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litterature generale

Almendros Frédéric: Le chien thérapeute

Almendros Frédéric: Le chien thérapeute

Reçu dans le cadre de l'opération MASSE CRITIQUE du site BABELIO en partenariat avec l'éditeur FAVRE. Merci à eux pour cette découverte

L'histoire: LOL est le premier chien CAT de France : chien d'assistance du tribunal. Inspiré sur un modèle américain, il est présent aux côtés des victimes judiciaires pour les accompagner dans leurs démarches et au tribunal. Grâce à la C.A.V.E CANEM (la Convention d'Accompagnement des Victimes et de l'Enfance par le Chien), cette pratique, développée par le procureur de Cahors et en partenariat avec Handi'chiens, a été rendue possible. LOL apporte un véritable soutien aux victimes pour leur permettre de traverser leurs traumatismes.

Il a fallu beaucoup de démarches administratives et se battre pour trouver un endroit qui héberge LOL avant que, enfin, il puisse accompagner une première victime. Un parcours long, mais rempli d'espoir qui nous est raconté dans un livre écrit à la première personne, du point de vue de LOL, grâce à la plume du procureur de Cahors qui l'a accompagné tout au long de son histoire.

 

Mon avis: Parfois on se retrouve face à des coïncidences, ce fut le cas en recevant ce livre car il se déroule dans le Lot, département où ma vie professionnelle m'a fait résider quelques années et le sujet principal est un Labrador,  race de chien dont j'ai eu la chance de partager la vie à deux reprise de mon enfance à l'âge adulte.

Mais outre la gentillesse de ces chiens et leur intelligence qui en font d'excellent chiens d'assistance dans le cadre du handicap, j'ignorais qu'ils pouvaient aussi apporter leur aide dans un domaine judiciaire différent des activités de police. Je l'ignorais et ce n'est pas étonnant, car à ce jour Lol (c'est le nom du chien) est unique en son genre...en France! Car cette utilisation d'un chien comme assistance aux personnes dans leur parcours judiciaire est une innovation américaine.

Prenant la plume sous le pseudo de lol, Frédéric Almendros, procureur de la république à Cahors, va nous expliquer en quoi consiste le travail de ce joli labrador noir qui nous regarde en couverture du livre. Un récit qui commence par l'idée américaine qu'il veut importer en France dans sa juridiction, les difficultés auxquelles il faut faire face avant que l'expérimentation ne commence, les réticences. Tout cela ne prend qu'une trentaine de pages à peine. Tout est clairement dit de façon simple que tout un chacun comprendra même sans rien connaître au système judiciaire ou à son administration.

Puis page 47, Lol nous raconte sa première intervention. Je ne sais pas si c'est de lire et d'imaginer les actes de cet animal - et de me rappeler des moments partagés avec nos 2 labradors défunts - ou de deviner les tourments de la petite fille de 5 ans que Lol va aider, mais ces quelques pages furent d'une lecture émouvante. Les cas sont durs avec des agressions sexuelles sur enfants et des violences sur personnes âgées, mais ils sont simplement évoqués avec très peu de détails. Ce qui est décrit c'est le mal être des victimes traumatisées, mutiques, craintives et le travail du chien qui leur apporte de l'assurance et un soutien tout au long des auditions et des procès. Le chien (puisque c'est lui qui est censé nous parler) décrit juste la manière dont on le tient, dont il se tient, la pression d'une main sur son crane. C'est peu et c'est suffisant pour comprendre et imaginer combien la simple présence de l'animal peut tout changer pour une victime.

Plus largement, l'auteur explique que les accusés aussi pourraient être aidés, apaisés par la présence de ces chiens formés. Que les enquêteurs pourraient voir le poids des auditions s'alléger quand elles sont partagées avec l'animal et pas sur leurs seules épaules.

Il est aussi évoqué les conséquences d'un tel programme: où loger l'animal, qui prend en charge ses frais vétérinaires, sa nourriture. Le procureur a même la clairvoyance de dire que l'expérience lotoise ne peut pas forcément se reproduire à l'identique sur tout le territoire.

Mais une chose demeure de l'avis de presque tous, magistrats, avocats, enquêteurs, victimes, la présence de Lol est un plus. Pour certains sa présence a même été indispensable.

Une expérimentation commencée sous le ministère de Nicole Belloubet, depuis remplacée par un ancien Avocat, Eric Dupont Moretti qui avait échangé avec le procureur juste avant les débuts de Lol et s'était intéressé à cette expérience… Après un bilan positif, on peut espérer que ce programme soit étendu à d'autres juridictions.

Un livre témoignage très intéressant donc, qui démontre encore l'extraordinaire talent des chiens pour aider les humains. Il intéressera tout le monde je pense, pas seulement les amoureux des chiens. Un livre vite lu car faisant moins de 150 pages écrites dans une police confortable, tronçonné en chapitres de quelques pages.

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Gillet Patrick: Le jardin de sable

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Reçu dans le cadre de l'opération MASSE CRITIQUE en partenariat avec BABELIO et l'éditeur

L'histoire: L'’École Rinzai est l'’une des trois écoles du bouddhisme Zen japonais : nous allons plonger dans ses mystères en suivant le moine jardinier Koseki. Ce livre est aussi une plaidoirie pour le sable : ressource non renouvelable. Au centre, trois pierres noires, dont une dressée. Autour, un peu de mousse, quelques bambous et un pin, des cercles de sable ratissé, blanc… Chaque jour, Koseki ratisse le jardin Zen d’un sanctuaire. Il mène une vie simple entre son activité et la méditation. Mais l’arrivée d’une jeune femme qui pratique l’ikebana, la Voie des fleurs, va changer les choses...

Mon avis: L'histoire du moine Koseki et de la jeune femme n'est que prétexte et pas très originale en elle même, mais elle permet de divaguer sur bon nombre d'autre sujets, réflexion et enseignements. Comme le précise le quatrième de couverture, notamment, sur la rareté du sable et sur la signification, le symbolisme des jardins de sable caractéristique du Zen japonais. Mais nous aurons aussi plein d'autres renseignements sur d'autres éléments de la culture japonaise et le mouvement Zen Rinzai.

Un petit livre écrit sous une forme évoquant les haïkus, entrecoupé de moments de la vie -plutôt contemplative - du moine Koseki et de celle qui va venir troubler sa vie tranquille: cette femme venue de la ville pour pratiquer l'ikebana.

Ce livre plaira aux amateurs du japon et de sa civilisation. Riche en renseignements sur les origines des symboles et pratiques codifiées comme les jardins, l'ikebana, ...etc. Et on y trouvera également des passages descriptifs assez poétiques de moments ou paysages bien en lien avec la thématique Zen.

Un de ces livres qu'on lira rapidement une fois et dont on pourra reprendre des passages dans le temps pour se replonger dans ces enseignements ou ces descriptions très...zen!
 

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Jean Teulé 1 jour 1 auteur article 30

Jean Teulé 1 jour 1 auteur article 30

J'ai découvert un auteur...à la télévision. Non pas dans une émission littéraire, mais en tant que chroniqueur dans une émission culturelle mais assez populaire malgré tout, sur Antenne 2 , dans les années 90, aux coté du présentateur (ex présentateur du JT) Bernard Rapp.

Jean Teulé y parlait alors plutôt d'art et même du septième art qu'il pratiquait. A ce moment là il n'avait encore jamais écrit de roman.

Revenons un peu sur son parcours:

Jean Teulé, est né le 26 février 1953 à Saint-Lô (Manche). Dans son enfance, ses parents quittent st-Lô et s'installent à Arcueil.
 En CM1, à l'école communale Jules-Ferry, il est le camarade de classe de Jean-Paul Gaultier, qui dessine déjà des costumes. Tous deux resteront en contact avec leur ancienne institutrice, qui a aussi enseigné la lecture à Bernard Fixot.
Il s'oriente vers le dessin, suivant des études à l'école de l'art de la rue Madame (aujourd'hui lycée Maximilien Vox). André Barbe, auteur de bande dessinée alors en vogue, remarque une de ses illustrations chez un libraire d'Arcueil et le fait entrer à L'Écho des savanes.
Entré à L'Écho des savanes au numéro 44 de septembre 1978, Jean Teulé en devient immédiatement un pilier, y apparaissant sans discontinuer jusqu'au numéro 81, et figurant au sommaire du numéro 84, le dernier de la formule historique. Il s'inscrit dans la mouvance des auteurs qui travaillent à partir de photographies retravaillées, tels Jean-Claude Claeys ou les membres du Groupe Bazooka.


À la fin de l'année 1983, Teulé entre à Circus, l'un des mensuels de la maison d'édition, et en reste un collaborateur régulier jusqu'en 1986. De 1984 à 1986, il publie également trois nouveaux albums aux éditions Glénat. Arrivé très rapidement à maturité, Teulé sent poindre le risque du système, et décide de changer d'approche.
En janvier 1986, il publie dans Zéro le premier de ses reportages en bande dessinée où il présente des personnages loufoques, des originaux, à la manière de l'émission Strip-Tease, apparue l'année précédente sur la chaîne de télévision belge RTBF1. Quelques mois plus tard, ces histoires sont publiées dans (A SUIVRE), le mensuel de bande dessinée des éditions Casterman. Cette collaboration cesse en 1989 et débouche sur deux albums, Gens de France en 1988 et Gens d'ailleurs en 1990. Le premier obtient l'Alph-Art du meilleur album français. En 2005, les éditions Ego comme x publient une intégrale augmentée de ces récits.
Jean Teulé reçoit en 1990 au festival d'Angoulême un prix spécial du jury pour « contribution exceptionnelle au renouvellement du genre de la bande dessinée ». Le prenant pour un prix posthume, il abandonne sur le coup la carrière de dessinateur, se lance dans la télévision dans L'Assiette anglaise de Bernard Rapp qui l'a remarqué dans (A SUIVRE) puis Nulle part ailleurs sur Canal.

Élisabeth Gille lui propose son premier contrat pour la maison Julliard, où il publie Rainbow pour Rimbaud (1991). De ces débuts littéraires il explique: " "J'étais à Canal + et une éditrice de chez Julliard m'a dit : 'ça fait des années que je vous entends à la télé et ça fait des années que je me dis qu'en fait, vous êtes un écrivain qui ne le sait pas. Venez, je vous signe un contrat'", Je lui ai demandé combien de pages je devais rédiger à la main pour que cela fasse un livre. Et pendant qu'elle me parlait de tout ça, je voyais qu'elle avait préparé le contrat. Et surtout, je voyais le chèque de 50.000 francs sur la table. C'était un moment où j'avais besoin d'argent. J'ai accepté d'écrire mon premier livre pour le chèque.Pourtant,en prenant le métro pour rentrer chez moi, j'hésite à rebrousser chemin pour expliquer à l'éditrice qu'il s'agit d'un malentendu. Je me suis dit, 'je suis con, maintenant il faut que j'écrive un livre'. J'ai failli faire demi-tour mais comme j'avais besoin d'argent je suis parti avec le chèque et bon sang ça m'a plus d'écrire".

Et il n'a plus arrété, consacrant son temps à l'écriture, publiant un roman par an (ou tous les 2 ans maximum).
Aujourd'hui, dix-sept autres ouvrages portent sa signature:
L'Œil de Pâques (1992), Balade pour un père oublié (1995), Darling (1998) ,Bord cadre (1999), Longues Peines sur une idée de Jean-Marie Gourio, Les Lois de la gravité (2003), Ô Verlaine ! (2004), Je, François Villon (2006), Le Magasin des suicides (2007), Le Montespan (2008), Mangez-le si vous voulez (2009), Charly 9 (2011), Fleur de tonnerre (2013), Heloïse Ouille! (2015) Comme une respiration...(2016),  Entrez dans la danse (2018) et Gare à Lou (2019).

J'ai commencé par Je, François Villon. Cela m'a déjà fait connaitre ce poête qui a inspiré Rimbaud et sa vie...particulière. Cela m'a permis aussi d'aborder le style de Jean Teulé.

J'ai enchainé avec Charly 9, là encore une découverte de la vie du jeune roi Charles IX que je méconnaissais totalement.

Reste dans ma PAL à ce jour Le Montespand sur le méconnu mari de Mme de Montespand, maitresse célèbre du roi, et qui pour défier le souverain fit poser d'énorme cornes sur son carosse afin de revendiquer son statut de "cornu".

C'est là la particularité de Teulé: il prend un personnage historique méconnu, ou un fait divers passé inaperçu (dans Fleur de Tonnerre par ex sur une femme tueur en série) et nous raconte l'histoire à la manière d'un conte un peu burlesque. Je le rapprocherait de Michel Folco (voir article 23 de cette rubrique) pour ce mélange de connaissance et de récit picaresque voire décalé où l'érudition se dissimule derrière l'iconoclasme et la bizarrerie des personnages.

Enfin, concernant l'auteur, fréquentant régulièrement la foire du livre de Brive (dont il présida la 33ème édition en 2014), il est un de ces auteurs agréables et bienveillant avec ses lecteurs venus le voir et faire dédicacer ses derniers livres.

Un auteur à découvrir pour qui ne le connaitrait pas encore.

 

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Michel Folco 1 jour 1 auteur article 23

Michel Folco 1 jour 1 auteur article 23

Il fut un temps où Bernard Pivot présentait chaque semaine à la télévision une émission littéraire.

Apostrophe, puis Bouillon de Culture, recevait ainsi des écrivains venus présenter leurs derniers livres. Aujourd'hui La grande librairie sur france 5 ressemble à ces émissions d'antan, et Bernard Pivot demeure actif sur twitter dans des tweet bien plus fins et intéressants que ceux de Donald Trump!

Lors d'une de ces émissions, donc, Michel Folco vient présenter son roman Dieu et nous seuls pouvons, sur une dynastie de personnages originaux: une famille de bourreaux!

Intrigué, intéressé par ce qu'en disait l'auteur, mon frère acheta cet ouvrage et me le prêta après lecture. Et comme lui j'en devint immédiatement fan, ce qui nous amena à lire les suivants.

Michel Folco, est un écrivain français né à Albi le 29 septembre 1943.
Il a travaillé comme photographe pour les agences Black Star, Gamma et Sipa avant de se consacrer à la littérature. Il reçut le prix Jean d'Heurs en 1995.
Son premier livre, Dieu et nous seuls pouvons, qui raconte l'histoire de la dynastie Pibrac, exécuteurs des hautes et basses œuvres, a été adapté (pour sa première partie) par Christian Fechner dans son film Justinien Trouvé ou le Bâtard de Dieu.


Dans les trois suivants, on retrouve la même partie du Rouergue, pour y raconter l'histoire des épateurs de Racleterre, les quintuplés nés de l'union de Clovis Tricotin et de sa femme.

Dieu et nous seuls pouvons est le premier roman de Michel Folco, paru en 1991. Il raconte en deux sous-parties et avec humour, l'histoire peu commune des Pibrac, une famille fictive de bourreaux dans l'Aveyron entre la fin du XVIIe siècle et le début du XXe siècle.
En 1663, un nourrisson au nez arraché est découvert à l'entrée d'une abbaye de l'Aveyron. En attendant son adolescence (l'âge où il pourra devenir à son tour moine novice), l'abbé confie l'enfant au couple Coutouly. Ceux-ci élèvent le petit Justinien Trouvé (Justinien en l'honneur de l'empereur de Byzance, qui avait lui aussi le nez coupé, et Trouvé parce que c'est un enfant trouvé) comme leur propre enfant. Justinien devient un gamin intelligent, vif et fort instruit. Toutefois, à la puberté, il n'envisage pas avec plaisir de devenir moine. De là, sa vie entière prend un tournant inattendu. D'aventures en aventures, il se retrouve injustement accusé d'être un bricon rôdant dans le village de Bellerocaille-en-Rouergue et condamné à 20 ans de galères. Mais alors qu'il attend avec angoisse son futur départ pour les galères, son geôlier lui propose un moyen d'obtenir sa grâce... Bellerocaille n'a alors pas de bourreau et un homme vient d'être condamné à mort pour un crime horrible. Or, malgré une offre généreuse de rémunération, personne dans le village n'a manifesté l'envie d'exécuter l'assassin. Justinien, un peu rétif au départ, finira par se résoudre à cette solution... Et c'est sous le nom de Justinien Pibrac qu'il deviendra l'ancêtre fondateur d'une des plus importantes lignées de bourreaux en France.

Très documenté et écrit dans un style truculent, ce roman est à la fois agréable et très instructif. On y voit l'évolution du métier de bourreau et de la façon de rendre la justice au cours du temps. On y apprend aussi l'origine de beaucoup d'expressions ou de croyances dérivées de ce métier (ne pas passer sous une échelle - car seul le condamné passait sous l’échelle du gibet- Mariée ou pendue - car une femme condamnée à la pendaison était graciée si quelqu'un acceptait de l'épouser-...)

Un loup est un loup est le deuxième roman de Michel Folco paru en 1995.
Sans être vraiment la suite du premier livre de Folco, l'histoire se déroule dans un contexte géographique et historique proche. En effet, c'est deux générations plus tard et dans un bourg voisin que Folco inscrit sa narration.
De nombreux éléments abordés dans le premier livre sont repris : les descendants de Justinien Pibrac, bourreau dans Dieu et nous seuls pouvons, interviennent dans l'intrigue ; les relations entre les nobles de la famille Armogaste et ceux de la famille Boutefeux sont rappelées, rendant l'ensemble de l'œuvre littéraire de Folco riche et cohérent.
Cette œuvre historique permet donc de se pencher, à travers le récit de la vie de quintuplés dont le principal personnage est Charlemagne Tricotin, sur de nombreux sujets tels que les relations des nobles et des habitants des bourgs (compliquées par les rivalités avec les « Maisons » et les régiments de l'armée du Roi), les nombreuses croyances populaires (concernant entre autres les loups-garous) et les métiers, bien évoqués grâce à de très riches descriptions (le métier de bourreau, de maréchal ferrant, de sabotier, de piqueur, ainsi que l'univers de la vénerie)...

Aussi truculent que le premier et tout aussi érudit. On apprend beaucoup de chose sans que l'auteur nous "fasse la leçon", des notions très intéressante sont simplement énoncées en quelques phrases au milieu de l'histoire. Un talent certain de Folco pour raconter son histoire.

En avant comme avant ! est le troisième roman de Michel Folco paru en 2001.
L'action reste concentrée sur les aventures de Charlemagne Tricotin. Ses frères et sa sœur ayant réussi à lui éviter l'emprisonnement dans les galères royales, Charlemagne s'enfuit à Paris en espérant plaider sa cause auprès du roi Louis XVI.
Le roman nous fait alors revivre un Paris sous les derniers jours de la monarchie. L'auteur en profite pour aborder plusieurs thèmes :
La vie des aristocrates et leurs plaisirs coûteux : chasses, duels, jeux de hasard, etc. ;
Les emprisonnements arbitraires sous simple lettre de cachet du roi et la vie dans la prison de la Bastille ;
 La vie d'une colonie de rats au sein des murs de ladite prison.
L'arrivée d'un Charlemagne aux pieds bien en terre dans un monde d'apparences et de légèreté est une source de multiples quiproquos permettant à l’auteur de faire évoluer l’histoire.

Même le mal se fait bien est le quatrième roman de Michel Folco paru en 2008.

L'action se passe peu après les guerres Napoléoniennes, pendant lesquelles Charlemagne, personnage central du livre précédent En avant comme avant !, décède peu après son mariage. L’histoire se concentre alors sur son petit-fils qui, pour tenir la promesse faite à son père mourant, quitte son village natal en Italie et part à la découverte de l'histoire de son père et de ses ascendants.
Michel Folco profite de ce voyage initiatique en plein XIXe siècle pour faire plusieurs portraits :
La domination des autrichiens sur l’Europe et plus particulièrement sur l’Italie ;
Vienne, ville moderne de l’Europe d’alors ;
Le fonctionnement de la science et ses errements ;
Le fonctionnement administratif d’une maison close ;
L’organisation et les conditions de voyage à l’époque (trains, hôtels, bateaux, etc.).

Il va rencontrer Freud et un jeune garçon attiré par la peinture et prénommé Adolf...

Le roman est tout aussi prenant que les autres au final, j'ai juste regretté que la promesse implicite à la fin de En avant comme avant! d'une suite sur Charlemagne à l'école militaire avec le jeune Bonaparte soit éclipsée par ce bon en avant dans le temps.

La Jeunesse mélancolique et très désabusée d'Adolf Hitler est le cinquième roman de Michel Folco paru en 2010

Le roman s'intéresse à la jeunesse d'Adolf Hitler, de la rencontre de ses parents, Aloïs Schicklgruber-Hitler et Klara Pölzl, jusqu'à sa période viennoise. Le livre se demande pourquoi Hitler est devenu ce qu'il est devenu. Le livre met en scène certains personnages des livres précédents de Michel Folco tels que Marcello Tricotini, Aloïs Schicklgruber-Hitler, Klara Pölz ainsi qu'Hitler lui-même durant une scène qui était aussi dans Même le mal se fait bien.

Je n'ai pas (encore) lu ce dernier roman paru. Michel Folco met longtemps à écrire chacun de ses romans, il faut donc être patient entre deux publications. Mais le contenu foisonnant explique en partie ce temps d'écriture (et de recherches sans doute aussi).

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Kix Paul: Le saboteur

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Reçu dans le cadre de MASSE CRITIQUE en partenariat avec l'éditeur et le site BABELIO

L'histoire:

L'histoire d'un héros français : quand la réalité dépasse la fiction !
Juin 1940. Robert de La Rochefoucauld a 16 ans lorsque l'Allemagne nazie envahit la France. Farouchement décidé à défendre son pays, il gagne Londres, y rencontre le général de Gaulle avant d'être recruté par la branche action des services secrets anglais. Après un entraînement commando, il est parachuté en France. Multipliant les fausses identités, il y accomplit de nombreuses missions, il est capturé à plusieurs reprises par les Allemands, s'évade à chaque fois, dans des conditions souvent rocambolesques. À partir de centaines d'heures d'entretiens, de recherches inédites dans les dossiers officiels, Paul Kix a reconstitué la vie romanesque et palpitante de ce héros peu ordinaire. Avec un sens de l'intrigue et de la construction digne des plus grands romanciers, il nous offre ici un document exceptionnel qui se lit comme un véritable thriller.
Les droits de cette incroyable aventure ont été cédés à la maison de production de Steven Spielberg, avec Cary Fukunaga, réalisateur de True Detective, à la mise en scène.
 
Mon avis:
Il ne s'agit pas d'un roman mais de l'histoire d'une grande tranche de vie, racontée à postériori comme le ferait un historien, à travers les témoignages de la famille de Robert et de ses propres souvenirs couchés sur papier par lui-même.
Paul Kix nous explique bien comment il a travaillé et quelle était la vision de son personnage sur lui-même et cette partie de sa vie. Comme beaucoup de rescapés ou de combattants, il parlait peu de ces moments mais y repensait chaque jour.
D'autant que Robert de La Rochefoucauld (oui oui le descendant de l'auteur des célèbre Maximes) a connu la guerre à 16 ans et en moins de 5 ans est passé du statut d'étudiant à celui d'instructeur en sabotage parachuté en France occupée, prisonnier torturé, prisonnier évadé, pour finir défenseur de Maurice Papon lors de son procès...
Outre l'intérêt pour le destin de ce garçon, l'auteur réussi à nous donner ici et là des indications pour mieux comprendre le contexte de vie de l'époque ainsi que les décisions politiques qui eurent des répercussions sur l'évolution du conflit et des actions de la résistance.
Un livre qui permet de replonger dans une époque historique tout en suivant un héros au destin extra-ordinaire. Même si les De la Rochefoucauld sont une famille bourgeoise, leur destin permet de revivre le sort de bien des familles confrontées à cette époque. De la débâcle de 40 sur les routes bombardées, à l'occupation des demeures par les allemands, aux membres de la famille prisonniers de guerre, à l'ambiance de suspicion et de méfiance dans la France occupée...
L'histoire par un petit bout de la lorgnette, mais qui jette un éclairage instructif sur cette période. Et au final un livre qui se lit aussi bien qu'un roman.
 

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Pagel Michel: Le Club

Pagel Michel: Le Club

L'histoire: Longtemps, ils avaient été CINQ. François, Claude, Mick, Annie et Dagobert, quatre enfants et un chien, ont autrefois formé un Club et vécu bien des aventures extraordinaires. Trente ans plus tard, le chien est mort depuis longtemps quand trois membres du Club, devenus adultes, séparés par la vie, sont invités par le quatrième à l'endroit même où ils passaient leurs vacances dans leur enfance. Bientôt, alors que la maison est isolée par d'importantes chutes de neige, la vieille mère de Claude est assassinée... Mick est-il le responsable, comme semble le penser François ? À moins qu'un assassin se dissimule dans les environs enneigés ? Et pourquoi Claude se retrouve-t-elle régulièrement projetée sur un rivage anglais, à la rencontre d'enfants et d'un chien ressemblant singulièrement à ceux qu'ils étaient autrefois, elle et ses cousins ?

 

Mon avis: Un ouvrage étrange qui risque de diviser les lecteurs. Michel Pagel prend une série de romans connus (Le Club des cinq) et va triturer les personnages pour nous emmener dans une réflexion sur l'existence des personnages de roman, l’éternité des personnages (Tintin, Asterix...ne vieillissent jamais..dans les livres en tout cas. De même qu'ils ne vont pas aux toilettes ou autres trivialité humaines).

Le livre m'a distrait, parce que j'ai dû lire la quasi intégralité du club des cinq dans mon enfance, que j'aime cette idée des personnages de fictions confrontés à une réalité et que je suis donc entré dans le délire de l'auteur. Si on part de ce postulat (on ne rationalise pas le fait: comment est ce possible? puisque ce sont des personnages de fiction), le livre me semble être assez réussi. Attention quand même, à l'approche de la quarantaine, les Cinq (les 4 humains, le chien étant mort) ont eu une évolution plutôt hard, voire trash, à l'opposé de ce qu'ils étaient dans leurs aventures (même si Pagel est parti de leur traits de caractères de l'époque). Les mystères ne le sont pas longtemps, mais suffisamment pour tenir en haleine le lecteur jusqu'à la conclusion, logique (si l'on a admit le postulat de départ de créatures fictives revenues dans le monde réel).

Ce qui manque peut être? Un rappel des caractéristiques de ces romans jeunesses et de leur version d'origine anglaise pour mieux apprécier l'histoire dans ses références.

Bonus: Pour ceux ou celles qui voudraient lire le roman et qui ne connaitraient pas (plus) ou pas bien la série à laquelle il est fait référence, voici les principaux points à connaitre (sinon, une recherche sur le net est aussi possible)

Enid Blyton (1897-1968), est une romancière britannique spécialisée dans la littérature pour la jeunesse. Ses livres figurent parmi les meilleures ventes mondiales, avec plus de 600 millions d'exemplaires écoulés, traduits dans près de 90 langues. Elle est surtout connue pour avoir créé les séries Oui-Oui (Noddy), Jojo Lapin (Brer Rabbit), Le Clan des sept (The Secret Seven) et bien sur Le Club des cinq (The Famous Five).

Le Club des cinq:

En 1963  l'écrivain met un terme à plusieurs de ses séries de longue date. Elle publie en effet les derniers volumes du Club des cinq (Le Club des cinq en embuscade) et du Clan des sept (Le Cheval du clan des sept). En France, Le Club est paru de 1955 à 1967 dans la collection Nouvelle Bibliothèque rose puis Bibliothèque rose.

Claudine Claude Dorsel (Georgina 'George' Kirrin) a onze ans. Chef de la bande et garçon manqué, elle a changé son prénom qu'elle trouvait trop féminin.

François Gauthier (Julian Kirrin) est l'aîné des enfants. Treize ans, il est responsable de son frère, de sa sœur et de sa cousine. Il est grand et fort, prudent et sérieux.

Michel Mick Gauthier (Richard 'Dick' Kirrin) fait souvent équipe avec sa cousine Claude qui est du même âge que lui.

Annie Gauthier (Anne Kirrin) du haut de ses « presque dix ans », est la plus petite. Mick et Claude la traitent souvent de « bébé ». Claude trouve Annie trop « fifille »

Dagobert, souvent abrégé en « Dag » ou « Dago » (Timothy, souvent abrégé en Tim ou Timmy) est le chien de Claude. Un chien parfait et le plus intelligent au monde, selon Claude.

L'oncle Henri Dorsel (Quentin Kirrin) est le père de Claude et l'oncle de François, Mick et Annie (dans la version originale, il est le frère du père des trois enfants ; dans la traduction française, il est le frère de leur mère). C'est un savant, très sévère, qui travaille tout le temps et qui déteste entendre des enfants jouer quand il est dans son bureau.

La tante Cécile Dorsel (Fanny Kirrin) est la mère de Claude et la tante de François, Mick et Annie. Femme au foyer douce, très aimable et attentionnée, elle permet beaucoup de choses aux enfants.

Maria (Joanna) est la cuisinière des Dorsel. Très gentille et active, elle se plierait en quatre pour satisfaire sa petite famille. Elle adore les quatre cousins et leur prépare de bons petits plats.

Pilou (Tinker) est un petit garçon très original. Son vrai prénom est Pierre-Louis, mais tout le monde l'appelle « Pilou », ce qui fait plus joyeux, selon son père. Pilou est toujours accompagné de Berlingot, un petit singe facétieux. Il adore les véhicules, et de temps en temps, quand il pense à l'un d'eux, il imite le bruit de son moteur.

Jo est une petite gitane d'environ onze ans. Elle ressemble étonnamment à Claude, mais cela ne plaisait ni à l'une, ni à l'autre. Mais après une étonnante aventure, Jo sauve Claude, enlevée comme monnaie d'échange contre des précieux papiers de son père. Mick, le seul des Cinq à avoir eu pitié d'elle au début, est le seul qui pouvait obtenir quelque chose d'elle. Pour l'amitié du jeune garçon, Jo a risqué sa vie pour sauver Claude alors qu'elle la détestait. Mick est toujours son préféré.

Jean-Jacques-Loic (Alf) est un jeune pêcheur. Il aide beaucoup les Cinq en leur donnant des renseignements utiles.

L'île de Kernach et le château de Kernach (Kirrin Island et Kirrin Castle en anglais) appartiennent à Claude. Les Cinq vont souvent y camper l'été

La Villa des Mouettes (Kirrin Cottage) est la villa des Dorsel. Elle se situe en Bretagne dans le village de Ploumarech (Kirrin dans le Dorset en anglais). Quand les Cinq ne peuvent pas aller camper dans leur île, ils doivent rester là.

La ferme de Kernach est la ferme des parents de Claude, où vivent deux vieux fermiers, M. et Mme Guillou. Ils sont très gentils et leur maison regorge de passages secrets et de cachettes... Un passage secret qui part de l'armoire à double fond de la chambre d'amis, qui mène directement à la cheminée de la Villa des Mouettes.

 

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Caldwell Ian: Le Cinquième Evangile

Caldwell Ian: Le Cinquième Evangile

L'histoire: 2004, le pontificat de Jean-Paul II touche à sa fin. À quelques jours de l’ouverture d’une importante exposition, dans les musées du Vatican, consacrée au saint suaire et au Diatessaron – le premier écrit réunissant les quatre Évangiles –, son conservateur, Ugo Nogara, est abattu. Le même soir, l’appartement d’Alex Andreou, un jeune prêtre de l’Église d’Orient qui a aidé Ugo à interpréter les textes sacrés, est mis à sac. Son frère aîné, Simon, prêtre catholique romain et membre de la secrétairerie d’État du Saint-Siège, présent sur les lieux au moment du crime, se mure dans un silence incompréhensible avant d’être inculpé du meurtre par un tribunal ecclésiastique.
Tandis qu’il cherche à savoir qui se cache derrière ce procès, qui a tué le conservateur et pourquoi son frère a choisi de ne pas se défendre, Alex se retrouve propulsé dans une sombre machination en plein coeur du Vatican. Il découvre alors qu’Ugo s’apprêtait à faire une révélation retentissante sur la relique la plus fascinante et la plus contestée de la chrétienté : le suaire de Turin.

Mon avis:On pourrait vouloir comparer ce roman à 2 autres, célèbres: le nom de la rose et Da Vinci Code... ce serait une erreur, même s'il comprend quelques points communs à l'un et à l'autre.
Le "prétexte" de l'histoire est en effet une enquête policière dans un milieu très religieux, le plus religieux même, puisqu'il se déroule au Vatican et implique les différentes branches de la religion catholique: chrétiens, chrétiens d'Orient et Orthodoxes. Enquête menée par un prêtre, professeur de théologie sur les Evangiles et lié à la fois au Suaire de Turin et à un cinquième évangile...
L'auteur dit en postface avoir mis 10 ans pour écrire ce roman. Au vu de sa longueur et de sa richesse, on en convient aisément.

Si je peux le comparer au roman d'Umberto Ecco, le nom de la Rose, c'est parce qu'au travers de l'enquête il va nous faire découvrir tout un pan du catholiscisme que la plupart d'entre nous ignorent (pour ma part, bien qu'ayant suivi des années de catéchisme et lu les evangiles je ne les connaissais pas). L'organisation politique du Vatican, sa géographie, ses lieux inconnu des touristes, ses institutions, son droit canon. le contenu des évangiles, leur origine, leurs différences et la raison de certaines de ces différences. Et plein de références érudites.

On pourrait évoquer aussi le roman de Dan Brown Da Vinci Code pour le sujet du Suaire de Turin et la théorie sur sa réalité ainsi que les manoeuvres dans l'ombre de plusieurs factions de l'épiscopat pour infléchir les relations entre Eglises catholiques.


Et pourtant il n'est à rapprocher ni de l'un, ni de l'autre. Ce roman est plutôt unique, et si les afficionados de l'une ou l'autre des 2 oeuvres citées le lisent en recherchant une proximité avec leur roman préféré, ils seront forcément déçus.
Pour ma part j'avais trouvé le nom de la rose compliqué avec des tas de passages en latin (et surtout j'avais vu l'excellent film avant...) quand à Dan Brown, la médiocrité du film ne m'a pas donné envie de lire le livre.
Ici, pas d'action débridée, pas de théorie super révolutionnaire sur les fondements de l'Eglise, pas de tueur mystique. Juste un simple mystère autour de la mort d'un homme. Un homme qui préparait une exposition mélant le Suaire de Turin et un cinquième évangile qui pourrait être l'ouvrage snthétisant les 4 autres. le tout lié à la réunification (ou pas) des branches du catholicisme, à la fin du règne de Jean-Paul II, vieux et malade.

J'ai apprécié ce roman.

Tout d'abord pour la somme de choses qu'il m'a fait découvrir. La géographie du petit état du vatican, le fonctionnement de cet état si particulier. Les branches du catholicisme, nottamment les chrétiens d'Orient dont j'ignorais jusqu'à l'existence, et les principes de cette religion et de sa curie. Une théorie intéressante sur le Suaire de Turin et sa fameuse datation au Carbonne 14 qui a remis en question son authenticité. Et enfin, une redécouverte du contenu des 4 évangiles, de leurs différences sur certains passages, des incohérences entre eux (qui n'en sont pas à la lumière des explications données).
Enfin, j'ai apprécié que les personnages ne soient pas qu'un prétexte à une leçon. Le narrateur et son frère sont des personnages à part entière, très crédibles et auxquels l'auteur donne une existence avec des péripéties personnelles sans lien avec l'intrigue mais sans tragédie exagérée.
Alors oui, comme je l'ai lu sur d'autres critiques, pas de suspens exagéré, pas de situations super tendues ou extraordinaires. Et pourtant j'ai lu ce long roman avec facilité, chapitre après chapitre avec l'envie de savoir ce que l'histoire me reservait. Ce n'est pas un "page turner", c'est plus subtil et si on se laisse embarquer dans l'histoire pour ce qu'elle est (sans s'attendre à un thriller haletant), on n'a aucun mal à avancer dans les pas de ce jeune prêtre qui doit gérer une enquête et ses drames familiaux en même temps dans cet univers singulier du Vatican.

Pour finir, l'édition (car un livre c'est aussi un objet et parfois l'esthétique compte dans le plaisir): Une couverture rouge et la tranche dorée, dans l'esprit livre de messe, bien dans l'esprit du thème.

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Poncet Thierry: Zykë l'aventure

Poncet Thierry: Zykë l'aventure

L'histoire: Au fond d'un PMU de la rue du Faubourg-Saint-Martin, je tends le texte d'une de mes nouvelles à l'aventurier de la mine d'or. Il lit les premières lignes et déclare : «C'est toi » comme il cracherait deux écorces de graines de tournesol. Il aurait pu dire : «Je viens de décider de t'emmener avec moi, aussi ton destin va-t-il basculer dans les minutes qui suivent, tu vas connaître le monde entier, les grandes ivresses, le sexe, l'amour et le danger, et tu vas devenir écrivain d'une manière que tu n'aurais jamais imaginé. »

Mais non. Juste : « C'est toi. »

L'incroyable odyssée autour du monde, au sommet du succès littéraire et au coeur de l'amitié de deux hommes que tout oppose.

 

Mon avis: De Zykë j'avais lu et apprécié un ou deux ouvrages dans mon adolescence, au hasard de trouvailles en bibliothèque (et j'ignorais son passage à Apostrophe pour son premier livre ORO). De thierry Poncet je pensais n'avoir rien lu et pourtant j'avais lu plusieurs volume de la serie "Le survivant" dans les années 80 (série qui comme plusieurs romans "de gare" de l'époque étaient produits à la chaine par différents auteurs sous pseudonymes à la suite des premiers numéros écrits par des auteurs américains, ici Jerry Ahern). Plus récemment j'ai retrouvé Thierry Poncet au travers des deux premières aventures de son héros Haig.

Ici, nous ne sommes pas dans une fiction mais dans une sorte de biographie. Ou plutot un récit d'aventure. Ou une autobiographie... en fait un peu de tout ça. Car Thierry Poncet nous raconte une partie de sa vie, celle qu'il a partagé avec l'aventurier Zykë, celle qui a conduit les deux hommes à co-écrire l'oeuvre littéraire de Zykë.

Leur vie quotidienne est une aventure, l'aventure incroyable, dangereuse parfois, amorale souvent. On se drogue, on arnaque, on baise (surtout des prostituées) et on risque parfois sa vie. On voyage beaucoup à travers le monde, dans un désert, dans le bush austrlien, en Asie...etc.

Leur consommation d'alcool et de drogue explose les quotas, leurs fréquentations ne sont pas fréquentables. Mais Zykë est un personnage incroyable et les deux hommes sont finalement très sympathiques.

Je suis sans doute un peu nostalgique de la littérature populaire des années 80, celle où les héros étaient un peu "crado" (pas toujours bien pensants, évoluant dans des mondes underground, comme "le survivant", "l'éxécuteur", "Scum", "SOB"....). Je reste interessé par les récits "réalistes" de personnages hors du commun (comme les héros de Andy McNab, Chris Ryan). Donc je souscrit parfaitement aux créations de Thierry Poncet et je regrette que Zykë et lui n'aient pas réussi à créer ce mouvement littéraire "vrai, simple et de qualité" que Zykë voulait lancer, mais que son intransigeance et sa liberté de ton a saboté avant même qu'il naisse (si tant est qu'on l'ait laissé naitre dans les milieux editoriaux de l'époque).

Un livre qui plaira forcément aux fans de Zykë. Qui éclairera sur la créations de ses livres et qui fera peut être découvrir cet homme à d'autres. Lire un des livres signé Zykë est une expérience à faire, une aventure à tenter. J'ai entendu Thierry Poncet dire que certains lecteurs leurs disaient qu'ils ne lisaient que Zykë, San Antonio et buckowsky, cela resume bien l'univers de ces romans et leur style. Borderline, particuliers mais attachants, vrais.

Quant à Thierry Poncet, il est aussi interessant à suivre je pense, dans son écriture très marquée -forcément - par cette expérience aventureuse.

Avec juste une petite remarque perfide de ma part à son adresse: Ils ont décrié Gerard De Villiers (oui j'ai percé le pseudo utilisé dans le livre...trop fort non?) mais "Le survivant" ce n'était pas un "Gérard de Villiers présente" Msieu Poncet?

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Arfeuillère Florian: Corrèze-près-Bordeaux (les pionniers du négoce du vin originaires de Meymac)

Reçu dans le cadre de l'opération MASSE CRITIQUE du site BABELIO en partenariat avec l'éditeur LA GESTE

L'histoire: XXIe siècle : la Corrèze règne avec discrétion sur une part importante du vignoble bordelais. À la fin du xixe siècle, les vins de Bordeaux sont déjà la vitrine de l excellence de la production française. Corrèze-près-Bordeaux raconte l épopée des négociants de vin, descendus des plateaux limousins pour conquérir un Bordeaux florissant, en vendant ses vins en Belgique. Au fil des pages, Corrèze-près-Bordeaux se boit sans modération, distillant avec humour et amour des aventures ayant pour toile de fond le vin, son histoire, sa dégustation et les idées les plus farfelues pour promouvoir sa vente.

Mon avis: Tout d'abord il faut bien le préciser, ceci est un roman avec des personnages fictifs incarnant avec plus ou moins de précision les réels habitants de Meymac ou de ses environs corrèziens devenus marchands de vin de Bordeaux en territoire Belge au XIXème siècle et qui inventèrent l'appelation "Meymac-près Bordeaux" pour rebaptiser la ville de Meymac proche de 300km des vignes bordelaises.

Le roman met en scène un grand père corrèzien qui va raconter l'histoire des premiers marchants corrèziens à sa petite fille de 19 ans. Dans l'ensemble l'idée est bonne, le récit rappelle les veillèes d'antan au coin du feu dans le "cantou" (le renfoncement autour des cheminèes corrèziennes dans lesquelles on mettait un banc pour rester au chaud près du feu, où on mangeait des chataignes grillèes en racontant des histoires les soirs d'hiver).

Les métiers d'antan (les scieurs de long, les gabariers) sont évoqués. La "culture" du ramassage des cèpes, la vie rudes des petits fermiers du plateau de Millevaches sont aussi décrites. De ce point de vue là, aucune critique, c'est bien présenté, bien expliqué.

Dommage que l'écriture n'aille pas dans la logique du récit. On nous présente un grand père racontant une histoire à sa petite-fille et en fait le récit reste classique, comme un roman ordinaire, pas de commentaire du grand père, rien qui évoque un récit oral fait à un tiers. Pire, l'auteur glisse ici ou là une réflexion (sans doute la sienne) sur des événements actuels, des choses disparues..etc, ce qu'il aurait pu présenter comme une digression du grand père dans le récit. Et bien non, c'est un simple paragraphe inséré dans le récit classique.

Une déception donc sur la mise en forme de l'histoire.

Sur le fond, c'est une histoire simple, très descriptive avec des personnages peu attachants car plutot classiques. Ce n'est pas désagréable, mais pas enthousiasmant non plus.

Enfin la conclusion sur la descendance de Jean m'a décontenancé car il ne me semble pas que le récit de la conception de cet enfant ait été donné dans le livre (sauf oubli de ma part) et on tombe des nues au récit de la mère en fin de roman...

En conclusion: un roman plutot de style "roman régional" qui évoque parfaitement la région, son histoire et le vin. Mais un style moyen qui n'apporte pas d'enthousiasme à la lecture.

Et, pour ma part, je pense qu'une postface donnant la réalité historique (même si elle est un peu entachée de légende) du premier corrèzien vendeur de vin aurait été bienvenue.

Ce que je fait ici en chroniqueur voisin (ma grand mère était native de St-Angel voisine de Meymac):

Tout commence en 1865-1866 lorsque le Meymacois Jean Gaye-Bordas dit « barlet » (petit tonneau) eut l'idée de vendre des vins à domicile en Belgique et dans le nord de la France. Comme tous les jeunes paysans du Limousin, il avait fait face à de nombreuses difficultés. En effet, à cette époque, les hommes migraient une partie de l'année et pratiquaient des métiers saisonniers. Jean Gaye-Bordas ne savait ni lire ni écrire mais il avait l’esprit vif. II devint tour à tour colporteur, marchand de parapluies, chiffonnier et se retrouva à Bordeaux où il vendait les lampes à pétrole du milliardaire Rockefeller. Il remarqua qu’un greffier de la région envoyait du vin à un de ses frères à Lille. Il saisit alors l’opportunité de vendre du vin de Bordeaux sous I’étiquette « Meymac-près-Bordeaux » : en même temps qu’il plaçait ses lampes en suivant les vendeurs de toile qui remontaient vers le nord, il en profitait pour vendre son vin. Le succès fut immédiat..

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Bonnard Olivier: Collector

Bonnard Olivier: Collector

L'histoire: C'était l'année de Retour vers le futur et de Rocky IV. L'année de We Are the World, de Take on Me et de L'Aziza. En 1985, Thomas Strang avait onze ans. La vie commençait. Il ne s'en est jamais remis. Que s'est-il passé, cette année-là, pour que ce journaliste un peu geek en fasse son eldorado perso ? Pour qu'il soit capable, désormais adulte, de claquer une fortune dans un jouet qu'il a eu gamin ? Pour que ce détective privé du vintage accumule ainsi, de brocante en vide-grenier, les pièces à conviction, sans savoir au juste ce qu'il cherche ? A la faveur d'un raid dans les caves d'un vieux magasin de jouets parisien, Tom exhume un de ces robots transformables japonais qui faisaient fureur dans les années 1980. Il ne tarde pas à découvrir qu'il s'agit d'un jouet dangereux, qui suscite les convoitises. Un jouet soi-disant magique couplé aux deux autres robots de la gamme, il serait capable de vous ramener en enfance. Et si la légende disait vrai ? S'il était donné àTom de revenir en arrière, au temps de Goldorak, de la colle Cléopâtre, du Tubble Gum et de la Dictée magique ? De replonger dans le bain de son enfance dorée ? De revisiter ces glorieuses eighties de son point de vue d'adulte ?

Mon avis: Pour qui, comme moi, a passé son adolescence dans les années 80, ce roman regorge de référence au passé. Certains sont aujourd'hui de ces "toy hunter" qui collectionnent à tout va tous ces jouets que l'on avait acheté, ou mieux ceux que l'on révait d'acheter mais qu'on ne pouvait pas acheter à l'époque. Et cette quête des jouets du passé est elle une quête de la jeunesse perdue, d'une époque plus heureuse, plus insouciante?

Thomas strang se pose ces questions sans pouvoir y répondre. En attendant il dépense des fortunes et met son couple en péril pour des figurines de plastique ou de métal à l'effigie des héros virtuels de son passé.

Je ne suis pas un toy hunter, mais ce roman m'a replongé dans le monde de mon enfance, j'ai revu défiler les dessins animés de l'époque, les séries Tv et leurs héros...etc

Le fil rouge de l'histoire est la légende du jouet - machine à remonter le temps, qui pourrait transporter Thomas dans cette époque bénie. Mais qui succite de fait bien des convoitises.

Ce coté thriller/policier est correctement mené, avec des personnages suffisamment originaux. Le "voyage dans le temps", tout impossible qu'il soit est aussi correctement évoqué avec l'inévitable déception entre souvenirs fantasmés confrontés à la réalité.

Enfin, entre chaque partie du livre, des articles (signés thomas Strang) nous replongent dans les années 80 et nous rappellent l'histoire de ces moments qui ont marqués notre enfance.

Par contre, pour quiconque n'a pas du tout connu cette époque, je doute que le roman soit suffisamment parlant, si ce n'est pour un intéret "historique" réservé aux amateurs.

 

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