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Celestin Ray: Masquarade

tous les livres sur Babelio.com

Reçu dans le cadre de MASSE CRITIQUE en partenariat avec BABELIO et l'éditeur LE CHERCHE MIDI

L'histoire: 1928. Chicago est la cité de tous les contrastes. Du ghetto noir aux riches familles blanches, en passant par la mafia italienne tenue par Al Capone, la ville vit au rythme du jazz, de la prohibition et surtout du crime, que la police a du mal à endiguer. C’est dans ce contexte trouble qu’une femme appartenant à l’une des plus riches dynasties de la ville fait appel à l’agence Pinkerton. Sa fille et le fiancé de celle-ci ont mystérieusement disparu la veille de leur mariage. Les détectives Michael Talbot et Ida Davies, aidés par un jeune jazzman, Louis Armstrong, vont se charger des investigations.
Au même moment, le corps d’un homme blanc est retrouvé dans une ruelle du quartier noir. Le meurtre en rappelle un autre à Jacob Russo, photographe de scènes de crime, qui décide de mener son enquête.
Quel est le lien entre ces deux affaires ? Y a-t-il un rapport avec le crime organisé ? Car la vieille école d’Al Capone et de la contrebande d’alcool est menacée par de jeunes loups aux dents longues qui, tels Lucky Luciano ou Meyer Lansky, n’hésitent pas à se lancer dans le trafic de drogue.

Mon avis: Avant de parler de l'histoire je vais évoquer 2 choses qui participent à l'intéret et au plaisir d'une lecture. L'objet tout d'abord: Couverture bleu à écriture dorée, sobre mais très joli. Une édition très réussie donc à mon sens.

Ensuite je vais évoquer l'ambition de l'auteur: faire une série de roman conçus selon le principe de l'oulipo c'est à dire que chaque volume se déroulera dans un lieu et pendant une saison différente et sera construit en lien avec un morceau de musique. Ces exercices conceptuels sont très interessants mais peuvent parfois se faire au détriment de l'histoire. Heureusement ce n'est pas le cas ici.

Pour lier ses romans entre eux, Ray Celestin s'appuie sur l'histoire de 3 personnages récurrents. Et l'un de ses personnages est un homme réel en lien avec la musique de l'époque, Louis Armstrong. Après un premier volume ayant eu pour cadre la nouvelle Orléans au printemps, celui ci commence par le trajet de Louis vers Chicago dans un prologue qui nous fait découvrir le voyage en train des "hommes de couleurs" de l'époque. Après ce prologue, bond de quelques années en avant. Chicago, été 1928, la prohibition, le jazz dans les quartiers noirs, toujours un fond de racisme et de ségrégation même si elle est moins prégnante que dans le bayou, et l'arrivée de la drogue que les vieux Mafieux (comme Capone) refusent.

Nous allons suivre en alternance 3 enquêtes.

La première sera celle de deux detectives de la célèbre agence Pinkerton:

Ida est une femme et elle est noire, c'est une amie de Louis Amstrong. Mickael, ancien flic de la nouvelle Orléans est blanc mais marié à une noire. Une enquête leur est confiée pour retrouver une jeune fille disparue. Personnages récurrents eux aussi, leurs particularités permet d'évoquer les problématiques raciales de l'époque et de fréquenter à la fois la haute société (via leur employeur) et les quartiers noirs (où ils vivent).

Deux autres personnages non récurents font aussi des enquêtes: Jacob, un photographe d'identité judiciaire, flic dans l'ame mais dont la jambe blessé l'a empéché de rentrer dans la police. Et Dante, natif de Chicago, exilé à New York, drogué et rappelé par Capone pour enquêter sur une tentative de meurtre.

Au final, les trois enquêtes vont se rapprocher et finir par s'entrecouper.

Un livre plaisant à lire, qui ne fait pas l'économie d'une intrigue ni de personnages interessants et attachants pour nous présenter une ville et une époque avec une précision historique. Honnête, l'auteur explique même en postface les libertés qu'il a pris avec la réalité historique pour pouvoir construire le roman.

Une belle découverte qui m'a donné envie de découvrir le précédent roman (Carnaval) et les suivants (le prochain sera à New York en automne).

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Sansal Boualem: 2084 la fin du monde

Sansal Boualem: 2084 la fin du monde

L'histoire: L'Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l'amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions. Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l'existence d'un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion.

Boualem Sansal s'est imposé comme une des voix majeures de la littérature contemporaine. Au fil d'un récit débridé, plein d'innocence goguenarde, d'inventions cocasses ou inquiétantes, il s'inscrit dans la filiation d'Orwell pour brocarder les dérives et l'hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les démocraties.

Mon avis: Hommage au 1984 de Georges Orwell, le récit se construit de façon classique avec un personnage qui commence à se questionner et finit par remettre en question toutes les certitudes qu'on a voulu lui inculquer depuis toujours.

Ici le "big brother" est un état fondé sur une religion totalitaire. Allusion non voilée à un islam radical qui s'érige en dogme politique autant que religieux. Yölah est tout puissant et ses paroles ne peuvent souffrir aucune mise en doute. En son nom ses représentants sont tout puissants et chacun se doit de dénoncer les actes "non conforme" de son prochain (voisin, famille...). Mais derrière cette façade ultra codifié les dirigeants ont une vie très éloignée des préceptes qu'ils prêchent.

Un livre intéressant par son thème même s'il n'apporte pas vraiment de connaissance mais plutôt une vision crédible de ce que doit être un état régis selon les préceptes d'une autorité "religieuse" extrémiste.

On suit la quête d'Ali et ses désillusions avec intérêt. Mais il s'agit avant tout d'un exercice spéculatif, il ne faut donc pas s'attendre à une intrigue de polar très active ou tendue. A réserver à ceux qui ont apprécié 1984 d'Orwell ou à ceux qui veulent se plonger dans ce monde -encore- fictif d'une dictature religieuse ayant réussi à faire table rase du passé.

Le titre "la fin du monde" s'expliquera dans la conclusion du livre

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Wicquart Manuel: L'arche des lumières

Reçu dans le cadre de MASSE CRITIQUE grâce au site BABELIO et à l'éditeur LE PEUPLE DE MU

L'histoire: Alors que Franz Lieber s’apprête à effectuer le transfert du vieux Cholls depuis le quartier des Anciens jusqu’au Centre de régulation démographique, des avis de recherches apparaissent sur son écran. Le service théologique sollicite son équipe pour appréhender deux terroristes de l’organisation Gaïa infiltrés dans la cité. Cette requête inhabituelle entraînera Franz, épaulé par ses deux collaborateurs Sarah et Bobo l’Empailleur, vers une destinée chaotique où les certitudes et la morale acquises perdront toute signification.

L’Arche des Lumières est un roman d’anticipation qui nous plonge au cœur d’une société théocratique qui a su résoudre les conflits entre les hommes et la planète mère. Mais ce pouvoir autoritaire, légitimé par un état d’urgence planétaire, saura-t-il contenir durablement l’instinct de liberté de notre espèce ?

Mon avis: Comme tout roman de SF tel que je le conçois, celui-ci nous offre un univers futur issu d'une dérive de notre univers actuel. Il explore ce que peut engendrer l'homme exposé à des catastrophes qui aura tendance à se réfugier vers un nouvel ordre offert, une nouvelle religion (quelle que soit le dogme du moment qu'elle lui promet de résoudre ses problèmes)

Classiquement, tout commence par un homme qui représente la nouvelle société et même qui participe à son fonctionnement. Franz est une sorte de policier qui va vite être confronté aux petits grains de sable qui vont faire s'effriter ses croyances. Et inévitablement, plus ses croyances vacillent, plus il s'interroge, note des failles dans cet univers qu'il acceptait jusqu'ici et plus il devient un dangereux contestataire en puissance. De policier il va devenir criminel pourchassé.

Franz va tout d'abord accepter un livre relatant la construction de cette nouvelle société, ce qui va nous permettre en lisant cet ouvrage interdit de comprendre comment le monde a changé depuis notre époque, selon quels idéaux et ce qui a amené la société vers ce qu'elle est devenue à l'époque de Franz.

Parrallélement, le travail de Franz pour rechercher les terroristes va l'amener à découvrir des choses que les autorités voudraient cacher.

Le récit est habilement mené et permet de lire sans ennui toute l'histoire. La fin est même inattendue et très bien imaginé.

Un premier roman assez réussi dans une tradition de SF "classique", plutôt dystopique et sobre.

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Mills Mark: En attendant Doggo

Mills Mark: En attendant Doggo

Reçu dans le cadre d'une opération MASSE CRITIQUE spéciale foire du livre de Brive la gaillarde avec le site BABELIO, assortie d'une rencontre avec l'auteur et l'éditeur (Belfond)

L'histoire:

Dire de Dan qu'il traverse une mauvaise passe serait très en dessous de la réalité : alors qu'il vient de perdre son boulot, sa petite amie lui annonce qu'elle le quitte. Cerise sur le cupcake, elle lui laisse Doggo, le chien le moins sexy que la Terre ait porté, mélange inédit de labrador et de pékinois.

Malgré leur méfiance réciproque, l'un et l'autre ont un point commun : leur profonde solitude. Et tandis que Doggo révèle peu à peu d'improbables charmes, dont un étonnant capital sympathie, assorti d'une inexplicable fascination pour l'actrice Jennifer Aniston, Dan, lui, fendille sa carapace de trentenaire égocentrique pour dévoiler une âme sensible, qui n'attendait que de prendre soin d'un autre...

Entre l'animal revêche à moitié chauve et le loser patenté, c'est le début d'une véritable et hilarante complicité. Nouveau job, nouvelles conquêtes, nouveau destin... Et si Dan avait rencontré en Doggo son plus formidable allié, le plus inattendu des Cupidon ?

 

Mon avis: Profitant de cette invitation de Babelio à rencontrer l'auteur sur place à Brive la gaillarde à l'occasion de la foire du livre, j'ai bien évidemment accepté l'offre de recevoir ce livre et de découvrir un auteur inconnu, même si de prime abord je n'étais pas vraiment dans la cible potentielle de lectorat. En me renseignant un peu sur Mark Mills je vis qu'il était auteur de polars situés après guerre. Je partais donc avec une grande interrogation dans la tête: vais-je aimer ce livre?

Et la réponse m'est apparue assez vite quand en débutant ma lecture j'ai commencé à tourner facilement les pages, curieux de suivre le récit de Dan et de sa vie en pleine bascule: nouveau travail, nouveaux collègues, nouvelle relation avec ce chien non désiré et avec qui il ne s'entendait guère jusqu'ici.

Ce n'est pas un polar, c'est bien une comédie. Ce n'est pas non plus une parodie de la pièce "en attendant Goddo" mais un simple jeu de mot pour le titre (dixit l'auteur). Il s'agit d'une idée d'histoire sur un homme et un chien qui lui est venue un jour et qu'il a écrit assez vite (par rapport à ses livres habituels qui demandent plus de recherches historiques). Mais c'est bien écrit, très agréable à lire, très léger avec de l'humour et surtout un personnage de chien atypique mais attachant.

Et comme l'auteur est quand même un auteur de polar, il y a une petite énigme pour le lecteur: Doggo est un chien adopté à la SPA donc d'où vient il? A qui appartenait il? Comment s'est il retrouvé à la SPA? avec quelques passages assez touchants aussi sur des personnages plus graves au milieu de cette comédie.

En somme, sont réunis tous les ingrédients d'une bonne comédie: des personnages bien taillés, une histoire simple mais avec des rebondissements, quelques moments plus émouvants et une façon de raconter très maitrisée qui permet au lecteur de profiter de l'histoire à travers une écriture fluide (et une bonne traduction des moments d'humour par la traductrice - dixit l'auteur également). Un livre que je recommande donc à tous ceux et celles qui aiment ce genre d'histoire

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Poncet thierry: Haig Les guerriers perdus

Reçu dans le cadre de MASSE CRITIQUE par le site BABELIO en partenariat avec l'éditeur. Merci à eux.

L'histoire: La belle Vanda nous l'avait mis profond. Elle avait fait exploser la mine d'or, mis le feu à notre campement et s'était enfuie avec l'argent. Le grand Carlo nous a fait promettre de la retrouver et de nous venger. Tous les sept, on a juré. Et je vais vous dire un truc : on n'aurait pas dû. Parce que des États-Unis à l'Afrique, des Balkans au Mexique, il nous a coûté salement cher, le serment !

 

Mon avis: Comme dans le premier tome des aventures de Haig, il s'agit ici d'un roman "de genre" assez typé années 80 et roman d'aventure/roman noir. C'est écrit à la première personne et cela nous emmène à travers le monde dans les pas d'une équipe d'aventuriers (pas des aventuriers façon Bob Morane mais plutôt Corto Maltesse) ici en quête de vengeance. Cette fois le récit de Haig se situe dans le passé, son passé. En étant le récitant il ne risque donc pas de mourir mais cela ne détruit pas le suspens. Car que se demande t'on durant toute l'histoire? C'est: qui en réchappera, qui trahira qui et la vengeance sera t'elle accomplie?

Un roman semblable au précédent dans son ton, ses personnages (atypiques, amoraux) et ses lieux d'action (ici dans plusieurs pays: de la France au Mexique à l’Europe de l'est).

Une fin qui peut surprendre mais reste dans une certaine logique et un certain réalisme de ce type d’œuvre: rien n'est noir ou blanc, tout est compromissions, adaptations pour survivre dans un univers assez glauque et incertain. Peut être un peu moins réussi que le premier, mais correct dans son genre. Une lecture de détente, vite lue.

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Albert Jean-Marie: L'otage (Vladimir 4)

Albert Jean-Marie: L'otage (Vladimir 4)

L'histoire: Vladimir Vassiliévitch Karpov est enlevé à Bagdad. Ses ravisseurs, en échange de la vie et de la liberté de l'agent russe, exigent de Moscou des livraisons d'armes sophistiquées. S'instaure alors un long marchandage avec son geôlier. Surveillances des services secrets russes, trahisons, attentats: le parti Baas est dans la ligne de mire de Vladimir...

Mon avis: Ce roman peut se découper symboliquement en 3 parties:

1- Vladimir est enlevé à Bagdad

2- Vladimir essaye de manipuler ses ravisseurs et de leur résister tandis que son équipe cherche à le localiser pour le libérer

3- Libéré, Vladimir cherche à renverser les choses et à manipuler à son tour ses kidnappeurs.

Trois parties bien menées. Je trouve malgré tout que ce roman reste un peu trop sage (les précédents aussi avec le recul et un bilan de lecture après 4 tomes). Vladimir est un excellent stratège et un vétéran du KGB, j’admets donc que ses plans soigneusement préparés fonctionnent car il anticipe bien les éventuels coups du sort (mais peut il systématiquement les éviter? la loi de Murphy dirait que non). Mais les personnages principaux sont tous plutôt gentils, fidèles, altruistes. Et il ne leur arrive rien de grave. Même otage, Vladimir n'est pas torturé, pas plus que ses co-détenues. Quand aux individus qu'il rencontre et doit utiliser pour accomplir ses plans, la plupart finissent soit par être embauchés dans ses réseaux, soit envoyés vers une vie meilleure en récompense. Je ne recherche pas une débauche de tortures comme dans les SAS de Gerard de Villiers, mais on est dans le monde de l'espionnage et en Russie, sous Poutine... Là encore, Vladimir est soutenu à 100% par son chef qui lui laisse carte blanche. Même les traitres (celui de ce volume) ne le sont pas vraiment, à l'insu de leur plein grès...

C'est donc ce reproche que je ferais à cette série à ce stade de ma lecture, plus habitué que je suis à un monde de l'espionnage plus glauque...

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Albert Jean-Marie: Le péril (Vladimir 3)

Albert Jean-Marie: Le péril (Vladimir 3)

L'histoire:Vladimir Vassiliévitch Karpov reçoit une nouvelle mission : établir le contact avec un physicien nucléaire iranien qui aurait des révélations à faire... l'introduction en Irak d'une bombe atomique fabriquée en Iran pour détruire un camp militaire américain. L'interception de cette bombe est primordiale. Le compte à rebours a hélas commencé...

 

Mon avis: 3ème opus des aventures du colonel Vladimir Vassilievitch Karpov. Écrit en 2011, les bases de ce roman sont la course à la bombe atomique par l'Iran.

Encore une fois, Vladimir va utiliser son équipe (créée dans le premier volume et complété dans le volume 2) et ses réseaux (eux aussi constitués dans les précédentes missions) pour mettre en place les bases de son plan et, le moment venu, faire échouer celui de l'Iran.

Si le schéma reste le même que dans les deux histoires précédentes, et que la majorité des protagonistes sont connus à présent, j'ai trouvé ce tome 3 moins intense que le précédent. Toutefois, comme dans les numéros 1 et 2, le roman permet de plonger plus en détail dans des événements d'un proche passé avec un regard plus instruit sur les tenants et aboutissants des crises internationales qui ont émaillé notre histoire moderne.

Par l'intermédiaire de la fiction on en apprend plus que ce que l'on a pu en lire dans les journaux à l'époque et c'est un des aspects positif de ces livres.

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Lancet Barry: Japantown

Lancet Barry: Japantown

L'histoire: À Japantown, quartier nippon de San Francisco, une famille japonaise est abattue dans une mise en scène macabre. Unique indice : un kanji dessiné. La police fait appel à Jim Brodie, expert spécialisé dans la culture et l'art asiatiques. Le kanji est le même que celui trouvé sur les lieux du meurtre de sa femme, six ans plus tôt. Brodie se lance alors dans une enquête mortelle sur les traces d'une organisation de yakuzas insaisissables, œuvrant à l'ombre des plus hautes sphères du pouvoir, de San Francisco à Tokyo...

 

Mon avis: Un honnête thriller regroupant tous les ingrédients du genre. Un narateur detective privé un peu atypique (il est aussi antiquaire...) qui a un bon amis dans la police et qui donc sert de consultant à l'occasion. Un jour il est appelé sur un meurtre et il se trouve que les indices relient ce meurtre à la mort de sa propre femme 6 ans plus tôt. Et le simple fait d'être sur les lieux va déclencher une menace mortelle pour lui et ses proches, notamment sa fille.

Une intrigue et un personnage a priori assez classique donc. Mais l'auteur a su ajouter des ingrédients plaisants. Tout d'abord en situant l'intrigue a moitié aux USA et à moitié au Japon, en lien avec certains détails peu connus liés à l'empire du soleil levant. Ensuite en mettant au service de son héros une équipe de detectives plus aguerris ce qui permet de faire avancer l'enquête sans devoir transformer Brodie le detective novice en super héros, tout en lui permettant de s'en sortir.

L'aspect connaissance du Japon par l'auteur (qui y a vécu des dizaines d'années) n'est pas trop prégnant tout en donnant une base réaliste à l'histoire. Quelques mots japonais ici et là, quelques explications sur tel ou tel aspect du mode de vie nippon, mais sans plus. Très bien dosé.

Un bon premier roman, qui s'il reste assez qualibré permet de passer un bon moment de lecture, que l'on soit connaisseur du Japon ou qu'au contraire on souhaite en découvrir certains aspects. Mais cela reste avant tout un thriller, ne pas le lire pour y rechercher une immersion japonaise intense.

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Laval Marie-Edith: Comme une feuille de thé à Shikoku

Laval Marie-Edith: Comme une feuille de thé à Shikoku

L'histoire:

«Comme une feuille de thé, j'ai progressivement infusé sur ce chemin du bout du monde. Je me suis immergée dans la réalité de cette terre bordée d'eau et m'en suis laissé imprégner. L'heure est venue de remontera la surface pour exhaler la subtilité des saveurs de cette expérience singulière et en déguster les arômes.»

En 2013, Marie-Édith Laval se lance avec enthousiasme dans une aventure hors du commun. Elle met ses pas dans ceux de Kûkai, fondateur du bouddhisme Shingon, sur le légendaire chemin sacré du Japon : le pèlerinage de Shikoku, surnommé le «Compostelle japonais». 1 200 km à pied emplis de vie, de fraîcheur, d'émerveillement et d'épreuves. Un tour de l'âme en quatre-vingt-huit temples et quatre provinces - Éveil, Ascèse, Illumination, Nirvana.
Sa pérégrination géographique autant qu'intérieure est une invitation à avancer avec confiance sur le chemin de la vie. Ce récit de sagesse, écrit avec talent et humour, sincérité et profondeur, séduira les amoureux de la marche à pied, les chercheurs de sens et les explorateurs en quête d'essentiel.
Marie-Édith Laval est orthophoniste. Elle enseigne la méditation de pleine conscience aux enfants et aux adolescents. Elle nourrit une passion pour le voyage et la marche. Comme une feuille de thé à Shikoku est son premier livre.

Mon avis: Il ne s'agit pas ici d'une fiction mais d'un livre de témoignage.

L'auteur nous raconte comment en faisant le pèlerinage de St Jacques de Compostelle, elle a découvert l'existence de ce pèlerinage japonais sur l'île de Shikoku et comment elle décida de partir là bas l'accomplir.

Outre le récit de ce périple, le livre est rempli de citations en lien avec le(s) pèlerinage(s). Qu'il s'agisse de religion chrétienne ou Bouddhiste, le principe est un peu le même, au travers de cette longue marche c'est après soi-même que l'on courre. Par contre le Japon est un pays très différent du notre et en ce sens l'expérience est originale (surtout sans parler Japonais ni connaitre vraiment le pays). Au travers des 88 temples, nous suivons donc le périple de l'auteur, ses découvertes, ses rencontres et l'évolution de sa pensée. C'est aussi en contrepoint une découverte de la mentalité japonaise fort différente de la notre.

Un style globalement agréable qui permet un cheminement serein dans les pas de l'auteur (sans la chaleur infernale et les courbatures). Je serai moins dithyrambique que l'éditeur toutefois (Ce récit de sagesse, écrit avec talent et humour, sincérité et profondeur, séduira les amoureux de la marche à pied, les chercheurs de sens et les explorateurs en quête d'essentiel.) car c'est avant tout un récit personnel avec une quête très personnelle, qui n'a pas vocation a donner des leçons universelles de sagesse et d'essentiel (ce que l'auteur ne cherche pas à faire d'ailleurs). Enfin c'est sa perception du chemin, elle est peu descriptive sur les temples ou autre, se focalise parfois sur des ressentis ("les deux vont ensemble", "toi et moi ne faisons qu'un") qui font parfois basculer le récit sur un coté un peu "mystique" et "peace and love" qui revulsera les mécréants, fera se pamer les fervents croyants et un peu s'ennuyer les agnostiques qui lisent le livre d'un oeil curieux pour découvrir un pays et une expérience. Beaucoup de citations aussi. Trop? certains pourront trouver que oui.

Le récit est suivi d'une partie pratique donnant des détails sur les modalités techniques d'un tel pèlerinage (comment le faire, combien cela coûte...) à qui souhaiterait s'y essayer.

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Garcia Bob: Les spectres de Chicago

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Reçu dans le cadre de l'opération MASSE CRITIQUE en partenariat avec le site BABELIO et les ÉDITIONS DU ROCHER. Merci à eux.

 

L'histoire: Chicago, 1929. Par une nuit d'hiver glaciale, une bombe explose dans le sous-sol du Comedia, détruisant en quelques minutes le célèbre jazz-club. Deux hommes sortent miraculeusement indemnes des décombres après l'attentat : Gerry, l'un des trompettistes du Comedia, et un deuxième homme frappé d'amnésie. Gerry recueille chez lui son compagnon d'infortune, qui part en quête de son identité et de la vérité sur l'attentat. Entre un passé qui lui échappe et un présent hostile, ses questions se font de plus en plus nombreuses. La peur s'immisce en lui : quelqu'un, quelque chose le traque…
Dans un univers étrange et baroque, où rêve et réalité se confondent parfois, on croise Eliot Ness, Sherlock Holmes, un bibliothécaire illuminé, une vieille dame qui vend des jouets extraordinaires, des clochards presque célestes, des méchants bien retors… mais surtout la belle Wendy et ses enfants perdus.

En revisitant le mythe de Peter Pan sur fond de guerre des gangs, de misère et de corruption, Bob Garcia signe ici un thriller crépusculaire et angoissant, mené de main de maître jusqu'aux toutes dernières lignes.

 

Mon avis: Tout commence comme un Thriller et même un double thriller. D'un coté un récit à la première personne, quelques pages en italique qui reviennent entre les chapitres et qui nous entrainent dans un univers à la Dickens au coté d'un enfant grandissant dans la misère et dont la situation va de mal en pis (pauvreté, famine,...). Ce récit de misère s'intercale donc avec l'histoire "principale". Celle ci a pour protagoniste le célèbre Eliot Ness et ses incorruptibles qui tout en essayant d'épingler Capone à leur tableau de chasse, essayent aussi de comprendre et de démêler la mystérieuse affaire du Comedia. On suit aussi les cauchemars de Ness en lien avec son enfance et son amie d'enfance...

Tout cela s'annonce donc fort bien. Les univers sont bien rendus et l'histoire habilement menée pour entretenir un suspens constant entre les deux récits.

Puis j'ai eu un instant de doute quand les rêves se sont mêlés au récit, quand certains dialogues sont devenus un peu surréalistes, quand ont débarqués Sherlock Holmes, Mandrake, Tintin et Batman. J'ai eu peur que l'auteur ne dérive vers des univers absurdes à la Terry Gillian ou Jeunet/Caro dont il admire les films (dixit sa présentation en quatrième de couverture) comme il est passionné de littérature populaire (Ness, Hoilmes...) et de bande dessinée (Batman, Mandrake). Mais le récit continuait et reprenait un axe moins étrange et mon inquiétude s'est apaisée.

Jusqu'à un premier twist de fin qui explique les bizarreries du roman et qui est correct sans être sensationnel (du moins il n'est pas inédit), suivi d'un autre en toute fin qui est bien venu je pense pour rendre un peu plus d'originalité à cette fin (pas inédite non plus mais j'apprécie ce petit plus).

En résumé un Roman qui se laisse lire plaisamment, qui sait garder son lecteur en haleine et le pousser à tourner les pages, qui arrive à rendre deux univers noirs avec véracité, à évoquer plusieurs références littéraires (Peter Pan, Alice au pays des Merveilles...) tout en leur donnant une apparence réaliste cohérente avec le récit et qui se termine de façon assez honorable avec ses deux rebondissements enchainés.

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