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Farris Smith Michael: Nulle part sur la terre

Livre reçu dans le cadre d'une opération MASSE CRITIQUE spéciale organisée par le site babelio et l'éditeur SONATINE que je remercie de leur confiance

L'histoire: Une femme marche seule avec une petite fille sur une route de Louisiane. Elle n'a nulle part où aller. Partie sans rien quelques années plus tôt de la ville où elle a grandi, elle revient tout aussi démunie. Elle pense avoir connu le pire. Elle se trompe.

Russel a lui aussi quitté sa ville natale, onze ans plus tôt. Pour une peine de prison qui vient tout juste d'arriver à son terme. Il retourne chez lui en pensant avoir réglé sa dette. C'est sans compter sur le désir de vengeance de ceux qui l'attendent.

Dans les paysages désolés de la campagne américaine, un meurtre va réunir ces âmes perdues, dont les vies vont bientôt ne plus tenir qu'à un fil.

Mon avis: Il s'agit là d'un roman basé sur l'histoire de deux personnages que nous suivons tout d'abord alternativement d'un groupe de chapitres (plutot courts) à l'autre:

Maben et sa fille marchent sur la route cherchant un endroit où se poser, vivre enfin tranquille. Mais sans argent, sans aide, leur destin semble compliqué. Russel, lui, sort de prison et revient dans sa ville natale où certains l'attendent de pied ferme pour se venger.

Roman à ambiance plutot noire, le destin des personnages ne baignant pas franchement dans le positif ou le conte de fée... Le tout dans une petite ville du Mississipi. Le coté chaud et humide de la région n'est pas vraiment mis en avant, mais l'ambiance "trou paumé" des USA ressort vraiment dans les descriptions (parfois très détaillées) de l'environnement.

La force de ce genre d'histoire, lorsqu'elle est bien menée, c'est que l'on veut toujours en savoir plus. Sur le passé des personnages, ce qui les a conduit là, et sur leur destin. On espère une embellie, on est souvent déçu devant le mauvais sort qui s'acharne. Parfois révolté par la bétise de leur décision qui les fait passer à coté d'une aide précieuse.

Tout cela est très bien organisé par l'auteur. Maben et Russel ont un lien et finiront par se rencontrer mais pas forcément pour le meilleur.

Un livre que j'ai eu plaisir à lire, vite car les chapitres s'enchainent en suscitant cette envie chez le lecteur de lire la suite, de découvrir ce qui a pourri la vie des personnages et comment ils vont s'en sortir (ou pas). Une découverte d'un auteur interessant qui me pousse à m'interesser à son premier roman (celui-ci est son deuxième) "une pluie sans fin"

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Bonnard Olivier: Collector

Bonnard Olivier: Collector

L'histoire: C'était l'année de Retour vers le futur et de Rocky IV. L'année de We Are the World, de Take on Me et de L'Aziza. En 1985, Thomas Strang avait onze ans. La vie commençait. Il ne s'en est jamais remis. Que s'est-il passé, cette année-là, pour que ce journaliste un peu geek en fasse son eldorado perso ? Pour qu'il soit capable, désormais adulte, de claquer une fortune dans un jouet qu'il a eu gamin ? Pour que ce détective privé du vintage accumule ainsi, de brocante en vide-grenier, les pièces à conviction, sans savoir au juste ce qu'il cherche ? A la faveur d'un raid dans les caves d'un vieux magasin de jouets parisien, Tom exhume un de ces robots transformables japonais qui faisaient fureur dans les années 1980. Il ne tarde pas à découvrir qu'il s'agit d'un jouet dangereux, qui suscite les convoitises. Un jouet soi-disant magique couplé aux deux autres robots de la gamme, il serait capable de vous ramener en enfance. Et si la légende disait vrai ? S'il était donné àTom de revenir en arrière, au temps de Goldorak, de la colle Cléopâtre, du Tubble Gum et de la Dictée magique ? De replonger dans le bain de son enfance dorée ? De revisiter ces glorieuses eighties de son point de vue d'adulte ?

Mon avis: Pour qui, comme moi, a passé son adolescence dans les années 80, ce roman regorge de référence au passé. Certains sont aujourd'hui de ces "toy hunter" qui collectionnent à tout va tous ces jouets que l'on avait acheté, ou mieux ceux que l'on révait d'acheter mais qu'on ne pouvait pas acheter à l'époque. Et cette quête des jouets du passé est elle une quête de la jeunesse perdue, d'une époque plus heureuse, plus insouciante?

Thomas strang se pose ces questions sans pouvoir y répondre. En attendant il dépense des fortunes et met son couple en péril pour des figurines de plastique ou de métal à l'effigie des héros virtuels de son passé.

Je ne suis pas un toy hunter, mais ce roman m'a replongé dans le monde de mon enfance, j'ai revu défiler les dessins animés de l'époque, les séries Tv et leurs héros...etc

Le fil rouge de l'histoire est la légende du jouet - machine à remonter le temps, qui pourrait transporter Thomas dans cette époque bénie. Mais qui succite de fait bien des convoitises.

Ce coté thriller/policier est correctement mené, avec des personnages suffisamment originaux. Le "voyage dans le temps", tout impossible qu'il soit est aussi correctement évoqué avec l'inévitable déception entre souvenirs fantasmés confrontés à la réalité.

Enfin, entre chaque partie du livre, des articles (signés thomas Strang) nous replongent dans les années 80 et nous rappellent l'histoire de ces moments qui ont marqués notre enfance.

Par contre, pour quiconque n'a pas du tout connu cette époque, je doute que le roman soit suffisamment parlant, si ce n'est pour un intéret "historique" réservé aux amateurs.

 

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Aubard Yves: La main de fer (La saga des Limousins Tome 8)

Aubard Yves: La main de fer (La saga des Limousins Tome 8)

L'histoire: « La Main de Fer » est le tome 8 de La Saga des Limousins, il se déroule entre 1038 et 1045. Lou doit reconstruire son église à Châlus, il en profitera pour mener d autres travaux dans son fief et pour inventer au passage la charrue pour le plus grand bonheur de ses vilains. En bon châtelain, il saura également pourvoir sa nouvelle église d une puissante relique. Dieu, aidé par quelques membres de la famille, va redessiner la frontière entre la Bretagne et la Normandie qui seront bien proches d entrer en guerre, mais Brunehilde va trouver une solution radicale pour éviter ce conflit. La guerre sera en revanche inévitable entre Germains et Hongrois, et Guy-Lou sera au premier rang de cet affrontement. Le temps fait son oeuvre et Dieu n a pas oublié Lou et ses amis sur cette terre comme on aurait voulu le croire, il commence à prélever, çà et là, les héros de la première génération.

Mon avis: Après 7 tomes à guerroyer, se marier, enfanter, faire des "miracles" grace à leur science de la médecine en avance sur l'époque (comme si un médecin d'aujourd'hui les guidait!!) la famille de Chalus s'est agrandie et a parcouru le royaume de France et les pays voisins.

Dans ce tome 8, moins de grands voyages, et ce n'est pas plus mal, et toujours des faits historiques auxquels ils apportent leur contribution. On y croise le célèbre Macbeth, Lady Godiva qui envisage de défier son époux en chevauchant nue dans les rues de leur ville, les têtes couronnées des provinces françaises en perpétuel conflit de succession.

Enfin, après tant d'années Lou et ses compagnons des premiers tomes ont vieillis et la maladie et l'age vont faire valoir leurs droits. Les décés commencent à frapper l'entourage du chatelain, lui broyant le coeur comme cette "main de fer" qui le frappe de plus en plus souvent dans l'effort...

Le style d'Yves Aubard reste le même, plaisant à lire dans un récit qui est avant tout un exposé sur l'histoire de cette époque, romancé grace aux héros Chalusiens. Cela reste donc instructif de façon agréable, avec les précisions de fin de volume expliquant les libertés prisent avec la réalité historique et donnant quelques détails historiques suplémentaires.

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Aaronovitch Ben: Magie noire à Soho (Le dernier apprenti sorcier tome 2)

Aaronovitch Ben: Magie noire à Soho (Le dernier apprenti sorcier tome 2)

L'histoire: Après avoir réconcilié les divinités qui se partagent la Tamise et mis hors d'état de nuire un tueur en série sorti d'un conte pour enfants vieux de plusieurs siècles, l'agent Peter Grant et l'inspecteur Nightingale pensaient pouvoir souffler un peu. Mais le repos n'est pas une option pour les deux derniers sorciers de Londres : ce sont cette fois les jazzmen de la capitale anglaise qui meurent un peu trop souvent et dans des conditions un peu trop suspectes. Au son du swing, du bop et de l'électro, Peter nous emmène dans les clubs enfumés de Soho, où magie et musique forment les deux faces d'un même penny

Mon avis: Tome 2 de la serie. Il peut être lu independamment mais je conseille quand même la lecture du premier tome, bon nombre de personnage ayant eu un vécu dans le tome précédent, il est préférable de connaitre ces événements pour une meilleure compréhension.

Cette fois encore, on suivra notre apprenti sorcier dans une enquête de police en lien avec des événements magiques. L'auteur reprend des personnages introduits précédemment (hormis les principaux, il sera ré-utilisé certaines divinités fluviales) et prend en compte les conséquence de l'aventure précédente (pour Lesley notamment).

Cette fois ci l'enquête n'est pas en lien avec les fleuves de Londres mais avec le Jazz (dont le père de Peter fut une figure). On y apprend aussi que Nightingale est le survivant d'un plus grand groupe de sorciers, sans entrer vraiment dans les détails l'auteur commence à évoquer l'histoire des magiciens et donc de Nightingale.

Enfin la dernière scène du livre est un parfait cliffhanger pour pousser le lecteur vers le tome suivant. A suivre donc...

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Lamontagne jacques: Shelton et Felter: La mort noire

Reçu dans le cadre de MASSE CRITIQUE grace au site BABELIO en partenariat avec l'éditeur KENNES EDITIONS

L'histoire: Boston, 1924. S’il ne s’était un jour méchamment déboîté l’épaule pendant un combat de boxe, Isaac Shelton exercerait probablement aujourd’hui encore son métier de débardeur sur les quais. Mais contraint à se reconvertir, c’est en qualité de journaliste à la pige qu’il fait la connaissance de Felter, petit libraire passionné de littérature policière. Le premier est athlétique et plutôt beau garçon (si ce n’est un vilain nez cassé, autre souvenir de combat); le second est doté d’un puissant sens de l’observation et d’un esprit d’analyse hors du commun (qualités contrebalancées par un tempérament hypocondriaque et une multitude de tocs). Animés pour l’un par le besoin de décrocher un scoop rémunérateur et pour l’autre par l’envie de ressembler à ses héros littéraires, les deux compères vont s’associer afin de tenter de faire la lumière sur une série de meurtres insolites.

Mon avis: Un duo d'enquéteurs hétéroclite dans le Boston de la prohibition, confronté à des meurtres mystérieux. Surnaturel? Vengeance en lien avec un ancient drame meurtrier (et historique)? On retrouve dans l'histoire les classiques d'Agatha Christies ou de Sherlock Holmes. Comme Sherlock le libraire Felter est un fin observateur et un surdoué en logique ce qui lui permet de résoudre des enigmes en apparence insolubles. Shelton lui, ce sont les muscles (le boxeur a de beaux restes quand il le faut) et la motivation (il a trop besoin d'argent pour ne pas boucler l'enquête). Duo mal assorti donc, aux motivations très différentes faisant naitre de petits antagonismes. Tel Holmes et Watson, les deux detectives amateurs vont enquéter et tenter de résoudre l'affaire. Deux personnages biens incarnés avec leurs particularités, leurs prises de bec. Pas des héros sans faille, leurs plans sont parfois entravés, le fait de ne pas être policiers leur ferme des portes...Coté scénario, un sans faute donc.

Coté dessin, un représentation semi réaliste. Au vu du cahier graphique intégré à cette première édition, le projet d'origine avec un autre dessinateur bien moins réaliste aurait donné un résultat moindre à mon sens. Mais comme d'habitude je ne donne qu'un ressenti subjectif sur le dessin et j'invite les potentiels lecteurs à se faire une idée du graphisme sur une planche donnée à titre d'exemple

Lamontagne jacques: Shelton et Felter: La mort noire

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Beauverger Stephane: Le Déchronologue

Beauverger Stephane: Le Déchronologue

L'histoire: Au XVIIe siècle, sur la mer des Caraïbes, le capitaine Henri Villon et son équipage de pirates luttent pour préserver leur liberté dans un monde déchiré par d'impitoyables perturbations temporelles, Leur arme: le Déchronologue, un navire dont les canons tirent du temps. Qu'espérait Villon en quittant Port-Margot pour donner la chasse à un galion espagnol? Mettre la main, peut-être, sur une maravilla, une des merveilles secrètes, si rares, qui apparaissent quelquefois aux abords du Nouveau Monde. Assurément pas croiser l'impensable: un Léviathan de fer glissant dans l'orage, capable de cracher la foudre et d'abattre la mort! Lorsque des personnages hauts en couleur, au verbe fleuri ou au rugueux parler des îles, croisent objets et intrus venus du futur, un souffle picaresque et original confronte le récit d'aventures maritimes à la science-fiction. De quoi être précipité sur ces rivages lointains où l'Histoire éventrée fait continûment naufrage, où les marins affrontent tous les temps. Car avec eux, on sait: qu'importe de vaincre ou de sombrer, puisque l'important est de se battre!

Mon avis: Si la SF s'invite au travers de brèches temporelles dans la mer des caraïbes de 1640, l'essentiel du récit est très proche d'une histoire de La Flibuste. Une histoire parfaitement contée très immersive et peuplée de personnages hauts en couleurs. On s'y ennivre de Tafia, on navigue de port en port des Antilles au bresil et au Yucatan, on combat les Espagnols... Pirates, corsaires, Boucanniers, tous les personnages sont là. L'ombre du massacre de La Rochelle lors du siège opposants catholiques et protestant hante le Capitaine Villon.

La présence de plus en plus importante d'objets merveilleux (les "maravillas") venus du futur (car une boite de conserve ou une simple lampe torche sont des merveilles pour les populations de cette époque) pimente l'histoire. La présence de mystérieux étrangers venus eux aussi du futur dans un but inconnu nous incite à lire plus loin.

Tout est presque parfait, mais alors pourquoi? POURQUOI? l'auteur a-t-il décidé de nous présenter son histoire en mélangeant les chapitres? Pour illustrer un chaos temporel? un esprit perdu dans cette confusion des dates comme l'est parfois le capitaine Villon?

Car c'est lui le narateur de ses aventures. Il commence à écrire en 1653 proche de la destruction de son navire voulant nous conter son histoire. Parfait. Cette histoire commence en 1640 au chapitre 1. Jusqu'ici rien de très perturbant. Mais ensuite on passe au chapitre 16 et 17 situés en 1646 pour revenir au chapitre 6 qui se déroule en 1640...etc.

Dans son préambule Villon nous déclare "Que le lecteur ose pardonner les effronteries et le grand désordre régnant dans ces cahiers, mais ma mémoire n'est plus ce qu'elle était, ni le temps ce qu'il parait..." OK. Mais comme on est censé lire ces "cahiers" après leur découverte par une tierce personne, pourquoi ne les a t'il pas remis dans l'ordre? Et si encore le récit était un peu cahotique sautant d'une date à l'autre et revenant en arrière pour expliquer une événement omis. Mais pas du tout. Lu dans l'ordre numérique les chapitres formeraient un roman cohérent sans aucune perturbation.

Pour moi ce mélange, sans doute choix littéraire de l'auteur, dessert le roman. Le lire chronologiquement aurait facilité la lecture sans amoindrir l'interet ou le suspens. Et ce désordre a pour ma part généré un sentiment d'inconfort, demandant à chaque début de chapitre une réflexion pour situer l'histoire par rapport au précédent.

Très bon livre donc . Mais que je recommanderai de lire dans l'ordre de numérotation des chapitres et non dans celui de la publication. Quand à ceux que l'aspect SF ou histoire temporelle effraie, l'évocation d'aventures pirates est bien plus prégnant que les détails de SF ou  de paradoxes temporels. Même un néophite en SF y trouvera du plaisir je pense.

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Hamilton Edmond: Capitaine Futur L'empereur de l'espace

Hamilton Edmond: Capitaine Futur L'empereur de l'espace

L'histoire: Il y a Simon Wright, dit le Cerveau, ce qu’il est, littéralement, et dans un bocal de sérum : un scientifique exceptionnel. Et puis Grag, la montagne de fer indestructible dotée d’outils intégrés étonnants. Sans oublier Otho, l’androïde synthétique, spécialiste du combat rapproché, de l’infiltration et du camouflage. Ils sont les Futuristes, la plus stupéfiante association qui puisse s’imaginer. Et enfin il y a celui qu’ils ont élevé, celui qu’ils ont juré de protéger, celui qui est devenu leur leader : Curt Newton, le géant roux, le sorcier de la science doté d’un esprit hors normes, infatigable justicier connu des peuples du Système sous le nom de capitaine Futur.
Tous quatre veillent sur les neuf mondes et au-delà, attentifs, depuis leur base lunaire à l’emplacement secret.
Or un fléau court à travers le Système solaire, une épouvantable pandémie derrière laquelle semble se tapir un mystérieux criminel, l’empereur de l’Espace. Il n’est alors qu’un seul recours : celui du capitaine Futur ! Les tuyères du Comète, le formidable vaisseau des Futuristes, crachent déjà la puissance de l’atome : l’empereur de l’Espace n’a qu’à bien se tenir !

Mon avis: Pour les connaisseurs du personnage, inutile de préciser à la lecture du résumé les personnages sont suffisamment ressemblants. Pour les autres, ce "Capitaine Futur" a été popularisé au Japon et en France par un animé des années 80 sous le nom de "Capitaine Flam".

Ecrite entre 1940 et 1951, la série de romans "pulp" de Capitaine Futur reprend tous les standards de l'époque. A l'instar des Buck Rogers, Flash Gordon mais surtout je trouve "Doc Savage". Car comme lui, Curt Newton est un athlète doté d'un brillant esprit scientifique qui, avec son équipe de spécialistes, va secourir la veuve et l'orphelin (en l'occurrence plutôt le système solaire) dans une quête de justice transmise par ses défunts parents victimes de la cupidité humaine. Vu d'aujourd'hui cela fait bébête et déjà vu, mais c'était le standard des héros de l'époque. De même l'aspect scientifique et SF est à considérer en regard de son époque d'écriture. Certains aspects pourront donc prêter à sourire au vu des connaissances actuelles.

Pour les fans du capitaine Flam, le jeu peut aussi consister à répertorier les différences entre le roman et son adaptation en animé. Car si le scénario de l'animé reprend l'histoire de ce roman, il y a bien eu adaptation et "actualisation" de l'histoire à l'époque. Ainsi le Capitaine Flam s'envole vers les confins de l'espace et la planète Mégara là où le capitaine Futur voyage simplement jusqu'à Jupiter qui est une planète habitable...

Pour ma part je suis satisfait d'avoir découvert l'origine d'un personnage qui a marqué mon enfance. Mais le fait que l'histoire soit strictement identique au scénario de l'animé et le coté héros à l'ancienne du personnage principal ont un peu terni le plaisir de lire cette aventure.

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Brival Roland: Sato san, le maitre des corsets

Reçu dans le cadre de MASSE CRITIQUE merci à l'éditeur MERCURE DE FRANCE et au site BABELIO pour cette découverte

L'histoire: Il est des enfances dont l'on n'oserait rêver, comme celle de Shiro Sato. Grandir à Osaka dans l'intimité d'une mère dont les talents de couturière, experte en l'art des corsets, sont la cause d'un incessant ballet de femmes venues essayer leurs somptueux articles. L'expérience, il est vrai, a de quoi fasciner un jeune garçon à l'imagination débordante. Initié à son tour à l'art des couleurs, de la coupe et de la broderie, il sera un élève brillant. Mais, à côtoyer tous les jours des femmes à demi nues, il découvrira que, pour chaque homme, le plus difficile est encore d'apprendre à maîtriser ses désirs. Et cela d'autant plus que, dans le Japon des traditions millénaires, le raffinement et la cruauté voyagent souvent de concert...

Mon avis: Le narrateur est envoyé par sa femme prendre une commande d'une amie dans une boutique. Il y rencontre Mr Sato, un vieux japonais avec qui il sympathise. Ce dernier va lui raconter sa vie et notre narrateur va a son tour nous resumer l'histoire particulière de cet homme qui débute au Japon avant la deuxième guerre mondiale pour s'achever à Paris de nos jours.

C'est à la fois l'histoire d'un jeune garçon qui va trouver sa vocation dans une activité singulière pour un homme. C'est aussi un récit de transmission entre une mère et son fils. C'est enfin un récit initiatique à la recherche de l'excellence dans une activité manuelle qu'il va transformer en art.

Je dirais que tout cela est très "japonais" dans l'esprit. Par la description de l'enfance tout d'abord, dans ce Japon d'avant guerre où les bassins abritent des carpes Koï, où l'on crée des teintures de tissus comme on peindrait des tableaux...etc. Par les codifications des relations (homme/femme, femmes mariées dans des mariages arrangés...etc.) et sans doute un Japon un peu fantasmé dans l'atmosphère un peu "érotique" qui baigne la vie de Mr Sato. Il est vrai que pour un homme travailler à vétir des femmes de corset est une situation bien à même de générer de troublantes situations.

Mais l'art exige des sacrifices et Mr Sato va devoir en faire (de douloureux et définitifs) pour parvenir au sommet de son art.

Une histoire très agréable qu'on lit sans ennui. J'ai eu un sentiment de réalisme relatif car j'ai parfois eu l'impression d'être plus dans une situation fantasmée et érotisée plus que réelle. Mais l'ensemble reste un livre plaisant, facile à lire.

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Aaronovitch Ben: Les rivières de Londres (Le dernier apprenti socier tome 1)

Aaronovitch Ben: Les rivières de Londres (Le dernier apprenti socier tome 1)

L'histoire: L'agent Peter Grant ne croyait pas aux fantômes, jusqu'au jour où un étrange personnage lui affirme avoir assisté au meurtre sur lequel il enquête. Un témoin providentiel... S'il n'était mort depuis plus d'un siècle !
Et Peter n'est pas au bout de ses surprises : recruté par l'énigmatique inspecteur Nightingale, il intègre l'unité de la police londonienne chargée des affaires surnaturelles.
Au programme, traquer vampires, sorcières et autres créatures de la nuit ; faire respecter les divers accords passés entre les forces occultes de Londres ; réconcilier les divinités qui se partagent la Tamise, sans devenir esclave de leurs charmes ; et bien sûr apprendre le latin, le grec ancien et une montagne d'incantations bizarres et pour le moins rébarbatives.
Peter doit en passer par là, s'il veut un jour devenir à son tour le dernier sorcier de Londres...

Mon avis: Pour qui sera familier d'urban fantasy ou de mélanges d'univers, les sensations de "déjà vu" seront récurrentes. Ici on s'magine dans Torchwood, ici dans X-Files, là dans Harry Potter ou sanctuary. D'ailleurs l'auteur n'hésite pas à évoquer certaines de ces oeuvres dans son texte.

L'histoire nous est donc contée par Peter Grant qui va se découvrir sensible à la magie et devenir l'apprenti d'un sorcier-policier en charge des êtres magiques de ce monde.

Au départ Peter dit ne pas croire à la magie et au surnaturel, pourtant il ne remet guère en question les révélations de Nightingale, ce qui m'a semblé un peu antinomique. Sinon la magie ressemble assez à Harry Potter (on apprend les sorts, on s'entraine à les controler, ils ont des noms dérivés du latin et les connaissances magiques sont gardées dans des livres écrits au fil du temps par d'autres magiciens) si ce n'est qu'il n'y a pas d'école mais simplement un apprentissage avec un maitre.

Les magiciens vivent dans un "manoir" avec une gouvernante étrange (on pense au manoir Wayne avec le brave Alfred ou à celui du Docteur Strange avec Wong).

Les créatures magiques, elles (celles de ce roman en tout cas), sont originales et très reliées à Londres. L'aventure d'ailleurs se déroule principalement dans les rues de Londres et nous font parcourir une partie de la capitale Britannique.

Un premier tome en demi-teinte pour moi: pas désagréable à lire, avec ses originalités, mais pas super enthousiasmant non plus. S'agissant d'un premier tome je vais continuer avec la suite, la mise en place de l'univers et des personnages ayant parfois pour conséquence de rendre les débuts de saga moins passionnants que leur suite.
 

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Celestin Ray: Masquarade

tous les livres sur Babelio.com

Reçu dans le cadre de MASSE CRITIQUE en partenariat avec BABELIO et l'éditeur LE CHERCHE MIDI

L'histoire: 1928. Chicago est la cité de tous les contrastes. Du ghetto noir aux riches familles blanches, en passant par la mafia italienne tenue par Al Capone, la ville vit au rythme du jazz, de la prohibition et surtout du crime, que la police a du mal à endiguer. C’est dans ce contexte trouble qu’une femme appartenant à l’une des plus riches dynasties de la ville fait appel à l’agence Pinkerton. Sa fille et le fiancé de celle-ci ont mystérieusement disparu la veille de leur mariage. Les détectives Michael Talbot et Ida Davies, aidés par un jeune jazzman, Louis Armstrong, vont se charger des investigations.
Au même moment, le corps d’un homme blanc est retrouvé dans une ruelle du quartier noir. Le meurtre en rappelle un autre à Jacob Russo, photographe de scènes de crime, qui décide de mener son enquête.
Quel est le lien entre ces deux affaires ? Y a-t-il un rapport avec le crime organisé ? Car la vieille école d’Al Capone et de la contrebande d’alcool est menacée par de jeunes loups aux dents longues qui, tels Lucky Luciano ou Meyer Lansky, n’hésitent pas à se lancer dans le trafic de drogue.

Mon avis: Avant de parler de l'histoire je vais évoquer 2 choses qui participent à l'intéret et au plaisir d'une lecture. L'objet tout d'abord: Couverture bleu à écriture dorée, sobre mais très joli. Une édition très réussie donc à mon sens.

Ensuite je vais évoquer l'ambition de l'auteur: faire une série de roman conçus selon le principe de l'oulipo c'est à dire que chaque volume se déroulera dans un lieu et pendant une saison différente et sera construit en lien avec un morceau de musique. Ces exercices conceptuels sont très interessants mais peuvent parfois se faire au détriment de l'histoire. Heureusement ce n'est pas le cas ici.

Pour lier ses romans entre eux, Ray Celestin s'appuie sur l'histoire de 3 personnages récurrents. Et l'un de ses personnages est un homme réel en lien avec la musique de l'époque, Louis Armstrong. Après un premier volume ayant eu pour cadre la nouvelle Orléans au printemps, celui ci commence par le trajet de Louis vers Chicago dans un prologue qui nous fait découvrir le voyage en train des "hommes de couleurs" de l'époque. Après ce prologue, bond de quelques années en avant. Chicago, été 1928, la prohibition, le jazz dans les quartiers noirs, toujours un fond de racisme et de ségrégation même si elle est moins prégnante que dans le bayou, et l'arrivée de la drogue que les vieux Mafieux (comme Capone) refusent.

Nous allons suivre en alternance 3 enquêtes.

La première sera celle de deux detectives de la célèbre agence Pinkerton:

Ida est une femme et elle est noire, c'est une amie de Louis Amstrong. Mickael, ancien flic de la nouvelle Orléans est blanc mais marié à une noire. Une enquête leur est confiée pour retrouver une jeune fille disparue. Personnages récurrents eux aussi, leurs particularités permet d'évoquer les problématiques raciales de l'époque et de fréquenter à la fois la haute société (via leur employeur) et les quartiers noirs (où ils vivent).

Deux autres personnages non récurents font aussi des enquêtes: Jacob, un photographe d'identité judiciaire, flic dans l'ame mais dont la jambe blessé l'a empéché de rentrer dans la police. Et Dante, natif de Chicago, exilé à New York, drogué et rappelé par Capone pour enquêter sur une tentative de meurtre.

Au final, les trois enquêtes vont se rapprocher et finir par s'entrecouper.

Un livre plaisant à lire, qui ne fait pas l'économie d'une intrigue ni de personnages interessants et attachants pour nous présenter une ville et une époque avec une précision historique. Honnête, l'auteur explique même en postface les libertés qu'il a pris avec la réalité historique pour pouvoir construire le roman.

Une belle découverte qui m'a donné envie de découvrir le précédent roman (Carnaval) et les suivants (le prochain sera à New York en automne).

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