ouest est souvent dépeint dans les différentes histoires, de la caricature des charlatans qui vendent des boissons miracles, au cirque qui parcourt l'Ouest en passant par les chasseurs de bisons ou de primes, les villes entièrement contrôlées par les bandits et même les problèmes d'intégration des étrangers arrivés dans le pays.


 Avant Goscinny, la série consistait en une série de gags graphiques. Il va d'abord créer plusieurs éléments propres à la série, comme le slogan de « l'homme qui tire plus vite que son ombre », la chanson de fin sur fond de soleil couchant, les commentaires de Jolly Jumper et créer de nouveaux personnages pour donner une nouvelle dimension graphique à la série. Les plus marquants sont les frères Dalton, qui sont les cousins des véritables Dalton que Morris avait déjà mis en scène auparavant, mais que ce dernier avait fait mourir à la fin de l'histoire. Goscinny, réalisant la magnifique invention graphique que sont ces quatre personnages, décide de les faire revenir en leur donnant en plus la bêtise comme principal défaut. Quelques années plus tard, dans l'histoire Sur la piste des Dalton, il crée, en compagnie de Morris, le chien Rantanplan, caricature idiote du chien Rintintin, dans la lignée des personnages imbéciles qu'aime mettre en scène Goscinny, selon lui beaucoup plus sources de gag qu'un héros comme Lucky Luke. Morris, qui déteste les calembours, va demander à Goscinny de ne pas en placer, bien que ce dernier s'amuse à en glisser un dans chaque histoire pour faire tourner Morris en bourrique. Malgré un grand respect entre les deux hommes, Morris aura par moment du mal à comprendre l'humour de Goscinny, notamment sur les anachronismes volontairement placés et les références culturelles.

J'ai arrêté ma lecture aux aventures co-produites par Goscinny et Morris, à l'exception récente d'une revisite assez différente et très réussie L'homme qui tua Lucky Luke chroniqué sur ce blog. Et j'ai peu accroché au spin-off sur Rantanplan qui est drôle dans Lucky Luke, moins dans ses aventures solo à mon avis. J'avoue quand même que le dernier Un cow-boy à Paris est assez réussi et dans l'esprit de ses ancêtres.

Restant en France enfin, mais loin dans le temps, je lisais aussi des albums qui commençaient tous ainsi:

« Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Romains... Toute ? Non ! Car un village peuplé d'irréductibles Gaulois résiste à l'envahisseur. Et la vie n'est pas facile pour les garnisons de légionnaires romains des camps retranchés de Babaorum, Aquarium, Laudanum et Petibonum... »


Ces albums relataient les aventures gauloises d'Asterix le gaulois, devenu simplement Asterix:

Le duo René Goscinny-Albert Uderzo se forme dès le début des années 1950 et mène rapidement de nombreux projets en commun, au sein de l'agence World Press. Leur première collaboration aboutit à la création d'une série humoristique, Oumpah-Pah, qu'ils ne parviennent cependant pas à faire publier.

Ils assurent ensuite, entre 1951 et 1952, la tenue de deux rubriques dans l'hebdomadaire féminin Les Bonnes Soirées, édité par Dupuis, avant de créer les séries Jehan Pistolet, publiée dans le supplément jeunesse de La Libre Belgique à partir de 1952, puis Luc Junior, publiée dans le même journal à partir de 1954
En 1956, René Goscinny et Albert Uderzo, accompagnés du scénariste Jean-Michel Charlier et de Jean Hébrard, quittent la World Press pour fonder leurs propres agences de presse et de publicité, Édifrance et Édipressec. En 1959, le publicitaire François Clauteaux décide de créer un nouveau journal pour les enfants, financé par Radio Luxembourg et intitulé Pilote. Il charge les quatre associés d'Édifrance-Édipresse d'assurer la partie bande dessinée du nouveau périodique. À deux mois de la sortie du journal, ils sont réunis dans l'appartement d'Albert Uderzo à Bobigny, en face du cimetière de Pantin. Goscinny songe à une bande relevant du « folklore français » et demande à Uderzo de lui énumérer les grandes périodes de l'histoire de France. Ce dernier commence par le paléolithique puis enchaîne sur les Gaulois, une période qui s'impose comme une évidence inédite. En quelques heures, les deux compères créent le village gaulois et ses habitants. René Goscinny imagine un personnage malin, au petit gabarit, prenant le contre-pied des héros habituels des bandes dessinées de l'époquec. Uderzo lui adjoint un second rôle au gabarit imposant pour satisfaire ses préférences de dessinateur qui devient d'un commun accord entre les auteurs livreur de menhirs. Astérix et Obélix sont nés.


Forts du succès d'Astérix le Gaulois, les auteurs enchaînent avec une deuxième histoire intitulée La Serpe d'or, publiée à partir du 11 août 1960 dans Pilote. C'est la première fois que les deux héros s'éloignent des environs du village, pour se rendre à Lutèce afin d'y acheter une nouvelle serpe pour le druide Panoramix. C'est également dans cet épisode que le barde est mis à l'écart pour le banquet final, bâillonné et attaché à un arbre par ses compères qui ne supportent pas son chant, une scène qui deviendra récurrente dans les différents albums d'Astérix.

En 1961, un premier album de la série est édité par Hachette dans la « Collection Pilote », reprenant l'intégralité de l'histoire Astérix le Gaulois. Le livre se vend alors à 6 000 exemplaires. La même année, la parution de la troisième histoire, Astérix et les Goths, démarre dans Pilote. C'est la première fois qu'Astérix et Obélix s'aventurent hors de la Gaule.  Astérix gladiateur, quatrième volet de la série, paraît à partir de mars 1962 et marque l'apparition d'un nouveau gag récurrent. Uderzo et Goscinny y font un clin d’œil à Victor Hubinon et Jean-Michel Charlier et leur série Barbe-Rouge, publiée elle aussi dans Pilote, en faisant croiser la route d'Astérix et Obélix à un équipage de pirates, dont le bateau fait naufrage. L'histoire suivante, intitulée Le Tour de Gaule d'Astérix, dont la parution a débuté février 1963, est une caricature des régionalismes français. C'est aussi l'entrée d'un personnage important de la série, le chien Idéfix, qui suit Astérix et Obélix durant toute l'aventure sans que ceux-ci ne le remarquent avant la dernière planche. Un concours est lancé dans les pages de Pilote pour le baptiser.


La sortie du film Cléopâtre, en 1963, l'une des réalisations les plus chères de l'histoire du cinéma, avec la présence d'Elizabeth Taylor dans le rôle-titre, inspire aux deux auteurs le thème de la sixième aventure de la série, Astérix et Cléopâtre, dans laquelle les deux héros se rendent en Égypte en compagnie du druide Panoramix. L'annonce dans Pilote de la parution de cette nouvelle aventure, de même que la couverture originale de l'album, parodient l'affiche du film de Mankiewicz. L'année suivante, Le Combat des chefs est selon Le Figaro une raillerie de la campagne de l'élection présidentielle en cours, mais évoque aussi, toujours selon le journal, un sujet plus grave : la collaboration pendant la seconde guerre mondiale, en assimilant les Gallo-Romains aux Français qui pactisaient avec l'occupant allemande.
Outre des personnages historiques comme Jules César ou Cléopâtre, de nombreux personnages existants ou ayant existé sont apparus au fil des albums successifs, sous forme de clins d’œil humoristiques. Par exemple, La Zizanie met en scène un centurion romain qui a les traits de l'acteur Lino Ventura, très populaire à l'époque où l'album a été publié. Cette pratique contribue à donner différents niveaux de lecture à l'œuvre (les enfants, et même les adultes, ne vont pas nécessairement reconnaître toutes les personnalités caricaturées) et empêche de la réduire au rang de « bande dessinée pour enfants ». Dans Le Papyrus de César, Bonus Promoplus, conseiller de Jules César, est une caricature de Jacques Séguéla.


Les jeux de mots sont très nombreux, Goscinny en a disséminé pour différents âges. Notamment, les noms de la plupart des personnages apparaissant dans les quelque trente albums d'Astérix le Gaulois sont basés sur des jeux de mots, à commencer par le nom d'Astérix, qui évoque le signe typographique appelé « astérisque ». On peut également citer le personnage d'Idéfix, dont le nom fait penser à l'expression « idée fixe », mais aussi la Gauloise Iélosubmarine, dont le nom rappelle la chanson des Beatles Yellow Submarine, ou encore le doyen du village, qui s'appelle logiquement Agecanonix (nom évoquant l'expression « âge canonique »), et bien d'autres. Par ailleurs, tous les noms des Gaulois se terminent en -ix, ce qui est en fait une interprétation personnelle des auteurs à partir des noms de chefs gaulois en -rix (roi), par exemple Vercingétorix, alors qu'en réalité les noms masculins se terminaient le plus souvent en -os, ce qui correspond au nominatif masculin singulier latin -us, ceux des Gauloises se terminent généralement en -ine (Bonemine, Iélosubmarine, etc., Falbala faisant partie des exceptions), ce qui par contre correspond à une certaine réalité, tous ceux des Normands en -af (Grossebaf, Autograf, Batdaf…), sur le modèle du saint roi Olaf II de Norvège, tous ceux des Ibères en -on (Soupalognon y Crouton…), des Bretons en -ax (Jolitorax, Antrax…) ou en -os (Zebigbos), des Goths en -ic (Téléféric, Périféric…), conformément au noms germaniques en -ric, des Romains en -us (Garovirus, Roméomontaigus, Infarctus…), des Grecs en -os ou -as (Plexigas, Invinoveritas…), des Égyptiens en -is (Numérobis, Tournevis, Amonbofis…), des Indiens en -ah ou -ane (Kiçah, Seurhane) et ceux des pictes et des calédoniens commencent par mac- (Mac Oloch, Mac Abbeh...). Dans Astérix et la Transitalique, de nouveaux peuples font leur apparition tels que les Koushites en -afer (Toutunafer et Niphéniafer), les Sarmates en -ov (Ogouguimov, Olyunidislov), les lusitaniens en -ès (Solilès, Pataquès), les Cimbres comme leurs compatriotes Vikings en -en (Neuillisursen, Betåkårøten...).


D'autres jeux de mots sont plus contextuels. Les exemples sont nombreux. Parlant d'Astérix et Obélix se trouvant aux thermes, dans une piscine remplie (par opposition aux autres piscines de l'endroit, précédemment vidées par Obélix), le chef Abraracourcix indique au patron des lieux « Mes gaulois sont dans la pleine » (allusions aux « Gaulois sont dans la plaine »). Un Gallo-romains (le chef de tribu Aplusbégalix), affiche chez lui un panneau " Rome Sweet Rome ", ou Astérix, s'adressant à un couple de romains dont la femme se montre généreuse, au contraire de son époux, lui lance « Allez, Romain, sois bon comme la Romaine »


Le comique de répétition est très présent tout au long de la série. Il se présente sous forme de malentendus entre les personnages ou des problèmes de langages. Certaines scènes reviennent fréquemment, comme la scène de naufrage des pirates qui débute toujours par un cri de peur : « Les Gau… les GauGau… » et qui se finit par une citation en latin de Triple-patte, le vieux pirate estropié. Les chants du barde sont aussi très réguliers, et provoquent toujours la fuite des auditeurs ou la neutralisation du barde par les coups. Obélix ponctue ses constats par un « ils sont fous ces… ». Les bagarres dues aux poissons pas frais d'Ordralfabétix et les chutes à répétition du chef du haut de son pavois, qui commencent à partir du quatorzième album Astérix en Hispanie, sont aussi très fréquents dans la série. Par ailleurs, en plus d'être ainsi inter-albums (des gags se répétant d'un album à l'autre), le comique de répétition est également très présent à l'intérieur même des albums, avec des gags s'y répétant régulièrement.

L'album L'Odyssée d'Astérix en est un bon exemple : dans le navire phénicien, Astérix et Obélix affrontent trois fois d'affilée des navires, avec une même mise en scène (« À chaque fois que je revois cette scène, j'y découvre quelque chose de nouveau ! » commente un membre de l'équipage); leur navire reçoit ensuite un « même accueil » (flèches enflammées et boulets) à quatre ports de suite; et dans le désert, les Gaulois sont attaqués à de multiples reprises par des guerriers de diverses tribus qui les confondent toujours avec leurs ennemis qui arrivent après, nommant leurs ennemis etc., le tout accompagné de répliques répétitives et de tout un ensemble construisant un comique de répétition riche.

Finalement publiées les aventures de Oumpah-pah l'indien...(pardon le native américan) et son ami le colon, sont un préquel aux aventures des deux gaulois tout aussi plaisants.

En version cinéma, le film d'Alain Chabat Mission Cléopatre rend hommmage à cet humour de références et de jeux de mots, mais la meilleure adaptation est sans doute la version en image de synthèse d'Alexandre Astier Le domaine des dieux qui garde une version dessinée fidèle à l'album saupoudrée de dialogues à la Kamelot ici et là.

 

Ces 3 personnages de BD sont à mon sens intemporels. Tintin a vieilli bien sûr par les automobiles et technologies représentées, alors que Luke et Asterix n'ont pas ce problème. Chacune peut être lue par du public de "7 à 77 ans" du fait de la lecture à double niveau proposée. Et je me désole des polémiques infinies du politiquement correct qui veut "révisionner" les aventures de Tintin au Congo jugées racistes (et pourvu que Poutine ne demande pas de bruler Tintin au pays des Soviets...), des moralistes qui trouvent que Tintin est célibataire et un peu trop enclin à aider de jeunes garçons pour être hétéro sexuel (il va même vivre avec un barbu alcoolique...), comme Asterix et Obelix (on a pas encore pensé que peut être idefix pourrait subir des violences sexuelles...), que Lucky luke ne doit pas fumer...etc.

A trop vouloir aseptiser, et à penser qu'on peut modifier des œuvres issues d'une époque (avec sa morale, son contexte, sa censure...), on finira par avoir de la production de masse sans gout ni intérêt. Alors que nourri à la lecture des Tintin, Asterix et Lucky Luke d'origine je suis malgré tout devenu tolérant, ni raciste, ni névrosé, ni même fumeur...

 

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Le journal de Tintin 1 jour 1 BD

Le journal de Tintin 1 jour 1 BD

Outre l'hebdomadaire Pif Gadget, ma jeunesse fut accompagnée d'un autre périodique de BD: Le journal de Tintin. Je ne le lisais pas régulièrement, mais au moment des vacances scolaires, quelques francs nous étaient donnés à mon frère et moi pour s'acheter un magazine, et nous préférions investir dans des recueils d'anciens numéros à prix réduit afin de maximiser la quantité de BD plutot que la nouveauté. A cette époque (années 70) le journal de Tintin offrait ces recueils et publiait des BD d'un genre un peu différent de celles présentent dans Pif.

Tintin, également appelé Le Journal de Tintin à certaines époques, est un magazine hebdomadaire de bande dessinée réaliste de la seconde moitié du XXe siècle publié par Les Éditions du Lombard. Sous-titré « Le journal des jeunes de 7 à 77 ans » puis « Le super journal des jeunes de 7 à 77 ans », il a publié des séries comme Blake et Mortimer, Alix, Michel Vaillant, Ric Hochet et, bien sûr, Les Aventures de Tintin et Milou et Quick & Flupke.


Le premier numéro, daté du 26 septembre 1946, comporte douze pages et réunit des artistes de bandes dessinées de renom:  Paul Cuvelier avec L'extraordinaire odyssée de Corentin Feldoë (Corentin);  Hergé avec Le Temple du Soleil (Tintin);  Jacques Laudy avec La légende des quatre fils Aymon; Edgar Pierre Jacobs avec Le Secret de l'Espadon (Blake et Mortimer).


Dès le treizième numéro (19 décembre 1946), le Journal de Tintin passe à seize pages.
Les années suivantes, Hergé reprend Jo, Zette et Jocko, apparus pour la première fois dans Cœurs Vaillants. Étienne le Rallic fournit une variation humoristique avec Jojo Cow-Boy et Teddy Bill.
En 1947,Tonet Timmermans dessine des couvertures puis une bande dessinée.


En 1948, Jacques Martin arrive avec Alix, en même temps que Dino Attanasio et Willy Vandersteen.
En septembre 1948, le Journal de Tintin passe de seize à vingt pages.
Pendant plusieurs décennies, Hergé garde le contrôle artistique du magazine.


Le 28 octobre 1948, est publiée la première version française du Journal de Tintin. Bien que les versions belge et française comportent presque les mêmes bandes dessinées, il y a des lignes éditoriales distinctes. De plus, alors que l'édition belge recommence la numérotation à chaque année, l'édition française utilise une numérotation continue d'une année à l'autre.
En 1949, Bob de Moor rejoint le Journal de Tintin et y dessine quelques pages de gags.


Les années 1950 voient l'arrivée de nouveaux artistes : Albert Weinberg  (Dan Cooper -pilote d'avion); Tibet (Chick Bill -western humoristique) et Ric Hochet (journaliste enquêteur); Raymond Macherot (Chlorophylle - animalier humoristique) et Clifton (détective) repris plus tard par Turk, De Groot et Bedu; François Craenhals (Pom et Teddy); Liliane et Fred Funcken (Le Chevalier blanc - médieval); Jacques Martin (Lefranc- journaliste enquêteur) ; Jean Graton (Michel Vaillant - pilote de course automobile); Albert Uderzo et René Goscinny (Oumpah-Pah- indien d'amérique humoristique)


Dans les années 1960, un nouvel élan humoristique est donné avec l'arrivée des artistes suivants:
   Greg avec  Zig et Puce, Géri avec Magellan, Christian Godard avec Martin Milan, Jo-El Azara avec Taka Takata, Dany avec Olivier Rameau, Dupa avec Cubitus, Jean Torton et Christian Denayer avec Alain Chevallier, William Vance avec Ringo et Bruno Brazil,  Hermann avec Bernard Prince et Comanche, Eddy Paape avec Luc Orient.


Au numéro 9 de la 15e année (2 mars 1960), le Journal de Tintin passe à 48 pages pour accueillir, entre autres, toutes ces nouvelles séries.


Dans les années 1970, le magazine retourne à la bande dessinée réaliste avec :
   Claude Auclair et Simon du Fleuve, Derib et Buddy Longway, Carlos Giménez et Dani Futuro, André Beautemps et Michaël Logan, Franz et Jugurtha, Cosey et Jonathan, Gilles Chaillet et Vasco, Hugo Pratt et Corto Maltese, Will Eisner et The Spirit, Grzegorz Rosiński et Jean Van Hamme avec Thorgal.  Mais l'humour n'est pas oublié avec :  Turk et De Groot avec Robin Dubois.
En france la publication se termine au no 1262 du 04/01/1973 qui précède le premier n° de "Tintin - l'hebdoptimiste" daté du 09/01/1973.

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Pif gadget 1 jour 1 BD

Pif gadget 1 jour 1 BD

En fait de BD, je vais commencer par une revue publiant des petits récits complets dessinés qui fut ma première lecture du genre, hebdomadaire et innovante. Cette revue est née presque en même temps que moi ( elle a un an de moins mois pour mois) et a accompagné mon enfance, tant par ses cadeaux innovants ou farfelus, que par ses publications:

Pif Gadget est un magazine français de bande dessinée pour la jeunesse, créé en février 1969, dont la fréquence de parution était à l'origine hebdomadaire.
Successeur de Vaillant, le journal de Pif, dès ses débuts Pif Gadget présentait la particularité d'inclure un gadget à chaque édition, mais également de proposer des récits complets, ce qui était novateur pour l'époque, la plupart des autres revues de bandes dessinées offrant toujours des histoires à suivre, forçant ainsi à la fidélisation du lecteur.
Alternant à chaque parution les styles « comiques » et « réalistes » ainsi que la couleur et le noir et blanc, le magazine a notamment lancé des séries culte de la bande dessinée française tout en continuant à publier les aventures de Pif le chien.
Pif Gadget a été un phénomène de presse majeur dans les années 1970-80.
Fondé en 1969, Pif Gadget est le successeur de Vaillant, le journal de Pif. Pif le chien est né en 1950 dans le journal l'Humanité sous la plume de José Cabrero Arnal, surnommé affectueusement Monsieur Paparnal. Le magazine s'appelle à ses débuts Pif et son gadget surprise puis, quelques mois plus tard, Pif Gadget. C'est un hebdomadaire.
Il doit son nom à  son héros principal, le chien Pif ;  au gadget inclus avec chaque numéro, dont les célèbres « Pifises » (Artemia salina, un petit crustacé), et les « Pifitos », des pois sauteurs vivants du Mexique.


Prolongeant la tradition de son prédécesseur Vaillant, le journal de Pif, Pif Gadget constitue ses dix premières unes en publiant le début de l'aventure hebdomadaire de son héros Pif.
En avril 1970, le numéro 60 de Pif Gadget, qui contenait les fameux Pifises, a été tiré à 1 000 000 d'exemplaires (650 000 exemplaires, puis retiré à 350 000 exemplaires).

En septembre 1971, le numéro 137, qui propose comme gadget les « pois sauteurs du Mexique », est également tiré à 1 000 000 d'exemplaires. Il s'agit dans les deux cas du plus fort tirage en Europe pour un journal de bande dessinée.


Pif Gadget se caractérise par sa parution en histoires complètes, attesté par la ligne d'accroche « Tout en récits complets » écrite sur la couverture juste sous le titre, contrairement à la plupart des autres revues de bandes dessinées qui offraient toujours des histoires à suivre, forçant ainsi à la fidélisation du lecteur (Pilote, Tintin, Spirou, le Journal de Mickey, etc.).


Il se caractérise aussi par son volume. Pif Gadget offre quatre-vingts pages d'histoires comiques et d'aventure chaque semaine.

Je ne compte plus le nombre de BD  qui parurent dans Pif. Les plus connues sont celles à caractère comique (et animalier): Placid et Muzo, Pifou (glop glop) ou Léo.

Mais aussi Manivelle de Goux, Pinky de Mattioli, Supermatou de Poirier, Léonard de Turk et De Groot Dicentim (le petit franc...jeu de mot daté aujourd'hui!) de Kamb.

Gai-Luron de Gotlib y fit ses débuts, aux cotés de Corinne et jeannot, la jungle en folie ou la parodie de western Horace, cheval de l'ouest.


Mais il n’y avait pas que de la ligne claire. Des BD dignes de ce nom étaient régulièrement publiées. Taranis le jeune Gaulois, Docteur Justice le médecin judoka et aventurier dessiné comme le Alain Delon de l'époque, Ayak, Capitaine Apache, Rahan, le fils des âges farouches, le mc gyver de la préhistoire. Et même Corto Maltese!!


Au fil des series TV, des adaptations furent aussi publiées comme celle des célèbres Mystères de l'ouest (dont on récupéra le derringer de James West en gadget) et Amicalement Votre. Même Julien Clerc, très en vogue dans les années 70 sera le héros de Corsaire Julien pour quelques numéros.

 

Il se caractérise enfin par son Journal des jeux d'une quinzaine de pages comprenant entre autres des tests (pourriez-vous être…), des mots croisés, des questions, des énigmes. Il se termine par la page solutions pour respecter la formule de l'illustré « complet ». Du premier au numéro 46, un jeu concours primé à thèmes permet de récompenser le lecteur gagnant d'une somme d'argent et d'un cadeau.

En 1975, le numéro 347 de Pif Gadget offraient à 360.000 petits lecteurs une pousse d'épicéa. Beaucoup l'ont planté (j'en fais partie) et l'épicéa vit encore...


En 1978, un autocollant, « La main de Pif », est inclus dans le magazine avec consigne de le coller à l'arrière de la voiture de ses parents. On pouvait ainsi être tiré au sort dans la rue par une équipe du journal et gagner un cadeau.

Resteront pour moi les gadgets emblématiques: Le parachute, le boomerang, le cerf volant qui me servirent de jeu d'été. Mais aussi le sous marin qui montait et descendait tout seul dans l'eau grace à une poudre, le set pour relever les empreintes

J'ai aussi fait des photos avec :

Plusieurs pellicules de photos réussies. Je n'ai pas beaucoup mangé de pates avec la fourchette à spaghettis, par contre,  j'ai pu faire quelques premières observations avec:

Coté BD, parmi celles déjà citées, resteront des must: Rahan, Docteur Justice, Corto Maltese, Gai-luron, Léonard. Mais aussi des souvenirs pour Arthur le petit fantôme, Dicentim le petit franc (Bougredane et bougredandouille ne font qu'un!), Teddy Ted le cow boy humaniste, Supermatou le superman de rominagroville, ...etc.

Un rendez-vous hebdomadaire attendu, toujours plein de surprises coté BD comme coté gadget.

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Ullule 1 jour 1 auteur article 33 et fin

Ullule 1 jour 1 auteur article 33 et fin

Ulule dans un article 1 jour 1 auteur pourquoi?

Pour ceux qui l'ignorent, Ulule est un site de financement participatif. Des concepteurs proposent un projet avec un besoin de financement. Tout un chacun peut y participer a la hauteur de ce qu'il souhaite. Souvent la participation permet de recevoir une contrepartie (diverse et différente suivant la hauteur de la participation). Le participant n'est débité que si le projet atteint son objectif.

Le site est accessible sur:

https://fr.ulule.com/discover/

Si je le mentionne ici, c'est que sur ce site on peut trouver quelques auteurs en recherche de financement pour publier leur œuvre (roman, bd) ou des éditeurs en recherche de financement pour une nouvelle collection, publier des œuvres étrangères, des inédits ou des éditions particulière.

Pour ma part j'y ai participé à plusieurs projets variés en lien avec l'édition et la création littéraire.

Par exemple, le deuxième tome d'Aline Wheeler qui s'auto-édite et dont je lis régulièrement le blog http://monde-fantasy.com/ . Elle écrit une trilogie de fantasy "Neph et Shéa" et a utilisé Ulule pour financer l'édition du tome 2.

Mais aussi l'éditeur Les moutons électriques qui voulaient pré-financer la traduction et l'édition de leurs auteurs coup de cœur en 2019, j'ai donc pré-payé en quelque sorte la collection 2019 dont j'ai ensuite reçu les romans à domicile dès leur impression.

Coté BD, un dessinateur voulait enfin publier l'histoire qu'il imaginait et plutôt que de devoir chercher une maison d'édition traditionnelle qui aurait accepté ou pas, lui aurait demandé des modifications...etc, il a lancé une demande de financement sur ulule.

Le tome 1 des Pierres sacrées d'Ellijahshemkathum est publié, la souscription pour le tome 2 est en cours. Ci dessus exemple de différentes contreparties en fonction de l'investissement souhaité.

Également une BD ambiance steampunk, financée mais pas encore finie (donc pas encore reçu): Steamygal.

Le temps d'attente peut être long, par exemple cette édition prestige de l'intégrale de Lovecraft re traduite illustrée et enrichies en version luxe, qui au terme de la campagne a cumulé un financement énorme permettant de lui adjoindre un grand nombre de bonus, comme des manuscrits originaux, des œuvres de jeunesse, une biographie...etc.

Mais elle ne sera livrée qu'en 2020 pour un financement datant de 2018 (délai connu lors de la souscription).

De nouveaux auteurs, un nouveau projet éditorial: Les Saisons de l'étrange est une collection de romans à l'ambiance Pulp  SF ou fantastique. J'ai participé au financement des saisons 1 et 2.

Et l'équivalent reste en cours de financement: des auteure et des héroïnes dans le même type de romans: La ligue des écrivaines extraordinaires.

Des projets très divers donc mais qui permettent de sortir des productions classiques, des conventions et des partis pris éditoriaux parfois tièdes des éditeurs mainstream moins enclin à prendre des risques. Faire un tour sur ces plateformes de "crowfunding" peut donc être intéressant. J'ai cité Ulule car c'est là que j'ai trouvé le plus de projets m’intéressant mais il y en a d'autres:

Kick Starter est anglo-saxonne

Ulule européenne

Kiss Kiss Bank Bank est française.

Le principe de fonctionnement est similaire. Faire simplement attention de bien lire le projet du souscripteur, qui s'il est sérieux détaillera son ambition, la répartition du financement (à quoi il doit lui servir, combien revient à qui: imprimeur, commission du site,..etc), les délais et conditions de livraison, les contreparties offertes. Il vous informera régulièrement de l'avancée du projet, coté financement et coté réalisation du produit..

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Vernes Henry: 1 jour 1 auteur article 8

Vernes Henry: 1 jour 1 auteur article 8

Après avoir écumé les bibliothèques de mes parents et des voisins, acheté quelques livres chez le libraire, je me suis inscrit à la bibliothèque municipale et j'y ai découvert tout un rayonnage de la collection Marabout consacré à "l'aventurier de tous les temps" (comme le définira bien plus tard le groupe Indochine): Bob Morane

Charles-Henri Dewisme dit Henri Vernes est un romancier belge né le 16 octobre 1918

Durant la seconde guerre mondiale, il se joint à la résistance. C'est aussi pendant la guerre qu'il publie, sous son vrai nom, un premier roman, intitulé La Porte ouverte. Un deuxième roman, La Belle Nuit pour un homme mort, suit en 1949. Au cours des années 1950, alors qu'il est journaliste pigiste, Dewisme se voit recommandé au directeur de la maison d'édition Marabout, Jean-Jacques Schellens, qui veut lancer une nouvelle collection pour la jeunesse. C'est ainsi que nait la série des Bob Morane. Le premier livre de la série, La Vallée infernale est publié en 1952 et connait le succès. C'est le début d'un cycle qui s'étalera sur plus de 200 romans ou nouvelles.

Henri Vernes a aussi écrit d'autres romans et de nombreux articles en tant que journaliste sous divers pseudonymes, comme Jacques Colombo (la série pour adultes DON), Cal W. Bogar, Gaston Bogard, Robert Davids, Duchess Holiday, C. Reynes, Jacques Seyr, Lew Shannon, Ray Stevens, ainsi que sous son véritable nom. En 2012, il publie son autobiographie, Mémoires

Avec ses Bob Morane dont je n'ai pas lu l'intégrale mais en tout cas l'intégralité du stock détenu par la bibliothèque, j'ai voyagé en Afrique, sur et sous l'océan (jusqu'à l'Atlantide engloutie), dans l'espace, dans le temps et dans d'autres dimensions (Ananké). J'ai appris plein de choses: comment survivre en mélangeant eau salée et eau douce, en étant piqué par une flèche au curare, que la plupart des scorpions ne sont pas dangereux pour l'homme...etc

Bob Morane est l’aventurier typique des années 50, d'autant plus dans une collection jeunesse. Un homme sans peur et sans reproche triomphant du mal à la fin. Mais il reste un héros intéressant à découvrir aujourd'hui pour les jeunes pré-ado. Vernes a aussi utilisé des concepts ou personnages d'autres écrivain: Jean Ray dans le domaine du fantastique (un compatriote Belge) et Poul Anderson avec sa "patrouille du temps" qui va recruter Bob Bill et Sophia

Pour ceux qui ne connaitraient pas cet aventurier, tout d'abord savoir que la chanson du groupe Indochine reprend les titres des romans (à peu près): Prisonnier dans la valée infernale, le héros s'appelle Bob Morane [..] on a volé le collier de shiva, le maharadja en répondra [..] Flanque la terreur à Manicouagan...

Sinon voici les personnages récurrents et emblématiques de la série:

Robert « Bob » Morane
Français au visage osseux, aux cheveux coupés en brosse et aux yeux gris, à la carrure athlétique, né un 16 octobre comme Henri Vernes, Morane est éternellement âgé de trente-trois ans. Orphelin de père et de mère, il a été élevé en Bretagne par une vieille tante. Il est un héros de la bataille d'Angleterre, pilote de Spitfire et ancien Flying Commander — un grade imaginaire — de la RAF.  Bob Morane est ainsi le pilote le plus décoré de France avec 53 victoires aériennes.
Polytechnicien, ingénieur et officier en disponibilité de l'armée de l'air française, il est nyctalope. Sa curiosité et son sens de la justice lui font parcourir le monde. Reporter-photographe occasionnel au magazine Reflets, il connaît énormément de langues ; ainsi que diverses techniques de combat en corps à corps : savate, karaté, judo, jiu-jitsu. Expert dans le maniement d'un grand nombre d'armes il . Il a noué des relations dans différents services secrets : aux États-Unis, avec le chef de la CIA Herbert Gains ; avec Sir Archibald Baywater de Scotland Yard en Grande-Bretagne ; avec le lieutenant Gros-Jean à la Police montée canadienne ; avec le colonel Jouvert au 5e Bureau de France ; et avec Sheela Khan, chef de la police de Calcutta et des services secrets en Inde.
Malgré son énergie et son goût de l'aventure, Bob Morane connaît parfois des moments d'embarras ou d'incertitude, qui le poussent irrésistiblement à se passer la main dans ses cheveux en brosse. Il aime également faire alterner les périodes d'intense activité et de flemmardise, qu'il passe en pantoufles à lire dans son appartement du quai Voltaire à Paris, au milieu de ses collections d'objets rares ou curieux, souvenirs d'anciennes aventures.
Bob Morane cultive aussi un certain nombre d'amitiés féminines. Les plus importantes sont celles qu'il entretient avec la journaliste au Chronicle de Londres Sophia Paramount, avec Tania Orloff, nièce de l'Ombre Jaune, ainsi qu'avec la mystérieuse et capiteuse Miss Ylang-Ylang, cheftaine omnipotente de la terrible Organisation Smog. Si la totalité de ces relations sont tendres ou condescendantes (d'où son irrépressible habitude d'appeler toutes les jeunes filles qu'il rencontre « petite fille ») et toujours intégralement chastes, elles laissent deviner le goût de Morane pour le sexe féminin. Le grand amour romantique de sa vie est Tania Orloff, la nièce de l’Ombre Jaune, qui fait d’eux une sorte de couple à la Roméo et Juliette à jamais séparé par l’oncle de cette dernière auquel tous deux sont opposés, mais que la nièce respecte.
Outre son appartement quai Voltaire à Paris, il possède un vieux monastère en Dordogne, un très grand terrain, un vieux cimetière en Bretagne et un domaine secret au Pérou au bord d'un magnifique lac bleu. Il a une Jaguar type E qu'il pilote toujours à tombeau ouvert avec une expertise consommée et une petite Peugeot 204 cabriolet. Nous le retrouvons également régulièrement au volant d'une Chevrolet Corvette C4.


Ballantine, William (dit Bill)
Écossais descendant direct du Clan des McGuiliguidy, roux de 2 mètres et de 34 ans, aux mains grosses comme des roues de brouettes, aux poings de la taille d'une tête d'enfant, il est doté d'une force colossale. Patriote, il boit volontiers du whisky (Zat 77 de préférence).
Superstitieux, il possède un château ancestral et un élevage de poulets en Écosse mais celui-ci ne l'occupe que partiellement car il est le compagnon numéro 1 de Morane. Il ponctue ses phrases d'argot et surnomme son illustre compagnon « Commandant » en référence aux états de service de Bob Morane dans la RAF durant la Seconde Guerre mondiale. Morane le rectifie avec une note d’humour par un : «  Tu sais bien que la guerre est finie et que je ne commande plus rien du tout », phrase à laquelle Bill Ballantine répond invariablement par : « Je sais, Commandant ». Il affectionne particulièrement les steaks pommes-frites et les hot-dogs. Il connaît bien ses classiques et siffle comme un maître. Bill Ballantine a rencontré Morane alors qu'il était son mécanicien à l'époque où celui-ci pilotait en Nouvelle-Guinée après la guerre. Il est lui-même un pilote aguerri et expert mécanicien. Comme Bob Morane, il est passionné de belles voitures et entretient une Ford Mustang qu'il a préparée pour augmenter ses performances.
Bill Ballantine serait né un 3 avril 5 dans une distillerie d'Édimbourg.


L'Ombre Jaune
C'est un des ennemis les plus réguliers de Bob Morane et un véritable génie du mal. Il est décrit ainsi par un personnage:
« — Ming ! fit-il d'une voix tremblante. Un Tibétain de haute taille — ou un Mongol, on ne sait exactement —, avec un visage de lune et de terribles yeux jaunes, brillant comme s'ils étaient de l'or poli et qui semblent ne pas appartenir à un être humain. Avec cela, une voix douce comme le ronronnement du tigre. (...) Ming, c'est Satan personnifié. Il en a l'intelligence prodigieuse, et aussi la science de toutes choses, acquise on ne sait de quelle façon. Cette science, non seulement théorique mais aussi pratique, est tellement vaste qu'il semble qu'une seule vie humaine ne suffirait pas à l'emmagasiner. De là ce bruit qui court selon lequel Ming aurait vécu plusieurs vies. On dit même qu'il serait le dernier empereur mongol qui, ayant trouvé le moyen de prolonger son existence, aurait survécu jusqu'à nos jours, d'où son nom de Ming, qui est celui de la célèbre dynastie qui régna sur la Chine de 1368 à 1644. »
Il emploi en autre plusieurs bandes d'assassins pour excécuter ses basses besognes:


    Les dacoïts sont, en Inde, des bandes armées organisées de brigands formées, la plupart du temps, par des paysans dépossédés de leur terre ou des hors-castes (intouchables). Les dacoïts attaquent les trains, parfois les voyageurs en automobile, et livrent de véritables batailles rangées contre les forces de police ou l'armée appelée pour les réduire. Chez Vernes ils sont des tueurs armés de couteau au service de Mr Ming.
    Les Thugs,  constituaient une confrérie d’assassins professionnels et adorateurs de Kâlî. Active en Inde du XIIIe au XIXe siècles, la confrérie serait apparue sous le règne de Jalâl ud-Dîn Fîrûz Khaljî. Le sultan de Delhi l'aurait combattue et aurait déporté un millier de Thugs à Gaur au Bengale, où la secte aurait continué ses exactions de façon discrète, puis aurait retrouvé une visibilité comme force occulte anti-coloniale. On les appelait parfois Phansigar, c'est-à-dire « utilisateurs de nœud coulant », un terme plutôt utilisé dans le sud de l'Inde. On pense qu’il s’agissait d’un culte héréditaire, dont les sectateurs étaient hindous et qui pratiquaient le vol et le meurtre par strangulation, à grande échelle, sur les voyageurs. L’appartenance à la secte se transmettait de père en fils, les femmes des familles ignorant tout de l'activité des hommes.
    Une tribue de pygmées armés de fléchettes au curare


Miss Ylang-Ylang
Elle est l'adversaire de Bob Morane dans Terreur à la Manicouagan, 71e roman de la série ; elle le vainc lors de leur première rencontre.
Miss Ylang-Ylang est décrite comme une femme    « au visage à l'ovale et aux traits parfaits, qu'éclairaient de longs yeux bridés d'eurasienne. Leur fixité indiquaient une volonté de fer, et aussi de la cruauté. Le nez était fin, délicatement ouvré, et la bouche d'un dessin parfaitement achevé. La matité crémeuse de la peau était encore mise en valeur par les cheveux noirs et brillants, ramenés en arrière et noués en chignon sur la nuque. Elle portait un ensemble de soie noire, pantalon et blouse à la chinoise ajustés. Des sandales dorées la chaussaient. Dans la main droite, elle tenait une paire de longs gants de fine peau, noire également, dont elle s'éventait négligemment, car la chaleur des torches ajoutait encore à la moiteur oppressante de la nuit tropicale. Dans la nouvelle venue, les deux captifs avaient reconnu aussitôt Miss Ylang-Ylang, le chef incontesté de l'organisation Smog. Personne, sauf elle peut-être, ne connaissait son véritable nom et on l'avait surnommée ainsi à cause de son parfum favori, dont elle usait souvent sans modération. »
Elle est le chef du SMOG, une organisation internationale de mercenaires et de bandits.
Miss Ylang-Ylang est fascinée par le commandant Morane, ce qui lui vaudra quelques ennuis avec un des méchants de la série, Roman Orgonetz, entré au service du SMOG. Cependant, il s'opposera résolument à sa patronne, car il tient à éliminer Bob Morane, perspective à laquelle Miss Ylang-Ylang ne se résoudra jamais.
Réciproquement, Bob Morane est secrètement attiré, si ce n'est amoureux, de la belle Eurasienne.


Roman Orgonetz
Roman Orgonetz est un personnage de la série Bob Morane, ainsi décrit dans Les Mangeurs d'atomes : « un visage d'une laideur repoussante, ayant la couleur et la consistance de la gélatine, avec un nez énorme, pareil à une grosse limace rose, des yeux globuleux et glauques, inexpressifs, et une bouche lippue s'ouvrant sur des dents complètement aurifiées, le tout surmonté d'un crâne chauve et luisant comme une boule de marbre poli ».
Apparu en 1956, Roman Orgonetz reste le plus ancien adversaire de Bob Morane, l'Ombre jaune n'apparaissant qu'en 1959 dans La Couronne de Golconde. Au contraire de Monsieur Ming et de Miss Ylang-Ylang, qui admirent Morane jusqu'à un certain degré, lui ne conçoit que de la haine à son égard et songe à l'éliminer par tous les moyens possibles.
À partir de Terreur à la Manicouagan, Orgonetz devient l'homme à tout faire du Smog, réseau d'espionnage puissant dont l'un des chefs est la redoutable Miss Ylang-Ylang.


Aristide Clairembart
Aristide Clairembart est décrit comme un vieux monsieur à barbiche, passionné d'histoire et d'archéologie. Il apparaît dans plusieurs romans et albums des aventures de Bob Morane. C'est le savant qui accompagne Bob et Bill dans leurs aventures en lien avec l'archeologie


Colonel Graigh
Une quarantaine d’années, capitaine (20/135), ensuite colonel de la “Patrouille du Temps” , il en est le responsable pour le XXème siècle “Une époque qui nous donne bien du fil à retordre, croyez-le...”
Les relations entre Graigh et Bob Morane sont parfois à l'orage. En effet Graigh n'hésite pas trop devant les moyens à employer pour parvenir à ses fins. A plusieurs reprises, il envoi Bob dans des aventures dont il tire les ficelles, sans vraiment l'informer. Ce qui provoque des réactions vives de Bob lorsqu'il apprend la vérité. Mais il faut souligner que Graigh s'arrange toujours pour que Bob et ses compagnons courent le minimum de risques.
Il rencontre Bob Morane pour la première fois alors que celui-ci, avec Bill, Frank Reeves  et le professeur Clairembart  sont perdu à l'ère secondaire suite à la destruction de la machine du professeur Hunter . Il les ramène à leur époque, malgré le règlement de la patrouille. La deuxième rencontre, due elle aussi au hasard a lieu alors que Bob et Bill enquêtent avec Sophia sur une soucoupe volante et ont bien des ennuis avec un Service Secret Soucoupe. Ensuite nous retrouvons Graigh dans "La forteresse de l'Ombre Jaune", première aventure de la série du "Cycle du Temps" . Il propose à Bob, Bill et Sophia de traquer l'Ombre Jaune  à travers l'espace et le Temps pour l'empêcher de nuire après en avoir fait des agents extraordinaires sous le code EX-A-20C*- 1, 2 et 3.
C’est transcrire la règle absolue de non-intervention de la Patrouille du Temps. Il est évident que Graigh dispose d’éléments d’appréciation sur ce que fera Ming  si on ne le contre pas. Et comme Ming, lui-même  utilise le temps, au risque de détruire le continuum espace-temps, il est évident que les hommes du futur sont obligés d’intervenir, ou plutôt de faire intervenir Bob, Bill et Sophia.
S'ensuit une longue série d'aventures, d'orientation science-fiction ou fantastique dans lesquelles Bob, Bill et Sophia poursuivent Ming à travers l'espace et le Temps, aidés dans la mesure du possible par Graigh et la Patrouille du Temps.

Voilà, Bob Morane a connu une adaptation cinéma en 1960 (la pellicule a disparu dans un incendie donc le film n'existe plus). Une série TV en 1963:

des jeux vidéo dans les années 80:

et une version en dessin animé en 1998:

Bob Morane est aussi une série de bande dessinée belge créée par Henri Vernes (scénario) et Dino Attanasio (dessinateur), publiée à partir du 21 mai 1959 dans l'hebdomadaire belge Femmes d’Aujourd'hui et éditée en album de 1960 à 2012 par les Éditions Marabout, puis Dargaud, Le Lombard, Michel Deligne et Claude Lefrancq.

Elle a été poursuivie au dessin par Gérald Forton,

William Vance et Coria.

Une tentative de relancer la série en la modernisant sous le titre Bob Morane - Renaissance a été initiée entre 2015 et 2016, sur un scénario original de Luc Brunschwig et Aurélien Ducoudray et un dessin de Dimitri Armand:

La renaissance m'a plus, reprenant les fondamentaux en complexifiant l'histoire et en repensant un peu les personnages... Vernes en fut mécontent, l'éditeur ne renouvela pas le contrat avec le scénariste et le dessinateur. Un nouvel auteur fut chargé de mettre une suite en production mais le troisième album prevu en 2018 n'est pas sorti.

Un projet de film par Christophe Gans en 2001 a été abandonné...dommage.

Henri Vernes est centenaire et encore vivant, il a légitimement à cœur de veiller sur son personnage, il sera je pense compliqué de le faire évoluer ou de l'adapter... c'est bien car je ne suis pas pour les remake ou la poursuite commerciale des succès d'édition, mais c'est aussi dommage car ce personnage a marqué beaucoup de lecteurs de ma génération et compte de nombreux fans.

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Goosens: Sacré comique

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BD reçue dans le cadre de l'opération MASSE CRITIQUE organisée par le site BABELIO en partenariat avec l'éditeur. Merci à eux.

L'histoire : Quand George entre dans son bureau, Louis est dépité. En effet, lui, qui depuis longtemps, voulait raconter la vie de Jésus, vient de s’apercevoir que c’était déjà fait, à travers un bouquin appelé « la Bible ». En plus, ça veut rien dire, ce titre à la con. Nonobstant, George lui laisse entrevoir une autre perspective : cela a certes déjà été écrit « en roman », mais ça n’a jamais été fait en bédé ! Louis peut se coucher rassuré. Dès le lendemain, Louis rencontre donc Moïse en BD, et il est le relai entre lui et Dieu : tous trois se passent dès lors les tables de la loi, depuis le nuage divin jusque sur Terre, exactement comme les pompiers du far-west se passent les seaux d’eau pour éteindre un incendie. Et puis tout en marchant à travers le désert aux côtés de Moïse, Louis lui explique son projet. Car il s’agit d’être pragmatique pour insuffler la lumière ! Il est nécessaire d’aller à l’essentiel, par exemple avec des assiettes collées au mur, comme chez mémé, mais en moins gnangnan ! Et tout commence par les ancêtres, qui n’étaient pas, comme on l’a trop souvent dit, les gaulois, mais Adam et Eve. Ces deux là vivaient alors au paradis, le territoire de la vraie aventure, où ils enchainaient rafting et parcours d’accro-branches… Et puis le coup de la pomme est arrivé, mais c’était quand même vachement pernicieux, vu qu’à cette époque, il n’y avait aucune législation précise et qu’il y avait des tas de magasins de pommes.

Mon avis:

Auteur: Goosens, éditions: Fluide Glacial... le décor est posé, le contenu sera donc satirique. Et on n'est pas trompé sur la marchandise puisque ce recueil de plusieurs scènes (de quelques pages chacune) de BD vont revenir sur quelques événements connus de la Bible pour les parodier.
L'auteur prévient: "Avertissement : Ce livre n'est pas saint mais il a été comiquetifié. Rappelons aussi que nous condamnons sévèrement les comiques qui tuent sous le simple prétexte qu'un gag a été offensant"; voilà l'esprit du texte, ici référence aux kamikazes extrémistes, mais aussi ailleurs à l'accident de Lady Di ou autres références modernes.
A déconseiller aux intégristes ou quiconque ne supportant pas la dérision sur sa religion, mais l'humour n'est pas outrancier, il y a quelques belles réflexions et au final pas mal de sourire à la lecture de ces planches.
En fin de volume, du texte (parsemé de quelques dessins tout de même) expliquant les inspirations et réflexions de l'auteur l'ayant conduit à produire ce travail sacré ET comique.
Pour les lecteurs (et amateurs) de l'esprit fluide glacial, servi par un dessin certes caricaturant mais tout de même travaillé

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