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Bartoy Mitchell: La marionette du diable

  la marionette du diable

L'histoire:

Detroit, 1943. La capitale du Michigan vit ses dernières heures de calme avant la tempête : les tensions raciales qui divisent la ville sont sur le point de tourner à l'émeute. Et au milieu de tout ce merdier, le cadavre mutilé d'une jeune nantie, et un inspecteur borgne qui n'a rien demandé, surtout pas à être là.

«Brutal, hard-boiled et sans temps mort, la marionnette du diable est un premier roman stupéfiant.»
Jason Starr

 

Mon avis:

Ne pouvant résister à une librairie ou un rayon de livre, j'ai trouvé cet ouvrage dans un stock de livres d'occasion et ainsi découvert la collection "Hard case Crime" des editions j'ai lu qui recense "le meilleur du roman noir des années 50 à nos jours[...] la crème des auteurs hard boiled d'hier et de demain".

Le roman se déroule du 10 juin au 11 juillet 1943 à Detroit. La ville a bénéficié de la guerre qui la transforme petit à petit en capitale de l'industrie d'armement américaine pour fournir l'armée en europe. Mais cette industrialisation va de pair avec un afflux d'ouvriers noirs (les "négros" ainsi qu'on les nommait à l'époque) qui furent les boucs émissaires de toutes les turpitudes comme le sont depuis toujours les populations immigrées partout dans le monde et qu'on parquait ensemble dans des quartiers stigmatisés (heureusement on n'en est plus là...Pas sur? vous croyez?ah bon...).

Le "héros" est un flic comme dans tout polar hard boiled qui se respecte (ou sinon c'est un privé) moralement border line, pas forcément intelligent, pas forcément sans reproche, ne s'aimant pas beaucoup. En plus l'auteur l'a crédité d'un oeil en moins et d'une main mutilée. Il patauge dans sa vie privée, gérant mal son amour pour sa belle soeur (veuve, le frère de Caudill est mort) teinté de culpabilité, et fraichement promu inspecteur il ne brille pas par ses capacités d'enquêteur ou son humour comme un Marlowe ou un Sam Spade.

Je ne mettrait pas ce roman au niveau de ceux de Chandler que je trouve plus prenants, mais l'ambiance noire et malsaine est là. Comme un Ellroy nous racontant L.A. noire, Bartoy nous raconte Detroit la nouvelle riche raciste et corrompue avec ses flics qui ne sont guère plus honnêtes que ses voyoux et un personnage un peu paumé mais coriace qui va provoquer plus que maitriser l'explosion des tensions en menant son enquête.