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Almendros Frédéric: Le chien thérapeute

Almendros Frédéric: Le chien thérapeute

Reçu dans le cadre de l'opération MASSE CRITIQUE du site BABELIO en partenariat avec l'éditeur FAVRE. Merci à eux pour cette découverte

L'histoire: LOL est le premier chien CAT de France : chien d'assistance du tribunal. Inspiré sur un modèle américain, il est présent aux côtés des victimes judiciaires pour les accompagner dans leurs démarches et au tribunal. Grâce à la C.A.V.E CANEM (la Convention d'Accompagnement des Victimes et de l'Enfance par le Chien), cette pratique, développée par le procureur de Cahors et en partenariat avec Handi'chiens, a été rendue possible. LOL apporte un véritable soutien aux victimes pour leur permettre de traverser leurs traumatismes.

Il a fallu beaucoup de démarches administratives et se battre pour trouver un endroit qui héberge LOL avant que, enfin, il puisse accompagner une première victime. Un parcours long, mais rempli d'espoir qui nous est raconté dans un livre écrit à la première personne, du point de vue de LOL, grâce à la plume du procureur de Cahors qui l'a accompagné tout au long de son histoire.

 

Mon avis: Parfois on se retrouve face à des coïncidences, ce fut le cas en recevant ce livre car il se déroule dans le Lot, département où ma vie professionnelle m'a fait résider quelques années et le sujet principal est un Labrador,  race de chien dont j'ai eu la chance de partager la vie à deux reprise de mon enfance à l'âge adulte.

Mais outre la gentillesse de ces chiens et leur intelligence qui en font d'excellent chiens d'assistance dans le cadre du handicap, j'ignorais qu'ils pouvaient aussi apporter leur aide dans un domaine judiciaire différent des activités de police. Je l'ignorais et ce n'est pas étonnant, car à ce jour Lol (c'est le nom du chien) est unique en son genre...en France! Car cette utilisation d'un chien comme assistance aux personnes dans leur parcours judiciaire est une innovation américaine.

Prenant la plume sous le pseudo de lol, Frédéric Almendros, procureur de la république à Cahors, va nous expliquer en quoi consiste le travail de ce joli labrador noir qui nous regarde en couverture du livre. Un récit qui commence par l'idée américaine qu'il veut importer en France dans sa juridiction, les difficultés auxquelles il faut faire face avant que l'expérimentation ne commence, les réticences. Tout cela ne prend qu'une trentaine de pages à peine. Tout est clairement dit de façon simple que tout un chacun comprendra même sans rien connaître au système judiciaire ou à son administration.

Puis page 47, Lol nous raconte sa première intervention. Je ne sais pas si c'est de lire et d'imaginer les actes de cet animal - et de me rappeler des moments partagés avec nos 2 labradors défunts - ou de deviner les tourments de la petite fille de 5 ans que Lol va aider, mais ces quelques pages furent d'une lecture émouvante. Les cas sont durs avec des agressions sexuelles sur enfants et des violences sur personnes âgées, mais ils sont simplement évoqués avec très peu de détails. Ce qui est décrit c'est le mal être des victimes traumatisées, mutiques, craintives et le travail du chien qui leur apporte de l'assurance et un soutien tout au long des auditions et des procès. Le chien (puisque c'est lui qui est censé nous parler) décrit juste la manière dont on le tient, dont il se tient, la pression d'une main sur son crane. C'est peu et c'est suffisant pour comprendre et imaginer combien la simple présence de l'animal peut tout changer pour une victime.

Plus largement, l'auteur explique que les accusés aussi pourraient être aidés, apaisés par la présence de ces chiens formés. Que les enquêteurs pourraient voir le poids des auditions s'alléger quand elles sont partagées avec l'animal et pas sur leurs seules épaules.

Il est aussi évoqué les conséquences d'un tel programme: où loger l'animal, qui prend en charge ses frais vétérinaires, sa nourriture. Le procureur a même la clairvoyance de dire que l'expérience lotoise ne peut pas forcément se reproduire à l'identique sur tout le territoire.

Mais une chose demeure de l'avis de presque tous, magistrats, avocats, enquêteurs, victimes, la présence de Lol est un plus. Pour certains sa présence a même été indispensable.

Une expérimentation commencée sous le ministère de Nicole Belloubet, depuis remplacée par un ancien Avocat, Eric Dupont Moretti qui avait échangé avec le procureur juste avant les débuts de Lol et s'était intéressé à cette expérience… Après un bilan positif, on peut espérer que ce programme soit étendu à d'autres juridictions.

Un livre témoignage très intéressant donc, qui démontre encore l'extraordinaire talent des chiens pour aider les humains. Il intéressera tout le monde je pense, pas seulement les amoureux des chiens. Un livre vite lu car faisant moins de 150 pages écrites dans une police confortable, tronçonné en chapitres de quelques pages.

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Johns Geoff: Doomsday Clock

Johns Geoff: Doomsday Clock

Doomsday Clock est un album de Geoff Johns au scénario et Gary Frank au dessin


Dans le cadre de DC Rebirth, x-ième réécriture de l’univers DC révisant les origines des différents héros de l’éditeur et essayant de simplifier l’histoire (longue) de son monde, l’arc narratif Doomsday Clock se donne pour ambition d’apporter une justification aux changements tout en intégrant des personnages rachetés : les Watchmen (créés par Moore et Gibbons dans les années 80). Tout cela est fait en 12 chapitres, chacun représentant l’avancement d’une minute de la Doomsday clock (l’horloge de l’apocalypse) dont Minuit symbolise la fin ou la renaissance de l’univers.


En cela, le récit va se faire « à la manière de.. » Moore et Gibbons. Pour bien comprendre et apprécier ce récit, il vaut donc mieux être familier avec l’univers DC d’une part et la série Watchmen d’autre part. Si on ne l’est pas, quelques notions sont nécessaires :


En 1987 Moore et Gibbons ont publié un récit en 12 chapitres intitulé « Watchmen ». Il s’agit d’une uchronie (presque une dystopie en fait) dans laquelle un méta humain surpuissant, le Docteur Manhattan, a mis fin à la guerre du Vietnam en 1972. Mais en 1987, la guerre froide s’est durcie et les USA et l’URSS sont proche d’une guerre nucléaire (symbolisée par l’atteinte de minuit sur l’horloge de l’apocalypse). Le récit commence à Minuit moins 12 et une horloge clôturera chaque chapitre en avançant d’une minute vers ce terme fatidique.. L’histoire commençait par l’assassinat du Comédien, un ancien membre des Watchmen et un autre membre, Rorschach va enquêter sur ce crime. Cela permet de découvrir qui étaient les Watchmen et aussi qui a organisé tout ce plan pour aller vers l’apocalypse. A la fin de l’histoire, le coupable est démasqué, c’est un des Watchmen qui est coupable, l’homme « le plus intelligent du monde », Ozymandias.


Au même moment, DC réorganise son univers dans un récit en douze épisodes, intitulé « Crisis on infinite Earth » et en profite pour relancer certains personnages en réécrivant leurs origines – voire en changeant complétement leur histoire – et en simplifiant le passé complexe de leur univers.


Car c’est bien là le problème des éditeurs historiques comme Marvel et DC, après des dizaines d’années d’existence de leurs héros (dont certains datent des années 40 comme Superman et Captain América, puis des années 60 pour les Spiderman et autres), leur histoire variant au grès des choix scénaristiques des différents auteurs, elle est devenue trop complexe, voire parfois un peu incohérente sur la durée. De plus, un nouveau lecteur doit pouvoir comprendre facilement les histoires sans apprendre les rebondissements des 30, 40 ou 50 dernières années. Ensuite les histoires ont été marquées par leurs époques ( Peter Parker a été piqué par une araignée radioactive dans les années 60, par un insecte modifié génétiquement dans les années 2000. Jay Garrick a acquis la super vitesse de Flash grâce à de l’eau lourde à l’origine, puis Barry  Allen a été frappé par la foudre sur des produits chimiques…) et le style d’histoire a évolué, plus violentes dans les années 90, plus complexes ensuite (voire trop complexes parfois) tuant un peu le sense of wonder, l’espoir et les rêves caractérisant les histoires super héroïques des débuts.


Chez DC, les réécritures ont continué périodiquement après Crisis of infinite Earth jusqu’à la dernière Flashpoint où Flash réécrit l’histoire en modifiant le passé.. Flashpoint a été écrite par Geoff Johns et ménera à l’univers DC rebirth d’aujourd’hui.

Dans certaines histoires de l’univers Rebirth, des indices ont été semés, comme le badge en forme de smiley taché de sang qui apparait dans la première case de Watchmen comme trace du meurtre de son propriétaire Le comédien. De même on aperçoit l’omniscient Docteur Manhattan…etc.


Dans ce Doomsday Clock, Geoff et FranK nous offre un album qui ressemble graphiquement aux Watchmen de Moore et Gibbons : Planches en gaufrier, horloge avançant à chaque épisode vers l’heure fatidique marquée par le symbole de Superman, fin de chapitre présentant des fac similés de journaux, lettre ou dossiers qui vont trouver un retentissement dans la suite de l’histoire…
Ils vont également intégrer les personnages des Watchmen dans l’univers DC (DC ayant acheté les droits de ces personnages) et Johns va également en profiter pour donner sa version de la réécriture des univers autour du personnage emblématique de DC : Superman.


Au cours des douze épisodes, nous allons voir de façons plus ou moins importantes :
-    Certains personnages de l’univers Watchmen : Le docteur Manhattan qui soliloque sur le temps, les mondes parallèles, les possibilités du multivers ; Rorschach – version folle et violente de La question de DC-dont les extraits du journal commentent une partie de l’histoire comme il le faisait dans Watchmen et Ozymandias, sorte de Lex Luthor de l’univers watchmen


-    Certains personnages emblématiques de DC comme superman, batman, Wonder Woman…, mais aussi des moins connus du grand public comme Firestorm – héros nucléaire capable de réorganiser la matière au niveau atomique- et de vilains plus ou moins connus comme Black Adam – la némésis de Captain Marvel/Shazam- Le jocker et autres


-    Certains groupes de héros comme la JSA (Justice Society of América) – qui regroupe les anciennes versions de héros comme Green Lantern et Flash en version années 40-50- qui avait disparu de l’univers Rebirth

et son successeur la JLA (Justice League of America – dans laquelle on trouve les versions suivantes de Flash et Green Lantern – 


Une réussite donc de cet arc narratif, à la fois pour avoir trouvé une explication aux opérations éditoriales périodiques des relaunch/rebirth et pour avoir su nous raconter une histoire complexe de multivers en termes assez simples (contrairement à d’autres arcs actuels trop complexes et torturés) ; le tout parsemé de références visuelles à deux univers : DC et Watchmen.
 

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Erbel Sacha: Eugène Terredefeu - Les Larmes du Wendigo

Erbel Sacha: Eugène Terredefeu - Les Larmes du Wendigo

L'histoire: La petite ville de Plymouth sur côte est des États-Unis voit sa quiétude bouleversée depuis que moi Eugène Terredefeu je suis arrivé en ville.
Non pas que je sois mêlé à cet horrible meurtre commis dans le parc mais des événements troublants se succèdent et pas seulement en matière d'homicide.
En passionné de romans noirs je colle aux basques de Lilly Anak agent du FBI tourmentée pour tenter d'en apprendre plus. Je vois bien qu'elle cache des élément importants et bien plus terrifiants encore liés à l'assassinat de cette futur maman.
Pire encore c'est au péril de ma propre vie que je vais être confronté au Mal absolu. Celui que l'on ne voudrait croiser sous aucun prétexte. Pas même dans ces pires cauchemars !
Et ce n'est pas Poison qui vous dira le contraire ! Hein ? Quelle petite peste celle-là !...


Mon avis: Voyons un peu qui est cette auteure... Diplômée en Criminologie appliquée à l’expertise mentale, Sacha Erbel est fonctionnaire de police depuis plus de 20 ans.
Elle travaille au Service de la protection (SDLP) où elle est en charge de la protection rapprochée de différentes personnalités politiques ou civiles.

Donc cela explique le back ground sur le profil psychologique du sérial killer, vraiment très bien dessiné à la manière d'un des tueurs de Esprits Criminels... Le tout lié à la légende du Wendigo (pour qui ne connait pas , on parle de Cannibalisme). Mais avant d'en arriver à l'enquête il y a la description de l'arrivée du narrateur, Eugène Terredefeu (un nom bizarre sortit d'un univers imaginaire non?) à Plymouth et logeant dans une pension de famille. On prend plaisir à suivre sa découverte de son nouvel environnement, son nouveau travail et le mystère du meurtre sur lequel enquête le FBI (bizarre que le FBI se préoccupe d'un simple meurtre...). Et même quand un esprit lui apparait on continue à le suivre malgré l'impossibilité rationnelle de voir un homme communiquer avec les esprits. Ou on se demande si le roman n'est pas vraiment un thriller mais un roman fantastique (Wendigo, esprits..) et cela attise notre curiosité.

Et finalement la conclusion de l'histoire vraiment rationnelle est tout aussi surprenante que touchante et un twist ending très réussi.

Une auteure que je ne connaissais pas et que j'ai apprécié, une maison d'édition découverte à la lecture d'un polar reçu via MASSE CRITIQUE, spécialisée dans les auteurs francophones qui m'a convaincue lors de ces deux premières lectures.

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Fenris Michäel : Vengeance sur pellicule

Fenris Michäel : Vengeance sur pellicule

Reçu dans le cadre de MASSE CRITIQUE en partenariat avec le site BABELIO et l'éditeur.

Merci à l'éditeur (suisse) qui n'ayant pu m'envoyer l'exemplaire papier m'a proposé un envoi numérique hors opération. C'est pourquoi je publie cette critique comme j'aurais du le faire initialement.

L'histoire: Simon Crane, le meilleur ami et collègue de Jeff Fergusson, est retrouvé mort, abattu dans une ruelle sordide. Alors que les soupçons se portent sur le détective, Susan, l’épouse de Simon avec qui il entretient une relation adultère, lui avoue qu’elle est coupable du meurtre. Incapable de la dénoncer, Jeff la laisse s’enfuir à Hollywood, où elle rêve de devenir une grande actrice sous la coupe d’un patron de la pègre.

Quinze ans plus tard, Fergusson est appelé par le nouveau chef de la police, pour identifier un corps. Il s’agit de Susan, assassinée dans une chambre d’hôtel minable, avec pour tout indice sa carte de visite dans son manteau. Qu’est-ce qui a pu motiver son retour à Résilience, et pourquoi après tant d’années de silence ? Tous les éléments semblent se liguer contre Fergusson. Une seule chose est certaine, elle cherchait à le contacter.

Le détective n’a guère le choix : il va falloir qu’il replonge dans son passé pour trouver le coupable du présent...

Mon avis: Ce roman n'est pas précisément daté et ne se déroule pas dans une ville connue. Pourtant on peut facilement le situer dans les années 50. La ville, théâtre de l'action sera un New York ou un Chicago. Le privé qui nous raconte l'histoire un ancien flic amateur de jazz et porté sur la bouteille. Du classique donc des polars Hard Boiled mais écrit dans les années 2000. Jeff Ferguson ne sera pas Marlowe mais on le suit dans son enquête sans déplaisir. L'auteur reste classique et n'en fait pas trop dans le genre. Son personnage n'est ni un surhomme, ni un looser. Le fait qu'il ait trompé son meilleur ami et laissé son assassin s'enfuir il y a quinze ans le tourmente mais pas exagérément. Les flics ne sont pas trop ripoux, les méchants pas too much. En cela le roman est réussi. Un peu "à la manière de" mais à la manière de bons auteurs et dans une version réussie. L'intrigue elle-même tient la route et tient le lecteur en haleine dans les deux premiers tiers du roman.

C'est le deuxième aventure de Jeff Ferguson (quelques allusions sont faites à la précédente mais sa non lecture n'a pas d'incidence sur la lecture de cet opus) et une troisième est en route.

Un auteur qui ne fait pas que dans le polar et qui peut être à découvrir pour ceux qui aiment ce type de lecture.

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Texier Nicolas: Operation Jabberwock

Texier Nicolas: Operation Jabberwock

L'histoire: Après une première mission pour les services secrets britanniques, le jeune enchanteur Carroll Mac Mael Muad revient dans le château familial en Irlande. Lorsqu'il retrouve le vieil automate construit par son père, c'est l'occasion pour lui d'apprendre enfin la vérité sur la disparition de ses parents et sur l'incroyable quête dans laquelle ils s'étaient lancés, à leurs risques et périls ! Carroll décide alors de tout abandonner pour gagner l'Amérique, toujours accompagné de son fidèle maître d'armes Julius Khool. Ce périple, entrepris alors que la Deuxième Guerre mondiale allume ses premiers feux, les mènera des sombres bois de Providence aux ruelles de Chicago hantées par des gangsters revenus d'entre les morts, puis des villes de l'Ouest sauvage, jusqu'aux territoires de chasse des Cheyennes, où veillent d'étranges créatures. Confrontés à un empire du crime séculaire, Carroll devra déployer tous ses dons d'enchanteur, et Julius tous ses talents de sabreur, afin d'espérer réussir l'opération Jabberwock, dont dépend l'issue de la guerre, le sort de l'Europe et sans doute des outres-mondes.


Mon avis: Après une première mission: L'opération Sabines qui était l'occasion de découvrir le monde uchronique "réel" et l'outre monde ainsi que les deux protagonistes principaux, voici la suite de leurs aventures. D'un coté le monde s'achemine vers la deuxième guerre mondiale (un peu différente de celle que nous connaissons, univers uchronique oblige), de l'autre Caroll veut aller en Amérique en quête d'Excalibur, qui pourrait aider l'occident à gagner cette guerre. Le voici donc partit avec son majordome-maitre d'arme Julius. Ils passeront par Providence (pour ceux qui ne connaissent pas, lieu de vie d'un certain HP Lovecraft, auteur de fantastique) et par Chicago où Capone est remplacé par des gangsters morts vivants et pour finir dans le wild west entre magie indienne et magie noire, sur les traces d'un légendaire outlaw qui pourrait bien avoir été Lancelot portant Excalibur. Encore plus que dans le premier tome, c'est un roman d'aventure teinté de références à la littérature fantastique (on y évoque frankestein par ex) dans un univers uchronique original.

J'ai plus apprécié cette suite qui m'a moins paru être un simple prétexte de présentation (comme souvent les tomes 2 d'une série) et renvoyé à plein de références romanesques et télévisuelles (le wild wild west c'est un peu les mystères de l'ouest et on y traverse Deadwood...). Toujours écrit en de courts chapitres, racontés par Julius et titrés à l'ancienne ("où l'on s'apperçoit que...") dans un style raffiné restant moderne et donc facile à lire.

A suivre dans un tome 3 pour savoir si ces deux opérations aboutiront à un succès pour sauver le monde libre...

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Dequest Pierre-Emmanuel: Croc Blanc

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Dequest Pierre-Emmanuel: Croc Blanc

Reçu  dans le cadre de l'opération MASSE CRITIQUE en partenariat avec le site BABELIO et l'éditeur. Merci à eux.

L'histoire: Croc Blanc est un classique de la littérature américaine. Il fut écrit en 1906 par Jack London et relate la vie d'un chien-loup confronté à l'impitoyable vie sauvage du Grand Nord puis à la violence des hommes. Ne connaissant que la loi du plus fort, livré à la haine, l'animal va renaître au contact d'un homme. Il va apprendre le respect et la confiance puis faire le deuil de sa liberté. Au delà de cette histoire, l'auteur souligne des valeurs universelles qui sont le socle de la meilleure éducation possible.

Mon avis: Il s'agit ici d'une adaptation de roman en BD. Croc Blanc est un classique de la littérature américaine, l'un des romans les plus connus de Jack London. L'histoire débute dans les espaces sauvages et glacés du Grand Nord américain où la vie est rude pour les hommes et les bêtes. Le chiot mi chien-mi loup y apprendra la vie sauvage puis la vie auprès des hommes, sauvage elle aussi et sans amour. Puis un homme va chercher à le domestiquer, à en faire un "ami de l'homme". Croc Blanc acceptera t'il de renoncer à sa liberté et à oublier son instinct et la violence qui a accompagné le début de sa vie?

Voilà l'histoire. Pour qui ne connais pas le roman ou une de ses adaptations, le scénario est déjà prometteur. Pour qui aime les animaux, l'histoire peut être émouvante mais aussi éprouvante concernant les premières années de vie de Croc Blanc.

La couleur de l'album se décompose en 3 dominantes chromatiques: Le blanc et gris des temps d'hiver; Le vert de la période de printemps lors de la naissance du chiot et de ses expériences heureuses; elle se finit dans du jaune lors de la fin du récit à San Francisco.

Comme toute BD adaptée d'un roman, il y a beaucoup de texte (par rapport aux formats BD d'aujourd'hui faisant la part belle au dessin et limitant les textes à de courts dialogues. Ici l'auteur doit expliquer le ressentit d'un personnage qui ne parle pas.

Un album réussit, qui arrive à résumer l'histoire efficacement et à l'illustrer en faisant passer les ressentis de froid et de chaud par sa colorisation. Pour le style de dessin je laisse juger de la page en illustration de cet article.

 

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Texier Nicolas: Opération Sabines

Texier Nicolas: Opération Sabines

L'histoire:

Londres, 1937. Le jeune enchanteur Carroll Mac Maël Muad et son domestique Julius Khool, vieux soldat maure ayant servi dans les légions de la République romaine de Weimar, sont recrutés par le Special Operation Service afin d'exfiltrer un savant vénitien, dont les travaux dans le domaine de l'atome risquent de bouleverser l'équilibre des forces en Europe.

Ils ignorent cependant que ces découvertes ne sont pas convoitées que par les services de renseignements ennemis, mais également par une société secrète mêlant poètes, sorciers et créatures de l'outre-monde luttant pour leur survie. Loin de se passer comme prévu, l'opération "Sabines" amènera dès lors Carroll et Julius jusqu'au cœur des limbes, au long d'une route rythmée par les rencontres et les périls merveilleux.

 

Mon avis:

Ce roman est le premier d'une série de trois , suivant les tribulations d'une paire d'aventuriers un peu particuliers dans un univers uchronique. Mêlant les registres du roman d'espionnage, du polar, du roman d'aventures et de la fantasy, Opération Sabines se déroule dans une Europe des années 30 où la magie côtoie locomotives, sabres, fiacres et arbalètes. On s'y croit parfois dans un Sherlock Holmes ou tous ces romans d'époque, avec les guerres orientales de l'empire britannique, les états Européens en proie à des changements de régime, dont certains naissent de l'échec du précédent. Les agents du M.I.6 sont des mages qui croisent le fer avec les agents d'un "Nouvel Empire romain" œuvrant pour le désenchantement (au sens d'en enlever la magie, bien sur) du monde. Le souverain britannique serait un héritier d'Arthur...etc

Toute l'histoire nous est conté au travers du journal du majordome - vétéran oriental Julius Khool qui a roulé sa bosse dans les rangs de différentes armées européennes et orientales (ce choix ressemble à celui de Conan Doyle qui fait relater les enquêtes de Sherlock par le Dr Watson).

Ce premier opus semble plus un prétexte à nous faire visiter cette Europe uchronique et le monde des limbes, car l'action ne s'arrête jamais (et les personnages n’arrêtent pas non plus de voyager)

Un bel hommage aux romans d'aventure du début du 20ème siècle, ravivé par le style du narrateur, le vieux soldat qui en a vu d'autre et qui ne résiste guère à sa dose de boisson. Finalement un premier tome intéressant qui m'a donné envi de poursuivre l'aventure dans sa suite (qui doit nous emmener aux Amériques...)

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Coben Harlan: L'inconnu de la forêt

L'histoire:

WILDE.
SON NOM EST UNE ÉNIGME, TOUT COMME SON PASSÉ.

Il a grandi dans les bois. Seul.
Aujourd'hui, c'est un enquêteur aux méthodes très spéciales.

VOUS IGNOREZ TOUT DE LUI.

Il est pourtant le seul à pouvoir retrouver votre fille et cet autre lycéen disparu.
Le seul à pouvoir les délivrer d'un chantage cruel. D'un piège aux ramifications inimaginables.

Mais ne le perdez pas de vue.

CAR, DANS LA FORÊT, NOMBREUX SONT LES DANGERS ET RARES SONT LES CHEMINS QUI RAMÈNENT À LA MAISON.

 

Mon avis:

Dans le cadre d'un MASSE CRITIQUE spécial j'ai reçu ce roman de la part de l'éditeur. En échange je m'engageais à le lire et à écrire une lettre pour en parler. Je vais donc rédiger la missive à mon collègue de travail dont le pseudo internet Crapulax démontre son mauvais esprit qui fait de lui le pire critique de ma connaissance: il n'aime rien (avec parfois une bonne dose de mauvaise fois assumée!)


                                        "Mon cher Crapulax.

Encore un livre lu, encore une histoire que je t'invite à découvrir. Et non, il n'y a toujours pas de dessins, c'est bien un roman et non une BD. Je sais qu'il t'es difficile de te plonger dans un roman, mais avec Harlan Coben, je pars sur une valeur sure.

Chacun de ses titres est ce qu'on appelle un "page-turner" car il sait construire ses histoires de manière à aguicher le lecteur à chaque fin de courts chapitres. Ses personnages sont toujours des personnages civils, rarement des flics ou autres agents spéciaux. Ce sont toujours des médecins, des avocats, des gens plus ordinaires même. Et ils sont toujours confrontés à une situation extraordinaire . Ce dernier roman ne fait pas exception à la règle: un enfant trouvé dans les bois, un enfant sauvage dont on ne connait pas les parents. Une avocate célèbre, star d'un show télé. Des lycéens, dont une pauvre ado harcelée par la star du lycée, fils d'une famille richissime. Tous ces personnages vont se retrouver mêlés à une affaire qui se révélera au monde via la disparition de la jeune ado harcelée.


Comme toujours chez Coben, le lecteur va découvrir le passé des personnages tout en suivant l'enquête. Leur passé et leur personnalité aussi.


Le point fort de Coben dans ce style, hormis sa construction d'intrigue, c'est qu'il reste assez crédible. Un avocat n'a pas les capacité d'un cambrioleur ou d'un soldat d'élite...pour effectuer des actions hors de sa compétence il devra s'adresser à un spécialiste. Mais ce spécialiste sera un ami, un ancien client, un ancien patient..etc. Tu va me dire que c'est un peu facile. Oui ok, mais cela reste une fiction, l'auteur doit bien un peu romancer son histoire sinon elle sera moins passionnante pour le lecteur....


Donc ce roman est il parfait? non bien sûr. Les personnages sont en nombre limités et on découvre bien leurs histoires passées et leurs personnalités, mais à la fin on se retrouve avec certaines questions sans réponses. Pourquoi avoir lancé une piste de recherche pour ne rien conclure sur ce sujet? A moins que ledit personnage ne reparaisse dans un prochain livre..


En tout cas j'ai simplement été un peu déçu que le passé d'homme des bois puis de soldat du jeune enfant sauvage - devenu adulte- Wilde ne soit pas plus utilisé. Finalement cette particularité n'a aucun impact sur son enquête...
Enfin, ne t'attend pas à résoudre l’énigme par toi même avant que l'auteur ne te donne la clé: tu n'as pas les éléments en main pour pouvoir le faire.
Mais ce n'est pas ce style de livre, celui ou le lecteur cherche à prendre l'enquêteur de vitesse. Ici, il faut se laisser porter par l'action, suivre les personnages et se laisser balader par l'auteur vers un petit switch de fin toujours bien amené.
En sommes, Coben est une valeur sure, à la fois pour les habitués de cet auteur, comme pour ceux qui voudraient le découvrir via ce roman.
Voilà cher Crapulax, lance toi et on s'en reparle très vite (car une fois lancé on le lit très vite)"

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Forsyth Frederick: Kill list

Forsyth Frederick: Kill list

L'histoire:

La «Kill List» : le secret le mieux gardé du gouvernement américain. Les noms de tous ceux qui menacent la sécurité du monde.
Le Prédicateur : l’ennemi public nº1. Un fanatique islamiste qui incite les jeunes musulmans à tuer des personnalités occidentales de premier plan.
Le Traqueur : ex-US Marine, un des agents antiterroristes les plus redoutables des États-Unis.
Alors qu’une vague de massacres déferle sur l’Occident, ordre est donné d’éliminer le Prédicateur. Mais comment arrêter une ombre ?

Mon avis:

Ayant lu la plupart des romans de Forsyth, je ne pouvais éviter de lire celui-ci qui sera son dernier (il se fait un peu vieux pour parcourir les zones chaudes du monde pour documenter ses romans..).

Et malheureusement je ne le mettrait pas au niveau de ses autres livres. On y retrouve les bases: un univers très documenté avec plein de connaissances transmises sur les domaines politiques, sociétaux et espionnage.

Mais l'intrigue "humaine" n'a pas la force de ses autres livres. Le "traqueur" est trop stéréotypé, son lien avec la traque devient personnel sans que ce soit nécessaire et comme un "malheureux hasard".

Le roman reste agréable à lire, pas très long mais le lecteur ne s'attache pas aux protagonistes et j'ai eu l'impression d'un assemblage de scènes sans réel lien ou avec des lien qui semble artificiels.

Dommage, mais il y a suffisamment d'autres excellents romans de l'auteur pour se faire plaisir et je lui pardonne volontiers cette petite faiblesse.

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Varley John : Le système Valentine

Varley John : Le système Valentine

L'histoire:

Parce que sa copine d'enfance Kaspara Polichinelli est sur le point de monter Le Roi Lear sur Luna, l'acteur Kenneth Valentine se rappelle son bon souvenir et décroche le rôle-titre. Lui reste alors quelques menus problème à régler.

Car comment faire, le voyage de Pluton à la Lune en quelques mois, quand on est fauché comme les blés et condamné à mort par la mafia charonaise ? Pour parvenir à ses fins, Kenneth devra changer d'identité (et de sexe) à plusieurs reprises, échapper à un tueur à gages plus solide que Terminator, monter quelques arnaques improbables, et penser à son terrible géniteur au moins une fois par jour.

Roman picaresque et hilarant, hommage à William Shakespeare (mort depuis bien trop longtemps pour se sentir concerné), Le Système Valentine marque le grand retour de John Varley après quelques années d'absence.

Mon avis:

Après la lecture de Blues pour Irontown, la curiosité m'a amené à découvrir ce roman antérieur situé dans le même univers galactique. Autant on a pu reprocher à Blues pour Irontown d'être un peu court et pas très détaillé sur l'univers de l'histoire, autant celui-ci est (trop?) long.

Je l'ai trouvé long, mais au final je ne sais pas vraiment ce qui aurait pu être omis afin de bien présenter l'histoire et les personnages. En effet, l'histoire nous est racontée par le personnage principal, Kenneth Valentine, acteur en cavale pour échapper à une condamnation pour un crime commis autrefois. De plus, sa vie passée mêlant représentations théâtrales et escroqueries pour vivre, l'a condamné à une traque impitoyable par la mafia Charonnaise dont les émissaires sont obstinés et très difficiles à tuer... En nous racontant ses péripéties destinées à le ramener sur la colonie lunaire, Valentine va donc nous faire voyager à travers l'univers colonisé par les humains (alors que Blues pour Irontown se déroulait exclusivement sur Luna), nous rappeler les nouvelles façon de vivre de l'humanité (Déjà décrit dans Blues pour I : comme le vieillissement à la demande, le changement de sexe possible, la médecine évoluée...) et revivre des épisodes de son enfance.

Son enfance donc, auprès d'un père qui a voulu en faire un acteur "parfait' dès sa petite enfance. Mais Kenneth va dévier de cette voie en devenant un héros de télé populaire (riche et adulé mais dans un art considéré comme dégradant par son père), il va ensuite finir ces années de gloire pour devenir le fugitif fauché qu'on découvre au début du roman.

Toutes ces informations racontées par Valentine sont intéressantes, permettent de bien connaitre son personnage et garantissent un suspens suffisant avec la traque des tueurs Charonnais pour garder le lecteur assidu au long de ces 700 pages.

Et la conclusion est elle aussi suffisamment surprenante pour contenter le lecteur.

Une sorte de "road movie" spatial doublé par une histoire de destin dans le monde du spectacle, parsemé de citations shakespeariennes. Un roman très agréable dans un univers cohérent créé par l'auteur.

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