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Frederick Forsyth 1 jour 1 auteur article 16

Frederick Forsyth 1 jour 1 auteur article 16

Toujours dans le même registre d'espionnage et dans les rayonnages de la bibliothèque municipale, je découvris un autre auteur, anglais celui-là et avec lequel j'avais un lien sans le savoir (lequel? réponse en fin de cet article... teasing... mais pas d'illusion ce n'est rien d'extraordinaire, juste un petit hasard de l'existence).

La biographie de l'auteur est déjà presque un roman d'aventure à elle seule:

Frederick Forsyth, né le 25 août 1938 à Ashford dans le Kent, est un journaliste et romancier britannique
Frederick Forsyth fait sa scolarité à la Tonbridge School, puis à l'Université de Grenade, en Espagne. Au cours de son adolescence, de longs séjours dans des familles françaises (entre 1948 et 1951), allemandes (en 1952 et 1953) et espagnoles (1956) lui permettent de parler couramment ces trois langues au point de pouvoir facilement passer pour un Français, un Allemand ou un Espagnol. Il a aussi une bonne connaissance de la langue russe, ce qui lui a permis, par la suite, d'espionner des conversations dans des cafés.
Grâce à une dérogation obtenue par son père, il s'engage à 17 ans et demi dans la RAF. À 19 ans, il est le plus jeune pilote certifié de la RAF. Il quitte l'armée de l'Air britannique en 1958.


Après un apprentissage de deux ans dans un journal régional, l'Eastern Daily Press à Norwich, il rentre en 1961 à l'agence Reuters. Grâce à sa parfaite maîtrise du français et de l'allemand, il est nommé correspondant de l'agence à Paris puis à Berlin-Est.
En 1964, il quitte précipitamment l'Allemagne de l'Est après avoir découvert que sa nouvelle petite amie n'était autre que la maîtresse du ministre de la Défense.
En 1965, il entre à la BBC, d'abord comme reporter radio, puis TV, et en 1966, comme correspondant diplomatique.
De juillet à septembre 1967, contre sa volonté, on l'envoie couvrir la guerre du Biafra. Ce qu'il découvre sur place de la situation n'a rien à voir avec ce que lui avaient décrit les responsables de la BBC. Accusé de partialité envers la cause séparatiste biafraise, il quitte la BBC. Il retourne en journaliste free lance au Biafra, où il devient ami avec le général Odumegwu Emeka Ojukwu, le chef de l'Etat biafrais autoproclamé. En 1982, il écrira une biographie de ce politicien. En 1968, la situation politique du Biafra ne connaissant pas d'avancées, il visite Israël où il rencontre David Ben Gourion, Ezer Weizman, Moshe Dayan. Puis il retourne au Biafra où, toujours en tant que journaliste indépendant, il accompagne diverses opérations militaires biafraises, parfois au péril de sa vie. En 1969, il publie l'ouvrage The Biafra Story.
À court d'argent, il se lance dans l'écriture d'un roman inspiré des attentats manqués contre De Gaulle, auquel il songe depuis son séjour à Paris. Il le finit en quelques semaines mais, pendant un an, essuiera refus sur refus de la part des maisons d'édition jusqu'à ce qu'il rencontre, au cours d'une soirée chez des amis, son futur éditeur. Son premier roman, Chacal (1971), devient un best-seller et sera adapté au cinéma par Fred Zinnemann en 1973.
Son éditeur lui demande d'écrire deux autres romans. En deux jours, Frederick Forsyth lui présente les projets de Le Dossier Odessa (sur les criminels de guerre nazis) et Les Chiens de Guerre (sur les mercenaires durant la guerre au Biaffra).


Pour la rédaction de ses romans, il enquête de façon approfondie et se rend dans les pays où se joue l'intrigue afin de donner à ses histoires le maximum de réalisme. Ses écrits, qui s'appuient sur des faits réels, sont remarquablement bien documentés et mêlent habilement la réalité et la fiction en citant ou décrivant souvent des événements ou des personnages réels. A ce titre, il est vu, par certains, comme un des précurseurs du techno-thriller comme le deviendra ensuite Tom Clancy.
Pour Les Chiens de Guerre, il infiltre à Hambourg les milieux du trafic d'armes sous une fausse identité, avant que la photo au dos de la version allemande de Chacal ne trahisse sa véritable identité et l'oblige à interrompre son investigation précipitamment.
Au cours de l'été 1973, le contre-espionnage britannique lui demande d'effectuer un échange de « courrier » avec un agent double à Dresde, en Allemagne de l'Est. Il utilisera cette expérience insolite dans plusieurs de ses romans.
Passionné par la diplomatie et les services secrets, il a écrit 13 romans qui ont été traduits dans 36 langues.
En désaccord avec la politique d'Harold Wilson, il quitte l'Angleterre pour l'Espagne en janvier 1974, puis à Noël de la même année, il émigre en Irlande, où il restera cinq ans, avant de revenir habiter en Angleterre.
Il intervient ponctuellement dans les médias sur des questions politiques ou de société. Fervent partisan de la monarchie britannique, Forsyth est classé parmi les conservateurs eurosceptiques : il a notamment qualifié l'Union européenne « d'enculerie intégrale » lors d'une interview donnée en mai 2016 au quotidien français Les Echos.
Pour ses recherches sur son avant-dernier roman, Le Cobra, en Guinée-Bissau, il tombe en plein milieu d'un coup d'état avec assassinat du président en exercice. Pour son dernier roman, The Kill List, alors qu'il enquête à Mogadiscio en Somalie, un pays à très haut risque, il se fait accompagner, pour la première fois de sa carrière, d'un garde du corps, un ancien des Forces Spéciales britanniques et de quatre soldats somaliens armés. Ce dernier roman a été publié en France en juin 2015.


Après la publication de The Kill List, son épouse lui dit que, à 75 ans, il devient trop vieux pour prendre de tels risques. Elle le menace même de divorcer s'il persiste. Forsyth admet qu'elle a raison et, ne voulant pas publier de roman en se contentant de simples recherches sur Internet, il décide d'arrêter l'écriture et écrit son dernier opus, ses mémoires, The Outsider. Cet ouvrage a été publié en mai 2016 aux éditions Albin Michel

Moins d'action et de discours que dans Ludlum, mais des histoires taillées au cordeau et pleines d'enseignements sur le fonctionnement des appareils politiques et des services de renseignement de différents pays.

Voici quelques uns de mes préférés dans la liste de ses excellents romans:

Chacal (The Day of the Jackal, 1971):

En 1962, après l'échec de l'attentat contre le général Charles de Gaulle au Petit-Clamart : les forces de sécurité françaises mènent une guerre opiniâtre contre les terroristes de l'OAS, un groupe d'extrême droite qui considère le président français comme un traître depuis l'octroi de l'indépendance à l'Algérie. Les services secrets infiltrent cette organisation et neutralisent son chef, Antoine Argoud.

L'adjoint d'Argoud, Rodin, examine les quelques options qui lui restent et conclut que le seul moyen de réussir à assassiner De Gaulle est d'embaucher un assassin professionnel inconnu à la fois des autorités françaises et de l'OAS elle-même. Après enquête, il prend contact avec un Anglais (dont le nom n'est pas précisé), qui rencontre Rodin et ses deux principaux adjoints à Vienne et accepte le contrat pour la somme d'un demi-million de dollars. Les quatre hommes se mettent d'accord sur le nom de code du tueur : « le Chacal ».


2 adaptations cinéma notables:
1973 "le chacal" par Fred Zinneman avec Edward Fox


1997 "Le chacal" réalisé par Michael Caton-Jones, avec Bruce Willis et Richard Gere. Le film est librement inspiré du roman, avec un assassin sans nom embauché par la mafia russe pour tuer une personnalité haut-placée des États-Unis. Cependant, il y a quelques autres points communs, et Zinnemann et Forsyth ont fait pression pour faire changer le titre du film afin de le dissocier du roman.


L'Alternative du Diable (The Devil's Alternative, 1979):
Le livre raconte une série d'événements n'ayant apparemment aucun rapport entre eux et qui vont conduire Bill Matthews, le président des États-Unis pendant la guerre froide, au plus terrifiant des dilemmes : l'Alternative du Diable.


Le Quatrième Protocole (The Fourth Protocol, 1984)
Le Quatrième Protocole est un accord secret passé entre les Occidentaux et l'Union soviétique afin de ne jamais se servir de l'arme nucléaire sur les territoires de l'Europe de l'Ouest ou de l'Est. Cet accord est sur le point d'être rompu par le premier secrétaire du Parti communiste soviétique, afin de faire changer le Royaume-Uni de camp. Seul l'agent britannique John Preston a une chance de déjouer le formidable complot.


Le Négociateur (The Negotiator, 1989)
Ce roman met en scène un projet de désarmement mutuel entre les États-Unis et l'Union soviétique que le complexe militaro-industriel américain va s'efforcer de torpiller. Pour arriver à leurs fins, les conjurés fomentent un coup d’État en Arabie Saoudite tout en faisant enlever le fils du président des États-Unis. Ce dernier s'adresse à un négociateur atypique du nom de Quinn.


Le Manipulateur (The Deceiver, 1991)
4 histoires de la guerre froide reprenant les plus emblématique missions d'un agent Sam McCready. Desinformation et espionnage à travers le monde. McCready devant s'expliquer sur ces missions pour se disculper d'un soupçon auprès de sa hierarchie.


Le Poing de Dieu (The Fist of God, 1994)
Ce roman a pour cadre la Guerre du Koweït (1990-1991) et raconte l'infiltration en territoire ennemi du major du SAS Mike Martin, afin de déjouer les projets secrets et terrifiants du régime irakien. Une plongée dans le Koweït occupé, le parti Baas de Saddam Hussein, les sables saoudiens et dans Bagdad pendant la guerre. Moins d'espionnage, plus d'action militaire et de sabotage que dans les autres romans.


Icône (Icon, 1997)
Ce roman a pour cadre la Russie post-soviétique de 1999. Les services secrets occidentaux découvrent les plans secrets d'Igor Komarov, ultra nationaliste favori des prochaines élections russes. Son programme secret : expansionnisme militaire et épuration ethnique de masse. La CIA confie à son meilleur agent, Jason Monk, le soin de changer le cours de l'histoire. Un excellent scénario assez retors avec une fin qui va emboiter toutes les oièces du puzzle que l'on n'a pas vu venir...


Me restent à lire L'afghan, Kill List et Cobra. J'ai moins aimé Le vengeur paru en 2003 où je n'ai pas retrouvé ce que j'aimais chez Forsyth. J'espère que les 3 suivants seront meilleurs.
Il existe aussi des recueils de nouvelles. L'excellent Sans Bavures recueil de 10 nouvelles policières vraiment bien ficelées. Le vétéran, recueil de 5 nouvelles qui ne m'a pas vraiment convaincu.

 

Alors, quel peut bien être mon lien avec cet anglais?

Dans Chacal, au cours de l'histoire, le tueur est en fuite. Le Chacal entre en France par l'Italie, au volant d'une Alfa Romeo. Sur réception d'un message d'un agent de l'OAS, les Français sont alertés. La police tente de l'appréhender dans le Midi, mais le Chacal se réfugie dans le château d'une femme qu'il a séduite quand, la nuit précédente, elle séjournait dans le même hôtel que lui. Ce château est situé quelque part en Corrèze, a proximité d'Egletons, à l'écart d'une petite bourgade campagnarde. (Le chacal ira ensuite prendre le train à Tulle pour gagner Paris sans risquer des barrages routiers).

En lisant un article sur Forsyth il y a quelques années, et en lisant récemment sa biographie, j'ai pu situer ce château. Comme il est expliqué dans la biographie de l'auteur, ses parents l'ont envoyé apprendre le français par des séjours de vacance dans une famille française. Sa ville natale commençant par un A était jumelée à une commune du Nord commençant par un A soit Arras . Il partit donc dans la famille d'un médecin qui...possédait une maison de vacance à Lamazière-basse, près d'Egletons. Commune de naissance de mon grand-père maternel dont le père (mon arrière grand-père) était employé dans le "château" (une grosse demeure bourgeoise) d'une famille propriétaire de terres, bois et étangs sur la commune. Je pense donc que c'est de cette demeure que Forsyth s'est inspiré dans son roman.

 

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