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Camsell Don: En eaux troubles

Camsell Don: En eaux troubles

l'histoire: On les appelle les hommes en noir. En plongée, on ne les voit pas, on ne les entend pas. C’est leur furtivité qui fait leur force. Ce sont les soldats d’élite du Spécial Boat Service, l’unité d’élite de l’armée britannique spécialisée dans les opérations commandos en mer. Au cours de ses années en eaux troubles, Don Camsell a combattu sur tous les théâtres d’opération du globe, des déserts d’Oman aux collines de Port Stanley, du port de Gibraltar aux eaux noires des lochs écossais, de l’Irlande à l’Irak. Dans ce témoignage unique, Don raconte de l’intérieur la vie de cette unité qu’il a longtemps commandée. Il nous fait découvrir le quotidien de ces soldats triés sur le volet, dont la seule évocation fait frémir l’ennemi... Un témoignage exceptionnel sur une unité d’élite.

Mon avis: Le quatrième de couverture est clair: il s'agit du témoignage d'un ancien SBS qui va nous parler de son unité et de certaines opérations qu'il a mené au sein de ce service, équivalent maritime des plus connus SAS. Comme il est souvent de coutume dans ces ouvrages, l'auteur va nous expliquer que le SAS est un peu trop prétentieux et un peu moins efficace. 

Le récit de Camsell reprend des opérations datant des années 70 et 80, il date donc un peu. Pour avoir lu d'autres ouvrage sur ce service (par exemple celui de Duncan Falconer https://leslivresdemavie.over-blog.fr/article-33235502.html ) j'ai retrouvé des histoires, des incidents de plongée en sous marin...etc.

Mais contrairement aux autres livres écrits par d'anciens soldats des différentes forces spéciales, que celui là est mal écrit…

Autant le fond est intéressant, autant la forme est mauvaise, rendant le récit difficile à lire et à comprendre parfois, sans aucune transition, en résumant trop certains passages… 

A réserver aux amateurs qui voudraient en savoir plus sur les opérations passées du SBS

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Pépin Laurent: Monstrueuse féérie

Pépin Laurent: Monstrueuse féérie

L'histoire: 

Depuis toujours, j'ai du mal à établir des contacts avec les gens "normaux". Quand je suis dans le trou noir, la tronche à l'envers, avec l'envie d'engueuler le vent et les oiseaux, je me dis parfois que ce sont des modèles en série, des ersatz, des brumes floues, sans consistance.

Alors que les bizarres, c'est plus noble. Eux, ce sont des modèles uniques qui sont nés sans mode d'emploi et en kit et qui ont dû se fabriquer seuls. Alors, bien sûr, ça donne des constructions très personnelles. Les idées ne sont pas au bon endroit, ou bien elles sont morcelées ou trop vastes, sans limites. Et parfois, il manque des pièces. C'est le problème des trucs en kit.

Je suis devenu psychologue et je travaille dans ce centre.
Souvent mon boulanger me demande si ce n'est pas trop dur de travailler avec les "fous". Moi j'ai envie de lui répondre que ce qui est vraiment dur, c'est plutôt ce genre de dialogue, mais je me tais.

Et je ne peux pas répondre que parmi les monuments, on peut trouver des elfes.
 

Mon avis: Novella d'une centaine de page, publiée par Flatland éditeur. L'auteur est psychologue clinicien de profession, autant dire qu'il connait le sujet dont il est question. Mais ce n'est pas vraiment du coté du psy qu'il l'aborde, puisque le narrateur est le "fou". Tout ce qui est raconté l'est au travers de sa perception bien particulière de notre monde, avec des elfes, des monstres

Du fait de ce parti-pris le récit est étrange. Il est aussi en deux temporalités: le passé, l'enfance, écrit en itallique, racontant la relation du narrateur avec ses parents; Et le présent, sa relation avec une Elfe et les autres entités qui croisent sa vie.

Par contre, pas d'explication, il faut se laisser porter par le récit et essayer soi-même de deviner ce qui peut se cacher derrière la vision particulière du narrateur. Sa propre perception de sa situation étant sujette à caution, est-il seulement comme il le dit psychologue dans ce centre, ou l'un des patients?

Je m'attendais à une fin un peu différente où l'auteur aurait remis le personnage dans la réalité, permettant au lecteur de vérifier si ses hypothèses étaient exactes: L'Elfe est-elle réelle? les autres personnages qu'il évoque sont ils des soignants du centre ou d'autres patients?...

Non, il faut rester avec son interprétation. Pourquoi pas, même si moi cela me frustre un peu. C'est aussi un parti-pris acceptable.

Concernant le style, il est à mon avis parfaitement adapté au récit: la lecture est agréable et les descriptions oniriques sont évocatrices. Des références littéraires parsèment aussi le texte: des poèmes mais aussi Harry Potter… Mais le thème est lourd, noir. On devine l'enfance traumatique (quelle que soit la réalité, elle l'a été) qui a détruit le cerveau du narrateur, le plongeant dans ses troubles du présent.

Un texte qui se lit rapidement (et même d'une traite au vu de sa longueur modérée) et pousse aussi à réfléchir sur ce qu'on appelle "la folie" et sur les patients atteins de ces pathologies. Mais un texte qui ne fera sans doute pas l'unanimité du fait de son contenu. En tout cas une façon de traiter du sujet que je n'avais encore jamais lu.

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Blakeley David: Pathfinder

Blakeley David: Pathfinder

L'histoire: C'est l'une des plus petites unités d'élite britanniques. Un commando ultra-secret qui intervient quand même les SAS ne peuvent pas faire face. Leur nom : Pathfinder. Leur manière d'intervenir : sauter en parachute à très haute altitude pour s'infiltrer derrière les lignes ennemies. Ils sont invisibles et leurs missions sont toutes d'une importance vitale. Dans ce témoignage, le capitaine David Blakeley, ancien numéro 2 des Pathfinders, nous fait entrer dans l'intimité de cette unité. Il relate leurs missions les plus délicates, notamment en Irak, où avec neuf hommes, abandonnés de tous, ils ont changé le cours de la guerre. Ce livre est le seul témoignage sur cette unité d'élite qui compte seulement 45 hommes surentraînés, un document passionnant et unique sur les opérations commando...

Mon avis: Récit d'un ancien combattant. David Blakeley a été chef d'unité des Pathfinder, unité de reconnaissance avancée de l'armée britannique. Spécialisés en parachutage à haute altitude, mais pas seulement, leur boulot est de s'infiltrer derrière les lignes ennemies pour du renseignement ou sécuriser des zones d'atterrissage.

Si l'auteur nous détaille un peu les missions et le fonctionnement de cette petite (45 hommes) unité, la majeure partie du titre va nous emmener dans une opération de reconnaissance lors de la guerre du Golfe, en Irak. Au volant de 2 Land Rover armées, ils vont partir pour une reconnaissance en zone peu hostile selon les renseignements. Très vite, ils vont trouver plusieurs bataillons ennemis qui vont les traquer, les obligeant à se replier sans aucun soutien. 

Ce livre n'est pas un ouvrage détaillant les entrainements et autres sélection de l'unité (l'auteur a écrit un autre livre sur le sujet). Pour ceux qui ont lu Bravo Two zéro d'Andy McNab, on retrouve le coté "fauché" des unités spéciales britanniques obligées de récupérer du matériel chez leurs alliés US et "faire sans" des équipements qui auraient pu leur sauver la vie... On y touche aussi du doigt les choix politiques qui entrainent des erreurs de traitement payés par les hommes sur le terrain (ici le choix de ne pas les envoyer en parachute mais via les routes) 

Et cette fois encore, on comprend que l'exigence de ces unités exclue de leurs rangs de bons soldats à la moindre baisse de forme physique.

Ce n'est pas le meilleur livre sur ce thème, mais il permet de découvrir cette unité méconnue

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Del Socorro Jean-Laurent: Du Roi je serai l'assassin

Del Socorro Jean-Laurent: Du Roi je serai l'assassin

L'histoire:

Espagne, Andalousie, XVIe siècle. La Reconquista est terminée. Charles Quint règne sur une Espagne réunifiée et catholique.

Sinan est un enfant qui vit avec sa sœur jumelle, Rufaida à Grenade. Musulmans convertis par nécessité à la religion catholique, sa famille les envoie à Montpellier pour échapper à une Inquisition toujours plus féroce. Là-bas ils tomberont dans une France embrasée par les guerres de religion...

Mélangeant récit historique et fantasy, Jean-Laurent Del Socorro nous offre une nouvelle fois un grand roman, dans le sillage de Royaume de Vent et de colères avec l'un de ses personnages dans le rôle clef.

 

Mon avis: Ce roman est une sorte de suite en forme de préquel à Royaume de vent et de colère du même auteur. Dans ce premier opus, l’un des personnages marquant à défaut d’être l’un des principaux protagonistes suivis, est Silas, dit « le turc », un assassin.
Cette histoire commence comme une suite, Silas est devenu un assassin accompli,. Alors qu'il converse avec un garde sur les hauteurs de Marseille en mars 1569, lui vient l'envie de lui raconter son histoire, depuis sa plus tendre enfance. C'est à Grenade, en Andalousie, en 1540, que débute le récit de celui qui s'appelle alors Sinan, ainsi que de sa grande sœur et jumelle Rufaida et sa petite sœur Sahar. 
Comme Royaume de vent et de colère contait en arrière-plan l’histoire des guerres de religions françaises, Du roi je serai l’assassin, s’inscrit dans un contexte historique espagnol pour commencer : la conquête des catholiques sur les musulmans, la construction d’églises sur les monuments morisques détruits.
Silas va grandir avec un père violent et une préceptrice qui l’initiera aux mystères de la pierre magique citée dans le premier roman : L’Artbon. Après une enfance difficile, Silas et sa jumelle iront poursuivre leurs études à l’université de Montpellier où ils découvriront cette fois les affrontements entre les églises catholique et protestantes..
Ce roman est donc avant tout le récit de la première partie de vie de Silas, son évolution d’enfant à adulte qui le mènera plus tard à ce métier d’assassin dans lequel nous l’avons découvert.
La structure du récit reste similaire au premier opus : de courts chapitres écrits à la première personne. De lecture agréable et une trame assez prenante pour pousser le lecteur à découvrir les turpitudes du personnage suivi.
Au travers de la vie de Silas et de sa sœur jumelle, nous (re)découvriront une page de l’histoire de France et d’Espagne, les mœurs d’une autre époque où une femme ne pouvait devenir médecin, où le médecin n’opérait pas (c’était alors le barbier qui s’en chargeait), On y effleure le sujet de l’homosexualité, de l’inceste (consenti), de la violence conjugale et domestique.
Dans la dernière partie, l’auteur change de perspective : cette fois c’est un autre des personnages « secondaires » de Royaume de vents et de colère qui prend la plume pour achever le récit..
Et ce n’est qu’à la toute fin que le titre du roman s’explicitera vraiment…
Pour moi encore un bon moment de lecture, plaisant et instructif sur cette époque. Une deuxième lecture de l’auteur tout aussi satisfaisante.

 

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