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Lamontagne jacques: Shelton et Felter: La mort noire

Reçu dans le cadre de MASSE CRITIQUE grace au site BABELIO en partenariat avec l'éditeur KENNES EDITIONS

L'histoire: Boston, 1924. S’il ne s’était un jour méchamment déboîté l’épaule pendant un combat de boxe, Isaac Shelton exercerait probablement aujourd’hui encore son métier de débardeur sur les quais. Mais contraint à se reconvertir, c’est en qualité de journaliste à la pige qu’il fait la connaissance de Felter, petit libraire passionné de littérature policière. Le premier est athlétique et plutôt beau garçon (si ce n’est un vilain nez cassé, autre souvenir de combat); le second est doté d’un puissant sens de l’observation et d’un esprit d’analyse hors du commun (qualités contrebalancées par un tempérament hypocondriaque et une multitude de tocs). Animés pour l’un par le besoin de décrocher un scoop rémunérateur et pour l’autre par l’envie de ressembler à ses héros littéraires, les deux compères vont s’associer afin de tenter de faire la lumière sur une série de meurtres insolites.

Mon avis: Un duo d'enquéteurs hétéroclite dans le Boston de la prohibition, confronté à des meurtres mystérieux. Surnaturel? Vengeance en lien avec un ancient drame meurtrier (et historique)? On retrouve dans l'histoire les classiques d'Agatha Christies ou de Sherlock Holmes. Comme Sherlock le libraire Felter est un fin observateur et un surdoué en logique ce qui lui permet de résoudre des enigmes en apparence insolubles. Shelton lui, ce sont les muscles (le boxeur a de beaux restes quand il le faut) et la motivation (il a trop besoin d'argent pour ne pas boucler l'enquête). Duo mal assorti donc, aux motivations très différentes faisant naitre de petits antagonismes. Tel Holmes et Watson, les deux detectives amateurs vont enquéter et tenter de résoudre l'affaire. Deux personnages biens incarnés avec leurs particularités, leurs prises de bec. Pas des héros sans faille, leurs plans sont parfois entravés, le fait de ne pas être policiers leur ferme des portes...Coté scénario, un sans faute donc.

Coté dessin, un représentation semi réaliste. Au vu du cahier graphique intégré à cette première édition, le projet d'origine avec un autre dessinateur bien moins réaliste aurait donné un résultat moindre à mon sens. Mais comme d'habitude je ne donne qu'un ressenti subjectif sur le dessin et j'invite les potentiels lecteurs à se faire une idée du graphisme sur une planche donnée à titre d'exemple

Lamontagne jacques: Shelton et Felter: La mort noire

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Beauverger Stephane: Le Déchronologue

Beauverger Stephane: Le Déchronologue

L'histoire: Au XVIIe siècle, sur la mer des Caraïbes, le capitaine Henri Villon et son équipage de pirates luttent pour préserver leur liberté dans un monde déchiré par d'impitoyables perturbations temporelles, Leur arme: le Déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps. Qu'espérait Villon en quittant Port-Margot pour donner la chasse à un galion espagnol? Mettre la main, peut-être, sur une maravilla, une des merveilles secrètes, si rares, qui apparaissent quelquefois aux abords du Nouveau Monde. Assurément pas croiser l'impensable: un Léviathan de fer glissant dans l'orage, capable de cracher la foudre et d'abattre la mort! Lorsque des personnages hauts en couleur, au verbe fleuri ou au rugueux parler des îles, croisent objets et intrus venus du futur, un souffle picaresque et original confronte le récit d'aventures maritimes à la science-fiction. De quoi être précipité sur ces rivages lointains où l'Histoire éventrée fait continûment naufrage, où les marins affrontent tous les temps. Car avec eux, on sait: qu'importe de vaincre ou de sombrer, puisque l'important est de se battre!

Mon avis: Si la SF s'invite au travers de brèches temporelles dans la mer des caraïbes de 1640, l'essentiel du récit est très proche d'une histoire de La Flibuste. Une histoire parfaitement contée très immersive et peuplée de personnages hauts en couleurs. On s'y ennivre de Tafia, on navigue de port en port des Antilles au bresil et au Yucatan, on combat les Espagnols... Pirates, corsaires, Boucanniers, tous les personnages sont là. L'ombre du massacre de La Rochelle lors du siège opposants catholiques et protestant hante le Capitaine Villon.

La présence de plus en plus importante d'objets merveilleux (les "maravillas") venus du futur (car une boite de conserve ou une simple lampe torche sont des merveilles pour les populations de cette époque) pimente l'histoire. La présence de mystérieux étrangers venus eux aussi du futur dans un but inconnu nous incite à lire plus loin.

Tout est presque parfait, mais alors pourquoi? POURQUOI? l'auteur a-t-il décidé de nous présenter son histoire en mélangeant les chapitres? Pour illustrer un chaos temporel? un esprit perdu dans cette confusion des dates comme l'est parfois le capitaine Villon?

Car c'est lui le narateur de ses aventures. Il commence à écrire en 1653 proche de la destruction de son navire voulant nous conter son histoire. Parfait. Cette histoire commence en 1640 au chapitre 1. Jusqu'ici rien de très perturbant. Mais ensuite on passe au chapitre 16 et 17 situés en 1646 pour revenir au chapitre 6 qui se déroule en 1640...etc.

Dans son préambule Villon nous déclare "Que le lecteur ose pardonner les effronteries et le grand désordre régnant dans ces cahiers, mais ma mémoire n'est plus ce qu'elle était, ni le temps ce qu'il parait..." OK. Mais comme on est censé lire ces "cahiers" après leur découverte par une tierce personne, pourquoi ne les a t'il pas remis dans l'ordre? Et si encore le récit était un peu cahotique sautant d'une date à l'autre et revenant en arrière pour expliquer une événement omis. Mais pas du tout. Lu dans l'ordre numérique les chapitres formeraient un roman cohérent sans aucune perturbation.

Pour moi ce mélange, sans doute choix littéraire de l'auteur, dessert le roman. Le lire chronologiquement aurait facilité la lecture sans amoindrir l'interet ou le suspens. Et ce désordre a pour ma part généré un sentiment d'inconfort, demandant à chaque début de chapitre une réflexion pour situer l'histoire par rapport au précédent.

Très bon livre donc . Mais que je recommanderai de lire dans l'ordre de numérotation des chapitres et non dans celui de la publication. Quand à ceux que l'aspect SF ou histoire temporelle effraie, l'évocation d'aventures pirates est bien plus prégnant que les détails de SF ou  de paradoxes temporels. Même un néophite en SF y trouvera du plaisir je pense.

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Hamilton Edmond: Capitaine Futur L'empereur de l'espace

Hamilton Edmond: Capitaine Futur L'empereur de l'espace

L'histoire: Il y a Simon Wright, dit le Cerveau, ce qu’il est, littéralement, et dans un bocal de sérum : un scientifique exceptionnel. Et puis Grag, la montagne de fer indestructible dotée d’outils intégrés étonnants. Sans oublier Otho, l’androïde synthétique, spécialiste du combat rapproché, de l’infiltration et du camouflage. Ils sont les Futuristes, la plus stupéfiante association qui puisse s’imaginer. Et enfin il y a celui qu’ils ont élevé, celui qu’ils ont juré de protéger, celui qui est devenu leur leader : Curt Newton, le géant roux, le sorcier de la science doté d’un esprit hors normes, infatigable justicier connu des peuples du Système sous le nom de capitaine Futur.
Tous quatre veillent sur les neuf mondes et au-delà, attentifs, depuis leur base lunaire à l’emplacement secret.
Or un fléau court à travers le Système solaire, une épouvantable pandémie derrière laquelle semble se tapir un mystérieux criminel, l’empereur de l’Espace. Il n’est alors qu’un seul recours : celui du capitaine Futur ! Les tuyères du Comète, le formidable vaisseau des Futuristes, crachent déjà la puissance de l’atome : l’empereur de l’Espace n’a qu’à bien se tenir !

Mon avis: Pour les connaisseurs du personnage, inutile de préciser à la lecture du résumé les personnages sont suffisamment ressemblants. Pour les autres, ce "Capitaine Futur" a été popularisé au Japon et en France par un animé des années 80 sous le nom de "Capitaine Flam".

Ecrite entre 1940 et 1951, la série de romans "pulp" de Capitaine Futur reprend tous les standards de l'époque. A l'instar des Buck Rogers, Flash Gordon mais surtout je trouve "Doc Savage". Car comme lui, Curt Newton est un athlète doté d'un brillant esprit scientifique qui, avec son équipe de spécialistes, va secourir la veuve et l'orphelin (en l'occurrence plutôt le système solaire) dans une quête de justice transmise par ses défunts parents victimes de la cupidité humaine. Vu d'aujourd'hui cela fait bébête et déjà vu, mais c'était le standard des héros de l'époque. De même l'aspect scientifique et SF est à considérer en regard de son époque d'écriture. Certains aspects pourront donc prêter à sourire au vu des connaissances actuelles.

Pour les fans du capitaine Flam, le jeu peut aussi consister à répertorier les différences entre le roman et son adaptation en animé. Car si le scénario de l'animé reprend l'histoire de ce roman, il y a bien eu adaptation et "actualisation" de l'histoire à l'époque. Ainsi le Capitaine Flam s'envole vers les confins de l'espace et la planète Mégara là où le capitaine Futur voyage simplement jusqu'à Jupiter qui est une planète habitable...

Pour ma part je suis satisfait d'avoir découvert l'origine d'un personnage qui a marqué mon enfance. Mais le fait que l'histoire soit strictement identique au scénario de l'animé et le coté héros à l'ancienne du personnage principal ont un peu terni le plaisir de lire cette aventure.

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Brival Roland: Sato san, le maitre des corsets

Reçu dans le cadre de MASSE CRITIQUE merci à l'éditeur MERCURE DE FRANCE et au site BABELIO pour cette découverte

L'histoire: Il est des enfances dont l'on n'oserait rêver, comme celle de Shiro Sato. Grandir à Osaka dans l'intimité d'une mère dont les talents de couturière, experte en l'art des corsets, sont la cause d'un incessant ballet de femmes venues essayer leurs somptueux articles. L'expérience, il est vrai, a de quoi fasciner un jeune garçon à l'imagination débordante. Initié à son tour à l'art des couleurs, de la coupe et de la broderie, il sera un élève brillant. Mais, à côtoyer tous les jours des femmes à demi nues, il découvrira que, pour chaque homme, le plus difficile est encore d'apprendre à maîtriser ses désirs. Et cela d'autant plus que, dans le Japon des traditions millénaires, le raffinement et la cruauté voyagent souvent de concert...

Mon avis: Le narrateur est envoyé par sa femme prendre une commande d'une amie dans une boutique. Il y rencontre Mr Sato, un vieux japonais avec qui il sympathise. Ce dernier va lui raconter sa vie et notre narrateur va a son tour nous resumer l'histoire particulière de cet homme qui débute au Japon avant la deuxième guerre mondiale pour s'achever à Paris de nos jours.

C'est à la fois l'histoire d'un jeune garçon qui va trouver sa vocation dans une activité singulière pour un homme. C'est aussi un récit de transmission entre une mère et son fils. C'est enfin un récit initiatique à la recherche de l'excellence dans une activité manuelle qu'il va transformer en art.

Je dirais que tout cela est très "japonais" dans l'esprit. Par la description de l'enfance tout d'abord, dans ce Japon d'avant guerre où les bassins abritent des carpes Koï, où l'on crée des teintures de tissus comme on peindrait des tableaux...etc. Par les codifications des relations (homme/femme, femmes mariées dans des mariages arrangés...etc.) et sans doute un Japon un peu fantasmé dans l'atmosphère un peu "érotique" qui baigne la vie de Mr Sato. Il est vrai que pour un homme travailler à vétir des femmes de corset est une situation bien à même de générer de troublantes situations.

Mais l'art exige des sacrifices et Mr Sato va devoir en faire (de douloureux et définitifs) pour parvenir au sommet de son art.

Une histoire très agréable qu'on lit sans ennui. J'ai eu un sentiment de réalisme relatif car j'ai parfois eu l'impression d'être plus dans une situation fantasmée et érotisée plus que réelle. Mais l'ensemble reste un livre plaisant, facile à lire.

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Aaronovitch Ben: Les rivières de Londres (Le dernier apprenti socier tome 1)

Aaronovitch Ben: Les rivières de Londres (Le dernier apprenti socier tome 1)

L'histoire: L'agent Peter Grant ne croyait pas aux fantômes, jusqu'au jour où un étrange personnage lui affirme avoir assisté au meurtre sur lequel il enquête. Un témoin providentiel... S'il n'était mort depuis plus d'un siècle !
Et Peter n'est pas au bout de ses surprises : recruté par l'énigmatique inspecteur Nightingale, il intègre l'unité de la police londonienne chargée des affaires surnaturelles.
Au programme, traquer vampires, sorcières et autres créatures de la nuit ; faire respecter les divers accords passés entre les forces occultes de Londres ; réconcilier les divinités qui se partagent la Tamise, sans devenir esclave de leurs charmes ; et bien sûr apprendre le latin, le grec ancien et une montagne d'incantations bizarres et pour le moins rébarbatives.
Peter doit en passer par là, s'il veut un jour devenir à son tour le dernier sorcier de Londres...

Mon avis: Pour qui sera familier d'urban fantasy ou de mélanges d'univers, les sensations de "déjà vu" seront récurrentes. Ici on s'magine dans Torchwood, ici dans X-Files, là dans Harry Potter ou sanctuary. D'ailleurs l'auteur n'hésite pas à évoquer certaines de ces oeuvres dans son texte.

L'histoire nous est donc contée par Peter Grant qui va se découvrir sensible à la magie et devenir l'apprenti d'un sorcier-policier en charge des êtres magiques de ce monde.

Au départ Peter dit ne pas croire à la magie et au surnaturel, pourtant il ne remet guère en question les révélations de Nightingale, ce qui m'a semblé un peu antinomique. Sinon la magie ressemble assez à Harry Potter (on apprend les sorts, on s'entraine à les controler, ils ont des noms dérivés du latin et les connaissances magiques sont gardées dans des livres écrits au fil du temps par d'autres magiciens) si ce n'est qu'il n'y a pas d'école mais simplement un apprentissage avec un maitre.

Les magiciens vivent dans un "manoir" avec une gouvernante étrange (on pense au manoir Wayne avec le brave Alfred ou à celui du Docteur Strange avec Wong).

Les créatures magiques, elles (celles de ce roman en tout cas), sont originales et très reliées à Londres. L'aventure d'ailleurs se déroule principalement dans les rues de Londres et nous font parcourir une partie de la capitale Britannique.

Un premier tome en demi-teinte pour moi: pas désagréable à lire, avec ses originalités, mais pas super enthousiasmant non plus. S'agissant d'un premier tome je vais continuer avec la suite, la mise en place de l'univers et des personnages ayant parfois pour conséquence de rendre les débuts de saga moins passionnants que leur suite.
 

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Celestin Ray: Masquarade

tous les livres sur Babelio.com

Reçu dans le cadre de MASSE CRITIQUE en partenariat avec BABELIO et l'éditeur LE CHERCHE MIDI

L'histoire: 1928. Chicago est la cité de tous les contrastes. Du ghetto noir aux riches familles blanches, en passant par la mafia italienne tenue par Al Capone, la ville vit au rythme du jazz, de la prohibition et surtout du crime, que la police a du mal à endiguer. C’est dans ce contexte trouble qu’une femme appartenant à l’une des plus riches dynasties de la ville fait appel à l’agence Pinkerton. Sa fille et le fiancé de celle-ci ont mystérieusement disparu la veille de leur mariage. Les détectives Michael Talbot et Ida Davies, aidés par un jeune jazzman, Louis Armstrong, vont se charger des investigations.
Au même moment, le corps d’un homme blanc est retrouvé dans une ruelle du quartier noir. Le meurtre en rappelle un autre à Jacob Russo, photographe de scènes de crime, qui décide de mener son enquête.
Quel est le lien entre ces deux affaires ? Y a-t-il un rapport avec le crime organisé ? Car la vieille école d’Al Capone et de la contrebande d’alcool est menacée par de jeunes loups aux dents longues qui, tels Lucky Luciano ou Meyer Lansky, n’hésitent pas à se lancer dans le trafic de drogue.

Mon avis: Avant de parler de l'histoire je vais évoquer 2 choses qui participent à l'intéret et au plaisir d'une lecture. L'objet tout d'abord: Couverture bleu à écriture dorée, sobre mais très joli. Une édition très réussie donc à mon sens.

Ensuite je vais évoquer l'ambition de l'auteur: faire une série de roman conçus selon le principe de l'oulipo c'est à dire que chaque volume se déroulera dans un lieu et pendant une saison différente et sera construit en lien avec un morceau de musique. Ces exercices conceptuels sont très interessants mais peuvent parfois se faire au détriment de l'histoire. Heureusement ce n'est pas le cas ici.

Pour lier ses romans entre eux, Ray Celestin s'appuie sur l'histoire de 3 personnages récurrents. Et l'un de ses personnages est un homme réel en lien avec la musique de l'époque, Louis Armstrong. Après un premier volume ayant eu pour cadre la nouvelle Orléans au printemps, celui ci commence par le trajet de Louis vers Chicago dans un prologue qui nous fait découvrir le voyage en train des "hommes de couleurs" de l'époque. Après ce prologue, bond de quelques années en avant. Chicago, été 1928, la prohibition, le jazz dans les quartiers noirs, toujours un fond de racisme et de ségrégation même si elle est moins prégnante que dans le bayou, et l'arrivée de la drogue que les vieux Mafieux (comme Capone) refusent.

Nous allons suivre en alternance 3 enquêtes.

La première sera celle de deux detectives de la célèbre agence Pinkerton:

Ida est une femme et elle est noire, c'est une amie de Louis Amstrong. Mickael, ancien flic de la nouvelle Orléans est blanc mais marié à une noire. Une enquête leur est confiée pour retrouver une jeune fille disparue. Personnages récurrents eux aussi, leurs particularités permet d'évoquer les problématiques raciales de l'époque et de fréquenter à la fois la haute société (via leur employeur) et les quartiers noirs (où ils vivent).

Deux autres personnages non récurents font aussi des enquêtes: Jacob, un photographe d'identité judiciaire, flic dans l'ame mais dont la jambe blessé l'a empéché de rentrer dans la police. Et Dante, natif de Chicago, exilé à New York, drogué et rappelé par Capone pour enquêter sur une tentative de meurtre.

Au final, les trois enquêtes vont se rapprocher et finir par s'entrecouper.

Un livre plaisant à lire, qui ne fait pas l'économie d'une intrigue ni de personnages interessants et attachants pour nous présenter une ville et une époque avec une précision historique. Honnête, l'auteur explique même en postface les libertés qu'il a pris avec la réalité historique pour pouvoir construire le roman.

Une belle découverte qui m'a donné envie de découvrir le précédent roman (Carnaval) et les suivants (le prochain sera à New York en automne).

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Sansal Boualem: 2084 la fin du monde

Sansal Boualem: 2084 la fin du monde

L'histoire: L'Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l'amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions. Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l'existence d'un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion.

Boualem Sansal s'est imposé comme une des voix majeures de la littérature contemporaine. Au fil d'un récit débridé, plein d'innocence goguenarde, d'inventions cocasses ou inquiétantes, il s'inscrit dans la filiation d'Orwell pour brocarder les dérives et l'hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les démocraties.

Mon avis: Hommage au 1984 de Georges Orwell, le récit se construit de façon classique avec un personnage qui commence à se questionner et finit par remettre en question toutes les certitudes qu'on a voulu lui inculquer depuis toujours.

Ici le "big brother" est un état fondé sur une religion totalitaire. Allusion non voilée à un islam radical qui s'érige en dogme politique autant que religieux. Yölah est tout puissant et ses paroles ne peuvent souffrir aucune mise en doute. En son nom ses représentants sont tout puissants et chacun se doit de dénoncer les actes "non conforme" de son prochain (voisin, famille...). Mais derrière cette façade ultra codifié les dirigeants ont une vie très éloignée des préceptes qu'ils prêchent.

Un livre intéressant par son thème même s'il n'apporte pas vraiment de connaissance mais plutôt une vision crédible de ce que doit être un état régis selon les préceptes d'une autorité "religieuse" extrémiste.

On suit la quête d'Ali et ses désillusions avec intérêt. Mais il s'agit avant tout d'un exercice spéculatif, il ne faut donc pas s'attendre à une intrigue de polar très active ou tendue. A réserver à ceux qui ont apprécié 1984 d'Orwell ou à ceux qui veulent se plonger dans ce monde -encore- fictif d'une dictature religieuse ayant réussi à faire table rase du passé.

Le titre "la fin du monde" s'expliquera dans la conclusion du livre

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Wicquart Manuel: L'arche des lumières

Reçu dans le cadre de MASSE CRITIQUE grâce au site BABELIO et à l'éditeur LE PEUPLE DE MU

L'histoire: Alors que Franz Lieber s’apprête à effectuer le transfert du vieux Cholls depuis le quartier des Anciens jusqu’au Centre de régulation démographique, des avis de recherches apparaissent sur son écran. Le service théologique sollicite son équipe pour appréhender deux terroristes de l’organisation Gaïa infiltrés dans la cité. Cette requête inhabituelle entraînera Franz, épaulé par ses deux collaborateurs Sarah et Bobo l’Empailleur, vers une destinée chaotique où les certitudes et la morale acquises perdront toute signification.

L’Arche des Lumières est un roman d’anticipation qui nous plonge au cœur d’une société théocratique qui a su résoudre les conflits entre les hommes et la planète mère. Mais ce pouvoir autoritaire, légitimé par un état d’urgence planétaire, saura-t-il contenir durablement l’instinct de liberté de notre espèce ?

Mon avis: Comme tout roman de SF tel que je le conçois, celui-ci nous offre un univers futur issu d'une dérive de notre univers actuel. Il explore ce que peut engendrer l'homme exposé à des catastrophes qui aura tendance à se réfugier vers un nouvel ordre offert, une nouvelle religion (quelle que soit le dogme du moment qu'elle lui promet de résoudre ses problèmes)

Classiquement, tout commence par un homme qui représente la nouvelle société et même qui participe à son fonctionnement. Franz est une sorte de policier qui va vite être confronté aux petits grains de sable qui vont faire s'effriter ses croyances. Et inévitablement, plus ses croyances vacillent, plus il s'interroge, note des failles dans cet univers qu'il acceptait jusqu'ici et plus il devient un dangereux contestataire en puissance. De policier il va devenir criminel pourchassé.

Franz va tout d'abord accepter un livre relatant la construction de cette nouvelle société, ce qui va nous permettre en lisant cet ouvrage interdit de comprendre comment le monde a changé depuis notre époque, selon quels idéaux et ce qui a amené la société vers ce qu'elle est devenue à l'époque de Franz.

Parrallélement, le travail de Franz pour rechercher les terroristes va l'amener à découvrir des choses que les autorités voudraient cacher.

Le récit est habilement mené et permet de lire sans ennui toute l'histoire. La fin est même inattendue et très bien imaginé.

Un premier roman assez réussi dans une tradition de SF "classique", plutôt dystopique et sobre.

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Mills Mark: En attendant Doggo

Mills Mark: En attendant Doggo

Reçu dans le cadre d'une opération MASSE CRITIQUE spéciale foire du livre de Brive la gaillarde avec le site BABELIO, assortie d'une rencontre avec l'auteur et l'éditeur (Belfond)

L'histoire:

Dire de Dan qu'il traverse une mauvaise passe serait très en dessous de la réalité : alors qu'il vient de perdre son boulot, sa petite amie lui annonce qu'elle le quitte. Cerise sur le cupcake, elle lui laisse Doggo, le chien le moins sexy que la Terre ait porté, mélange inédit de labrador et de pékinois.

Malgré leur méfiance réciproque, l'un et l'autre ont un point commun : leur profonde solitude. Et tandis que Doggo révèle peu à peu d'improbables charmes, dont un étonnant capital sympathie, assorti d'une inexplicable fascination pour l'actrice Jennifer Aniston, Dan, lui, fendille sa carapace de trentenaire égocentrique pour dévoiler une âme sensible, qui n'attendait que de prendre soin d'un autre...

Entre l'animal revêche à moitié chauve et le loser patenté, c'est le début d'une véritable et hilarante complicité. Nouveau job, nouvelles conquêtes, nouveau destin... Et si Dan avait rencontré en Doggo son plus formidable allié, le plus inattendu des Cupidon ?

 

Mon avis: Profitant de cette invitation de Babelio à rencontrer l'auteur sur place à Brive la gaillarde à l'occasion de la foire du livre, j'ai bien évidemment accepté l'offre de recevoir ce livre et de découvrir un auteur inconnu, même si de prime abord je n'étais pas vraiment dans la cible potentielle de lectorat. En me renseignant un peu sur Mark Mills je vis qu'il était auteur de polars situés après guerre. Je partais donc avec une grande interrogation dans la tête: vais-je aimer ce livre?

Et la réponse m'est apparue assez vite quand en débutant ma lecture j'ai commencé à tourner facilement les pages, curieux de suivre le récit de Dan et de sa vie en pleine bascule: nouveau travail, nouveaux collègues, nouvelle relation avec ce chien non désiré et avec qui il ne s'entendait guère jusqu'ici.

Ce n'est pas un polar, c'est bien une comédie. Ce n'est pas non plus une parodie de la pièce "en attendant Goddo" mais un simple jeu de mot pour le titre (dixit l'auteur). Il s'agit d'une idée d'histoire sur un homme et un chien qui lui est venue un jour et qu'il a écrit assez vite (par rapport à ses livres habituels qui demandent plus de recherches historiques). Mais c'est bien écrit, très agréable à lire, très léger avec de l'humour et surtout un personnage de chien atypique mais attachant.

Et comme l'auteur est quand même un auteur de polar, il y a une petite énigme pour le lecteur: Doggo est un chien adopté à la SPA donc d'où vient il? A qui appartenait il? Comment s'est il retrouvé à la SPA? avec quelques passages assez touchants aussi sur des personnages plus graves au milieu de cette comédie.

En somme, sont réunis tous les ingrédients d'une bonne comédie: des personnages bien taillés, une histoire simple mais avec des rebondissements, quelques moments plus émouvants et une façon de raconter très maitrisée qui permet au lecteur de profiter de l'histoire à travers une écriture fluide (et une bonne traduction des moments d'humour par la traductrice - dixit l'auteur également). Un livre que je recommande donc à tous ceux et celles qui aiment ce genre d'histoire

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Poncet thierry: Haig Les guerriers perdus

Reçu dans le cadre de MASSE CRITIQUE par le site BABELIO en partenariat avec l'éditeur. Merci à eux.

L'histoire: La belle Vanda nous l'avait mis profond. Elle avait fait exploser la mine d'or, mis le feu à notre campement et s'était enfuie avec l'argent. Le grand Carlo nous a fait promettre de la retrouver et de nous venger. Tous les sept, on a juré. Et je vais vous dire un truc : on n'aurait pas dû. Parce que des États-Unis à l'Afrique, des Balkans au Mexique, il nous a coûté salement cher, le serment !

 

Mon avis: Comme dans le premier tome des aventures de Haig, il s'agit ici d'un roman "de genre" assez typé années 80 et roman d'aventure/roman noir. C'est écrit à la première personne et cela nous emmène à travers le monde dans les pas d'une équipe d'aventuriers (pas des aventuriers façon Bob Morane mais plutôt Corto Maltesse) ici en quête de vengeance. Cette fois le récit de Haig se situe dans le passé, son passé. En étant le récitant il ne risque donc pas de mourir mais cela ne détruit pas le suspens. Car que se demande t'on durant toute l'histoire? C'est: qui en réchappera, qui trahira qui et la vengeance sera t'elle accomplie?

Un roman semblable au précédent dans son ton, ses personnages (atypiques, amoraux) et ses lieux d'action (ici dans plusieurs pays: de la France au Mexique à l’Europe de l'est).

Une fin qui peut surprendre mais reste dans une certaine logique et un certain réalisme de ce type d’œuvre: rien n'est noir ou blanc, tout est compromissions, adaptations pour survivre dans un univers assez glauque et incertain. Peut être un peu moins réussi que le premier, mais correct dans son genre. Une lecture de détente, vite lue.

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