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Glen Cook 1 auteur 1 jour article 28

Glen Cook 1 auteur 1 jour article 28

Glen Cook est né le 9 juillet 1944 à New York aux États-Unis. Il a grandi au nord de la Californie et a étudié la psychologie à l'université du Missouri.
Il a commencé à écrire quelques nouvelles au collège, puis pris part à la rédaction du journal de son lycée mais a cessé d’écrire lors de ses années à l’université et dans l’US Navy où il passera quelques années.
Il a réellement commencé sa carrière d'écrivain en 1970 (son premier travail d'écriture rémunéré). Il travaille alors dans une usine d'assemblage de General Motors dans laquelle il va rester plus de 30 ans. Selon Glen Cook lui-même, il aurait écrit de nombreux livres lors de ses heures de travail.
Glen Cook se passionne pour l'histoire militaire et la philatélie. Il a récemment pris sa retraite et vit aujourd'hui à Saint-Louis (Missouri).

Il a surtout écrit de la fantasy dans différents cycles. Mais aussi un roman SF:

Ses œuvres traduites l'ont été dans la belle édition L'Atalante que j'aime feuilleter dans ses livres aux couvertures bien épaisses et illustrées, et ses pages en papier un peu épais. La Compagnie noire et Garret ont été aussi publiés en poche chez J'ai Lu.


Ses deux principaux cycles sont:


Garret Détective privé:


Cette série raconte les enquêtes de Garret, un détective privé humain du royaume de Karenta. Chaque livre raconte une enquête indépendante dans laquelle intervient une ou plusieurs jolies filles, et où la résolution du mystère ne laisse en général personne de satisfait chez les survivants.
L'action se passe essentiellement au royaume de Karenta, un royaume humain, en guerre avec le royaume Venageti, un autre royaume humain, pour la possession du Cantard, une région très riche en minerais d'argent. Plus précisément Garret habite la ville de Tonnefaire, dans et autour de laquelle se passe la majeure partie des enquêtes.
Les humains, bien qu'espèce dominante, ne sont pas la seule race intelligente de l'univers. On en compte au moins une dizaine, certaines créées magiquement. La première espèce non-humaine que l'on rencontre est le Rondrun, espèce humanoïde douée de grande intelligence et de pouvoirs psychiques; On croise en suite des hommes-rats, des elfes noirs, des grolls, des vampires, des ogres, un troll, etc.
La magie existe et fonctionne dans cet univers. On ne sait pas grand-chose sur celle-ci, du fait que le héros et narrateur, Garrett, n'est pas magicien. Néanmoins quelques grands principes sont explicites. le premier est que l'argent, au sens métallique du terme, est nécessaire à la pratique de la magie. Ce fait est à l'origine de la guerre dans le Cantard. Ensuite, les sorts peuvent apparemment être chargés dans des objets, la nature de ceux-ci étant peu importante, on voit des enveloppe des papiers, des fioles.... Certains de ces sorts sur supports nécessitent une formule. Enfin des non-magiciens peuvent utiliser ces objets-sorts.

Plus une transposition d'un récit de détective de série noire dans un monde de fantasy, je reste mitigé sur ce cycle (dont je n'ai lu que 2 volumes). Original mais fade après avoir lu la Compagnie noire...


La compagnie Noire:


La Compagnie noire est une troupe de mercenaires dont l'histoire, relatée dans ses annales, s'étend sur près de quatre-cents ans. Elle vaque de par le monde depuis sa création en se vendant au plus offrant, capable de s'installer parfois dans une contrée durant trente années ou bien pour une durée très limitée. Elle ne recrute que rarement, et à la condition que le postulant ait rompu avec son passé, ses drames personnels, etc. La Compagnie est considérée par ses soldats comme un refuge, mais aussi comme une famille qu'on ne peut plus quitter après l'avoir intégrée. Elle me fait penser à la légion étrangère car ses membres se choisissent un nouveau nom et renoncent à leur ancienne vie quand ils la rejoigne. Les noms sont surtout des mots évocateurs comme Corbeau, Qu'un Oeil, Gobelin ou le plus célèbre analyste Toubib, qui est aussi le médecin de la compagnie. Leurs adversaires principaux sont des sorciers qui eux aussi ont un patronyme comme Hurleur, La Dame, Volesprit... expliqué par le fait que connaitre le véritable nom d'un sorcier donne un pouvoir sur lui.


Le cycle des Livres du Nord tenu par « Toubib », le médecin de la Compagnie, débute à une période où la Compagnie noire est au service du « Syndic », le seigneur contesté de la ville de Béryl : les tentatives d'insurrection menées par les « Bleus », un groupe d'opposants, se multiplient d'une façon alarmante. Le Capitaine de la Compagnie peine de plus en plus à le protéger des complots et des soulèvements populaires, mais le respect du contrat conclu l'empêche de l'abandonner à son sort, malgré le péril encouru par la Compagnie qui a déjà perdu un certain nombre d'hommes.


C'est alors qu'un immense navire noir accoste à Béryl. Son commandant, un étrange personnage vêtu de noir à la tête masquée par un morion et s'exprimant à l'aide de voix multiples, est au service de la Dame : cette sorcière maléfique, femme du défunt Dominateur et puissante magicienne, souhaite asservir l'ensemble des terres du nord et étendre ainsi son empire. Dix sorciers extrêmement redoutables et corrompus, les « Asservis », sont à son service et mènent les batailles en son nom.
Volesprit, le commandant du navire, est un Asservi. Son but est d'envahir Béryl au nom de la Dame. Il propose à la Compagnie noire de le laisser tuer le Syndic, afin d'annuler le contrat qui leur impose d'assurer sa protection, puis de la prendre ensuite à son service en leur permettant d'échapper au courroux de la population. La Compagnie hésite, avant d'être confrontée à une panthère-garou manipulée. Le carnage qui s'ensuit et la vulnérabilité du Syndic ne laisse plus d'autre choix à la Compagnie que de rejoindre Volesprit et de se soumettre à la Dame. Volesprit la conduit alors vers le Nord afin de venir en aide au Boiteux, un autre Asservi en difficulté face aux troupes rebelles en lutte contre les forces du Mal. Les deux Asservis - Volesprit et Boiteux - se détestant, la Compagnie va cependant vite comprendre que les deux sorciers l'utilisent comme un pion dans leurs luttes d'influence auprès de la Dame, pendant qu'une étrange relation faite de soumission et de respect s'installe entre Volesprit et Toubib.
La Dame étant entourée d'un tel mystère, elle inspire à Toubib des romances à l'eau de rose. Volesprit tombe sur ces écrits et rectifie sa vision des choses : « Elle est belle avec un cœur de pierre, prie le ciel de ne jamais la rencontrer ». Ceci alimente encore plus les fantasmes de l'annaliste. La Dame à son tour s'intéresse à lui pour son rôle d'historien de la compagnie.


Le lecteur suit ainsi la Compagnie dans les Livres du Nord, au cours d'une folle aventure s'étendant sur des milliers de kilomètres durant laquelle ils endureront de graves troubles et de grandes périodes de difficulté.

Une prophétie annonce qu'au passage d'une comète la rose blanche renversera les tyrans. Or la comète est apparue et une enfant pourrait bien être la fameuse Rose Blanche. La compagnie va devoir choisir encore son camp entre La Dame et La rose Blanche.

Ce cycle est divisé en 3 tomes : La compagnie noire; Le château noir, La rose blanche auquel ont peut adjoindre un volume "hors cycle" : La pointe d'argent; qui va apporter des explication sur le passé de La Dame et ses relations avec son époux Le Dominateur qu'elle a remplacé et un membre des asservis, Volesprit auquel elle est apparentée.

Ce sont pour moi les 4 volumes les plus réussis de la saga et ceux que je préfère.


Dans la deuxième partie du récit, la compagnie va migrer vers le sud en quête de leur origine, le mythique Khatovar. Sur son chemin, ils comprendront bien vite qu'ils sont attendus mais pas forcément les bienvenus. La compagnie sera le fer de lance d'un conflit opposant Taglios aux Maîtres d'Ombres car c'est leur seul moyen de progresser. Il y a toujours une place pour l'idylle entre Toubib et la Dame mais celle-ci sera des plus complexes car un opposant revenu de très loin mettra son grain de sel.

Dans Jeux d'Ombre, on suit les rescapés de la Compagnie après les féroces batailles du nord qui ont décimé la troupe. C'est un tome de transition où Toubib veut conduire la Compagnie vers ses terres d'origine, le mythique et oublié Khatovar. Au cours du voyage de nouveaux venus vont venir étoffer les rangs des rescapés et les conduire dans la cité de Taglios, capitale d'un état en guerre contre de mystérieux Maitres d'Ombre. Le voyage est anecdotique et m'a parut ennuyeux après les livres du Nord.

 

Puis dans Rêves d'acier, c'est La Dame qui va conter son combat pour s'opposer aux maitres d'ombre. Et l'histoire va se dédoubler entre différentes factions: Camp de Madame (nouvelle identité de La Dame) considéré comme une nouvelle incarnation d'une déesse; camp de ses opposants et camp des mystérieux Maitre d'Ombre. Je ne met pas ce volume au même rang que les premiers, mais il est plus interessant que Jeux d'Ombre et original par le changement d'analyste.

Un nouveau cycle s'ouvre alors avec 4 volumes:

Dans Saisons funestes, le récit est fait par Murgen, porte étendard de la compagnie. Il relate une partie des événements contés dans Rêves d'acier mais vu d'un autre point du conflit. Là encore la "voix" de Murgen apporte une façon de voir les événements différentes de celles de Toubib ou Madame. De plus, Murgen est victime d'un sort qui va le faire voyager dans le temps..

Divisé en 2 volumes Elle est les ténèbres reprend le récit à la fin de Saison funestes et de Rêves d'acier. L'analyste reste Murgen. La compagnie pénètre enfin le royaume des ombres mais ses ennemis sont nombreux à présent. Les événements et les combats ne manqueront pas, mais du coup le récit est hyper riche donc plus difficile à suivre simplement.

Divisé également en 2 volumes L'eau Dort, raconte la suite de l'histoire quinze ans plus tard avec les rares survivants du conflit précédent. L'analyste-commandant de la compagnie est à présent Roupille (personnage mis en avant dans Elle est les ténèbres). Le titre l'eau dort fait référence au message laissé par ce groupe qui va mener une guerilla au sein de la cité de Taglios. J'ai apprécié ces tomes dont l'histoire reste plus simple et prenante avec les enjeux soulevés.

Encore 2 volumes pour Soldats de Pierre. 4 années ont passé depuis le volume précédent. La "nouvelle" compagnie a franchit la porte des ombres et arrive désormais dans un univers inconnu. Même les vétérans survivants de la première heure ont considérablement changés après les épreuves subies. Roupille reste capitaine, un nouvel analyste reprend le récit, certains vieux soldats sont morts de vieillesse ou à l'article de la mort. De l'autre coté de la porte des ombres dans le monde qu'ils ont quittés, les survivants de l'autre camp ont aussi évolué. Ce tome est aussi plutôt une transition avant que la compagnie, traversant plusieurs monde ne parvienne à la dernière porte d'ombre, celle qui donne sur leur monde d'origine: le Khatovar. Un avis mitigé sur ce tome, une partie intéressante, une partie longue sans grand intérêt.

A ce jour, la suite composée de 2 tomes dont le dernier publié en VO en 2018, reste inédite en France


En choisissant la forme du « carnet de bord », l'auteur prend à contrepied la façon traditionnelle d'aborder la fantasy, généralement dotée d'un style assez sophistiqué. Dans un premier temps, les romans se présentent sous la forme de journaux quotidiens tenus par l'un des membres de la Compagnie, surnommé l'annaliste, qui écrit à la première personne. Son écriture est affublée des défauts coutumiers d'un journal : style brutal, direct et concis, les membres de la Compagnie ne sont pas décrits au lecteur lors de leur introduction (puisqu'ils sont censés avoir été présentés dans les annales précédentes), peu de paysages, vision subjective des faits, ellipses, certains événements de moindre importance relatés en détail quand certaines grandes batailles se déroulent hors-champ…
Il est toutefois à noter que l'histoire peut changer de champ et n'est pas uniquement relatée par l'annaliste du moment. On se retrouve souvent avec deux histoires concomitantes, d'un côté celle à la première personne, rédigée par l'annaliste donc, et de l'autre, un déroulement de faits classique, se focalisant sur un personnage ou un groupe de personnages. L'intrigue va petit à petit se développer en rapprochant ces deux histoires jusqu'à ce qu'elles interagissent complètement.


Sur l'originalité du fond, l'histoire racontée par l'annaliste place la Compagnie du côté des « méchants » qu'elle sert, bien que celle-ci ne soit pas totalement dépourvue d'honneur et de moralité : on peut assister assez fréquemment à des prises de conscience de l'annaliste face aux pire horreurs (torture, viol…). C'est donc un point de vue neutre qui nous est proposé, de la part d'un homme pris en tenaille entre les forces du Bien et du Mal, mais l'auteur prend soin de jouer sur l'ambiguïté de ces notions en exposant les actes barbares des rebelles (comme la torture) ou bien les qualités humaines des « méchants » (bienveillance de la Dame et de Volesprit envers la Compagnie).


Dans cet univers, on ne trouve pas les créatures fantastiques « classiques » de la fantasy (elfes, nains, etc., quoiqu'une brève allusion aux nains, probablement ceux du dessin animé de Blanche Neige par Walt Disney, soit faite dans le second tome de L'eau dort en tant que créatures imaginaires), comme c'est souvent le cas dans les œuvres plus traditionnelles. La magie occupe en revanche une très grande place, non seulement en raison de la présence de sorciers dans les rangs de la Compagnie, mais également à cause d'un nombre important de grands sorciers qui détiennent souvent un pouvoir énorme, chez leurs alliés comme chez leurs ennemis (les Dix Asservis, les généraux adverses, etc.). La magie donne également lieu à des passages humoristiques destinés à détendre l'ambiance lorsque Qu'un Œil et Gobelin s'affrontent à coups de sortilèges tous plus imaginatifs les uns que les autres. Toutefois, les affrontements sont généralement menés par les armes, mis à part quelques grandes batailles axées sur la sorcellerie.


Dans cet univers sombre, la vie des héros n'a pas une grande valeur, bien que des liens étroits lient les membres de la Compagnie, qui se considèrent tous comme des frères. Les personnages principaux ne sont pas beaucoup plus épargnés que les autres, et peuvent mourir à tout moment : une des hantises de l'annaliste est d'oublier de mentionner un décédé, ce qui équivaudrait à un oubli total de son existence.
La Compagnie est en constante évolution : à la suite de leur engagement dans les rangs de la Dame, ils vont connaître une grande décroissance, et presque l'extinction à certains moments. On assiste donc à un véritable combat pour sa survie. Les différents cycles se déroulant sur de nombreuses années, l'annaliste change de temps en temps, mais le style de l'auteur reste sensiblement le même, tout en personalisant un peu le récit en fonction des préoccupations et passé de l'analyste (Toubib a une activité de soldat-médecin, La Dame de sorcière déchue à la recherche de son pouvoir, le porte étendard plus jeune, un peu mis à l'écart...)


Ces éléments font de cette série une œuvre originale dans un domaine habituellement très balisé.
Au final ce cycle restera pour moi une aventure à part dans le domaine de la fantasy. Une découverte de la "Dark Fantasy" et un cycle de référence. Pour qui serait effrayé par la longueur les 4 premiers volumes peuvent se suffire à eux mêmes.

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