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Arfeuillère Florian: Corrèze-près-Bordeaux (les pionniers du négoce du vin originaires de Meymac)

Reçu dans le cadre de l'opération MASSE CRITIQUE du site BABELIO en partenariat avec l'éditeur LA GESTE

L'histoire: XXIe siècle : la Corrèze règne avec discrétion sur une part importante du vignoble bordelais. À la fin du xixe siècle, les vins de Bordeaux sont déjà la vitrine de l excellence de la production française. Corrèze-près-Bordeaux raconte l épopée des négociants de vin, descendus des plateaux limousins pour conquérir un Bordeaux florissant, en vendant ses vins en Belgique. Au fil des pages, Corrèze-près-Bordeaux se boit sans modération, distillant avec humour et amour des aventures ayant pour toile de fond le vin, son histoire, sa dégustation et les idées les plus farfelues pour promouvoir sa vente.

Mon avis: Tout d'abord il faut bien le préciser, ceci est un roman avec des personnages fictifs incarnant avec plus ou moins de précision les réels habitants de Meymac ou de ses environs corrèziens devenus marchands de vin de Bordeaux en territoire Belge au XIXème siècle et qui inventèrent l'appelation "Meymac-près Bordeaux" pour rebaptiser la ville de Meymac proche de 300km des vignes bordelaises.

Le roman met en scène un grand père corrèzien qui va raconter l'histoire des premiers marchants corrèziens à sa petite fille de 19 ans. Dans l'ensemble l'idée est bonne, le récit rappelle les veillèes d'antan au coin du feu dans le "cantou" (le renfoncement autour des cheminèes corrèziennes dans lesquelles on mettait un banc pour rester au chaud près du feu, où on mangeait des chataignes grillèes en racontant des histoires les soirs d'hiver).

Les métiers d'antan (les scieurs de long, les gabariers) sont évoqués. La "culture" du ramassage des cèpes, la vie rudes des petits fermiers du plateau de Millevaches sont aussi décrites. De ce point de vue là, aucune critique, c'est bien présenté, bien expliqué.

Dommage que l'écriture n'aille pas dans la logique du récit. On nous présente un grand père racontant une histoire à sa petite-fille et en fait le récit reste classique, comme un roman ordinaire, pas de commentaire du grand père, rien qui évoque un récit oral fait à un tiers. Pire, l'auteur glisse ici ou là une réflexion (sans doute la sienne) sur des événements actuels, des choses disparues..etc, ce qu'il aurait pu présenter comme une digression du grand père dans le récit. Et bien non, c'est un simple paragraphe inséré dans le récit classique.

Une déception donc sur la mise en forme de l'histoire.

Sur le fond, c'est une histoire simple, très descriptive avec des personnages peu attachants car plutot classiques. Ce n'est pas désagréable, mais pas enthousiasmant non plus.

Enfin la conclusion sur la descendance de Jean m'a décontenancé car il ne me semble pas que le récit de la conception de cet enfant ait été donné dans le livre (sauf oubli de ma part) et on tombe des nues au récit de la mère en fin de roman...

En conclusion: un roman plutot de style "roman régional" qui évoque parfaitement la région, son histoire et le vin. Mais un style moyen qui n'apporte pas d'enthousiasme à la lecture.

Et, pour ma part, je pense qu'une postface donnant la réalité historique (même si elle est un peu entachée de légende) du premier corrèzien vendeur de vin aurait été bienvenue.

Ce que je fait ici en chroniqueur voisin (ma grand mère était native de St-Angel voisine de Meymac):

Tout commence en 1865-1866 lorsque le Meymacois Jean Gaye-Bordas dit « barlet » (petit tonneau) eut l'idée de vendre des vins à domicile en Belgique et dans le nord de la France. Comme tous les jeunes paysans du Limousin, il avait fait face à de nombreuses difficultés. En effet, à cette époque, les hommes migraient une partie de l'année et pratiquaient des métiers saisonniers. Jean Gaye-Bordas ne savait ni lire ni écrire mais il avait l’esprit vif. II devint tour à tour colporteur, marchand de parapluies, chiffonnier et se retrouva à Bordeaux où il vendait les lampes à pétrole du milliardaire Rockefeller. Il remarqua qu’un greffier de la région envoyait du vin à un de ses frères à Lille. Il saisit alors l’opportunité de vendre du vin de Bordeaux sous I’étiquette « Meymac-près-Bordeaux » : en même temps qu’il plaçait ses lampes en suivant les vendeurs de toile qui remontaient vers le nord, il en profitait pour vendre son vin. Le succès fut immédiat..

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